‹ Musée ornithologique illustréChapitre 7 sur 85 · GROUPE UNIQUE · texte numérisé non relu

GROUPE UNIQUE

PINGOUIN, PINGUINUS (Bonnaterre , 1790).— ALCA (Linné, Syst. natur., 1744).

Bec presque aussi long et sur le même plan que la tête, qui est aplatie, dessinant une courbe à partir du front, pour se relever à son extrémité , qui se termine en pointe infléchie, emboîtant celle de la mandibule inférieure, qui est comme tronquée, bec, en tout, puissant et redoutable, rayé verticalement de huit sillons sur la mandibule supérieure et d’une dizaine sur l’inférieure; narines marginales étroites, cachées par de petites plumes courtes ayant le moelleux du velours; ailes garnies de six à sept petites pennes graduées également, et dont la première est la plus longue; queue très courte et étagée, les deux pennes médianes dépassant légèrement toutes les autres; tarses robustes, plus courts que le doigt interne, qui est le plus petit des trois, le pouce manquant; ongles faiblement courbés et aigus; celui du doigt médian le plus long et le plus fort.

PL. 1. - GRAND PINGOUIN (Buffon,Pl. enl., 367). espèce unique.

Alca major (Brisson, Ornithologie, 1760). - Alca impennis (Linné, 1766). - Pinguinus impennis (Bonnaterre, 1790).

Mâles et femelles adultes , en été : tête, derrière et côtés du cou, gorge et dessus du corps d’un noir profond; une grande taclie ovalaire , d’un blanc de neige , occupant tout l’espace entre l’œil et la base de la mandibule supérieure; devant du cou et tout le dessous du corps d’un blanc pur; couvertures supé-

Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.

J. "Rothschild, Éditeur, Paris.

PI. 1. — GRAND PINGOUIN — Alca Impennis. Linnæus. — ^

LES OISEAUX D’EAU — PINGOUINS

rieures des ailes du même noir que le manteau ; rémiges noires, les secondaires terminées de blanc; queue noire; bec noir avec huit sillons à fond blanc mat sur la mandibule supérieure, et dix ou onze plus fins et plus étroits sur l’inférieure; pieds et palmatures ainsi que les ongles noirs ; iris brun foncé. Taille de soixante-cinq à soixante-dix centimètres.

Si restreint et si concis que nous voulions être, force nous est bien, pour cette espèce à la veille de disparaître, si elle n’est déjà disparue de la classe des oiseaux, d’entrer dans quelques détails rétrospectifs sur son historique , d’autant que , dans presque tous les ouvrages d’ornithologie européenne, ils sont restés ignorés ou méconnus de la plupart des auteurs qui s’en sont occupés, notamment en France.

Or, il se trouve, grâce aux savantes recherches et au beau mémoire sur le grand Pingouin, publié par le docteur danois Steenstrup, en 1855, que c’est au moment où se perd toute trace de cet oiseau, que l’on découvre le plus de documents sur son habitat, ses moeurs et sa manière de vivre.

Ainsi, il est avéré qu’à une époque, qui n’est pas éloignée, le grand Pingouin a été aussi commun et aussi multiplié sur la côte occidentale de l’Amérique boréale, que l’est encore le grand Manchot sur celle de l’Amérique australe ; que, faute de bois, les habitants de Funk-Island se chauffaient avec les ossements de cet oiseau, dont plusieurs ont été recueillis par M. Stuwitz vers 1850, et que le docteur Hayes en a vu de vivants à l’île Disco en 1869.

L’œuf en est aussi introuvable que l’oiseau lui-même. On aura une idée de sa valeur et peut-être de l’unique motif de la rareté de l’oiseau, lorsqu’on saura que ce même œuf, que nous avons payé trois et cinq francs pièce, en 1830 et 1833, qui en valait vingt-cinq et trente en 1840, s’est payé depuis, pendant quinze ans, cinq cents et huit cents francs ; et qu’en ce moment certains détenteurs paraissent ne vouloir plus s’en défaire à aucun prix.

Cet oiseau semblerait donc avoir complètement disparu, tant en est acharnée la destruction.

LES OISEAUX DE TRANSITION OU IMPENNES

Temminck nous le montre occupant les plus hautes latitudes du globe, toujours dans les régions couvertes de glaces ; vivant et se trouvant habituellement sur les glaces flottantes du pôle arctique, dont il ne s’éloigne qu’accidentellement ; ne venant jamais à terre que pour nicher ; visitant, quoique rarement, les côtes des îles Orcades et Saint-Kilda; enfin commun au Groenland (1).

Sa nourriture, suivant le rapport des voyageurs, consisterait en gros poissons, tels que, particulièrement, le Cyclopterus Lumpus et autres, ainsi qu’en plantes marines. 11 niche sur les rochers escarpés, toujours dans le voisinage des glaces flottantes; place son nid, qui n’en est pas un, dans les cavernes, dans les fentes des rochers, ou se creuse des terriers profonds.

11 pond un seul œuf, énorme (c’est le plus grand des œufs pondus en Europe), très piriforme, d’un roux très clair ou d’un gris isabelle, avec des taches, des raies irrégulières onduleuses et des zigzags noirs ou d’un brun plus ou moins foncé lorsqu’ils sont superficiels, d’un gris violet ou cendré lorsqu’ils sont profonds.

Son grand diamètre est de cent vingt-cinq (douze centimètres et demi) à cent trente millimètres ; le petit, de soixante-quinze à soixante-dix-huit millimètres.

2e FAMILLE

ALCINÉS. — Alcinæ.

En faisant une famille distincte de l’Alque d’avec le Pingouin, nous n’innovons point, ne suivant en cela que l’exemple du docteur Steenstrup et du prince Charles Bonaparte, desquels s’est séparé Gerbe , sans faire connaître ses motifs.

Cette famille, d’après ce que nous venons de dire, ne se compose, comme celle des Pingouins, que d’une seule espèce, type familial et générique, que l’on a confondue jusqu’à ce jour avec la suivante, malgré le caractère organique différentiel que nous avons indiqué tout à l’heure.

(1) Manuel d’Ornithologie, — 1820.

Des llnrs, Les Oiseaux d'Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Taris.

PI 2.-PINSOÜIN MA'C RO P T È R E — Alca Tarda. Linnæus. - £ nat.

LES OISEAUX D’EAU — PINGOUINS

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