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PL. 53. - HARLE PIETTE

Mergus Albellus (Linn.).

Male adulte : .une grande tache d’un noir verdâtre de chaque côté du bec; une semblable, mais longitudinale, sur l’occiput; une huppe touffue ; cou, scapulaires, petites couvertures des ailes et toutes les parties inférieures d’un blanctrès pur ; haut du dos, deux croissants se dirigeant sur les côtés de la poitrine, et bords des scapulaires, d’un noir profond ; flancs et cuisses variés de I zigzags cendrés; queue cendrée. Bec, tarses et doigts d’un cendré bleuâtre; membranes des doigts noires ; iris brun. Taille: quarante-deux centimètres.

La femelle n’a ni huppe à l’occiput, ni tache noire aux joues, ni croissants noirs sur les côtés de la poitrine ; elle est colorée d’un roux brunâtre à la tête et à la nuque ; d’un blanc pur en

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dessous, d’un brun lavé de cendré, sur le dessus du corps, avec les petites couvertures alaires blanches. 4

Le Harle Piette habite, l’été, les contrées boréales des deux mondes, et se répand, en hiver, dans les pays tempérés et méridionaux. De passage, en automne, mais surtout en hiver, en Angleterre, en Allemagne, en Hollande, en France, en Savoie, et jusqu’en Italie.

11 vient se montrer tous les ans, dit M. Bailly, sur les lacs elles rivières, vers la fin d’octobre, et plus particulièrement en novembre ou décembre. A la fin de l’hiver, il effectue un second passage un peu plus nombreux que le premier.

Il niche, dit-on, sur le bord des lacs et des rivières, parmi les herbes ouïes arbrisseaux, et pond huit ou dix œufs d’un blanc roussâtre, ayant de quarante-trois à quarante-cinq millimètres de grand diamètre, et trente-trois à trente-quatre de petit.

LES HYDROBATES ou ERIMISTURINÉS. — Erimisturinæ (Ch. Bonap.).

Ne composent qu’un seul groupe générique.

Cette famille comprend , dans la méthode , les groupes suivants : Biziures,Thalassorniset Erimistures proprement dites, que nous réunissons en un seul, sous ce dernier nom.

E RIMISTURE , ERIMISTURA (Ch. Ronap.).

Bec, de la longueur de la tète, renflé et formant bosse à son sommet, dessinant à partir de cette base une courbe rentrante et très prononcée, pour se relever à son extrémité, qui est très déprimée, dilatée, et plus large que le corps du bec ; le bord des mandibules denticulé de petites lamelles striées perpendiculairement ; onglet apical petit, évasé et recourbé sur lui-même ; narines percées à la base du renflement frontal et ovales ; ailes très courtes, aiguës ; queue allongée, conique, large, à pennes raides, pointues et en gouttières; tarses courts, et de la moitié à peine du doigt médian.

Avec des caractères aussi tranchés de ceux des autres Lamellirostres, les Erimistures devaient également s’en différencier parles habitudes. Ils ont en commun, il est vrai, avec les Harles leur faculté d’immersion ; mais ils ont, dans leur queue, un organe qui leur vient encore un peu plus en aide dans leur chasse aux poissons. Toutefois, pour bien connaître leurs mœurs, à défaut d’observations sur notre seule espèce d’Europe et de France , c’est chez deux naturalistes de l’autre monde qu’il les faut chercher. On doit, en effet, le peu que l’on en connaît jusqu’à ce jour, aux études faites par MM. Gosse et Hill, de la Jamaïque, sur une tespèce américaine, l’Erimisture dominicaine , ou à queue épineuse (1).

Les Erimistures volent quelquefois d’un bord à l’autre des étangs ou des mares qu’ils fréquentent, ou plutôt voltigent avec de grands battements d’ailes, et d’un effort pénible, en faisant

(1) ErUnistura dorninica, ou spinosa .

LES OISEAUX D’EAU — LAMELLIUOSTRES

réjaillir l’eau de laquelle ils s’élancent; on en voit aussi prendre un vol plus élevé. Lorsqu’ils ne sontpas troublés, ils restent longtemps posés à la même place et s’occupent, pendant des heures entières, à lisser leurs plumes.

Le caractère le plus particulier des Erimistures, et qu’ils partagent, en F exagérant même, avec les Cormorans, c’est la rigidité, non seulement de la tige des pennes de leur queue, mais celle de leurs barbes insérées sur un plan en forme de toit, inclinées qu’elles sont de deux côtés vers le bas. Mais nous venons de voir, d’une part, que, hors de l’eau et au repos, ces Lamellirostres se placent horizontalement sur leurs pieds, comme tousles Canards , ou appuyés à terre sur leur ventre ; tandis que les Cormorans se servent de leur queue, dans l’eau, pour plonger ; sur le sol, comme de soutien ou de véritables sièges pour y faire porter tout le poids de leur corps perpendiculaire ; elle est donc inutile à terre aux Erismistures.

Une dernière particularité organique, enfin, des Erimistures réside dans la contexture de l’enveloppe calcaire de leur œuf.

Il offre une des premières exceptions, dont nous avons parlé, au luisant adipeux de la coquille, chez le plus grand nombre d’espèces des Anatinés, par un aspect tout au contraire grenu de ce tégument, qui est rude au toucher.

PL. 54.- ÉRIMISTURE ou CANARD COURONNÉ.

Erimistura leucocephala (Ch. Bonap., ex Scopoli).

Mâleadulté: sommet de la tête d’un noir profond ; front, joues, gorge et occiput d’un blanc pur ; parties inférieures du cou et nuque noires ; poitrine, parties supérieures du corps et flancs d’un roux foncé, coupé de fines lignes en zigzags d’un roux noirâtre; croupion d’unroux pourpré ; queue noire ; couvertures supérieures des ailes d’un cendré brun, variées de taches et de zigzags grisâtres et roussâtres ; rémiges d’un brun clair ; parties inférieures d’un blanc roussâtre, coupé transversalement de raies

Des Mors, Les Oiseaux d’Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

PI. 54. — ERIMISTXTRE

CANARD COURONNÉ — Ervmistura leucocephala. Ch. Bonaparte — |

ANATINÉS OU CANARDS

en zigzags. Bec d’un bleu vif; iris d’un jaune d’or ; pieds d’un brun cendré. Taille de cinquante et un centimètres.

La vieille femelle a toutes les couleurs rousses nuancées de brun cendré ; le sommet delatête, 1 occiput et la nuque d un biun foncé ; et la gorge, les joues, ainsi que le devant du cou, d’un blanc jaunâtre. Le bec et les piedssont roussâtres.

Habite les lacs salés des contrées orientales de l’Europe ; très abondant en Russie, en Livonie et enFionie; de passage en Hongrie et en Autriche ; jamais en Hollande ; très accidentellement en France, et même en Sardaigne et en Grèce.

Quant à sa nourriture, il faut que le régime végétal occupe une certaine place dans l’alimentation des Erimistures, puisqu'e M. Gosse n’a trouvé dans l’estomac d’un de ceux de l’espèce dominicaine, qu’il a tiré à la Jamaïque, que des grains concassés et réduits en très petits fragments ; et que M. Bouteille, de son côté, en France, n’a également trouvé, dans le jabot de quatre individus d’Erimistures couronnés, achetés au marché de Grenoble, que du gravier et quelques graines noires qu’il a cru appartenir au genre Carex , de la famille des Cypéracées. On peut conjecturer, cependant, d’après leurs habitudes exclusivement aquatiques, qu’ils y joignent à l’occasion quelques autres substances plus ou moins animalisées, et même de petits poissons et des mollusques, comme l’indique Temminck.

Il niche sur le bord des mers et sur les lacs de la Russie ; construit en joncs un nid qui flotte sur les eaux au moyen d attaches ou de liens mobiles, presque à l’instar du nid du Grèbe Castagneux, et y pond huit œufs rugueux, d un blanc plus ou moins pur ou jaunâtre, dont la dimension est de soixante-sept à soixante-dix centimètres pour le grand diamètre, et de cinquante et un à cinquante-trois pour le petit.

LES OISEAUX D’EAU — L AMELLIROSTRES

ANATINÉS (Canards proprement dits). — Anatinæ (Ch. Bonap.).

La famille des Anatinés est la plus nombreuse en espèces et en groupes génériques, dont les principaux sont : les Garrots, les Milouins ou Morillons, les Macreuses, les Eiders, les Sarcelles, les Souchets et les Canards.

Ils diffèrent les uns des autres par la forme de leur bec et de leur queue, ainsi que par la disposition des lamelles garnissant leurs mandibules. Ils ne varient pas moins dans leurs habitudes : les uns établissent leurs nids à terre ou dans les anfractuosités des rochers ; les autres au milieu des rochers et des plantes marécageuses ; plusieurs sur les arbres ou dans les trous d’arbres vermoulus.

ANATINÉS OU CANARDS

Ier GROUPE GÉNÉRIQUE GARROT, CLANGULA (Flém.).

Bec plus court que la tête, forme générale de celui de tous les Anatinés, c’est-à-dire dessinant une courbe creuse du sommet du front au bout du bec, dont l’onglet apical fait crochet ; évasé de la mandibule supérieure, qui dépasse et recouvre celle inférieure ; dents lamelliformes, courtes et largement espacées ; narines médianes, latérales, elliptiques; ailes moyennes, aigues ; queue assez allongée, pointue; tarses courts ; doigts allongés, avec les membranes qui les réunissent s’étendant jusqu’au bout des ongles et y étant adhérentes ; tête grossie par l’épaisse couche de plumes qui la couvre.

Propres aux régions arctiques, les Garrots ont le vol rapide et souvent élevé; mais, à terre, leur marche est vacillante et paraît pénible ; du reste, rien de particulier dans leur alimen tation.

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