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PL. 64. — CANARD SAUVAGE

Anas Boscas (Linn.).

Mcîle : tête et cou d’un vert très foncé à reflets brillants, rehaussé par un collier blanc au bas des parties supérieures rayées de zigzags très fins, d’un brun cendré et de gris blanchâtre ; poitrine d’un beau marron foncé; le reste des parties inférieures d’un gris blanc rayé de zigzags très fins d’un brun cendré; miroir de l’aile d’un noir violet, bordé en dessus et en dessous par une bande blanche ; rémiges secondaires d un gris brun sur les barbes internes, d’un violet changeant en vert doré sur les barbes externes , avec une bordure terminale blanche, précédée d’une bande transversale d’un noir velouté ; les quatre rectrices médianes noires, à reflets pourpres , recourbées et relevées en demi-cercle ; les deux suivantes de chaque côté d’un

LES OISEAUX D’EAU — LA MELL1 ROSTRES

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brun cendré, bordé de blanc, et les autres cendrées, pointillées de blanc en dedans et blanches en dehors. Bec d’un vert jaunâtre, avec une teinte brunâtre vers l’extrémité et l’onglet noir ; iris brun rougeâtre; pieds d’un rouge orange. Longueur totale ; cinquante à cinquante-cinq centimètres.

Femelle : tout le plumage varié de brun sur un fonds grisâtre ; gorge blanche’; bande blanchâtre tachée de brun passant en dessus des yeux, et une autre noirâtre les traversant ; miroir sur l’aile semblable à celui du mâle, sauf une nuance de violet ; les quatre pennes du milieu de la queue droites et non recourbées. Bec gris verdâtre ; iris brun.

Habite en grand nombre les pays du Nord ; se tient dans les marais, sur les étangs et les lacs; commun dans le nord de la France, surtout dans les mois de novembre et de décembre ; se trouve dans nos eaux aussi longtemps qu’elles ne sont pas gelées ; y revient vers la fin de février, dans le courant de mars , et s’y reproduit en plus ou moins grand nombre ; voyage par bandes, de jour comme de nuit, le plus souvent vers le soir. Son vol est élevé ; tous les individus d’une bande se tiennent sur une ou deux lignes et forment, dans ce dernier cas, une sorte de triangle.

Niche dans les champs, parmi les herbes, au milieu des roseaux; quelquefois dans des crevasses de vieux arbres, d’autres fois dans des nids abandonnés de Pies et de Corneilles. Ses œufs, au nombre de huit à quatorze, sont d’un gris verdâtre très clair et assez luisant ; ils mesurent de cinquante-cinq à soixante et un millimètres dans un sens, et de quarante et un à quarante-deux dans l’autre.

Construits sans art, avec des joncs ou des herbes aquatiques ployées et coupées , les nids de cette espèce se rencontrent le plus souvent au-dessus des eaux, posés au milieu des roseaux, sur quelques tas de tiges renversées , ou sur le sommet d’une touffe qui s’élève au-dessus de la surface ; on en trouve aussi qui sont sur terre, à peu de distance du bord ; dans les marais, et même sur les champs cultivés des environs; et mieux encore quelquefois, à des distances de plus d’un quart de lieue, dans

• CAS A BD CHIPE AU, ou R I D E N N E — C/milelasmus strepera. Gray. — J nat. CANARD A LONGUE QUEUE, OU FILET — Safila acuta. Eyton. — j nat.

les bruyères; et jusque dans les bois, où la Cane sait s’emparer des grands nids qu’elle y trouve tout faits pour y établir le sien parfois sur la cime des arbres les plus élevés; par conséquent dans des lieux où l’eau manque aux très jeunes canetons.

Dans ces derniers cas, les Canes ne font point de nids, à proprement parler ; mais elles s’emparent de celui de quelque autre oiseau, tels que des Pies ou des Corneilles. Et alors, que la ponte ait été faite dans un nid étranger, ou dans quelque creux d’arbre de la forêt , il paraît certain que , aussitôt les petits éclos, la Cane les apporte les uns après les autres, dans son bec, ou sur son dos comme fait le Harle , et les dépose sur un étang à portée du bois. C’est là qu’elle leur donne l’éducation analogue au genre de vie qu’ils doivent mener dans la suite. Lorsqu’ils sont encore fort jeunes, elle les rassemble le soir sur une touffe de joncs, et elle les réchauffe sous ses ailes pendant la nuit, pour ensuite les promener sur les eaux tous les jours , dès le lever du soleil.

Les Canards sauvages offrent le premier exemple , chez les oiseaux, de femelles revêtant, avec l’âge, le plumage des mâles. L’observation en a été faite par Everard Home.

PL. 60. — CANARD CHIPEAÜ ou RIDENNË.

Chaulelasmus strepera (G.-R. Gray, ex Linn.). — Anas strepera (Linn.).

Mcîle adulte : tête finement mouchetée et comme piquetée de brun noir et de blanc, la teinte noire dominant sur le haut de la tête , où se dessine une bande médiane d’un brun roussâtre , et sur le dessus du cou ; poitrine richement festonnée ou écaillée de noir et de gris ; dos et flancs vermiculés de ces deux couleurs ; sur l’aile, trois taches ou bandes formant miroir, l’une blanche, l’autre noire , et la troisième d’un beau marron rougeâtre ; grandes couvertures, croupion et couvertures du dessous de la queue d’un noir profond. Bec noir ; iris brun clair; tarses et doigts d’un rouge orange ; membranes noirâtres. Longueur totale : cinquante centimètres environ.

LES OISEAUX D’EAU — L AMELL1ROSTRES

Femelle : plumes du dos d’un brun noirâtre, bordé de roux clair; poitrine d’un brun rougeâtre marqué de taches noires; pas de zigzags sur les flancs ; croupion et couvertures inférieures de la queue grisâtres.

Habite les marais et les vastes jonchaies du nord de l’Europe ; très abondant en Hollande, où il vit dans les mêmes lieux que le Canard sauvage ; commun en hiver , sur les côtes maritimes de France; plus rare dans l’intérieur, où il est de passage et hiverne, ainsi qu’en Italie et en Sicile. L’espèce est la même dans toute l’Amérique septentrionale, où l’on en compte trois variétés assez distinctes , pour que quelques auteurs en aient fait des espèces.

Se nourrit de poissons, de coquillages, d’insectes et déplantés aquatiques.

Niche dans les prairies et dans les joncs; pond de huit à neuf œufs, d’un gris jaunâtre ou verdâtre, très pâle , mesurant de cinquante-trois à cinquante-six millimètres sur un sens , et de trente-huit à quarante sur l’autre.

Les Chipeaux sont les Ridennes de la Picardie, où ils arrivent au mois de novembre par les vents du Nord-Est , et lorsque ces vents se soutiennent quelques jours , ils ne font que passer et ne séjournent pas. Dès la fin de février, aux premiers vents du Sud, on les voit repasser retournant vers le Nord.

PL. 65. — CANARD A LONGUE QUEUE ou PILET.

Dafila acuta (Eyton, ex Linn.). — Anas acuta (Linn.).

Mâle adulte : sommet de la tête varié de brun et de noirâtre ; joues , gorge et haut du cou d’un brun à nuances violettes et pourprées ; sur la nuque une bande noire bordée de deux bandes blanches ; devant du cou et dessous du corps d’un blanc pur ; dos et flancs rayés de zigzags noirs et cendrés ; sur les scapulaires, de longues taches noires ; miroir de l’aile d’un vert pourpré, bordé en dessus par une bande rousse et en dessous par une bande blanche ; rectrices cendrées et frangées de blanc , les deux mé-

ANATINÉS OU CANARDS

dianes dépassant les latérales de huit centimètres d’un noir verdâtre. Bec d’un bleu noirâtre; iris brun clair; pieds d’un cendré rougeâtre ou noirâtre. Taille, y compris l’excédent des deux longues plumes de la queue, de soixante-trois à soixante-cinq centimètres.

Femelle adulte : tête et cou d’un roussâtre clair , parsemés de petits points noirs ; toutes les parties supérieures d’un brun noirâtre marqué de croissants irréguliers et d’un jaune roussâtre ; parties inférieures d’un jaune roussâtre marqué de brun clair ; miroir d’un brun roussâtre ou jaunâtre, avec ses deux bandes, l’une jaunâtre, l’autre blanchâtre ; queue conique, sans les deux filets.

C’est le Canard à longue queue de Buffon.

De trois espèces attribuées à ce type, le Pilet est le seul qui appartienne à l’Europe , les deux autres étant de l’Amérique australe.

Habite le nord de l’Europe et de l’Amérique durant l’été , et le Midi en hiver ; de passage régulier en Hollande , où il niche quoique en petit nombre ; très abondant à son double passage en ce pays, en Allemagne , en Belgique et en France , où il hiverne dans le Midi, ainsi que sur les bords de la mer Noire.

Se nourrit comme les espèces précédentes.

Niche en grand nombre sur les bords des lacs et des marais, dans les contrées orientales de l’Europe ; pond huit à neuf œufs, d’un gris verdâtre assez clair, ou d’un cendré roussâtre, mesurant de cinquante-cinq à soixante millimètres dans un sens , et de quarante-deux à quarante-quatre dans l’autre.

Il ne paraît pas très farouche, et s’habitue aisément à la domestication sur nos pièces d’eau.

C’est un de ceux dont la chair est assez recherchée et mangée, en carême, comme aliment maigre.

LES OISEAUX D’EAU — L AMELLIROSTRES

PL. 66. — CANARD SIFFLEUR ou PÉNÉLOPE.

Mareca Penelope (Selby, ex Linn.). — Anas Penelope (Linn.).

Mâle adulte : front d’un blanc jaunâtre ; tête et cou d’un roux marron ; face pointillée de noir; gorge noire ; poitrine lie de vin ; dos et flanc marbrés de zigzags noirs et blancs ; couvertures des ailes et parties inférieures blanches ; miroir de l’aile formé , comme d’habitude , de trois bandes, dont celle du milieu vert brillant, et les latérales d’un noir profond; scapulaires noires liserées de blanc; couvertures du dessous de la queue noires. Bec bleu, noir à la pointe; iris brun; pieds cendrés. Longueur totale : quarante-sept centimètres.

Femelle : tête et cou d’un roux parsemé de taches noires ; plumes du dos d’un brun noirâtre, bordées de roux ; couvertures des ailes brunes , liserées de blanchâtre ; miroir d’un cendré pâle ; poitrine et flancs roux , chaque plume terminée de roux grisâtre. Bec et pieds d’un cendré noirâtre.

De quatre espèces rangées sous le type créé par Stephenson, une seule , celle que nous venons de décrire , appartient à l’Europe, les trois autres sont d’Amérique.

Habite principalement les contrées orientales du nord de l’Europe, où il niche en grand nombre, passe régulièrement en Hollande et en France, où il niche quelquefois , en Allemagne , en Italie et en Sicile.

Se nourrit comme les précédents. Niche dans les marais, et pond huit à dix œufs d’un cendré verdâtre, sale ou jaunâtre, mesurant de cinquante-trois à cinquante-sept millimètres d’un sens, sur trente-huit à trente-neuf de l’autre.

Le nom de ce Canard lui vient de sa voix claire et sifflante, qui le distingue de tous les autres Canards, dont la voix est enrouée et presque croassante. Comme il siffle en volant et très fréquemment, il se fait entendre et reconnaître de loin; il prend ordinairement son vol le soir et même la nuit ; il a l’air plus gai que les autres canards ; il est très agile et toujours en mouvement.

Des Murs, Les Oiseaux d’Eau.

J. Rothschild, Éditeur, Paiis.

j CANARD SIFFLEUït, OU P t îf 4 L O P E — .1 tarera penelope. Selby. - J nat. (TADORNE DE BELON — Tadorna Béton ii. Ray. — J nat.

Les Canards siffleurs volent et nagent toujours par bandes. Il en passe chaque hiver quelques troupes dans la plupart de nos provinces, même dans celles qui sont éloignées de la mer, comme en Lorraine, en Brie ; mais ils passent en plus grand nombre sur les côtes, et notamment sur celles de la Picardie.

Le Canard sifïleur s’accoutume aisément à la domesticité ; il mange volontiers de l’orge, du pain, et s’engraisse fort ainsi nourri. Il lui faut beaucoup d’eau ; il y fait sans cesse mille caracoles de nuit comme de jour. J’en ai eu, dit encore Bâillon, plusieurs fois dans ma cour : ils m’ont toujours plu à cause de leur gaieté.

Sa chair est fort bonne ; on la mange , en carême , comme chair maigre.

LES OISEAUX D’EAU - LAMELLIROSTRES

8° GROUPE GÉNÉRIQUE

TADORNE, TADORNA (Fléming).

Bec presque de la longueur de la tête, plus haut que large à la base qui entame et emboîte presque le front, concave au milieu, aplati et légèrement retroussé à l’extrémité ; à peu près de même largeur dans toute son étendue ; mandibule inférieure presque entièrement cachée par la supérieure ; lamelles de celle-ci un peu saillantes vers le milieu du bec ; onglets étroits à leur origine, celui de la mandibule supérieure large et coupé carrément à l’extrémité , très recourbé et faisant un peu retour en arrière ; narines submédianes larges, ovales, assez distantes; ailes de moyenne longueur, aiguës ; queue courte, médiocrement arrondie ou presque égale, à pennes larges à l’extrémité ; bas de la jambe nu sur une faible étendue; tarses épais, un peu plus longs que le doigt médian ; doigts relativement courts. Enfin, leurs pieds assez élevés et assez à l’équilibre du corps pour permettre la marche et même la course plus faciles. (Gerbe.)

Chez l’espèce type, le mâle, à l’époque des amours, porte à la base du bec une excroissance charnue qui ne se manifeste pas chez les autres espèces.

Les Tadornes fréquentent les côtes , les cours d'eaux et les lacs de l’intérieur ; se nourrissent comme les Canards , mais , à leur différence, sont généralement fouisseurs ou terriers, ce qui ne les empêche pas, à l’occasion , de nicher dans les fentes des rochers, dans les cavités et même sur le sommet des arbres.

On en a fait deux types, l’un sous le nom de Tadorne , qui ne renferme que deux espèces , une de la Nouvelle-Hollande et une

ANATINÉS OU CANARDS

européenne que nous allons décrire la première ; l’autre sous le nom de Kasarca , qui renferme cinq espèces, dont une seule propre à l’Europe.

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