‹ Musée ou magasin comique de PhiliponChapitre 93 sur 95 · DESSINS DE M. EUSTACHE · texte numérisé non relu

DESSINS DE M. EUSTACHE

Pour bien connaître Debureau, il faut le voir dans un rôle de Pierrot primitif. Voici une de ses dernières parades.

Un jeune villageois est amoureux deColombine, — fille de Cassandre. Le père surprend les amoureux dialoguant des bras et des jambes |seul dialogue permis aux Funambules). — Sa présence les fait fuir , mais Némorin revient après le départ du tyran domestique et se livre au désespoir. . . Satan, M. le Diable lui-même, en personne, sort d'un trou et vient proposer à l'aniant un petit contrat synallagmatique, en vertu duquel , en échange du bonheur, le villageois vend son âme.

Le contrat signé, Némorin est, par la grâce du diable, transformé en Arlequin. . . Les deux contractants se quittent les meilleurs amis du monde , et 'M. Satan reprend le chemin de ses domaines.

Arlequin frétille dans sa nouvelle peau , essaie son pouvoir et enlève Colombine.

Ici, force coups de balte qui produisent des changements a vue et d'autres miracles de toutes sortes.

Cassandre et son futur gendre , l'inévitable marquis, se mettent à la poursuite des fugitifs; ils sont accompagnés de Pierrot, le groom , l'homme de confiance, le factotum de Cassandre. Lassés d'une course inutile , ils reviennent au gîte et se reposant assis chacun sur une borne , lorsque paraît un effroyable spadassin qui leur cherche dispute et paraît surtout en vouloir à la vie du marquis. Celui-ci le renvoie à Cassandre, qui le renvoie à Pierrot. — Pierrot paraît peu disposé à la chose...

Cependant il se décide et choisit le pistolet.

Les deux adversaires sont en présence , le spadassin doit tirer le premier. — Le coup part et Pierrot reçoit la balle... dans son bonnet qui est emporté à cent pas, mais qui revient fidèlement se replacer sur la tête de son maître,

Colombine, effrayée par la détonation et craignant pour les jours de son amant, sort de sa cachette et vient se jeter dans les bras d'Arlequin.

Grand combat , tiraillements pratiqués sur la malheureuse amante que s'arrachent Cassandre, le marquis. Pierrot et Arlequin. Celui-ci reste vainqueur , Cassandre et le marquis sont chassés et rossés.

Cassandre est de plus blessé par Pierrot, qui s'est tourné contre son maître et a pris parti pour les amants.

Pierrot, bourrelé de remords, pleure sa faute et finit par essuyer ses larmes afin d'aider un rôtisseur à recharger sa manne que, dans la bagarre, il a laissée tomber. Mais au moment oii il accomplit cette bonne action, il aperçoit Arletjuin et Colombine qui se promènent sur le champ de bataille : ses remords se réveillent et il laisse tomber le panier.

MUséz: PBXZ.IPOM.

Fureur du rôtisseur.

Explications mimiques de Pierrot, qui raconte les causes de sa distraction.

Le rôtisseur se baisse et se retourne pour recevoir son panier sur la tête ; Pierrot pousse plus loin la complaisance, il se charge lui-même du fardeau et s'enfuit.

Tous ces graves incidents font partie obligée de la parade ; ce sont les traditions de l'endroit, comme les soufflets et les coups de pied au bas postérieur du torse.

Cassandre, le père infortuné, est bien dangereusement malade, il espère mourir d'un instant à l'autre malgré les soins empressés du marquis et de Pierrot.

Arlequin, déguisé en docteur allopathique, ordonne l'application d'un emplâtre sur le ventre du moribond. — Pierrot, n'approuvant pas ce remède, en fait l'essai sur le nez d'un fidèle domestique.

Ce mode d'application réussit complètement ; Cassandre est guéri. Pierrot lui a sauvé la vie.

Revenu à la santé, le malheureux père se met de nouveau à la recherche de sa fille ; mais il est faible, il est en convalescence, et il éprouve le besoin de remplacer la tisane par le beefsteack. — Pierrot, craignant pour son maître une indigestion qui peut lui devenir fatale, boit et mange tout ce que Cassandre a fait apporter. •■ Je prendrais bien encore quelque chose, " paraît dire le vieillard. " Prenez mon bras, •. lui répond son valet scandalisé d'une pareille gourmandise.

Le régime et l'exercice profitent au père de Colombine ; il se porte à ravir, et, tout en cherchant sa fille, il cultive et protège les beaux-arts.

Un célèbre sculpteur lui propose l'achat d'une statue de grande valeur ; Cassandre admire l'esquisse du chef-d'œuvre, et Pierrot donne son avis sur le m.érite de l'ouvrage.

La statue est achetée : c'est une statue mécanique, un automate qui joue plusieurs tours à son propriétaire.

mUSEE ET mAGASIN OOniQUES.

et qui finit par danser à la grande jubilation de Pierrot, qui, d'abord, se contente d'admirer les pas de la statue, et finit par les imiter, les dépasser même, et se livrer à une cachucha parisienne tellement légère et intempestive que l'autorité se voit forcée d'intervenir dans l'intérêt des mœurs.

Soit l'effet de la danse excentrique, soit l'effet du violon, le dîner de Cassandre tourne sur le cœur du pauvre Pierrot, les gaz se dilatent et son ventre prend du corps, comme disent les bonnes femmes. Un habile vétérinaire le guérit par un remède proportionné au volume abdominal.

Mais ia guénson ramène lu gluulonneiie, et bientôt l^iermt, qui a encore dérobé à quelqu'un son repas, se remet à mano^or et boire. Deux singuliers convives viennent lui demander Nuipart du festin.

Arlequin le délivre ; et, par reconnaissance. Pierrot délivre Arlequin du diable, en brûlant le contrat synallagmatique.

Le marquis est chassé; Arlequin et Colombine sont unis par Pierrot, qui leur promet un bonheur sans nuages.

Imiinitip pi.r Hi'Kitinr ei Cmii j C"!!»

24' IiIVRAISOM. — PRIX : 30 CENTIMES.

CHEZ ADBERT, PLACE SE I.A BOURSE

MUSEE PHILIPON

ALBUM DE TOUT LE MONDE

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