‹ Musée ornithologique illustréChapitre 63 sur 85 · PL. 60. - MACREUSE ORDINAIRE · texte numérisé non relu

PL. 60. - MACREUSE ORDINAIRE

Oidemia nigra (Flém., ex Linn.). — Anas nigra (Linn.).

Mcîle adulte : tout le plumage, sans exception, d’un noir intense et velouté. A la base du bec une protubérance sphérique ; tout le bec noir, sauf les narines de couleur orange, et une bande jaune longitudinale sur le globe du bec; iris brun; cercle nu de l’œil jaune ; tarses et doigts d’un cendré brun ; membranes noires. Taille d’environ quarante-huit centimètres.

Femelle adulte : sommet de la tête, de l’occiput et nuque d’un brun presque noirâtre; joue et gorge d’un cendré clair taché de brun; dos, ailes et ventre d’un brun foncé, chaque plume bordée d’un brun blanchâtre; plumes de la poitrine d’un brun cendré, bordées de blanchâtre ; pas de protubérance à la base du bec ; le cercle nu de l’œil blanchâtre.

Habite les régions du cercle arctique où elle niche dans les marécages ; très abondant à son double passage sur les côtes d’Angleterre, de Hollande et de France; ses essaims nombreux, avec lesquels se mêlent l’espèce suivante, ainsi que les Milouins et les Milouinans, couvrent, en automne, tout le rivage de la mer qui baigne les côtes de Hollande et de France.

Se n'ourrit de coquilles bivalves, d’insectes, de vers et de plantes marines.

144 LES OISEAUX D’EAU — L AM ELLIROSTRES

Pond de huit à neuf œufs d’un blanc grisâtre un peu jaunâtre, sans tâches , mesurant soixante-quatre millimètres sur quarantecinq.

La nourriture favorite des Macreuses est une espèce de coquillage bivalve lisse et blanchâtre, large de un centimètre et long de deux ou trois environ (l’Anatifère), dont les hauts-fonds delà mer se trouvent jonchés dans beaucoup d’endroits ; il y en a des bancs assez étendus, et que la mer découvre sur ses bords au reflux. Lorsque les pêcheurs remarquent que, suivant leur terme, les Macreuses plongent aux vaimaux (nom qu’on donne en Picardie à ces coquillages), ils tendent leurs filets horizontalement, mais fort lâches, au-dessus de ces Mollusques, et à soixante ou soixante-dix centimètres au-dessus du sable ; peu d’heures après, la mer, entrant dans son plein, couvre ces filets de beaucoup d’eau. Les Macreuses suivant le reflux, à deux ou trois cents pas du bord, la première qui aperçoit les coquillages plonge, toutes les autres la suivent et, rencontrant le filet qui est entre elles et l’appât, elles s’empêtrent dansces mailles flottantes ; ou, si quelques-unes plus défiantes s’en écartent et passent dessous, bientôt elles s’y enlacent comme les autres, en voulant remonter après s’être repues, et toutes s’y noient. Lorsque la mer s’est retirée, les pêcheurs vont les détacher du filet où elles sont suspendues par la tête, les ailes ou les pieds.

PL. 60. —MACREUSE [BRUNE ou DOUBLE MACREUSE.

Oidemia fusca (Flém., ex Linn.). — Anas fusca (Linn.).

Mâle adulte : entièrement d’un noir profond, avec la paupière inférieure blanche, et un miroir étroit de même couleur sur l’aile; bec jaune rougeâtre, avec l’onglet plus rouge; les narines, les petites gibbosités et les deux tiers postérieurs de la mandibule inférieure noirs; iris blanc; tarses et doigts rouges, avec les palmures noires. Taille d’environ cinquante-cinq centimètres.

Femelle adulte : en-dessus d’un brun noirâtre ou couleur de suie; en dessous d’un gris blanchâtre rayé et taché de brun noi-

râtre; tache blanche entre les yeux et le bec et sur le méat auditif; iris brun.

Habite les mers arctiques des deux mondes ; très abondante aux Hébrides, aux Orcades, en Norwège et en Suède ; de passage périodique sur les côtes d’Angleterre, de Hollande et de France ; assez commune sur les lacs et dans les marais de l’intérieur, et même dans les terres.

Se nourrit principalement, comme l’espèce précédente, des coquillages bivalves (anatifères) qui gisent au fond delà mer, après lesquels elle plonge continuellement.

Niche sous des touffes d’herbes et de broussailles, et pond de huit à dix œufs d’un blanc grisâtre, légèrement jaunâtre sans taches, mesurant de soixante-deux à soixante-cinq millimètres dans un sens, et quarante-six à quarante-huit dans l’autre.

Paraît beaucoup moins nombreuse que la Macreuse ordinaire. C’est la Grande Macreuse et le Canard brun de Buffon.

LES OISEAUX D’EAU — LAMELLIROSÏRES

4e GROUPE GÉNÉRIQUE El DE R, SOMA TE RI A (Leach).

Bec aussi long que la tête, élevé et renflé à la base, qui porte parfois deux tubercules charnus, convexe, un peu déprimé à l’origine de l’onglet, qui est très large, voûté, et recouvre toute l’extrémité du bec ; lamelles très espacées ; ailes courtes, étroites, aiguës; queue courte, conique; tarses beaucoup plus courts que le doigt médian; pouce long et grêle.

Les Eiders ont presque les mêmes habitudes que lqs Macreuses; mais, bien moins sauvages, ils se prêtent volontiers au voisinage et à la fréquentation de l’homme. On n’en compte que deux espèces, toutes deux également propres à l’Europe.

Page 1