PL. 40. — PLONGEON CAT-MARIN
Colymbus septentrionalis (Linn.).
Mâle adulte: partie moyenne du vertex, dans toute sa longueur, d’un gris brun verdâtre, marqué de taches noires ; occiput, parties postérieure et inférieure du cou variées de raies longitudinales noires et blanches; dessus du corps d’un brun noirâtre, avec de petites taches blanches irrégulières à la partie supérieure du dos, à la partie inférieure et sur les sus-caudales, prenant la forme de raies ou de bandes à l’extrémité des scapulaires; côtés du front et de la tête, gorge et côtés du cou d’un gris de souris foncé ; devant du cou portant une bande d’un roux marron très vif, plus large en bas qu’en haut; le reste de la partie antérieure du cou, poitrine et abdomen d’un blanc luisant, avec une ligne transversale brune, formant un angle au-devant de l’anus, une autre sur les sus-caudales, et de larges taches longitudinales d’un brun noir sur les côtés de sa poitrine et sur les flancs; ailes pareilles au manteau ; rémiges d’un brun noir lavé de cendré , à reflets verdâtres. Bec noir ; membrane sous-maxillaire de couleur cerise livide; iris d’un rouge lie de vin; tarses d’un noir verdâtre, nuancés de rose sur le milieu de la face interne ; doigts bruns en dehors, verdâtres en dedans et sur le devant, avec des taches transversales brunes vis-à-vis de chaque articulation; ongles plombés; membrane interdigitale cendrée au centre, jaunâtre sur les bords. Taille : environ soixante-deux centimètres (Gerbe).
Habitant des mers arctiques; commun en Islande; niche en grand nombre en Norwège, sur les îles Loffoden, où l’a observé de La Motte; très abondant en automne, mais surtout en hiver, sur les côtes d’Angleterre, de Hollande et en France. Temminck le dit également commun au Japon, où l’espèce est la même.
Niche au milieu des roseaux, sur le bord des étangs avoisinant la mer; pond deux œufs semblables, pour leurs caractères, à ceux des espèces précédentes , mesurant de soixante-dix à
LES OISEAUX NAGEURS
soixante-quinze millimètres de grand diamètre sur quarante-six à quarante-huit de petit.
Le Cat-marin était une des vieilles connaissances de Hardy.
Il savait qu’il fait son nid tout au bord de nombreux petits étangs qui se trouvent le long des côtes de Norwège, et si près du bord, que lorsqu’il est sur son nid, son bec touche à terre; en sorte qu’en présence d’un danger imminent, il n’a qu’un seul bond à faire pour se mettre en sûreté.
PODICIPINÉS. — Podicipinæ (de Sélys-Lonchamps, 1842).
Quoi que l’on puisse faire, les Grèbes seront toujours une pierre d’achoppement pour les classificateurs. Totipalmes par leur œuf; tenant milieu, par leurs caractères organiques et par leurs habitudes, entre les Plongeons et les Poules d’eau, ils ont, comme on le voit, des points de contact avec trois familles différentes ; et se trouvent enfin moitié nageurs, presque moitié Gralles, du moins quant à leurs pieds. Le méthodiste n’aperçoit donc en eux, pour leur assigner une place dans la série, que des difficultés ou des relations plus ou moins anormales.
Notre système, si tant est qu’il y ait système, on a dû le remarquer, a toujours été, sans jamais perdre de vue le caractère oologique, qui a été sans cesse et restera notre boussole, de chercher à en concilier la valeur avec celle des autres caractères organiques ou zoologiques. C’est ce qui nous a déterminé à mettre les Grèbes sur le passage des Plongeons aux Totipalmes qui vont suivre : car, de telle manière que l’on veuille s’y prendre avec ces oiseaux, il faut toujours en venir à les placer immédiatement avant ou immédiatement après les derniers, dont ils ne peuvent pas être oologiquement séparés. C’est le premier parti auquel nous nous sommes arrêté.
Les Grèbes diffèrent des Plongeons, avec lesquels on a continué de les réunir, leurs habitudes étant à peu de chose près les
LES PLONGEURS OU COL YMBIENS
mêmes, d’abord par quelques détails d’ostéologie : par un bec tantôt aussi long, tantôt plus court que la tête, droit, dur, comprimé, en cône allongé, pointu, l’extrémité de la mandibule supérieure légèrement inclinée, l’inférieure formant angle, tantôt de la longueur de la tête, tantôt plus long ou plus court, suivant les espèces ; ensuite, par la manière dont est répartie la membrane natatoire de leurs pattes ; ce dernier caractère seul ne les sépare pas moins des oiseaux qui suivent, auxquels ils se rattachent complètement d’ailleurs par le lustré de leurs plumes abdominales, ainsi que par leur œuf ; les trois doigts antérieurs sont bien unis, à leur base jusqu’à la première articulation par une membrane ; mais, à partir de ce point, au lieu de continuer jusqu’à l’extrémité des doigts, elle se décompose en feston autour de chacun d’eux ; leurs pieds font donc l’office, non plus d’une rame d’une seule pièce, mais d’un aviron fissiforme ou à palettes ; d’où le nom que nous leur avions donné, dans un temps, de Lobipèdes, quoique de véritables Échassiers aient la même conformation.
C’est le premier exemple, jusqu’ici, de cette anomalie dans la forme de l’appareil natatoire que nous offre la série dans cet ordre ; ce sera même le seul en Europe.
Plusieurs sont remarquables par les ornements de ptilose de leur tête.
La famille, de même que celle des Plongeons, ne forme qu’un seul groupe générique dans l’Ornithologie européenne.
LES OISEAUX NAGEURS
GROUPE GÉNÉRIQUE UNIQUE GRÈBE, PODICEPS (Linn.i
Comme complément des caractères que nous venons d’indiquer pour lebec et les pieds, les Grèbes offrent encore : des ailes courtes, aiguës ; des jambes emplumées jusqu’à l’articulation ; des tarses courts, très larges d’avant en arrière, moitié plus courts que le doigt externe, déjetés en dehors, partout couverts de larges scutelles, celles du bord saillantes comme les dents d’une scie ; le pouce grêle, pinné sur ses deux bords; presque absence de queue.
Les Grèbes ont cette faculté remarquable : c’est que, lorsqu’ils sont inquiets de quelque apparence, même lointaine, de danger, on les voit, de même que les Plongeons, s’enfoncer graduellement, et sans effort, sous la surface de l’eau, demeurée calme et unie comme un miroir, jusqu’à ce qu’il ne reste plus de visible que la moitié du cou et de la tête.
La famille, qui compte une trentaine d’espèces répandues dans toutes les parties du monde, n’en fournit que cinq à l’Europe.
PL. 41. — GRÈBE OREILLARD ou ESCLAVON.
Podiceps auritus (Lath., ex Linn.). — Colymbus auritus (Linn.).
Mâle adulte : dessus de la tête d’un noir à reflets verdâtres ; dessus du cou et du corps d’un noir luisant ; gorge et joues d’un noir profond lustré, avec- les plumes allongées et effilées, formant une large collerette ; devant et côtés du cou, haut de la poitrine et abdomen d’un blanc pur à reflets métalliques ; flancs d’un roux marron nuancé de cendré ; une grande touffe de plumes
Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.
J. Rothschild, Éditeur, Paris.