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PL. 59. - MORILLON DE MIQUELON

Harelda glacialis (Steph., ex Linn.). — Anas glacialis (Linn.).

Mâle adulte : sommet de la tête, nuque, devant et partie inférieure du cou, les longues] scapulaires, ventre, abdomen et pennes latérales de la queue, d’un blanc pur; joues et gorge cendrées ; un grand espace brun marron sur les côtés du cou ; poitrine, dos, croupion, ailes et les deux très longues plumes du milieu de la queue d’un brun couleur de suie ; flancs cendrés ; bec beaucoup plus court que la tête, noir, coupé transversalement par une bande rouge; iris orange, tarses et doigts jaunes, membranes noirâtres. Taille : soixante centimètres, y compris les filets de la queue.

La vieille femelle diffère beaucoup du vieux mâle; sa queue est courte, à pennes bordées de blanc, les deux du milieu ne sont point allongées ; front, gorge et sourcils]d’un cendré blanchâtre ; nuque, devant et partie inférieure du cou, ainsi que le ventre et l’abdomen, d’un blanc pur ; sommet de la tête et le grand espace des côtés du cou d’un cendré noirâtre; poitrine variée de cendré et de brun ; plumes du dos, des scapulaires et couvertures claires, noires dans le milieu, bordées et terminées de roux cendré; le reste des parties supérieures d’un brun de suie ; la bande du bec jaunâtre ; iris brun clair; pieds couleur de plomb.

Habite les mers arctiques [des deux mondes; de passage

Des Murs, Les Oiseaux cl’ Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

PI. 59.— MORILLON DE MIQUELON — Barelâa glacialü. Stephens. —J nat.

accidentel sur les grands lacs d’Allemagne, et le long de la Baltique; souvent, mais jamais en troupe, sur les côtes maritimes de la Hollande ; rare sur les côtes de l’Océan.

Se nourrit de coquilles bivalves.

Niche sur les bords de la mer Glaciale, au Spitzberg, en Islande et à la baie d’Hudson; pond de cinq à sept œufs un peu obtus, d'un vert clair ou d’un gris verdâtre, sans taches, mesurant de cinquante-quatre à cinquante-sept millimètres sur trentesept à quarante.

C’est le Harelda des Islandais et de Wormius, d’où son nom latin.

C’est aussi la Sarcelle de Féroë , le Canard à longue queue de Terre-Neuve et le Canard de Miquelon de Buffon.

142 LES OISEAUX D’EAU — LÀMELLIROSTRES

3e GROUPE GENERIQUE

MACREUSE, 01 DEMI A {Flém.jfe

Bec presque aussi long que la tête, robuste, élevé, large dans toute son étendue, à mandibule supérieure renflée ou gibbeuse vers la base, épatée et déprimée à l’extrémité ; lamelles larges, fortes, très espacées, peu ou point visibles à la base des mandibules ; mandibule inférieure cachée et emboîtée à sa moitié antérieure ; onglet très large, voûté, couvrant l’extrémité desmandibules; narines sub-médianes élevées, ovales ; ailes de moyenne longueur, sub-aiguës ; queue courte, conique, à pennes terminées en pointe; jambes très à l’arrière du corps ; tarses plus courts que le doigt interne.

On ne peut parler des Macreuses, sans rappeler l’origine merveilleuse qu’on leur a prêtée presque jusqu’à la fin du xvne siècle.

On prétendait, et tous les savants de l’époque disputaient le pour et le contre , qu’elles étaient le produit de certains coquillages appelés, de cette croyance, Anatiferes (producteurs de Canards), ou de la pourriture de certains arbres apportés par les flots sur les côtes de l’Ecosse et des Orcades.Or voici ce raisonnement : ces Mollusques sont très abondants en ces parages, vers certaines époques de l’année, au point de couvrir d’assez grands espaces de la mer ; ils sont munis alors d’un appendice membraneux et frisé en forme de petites plumes recourbées, s’élevant au-dessus du niveau de l’eau ; et souvent, du soir au matin, à d’autres époques, toutes ces petites flottailles disparaissaient comme par enchantement; et à leur place qu’y voyait-on, tout d’un coup? Des bandes de Macreuses qui s’en nourrissaient ! Comme on n’avait jamais su, ni où, ni comment nichaient ces

Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Paris.

MACREUSE ORDINAIRE — Oidemia nigr-a. Fleming — ^ nat.

MACREUSE BRUNE, OU DOUBLE MACREUSE — Oidemia fnsea. Fleming. - i nat.

ANATINÉS OU CANARDS

oiseaux qui, par parenthèse, plongent quelquefois jusqu’à dix mètres au fond de l’eau, il n’en fallut pas davantage pour accréditer cette fable dont Hector Boëthe et Cardan furent les plus ardents propagateurs, et en conclure que les Macreuses devaient leur naissance et leur multiplication si extraordinaires à ces Mollusques. Ces auteurs appelaient alors la Macreuse le ou la Claque.

Toujours est-il que c’est par voie de conséquence de leur origine prétendue que l’Eglise a rangé pendant longtemps les Macreuses parmi les aliments maigres.

On n’en connaît que deux espèces d’Europe.

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