‹ Musée ornithologique illustréChapitre 65 sur 85 · PL. 62. — EIDER A TÊTE GRISE · texte numérisé non relu

PL. 62. — EIDER A TÊTE GRISE

Somateria spectabilis (Boïé, ex Linn.). — Anas spectabilis (Linn.).

Le vieux mâle : une très étroite bande d’un noir velouté suit tout le contour de la mandibule supérieure et se divise vers la base du bec en remontant entre deux crêtes charnues qui la gar-

LES OISEAUX D’EAU - L AMELLIROSTRES

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nissent ; une semblable double bande forme sur la gorge un angle en fer de lance ; sommet de la tête, occiput et nuque d’un beau gris bleuâtre ; joues d’un vert de mer lustré; cou, partie supérieure du dos, couvertures des ailes, et deux grands espaces de chaque côté du croupion, d’un blanc pur ; poitrine d’un blanc rôussâtre; scapulaires, bas du dos, ailes, queue et toutes les parties inférieures du corps d’un noir intense. Base du bec se prolongeant latéralement sur le front en deux appendices ou crêtes charnues d’un beau rouge vermillon, ou orange vif, passant au jaune citron vers le bec ; tarses et doigts d’un jaune brunâtre, avec la membrane noirâtre; iris noir. Taille : soixante-trois centimètres.

Femelle adulte : presque entièrement d’un rôussâtre moucheté et flammêché de noir; moyennes et grandes couvertures des ailes d’un brun noirâtre, avec la pointe blanche et formant, par leur réunion, deux bandes transversales. Bec se prolongeant de chaque côté du front par deux lames aplaties, et sans les tubercules charnus.

Habite les mers glaciales; Faber l’a vu rarement en Islande, où quelques paires viennent cependant nicher; commun aux Orcades et dans d’autres îles du nord de l’Écosse ; moins nombreux sur les côtes de la Baltique et du Danemark; très abondant au Groenland et au Spitzberg.

Nourriture et propagation comme l’autre espèce.

loi

5e GROUPE GÉNÉRIQUE

SARCELLE, QUERQUEDULA (Steph.).

Bec de la longueur de la tête, assez élevé à la base, droit à partir des narines, étroit, demi-cylindrique, plus large à l’extrémité qu’au milieu ; lamelles presque entièrement cachées ; mandibule inférieure recouverte et emboîtée par sa supérieure, sauf une faible partie de sa base ; onglet petit, crochu ; narines basales très rapprochées, larges, ovales ; ailes assez longues, aiguës ; queue courte, conique ; tarses plus courts que le doigt médian.

Les Sarcelles ne sont que des espèces de petits Canards des mieux proportionnés dans leurs formes, et des plus élégants dans leur parure ; elles leur ressemblent d’ailleurs par la conformation, par les habitudes : il est par conséquent fort difficile de déterminer où finit la section des Sarcelles et où commence celle des Canards, dont on ne les sépare que par habitude et par convention, sans qu’aucun caractère fixe les différencie les unes des autres.

Les Sarcelles voyagent par bandes , quelquefois fort nombreuses, dans les airs, mais, sans y garder d’ordre régulier comme les Canards ; elles y volent confusément et avec une légèreté extrême. On ne les voit guère plonger, par la raison qu’elles trouvent à la surface de l’eau la nourriture qui leur convient.

C’est parmi les Sarcelles exotiques que figurent les espèces les plus richement peintes ou coloriées, à la tête surtout, qui est une vraie miniature, telles que la Sarcelle de la Caroline, celle du J apon ou Mandarine, et la Sarcelle Formose de la même région, qui s’égare en Europe, et dont on a fait presque autant de types de sousgroupes. On en compte de nombreuses espèces; mais trois à peine sont propres à l’Europe.

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La première, digne de figurer à côté de celles que nous venons de citer, est :

PL. 63. - SARCELLE D’HIVER ou SARGELL1NE.

Querquedula circia (Steph., ex Linn.). — Anas circia (Linn.).

Mâle adulte : sommet de la tête, joues et cou d’un roux marron; gorge noire; large bande verte s’étendant depuis les yeux jusque sur la nuque et encadrée, en dessus et en dessous, de deux fines lignes d’un blanc éclatant, dont la supérieure retombe tout au long du bec jusqu’à la gorge; partie inférieure du cou, dos, scapulaires et flancs rayés alternativement de zigzags blancs et noirs; poitrine d’un blanc rougeâtre varié de taches rondes noires ; ventre blanc ou d’un blanc jaunâtre ; couveitures des ailes brunes; miroir vert et noir, bordé de deux bandes blanches. Bec noirâtre; iris brun; pieds cendrés. Taille : trentedeux centimètres.

Femelle adulte : derrière et dessous les yeux, une bande d’un blanc roussâtre marquée de taches brunes ; gorge blanche ; plumage supérieur d’un brun noirâtre bordé d une large bande de brun clair; parties inférieures blanchâtres. Bec marbré de brun, et d’un brun jaunâtre en dessous comme sur les bords.

Habite vers le Nord; très abondante à son double passage en Angleterre, en Hollande, en Allemagne et en France. Se trouve aussi dans l’Amérique septentrionale.

Se nourrit de petits limaçons, d’insectes, déplantés aquatiques et de leurs semences ; rarement de petits poissons.

Niche dans les climats tempérés ; construit son nid, de la manière que nous dirons plus bas, dans les joncs, dans les herbes et dans les prairies marécageuses, le plus ordinairement au bord des eaux. Pond jusqu’à douze œufs oblongs, presque égaux aux deux bouts, d’un blanc sale un peu roussâtre ou jaunâtre, mesurant de quarante-trois à quarante-six sur trente-deux à trente-trois centimètres.

Le mâle, au temps de la pariade, fait entendre un cri sem-

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