ORDRE PREMIER
LES OISEAUX D’EAU
ou PALMIPÈDES
PALMIPÈDES, Latham, 1790
1er SOUS-ORDRE
OISEAUX DE TRANSITION OU IMPENNES
IMPENNES
Ce que nous appelons oiseaux de transition sont ceux, dans notre hémisphère et en Europe , qui apparaissent après ou en même temps que le premier moule des Manchots de l’hémisphère antarctique. Leur hec est tantôt allongé et pointu, tantôt recourbé en se relevant et s’épaississant au bout qui est crochu, et recouvre l’extrémité de la mandibule inférieure , relevée et tronquée. Leurs pieds n’ont que trois doigts réunis par une membrane natatoire, le pouce manquant généralement. Leurs ailes, impropres ou peu propres au vol , sont terminées par quelques pennes faiblement résistantes. Essentiellement plongeurs , hors de l’eau ils ne peuvent que ramper sur le ventre, ou se tenir sur les pieds, le corps dans une position forcément verticale.
Ils ne forment qu’une tribu, à laquelle une seule espèce sert de type, et comme première famille et comme groupe générique.
LES OISEAUX DE TRANSITION OU IMPENNES
TRIBU UNIQUE PINGUIN! DÉS, PINGUI NIDÆ.
Les Pingouins paraissent habiter de préférence exclusivement la mer Glaciale , quoiqu’ils en descendent pour nicher jusqu’à l’île de Wight; néanmoins, les îles Féroë et les côtes de Norwège semblent être leurs terres de prédilection dans l’ancien continent, et le Groenland, le Labrador avec Terre-Neuve dans le nouveau. Ils sont presque entièrement privés de la faculté de voler à grandes distances, n’ayant que des petits bouts d’ailes, garnies à la vérité de pennes, mais si courtes et si faibles qu’elles ne peuvent être comparées à celles des autres oiseaux qui ont tout leur développement ; suffisantes à leur servir de parachute, lorsqu’ils s’élancent des rochers dans les flots, ou pour raser, en voletant, la surface des eaux, elles ne sauraient les soutenir longtemps en l’air; se trouvant ainsi réduites, selon la remarque de M. Blyth, au minimum d’étendue et de développement nécessaires à la sustention aérienne , afin qu’elles pussent avoir ainsi plus d’action sous l’eau.
Le plumage de tous les oiseaux de cette tribu est excessivement serré, garni d’un épais duvet à la racine des plumes, et difficile à arracher. Les pêcheurs et les dénicheurs d’œufs se servent souvent de leurs peaux garnies de leurs plumes pour entourer leurs poignets.
Quatre familles se partagent cette tribu : les Pingouins proprement dits et les Àlques, réduits chacun à une seule espèce ; les Guillemots, qui en renferment six, et les Macareux, trois.
LES OISEAUX D’EAU — PINGOUINS
PINGUININÉS. - Pinguininæ.
Nous n’avons pas besoin de dire que cette famille, à laquelle il a bien fallu donner un nom pour se conformer à la méthode, est purement d’ordre et hypothétique , en ce sens que ne reposant jusqu’à ce jour que sur une seule espèce, elle laisse la porte ouverte à celles que l’on pourrait découvrir et y adjoindre à l’avenir.
Ajoutons qu’en faisant du grand Pingouin le type et le pivot d un groupe familial, nous adoptons en entier la manière de voir, en 1855, de M. Steenstrup (laquelle n’est après tout que celle du prince Charles Bonaparte) , mais qu’il a été le premier à faire valoir par les raisons suivantes :
« La petitesse de l’aile chez cet oiseau , dit-il , résultant du raccourcissement de l’os de l’avant-bras, est à un degré tel que cet os, mesurant à peine la moitié de la longueur de l’humérus, fournit ainsi un premier caractère différentiel , puisque , chez l’Alque Torda, que nous allons décrire et qui lui a toujours été adjoint jusqu à ce moment, il est presque de la même longueur. Un second caractère, intimement lié au premier, est fourni par le faible développement des pennes de la main. Ces caractères anatomiques valent bien les caractères purement extérieurs qui servent, en général, à établir les groupes dans la classe des oiseaux. »
Nous verrons bientôt l’importance et les conséquences de cette organisation pour les habitudes et les mœurs du grand Pingouin.
LES OISEAUX UE TRANSITION OU IMPENNES