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PI. 45. — P OU BLAK C, OU DE B

SAN — Sula Ba

TOTIPALMES OU PÉLICANS

GROUPE GÉNÉRIQUE UNIQUE

FOU, SULA (Brisson).

Bec paraissant formé de trois pièces, droit, plus long que la tête, fendu au delà de l’angle postérieur des yeux, terminé en pointe légèrement courbée, avec les bords delà mandibule supérieure dentelés en scie, les dentelures tournées en arrière ; la peau du tour des yeux nue jusqu’à la commissure ; narines basales non apparentes, ne se révélant que par le prolongement d’une fente jusqu’à la naissance de la pointe apicale du bec ; ailes allongées, aiguës, atteignant presque l’extrémité de la queue ; celle-ci médiocre, conique, à rectrices résistantes, tarses beaucoup plus courts que le doigt médian, qui a son ongle pectiné, espèce de peigne singulier, dont l’utilité est souvent indiquée par la masse de duvet dont il est chargé.

PL. 45. - LE FOU BLANC ou DE BASSAN.

Sula Bassana( Briss.).

Male adulte : sommet de la tête et occiput d’un jaune d’ocre clair; le reste du corps d’un blanc de lait, à l’exception des rémiges et de l’aile bâtarde, qui sont noires ; bec d’un bleu cendré à la base, blanc à la pointe; membrane nue du tour des yeux d’un bleuâtre clair ; celle qui forme le prolongement de l’ouverture du bec, et celle qui s’étend sur le milieu de la gorge, d’un bleu noirâtre; iris jaune ; partie supérieure des doigts et devant du tarse rayés longitudinalement de vert clair ; membranes noirâtres ; ongles blancs. Taille : quatre-vingt-cinq centimètres environ.

Il ne paraît pas se reproduire sur le continent, quoiqu’il se

LES OISEAUX NAGEURS

rencontre assez souvent sur les côtes de France, et ses principales stations sont les lieux que nous avons déjà cités.

M. Cunningham, qui l’a bien observé et étudié dans ces mêmes localités, dit qu’il y arrive vers la fin d’avril, et y construit un grand nid, composé, non pas , ainsi que font avancé d’anciens auteurs, de petites branches, mais principalement de plantes marines, qu’il va souvent chercher fort loin, entre autres, le fucus commun et le fucus digité.

Ces nids sont construits dans la forme d’un cône aplati, dont la base a environ cinquante à soixante centimètres de diamètre, terminé par une cavité peu profonde. Les constructeurs déploient une grande industrie dans le choix des matériaux qui leur sont nécessaires, arrachant l’herbe et le gazon avec leurs robustes becs, et se livrant fréquemment des combats pendant leur travail.

L’œuf est pondu vers le milieu du mois de mai ; ils n’en font qu’un, qu’ils remplacent si le premier est enlevé. Cet œuf est d’un ovale allongé , un peu renflé, à surface rugueuse, couverte d’un enduit crayeux et d’un blanc presque pur ou légèrement azuré. 11 mesure de soixante-dix à soixante-quinze millimètres pour le grand diamètre, et quarante-huit à cinquante pour le petit.

La domestication de ces oiseaux est assez facile.

A ce fait de domestication, vient se joindre celui que nous avons déjà cité en 1852 (1) de M. Ferrary, de Quimper.

L’organisation pneumatique, commune à tous les oiseaux de la famille, a été depuis mise en évidence chez le Fou de Bassan, par M. Owen, qui en adonné d’excellents détails anatomiques.

(1) Encyclopédie d’histoire naturelle. Oiseaux.

TOTIPALMES OU PÉLICANS

2e FAMILLE

LES PÉLÉCANINÉS ou PÉLICANS proprements dits. — Pelecaninæ (G. -R. Gray).

Les Pélicans sont principalement caractérisés par une énorme poche gutturale, par la face nue, par l’ongle à bords lisses du doigt médian ; enfin, par un bec fendu, au plus jusqu’à l’angle postérieur des yeux, beaucoup plus long que la tête. Ce bec est plat au-dessus, comme une large lame relevée d’une arête sur sa longueur, et se terminant par une pointe en croc ; le dedans de cette lame, qui fait la mandibule supérieure, présente cinq nervures saillantes, dont les deux extérieures forment des bords tranchants ; la mandibule inférieure ne consiste qu’en deux branches flexibles qui se prêtent à l’extension de la poche membraneuse qui leur est attachée, et qui pend au-dessous comme un sac en forme de nasse.

Au fond de cette même poche est cachée une langue si courte, qu’on a cru pendant longtemps qu’ils n’en avaient point.

Les Pélicans offrent, dans la série, la première association d’oiseaux non seulement pour le lieu de leurs retraites d’habitation et de nidification, toujours par colonies, comme les espèces précédentes ; mais pour la recherche de leur nourriture, et l’organisation régulière et méthodique d’une véritable pêche générale à l’effet de recueillir en commun la quantité de poisson nécessaire à assouvir leur appétit ou à satisfaire les besoins de leur famille ; ils ont même des dépôts dans lesquels ils accumulent et entassent leurs provisions. Ce sont, en effet, de tous les oiseaux de mer, les plus infatigables et les plus insatiables destructeurs de poisson.

Du reste, leur caractère domesticable est familier.

On en compte une dizaine d’espèces appartenant aux contrées chaudes des deux mondes, au lieu de trois seulement que connaissait Buffon.

Les Pélicans sont aussi remarquables et intéressants par la hauteur de leur taille, qui atteint près de deux mètres, et par le

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sac qu’ils portent sous le bec, que par la célébrité fabuleuse consacrée par les emblèmes religieux des peuples, laquelle reposait sur une observation beaucoup plus proche de la vérité, que n’ont voulu l’admettre Buffon et l’abbé Bexon.

C’est, en effet, de l’habitude de vider leur poche ensanglantée, au bord du nid qui renferme leurs petits, qu’est née cette croyance populaire, que le Pélican s'ouvrait V estomac pour nourrir sa progéniture de ce qui s'y trouvait enfermé. Pour qui n’aperçoit que de loin, et sans grande attention, cet acte de maternelle prévoyance, on peut se figurer aisément, à voir cette énorme poche ouverte, et garnissant tout le devant du corps depuis le menton jusqu’au bas de l’estomac, que toute la partie antérieure de l’oiseau, comme déchirée, laisse apparaître les entrailles au milieu de cette masse sanguinolente de poissons, et il n’y a rien d’étonnant à ce qu’on s’y soit mépris autrefois, dans l’enfance de la science.

Cette famille ne forme qu’un seul groupe générique.

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