‹ Musée ou magasin comique de Philipon (volume 2)Chapitre 39 sur 70 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Le théâtre représente le boudoir de Norma : ameublement gothique , glaces de Venise , statuettes de Pradier, mousselines, guipures , satin , rubans , en un mot l'arsenal complet de la coquetterie féminine ; au fond un berceau où l'on entrevoit deux moutards savourant les douceurs du sommeil.

Norma à demi couchée sur un sofa paraît en proie à une rêverie taciturne; au bout de quelques instants elle se soulève avec effort , et débute par ce petit soliloque :

Elle aime le Romain que j'aime , et mon idole Est son idole aussi ! c'est fait pour rendre folle Si l'on était logé moins mal à Charenton ! 0 Phébé !

Si jurer n'était pas mauvais ton , J'aurais bien du plaisir à le faire ! . . . Silence ! Silence, ô cœur trop plein de projets de vengeance , Songe qu'il va falloir , ô trop sensible cœur ! Jouer le rôle , ici , de juge inquisiteur.

Un fauve sourire glisse sur ses lèvres pâles à cette dernière idée ; elle sonne son groom et lui ordonne avec un calme apparent de lui apporter sur-le-champ Pollion , qui déjeune chez un restaurateur voisin.

Le volage Romain apparaît bientôt, et c'est alors que l'auguste prêtresse donne un libre cours aux sentiments secrets qui la déchirent.

Approchez, Pollion.

L'air féroce, madame.

NORMA

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