PL. 48. — LE CORMORAN ORDINAIRE
Phalacrocorax carbo (Leach, ex Linn.). — Pelecanus carbo (Linn.).
Mâle adulte : presque en totalité d’un vert foncé ou noirâtre à reflets ; occiput garni de plumes allongées formant huppe ; vertex couvert déplumés effilées et soyeuses d’un blanc argentin; partie nue delà gorge jaunâtre, encadrée d’un large collier blanc terne se prolongeant jusqu’aux yeux, et bordé de noir verdâtre ; grand espace blanc pur en dehors des jambes ; rémiges et rectrices noires. Bec noirâtre ; iris vert d’eau ; partie nue des paupières et des joues verdâtre ; pieds noirs. Longueur totale : soixante-dix-sept à soixante-dix-huit centimètres.
On remarque fréquemment, et chez un grand nombre d’individus, au sommet de la tête et au cou, des faisceaux de petites plumes blanches décomposées, ressemblant à un reste de duvet du premier âge. Il convient d’observer, avec Temminck, que ces plumes paraissent au printemps, dans les interstices des autres plumes du corps que la seconde mue ne fait pointtomber. Les deux sexes en sont ornés ; et ces plumes accessoires, véritablement caduques, tombent les premières, même avant l’époque de la mue d’automne, ce qui fait qu’on ne trouve de Cormorans de cette livrée que vers le temps des amours ou celui de l’incubation. Elles ne sont donc pas, comme l’a cru G. Cuvier, un attribut des mâles.
En France, dit Gerbe, il vit sédentaire sur quelques points des côtes de l’Océan, et se montre de passage régulier, au printemps et à l’automne, dans beaucoup de localités de nos départements septentrionaux limitrophes de la mer.
Il se reproduit dans le Boulonnais, sur les falaises qui bordent la mer, depuis Montreuil jusqu’à Dieppe, sur presque toutes les côtes rocheuses et les îles de la Bretagne ; et dans les rochers de Biarritz, près de Bayonne.
Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.
J. Rothschild, Editeur, Paris.
PL 48. — CORMORAN ORDINAIRE — Phalacrocoràx carbo. Leach. — J
PI. 49. — COEMOÉAH HUPPÉ— Plie
Stephens.
TOTIPALMES OU PÉLICANS
lit
C’est sur les arbres , assez souvent parmi les rochers, qu’il construit son nid ; rarement il l’établit- au milieu des joncs, du moins en France. Il en est autrement dans les polders de la Hollande, d’après les intéressants détails donnés par Sonnini, sur les colonies de Cormorans d’Yssel-Meer. Ce nid, dans les hautes falaises de Dieppe, est épais, composé de racines, de brins de bois sec et de tigesvertesde colza, solidement entrelacés, et garni d’herbes vertes à l’intérieur. C’est ainsi que l’y a toujours observé Hardy. Ils ne craignent même pas, dans cette dernière localité, dit cet observateur, le voisinage d’une ou deux paires de Faucons pèlerins, qui y ont pris gîte depuis longues années.
Sa ponte y est de quatre ou cinq œufs, dont nous avons déjà décrit les. caractères, et dont les dimensions sont de soixante à soixante-six millimètres pour le grand diamètre, et de quarante à quarante-deux pour le petit.
Il arrive à ce Cormoran , ce qui arrive probablement à beaucoup d’autres de ses congénères, de s’égarer dans l’intérieur des terres en certaines saisons.