‹ Musée Pie-Clémentin (volume 2)Chapitre 11 sur 46 · PLANCHE XL · texte numérisé non relu

PLANCHE XL

Claudius Albinos *.

La poUtique féroce de Septime Sévère, qui le porta à se baigner dans le $dDg de tous ceux qui avûent montré quelqu'attacbeiaent même léger, pour Albinus, ou qui coo servaient quelque souvenir tendre de sa personne, a du sans doute aussi détruire toutes les images de ce malheureux rival qu il avait trahi. La %èie djB cette statue, laquelle est incontestaUement un portrait d'Albinus, devient par^lÀ un monument plus précieux. La vérité est évidente' par la comparaison avec les médailles , par }g style du travail , et par le rapport exact de la physionomie avec les descriptions qu'en ont laissé le& historiens. Ses cheveux crépus et mêlés, que Fartiste a traités en grande partie avec le trépan, et dans le même goût que sont travaillés les portraits de Sév<^re^ le front spacieux; les yeux dans lesquels on découvre le féu terrible de la colère, sont des caractè-

* Haut, neuf palmes et demie avec la plinihe. La t^te a appartenu autrefois à un Belisario Amidei , Dé^ocîant renommé pour les antiquités. Le torse ^ de marbre peathéliquei fut trouvé sans la tête dans les fouilles de Cas* ti^novo f maintenant la Cbiaruccia , près de Civitavec^ chia ', nous- avons déjà parlé de ces fouilles ; tom* I f P«g- 335 , (♦).

res qui détermîtieDt la portrait de Claadîiu Albinus (i), et qui nous prouvent, que c'est à tort qu'on a regardés comme tels la plus grande partie au moins de ceux que l'on voit dans difTérens Musées, et qui portent son nom (3). Le torse de la statue dont la belle cuirasée est ornée d'élégans bas-reliefs représenuns des victoires qui dansent autour de Pall&s , accompagnées de jolis omemens (3) , paratt d'un style, peut-être des meilleurs temps de l'art, supérieur au travail de la tête. On a très-bien placé sur ce tronc la tête de l'empereur affîricain , qui dût à ses ' talens militaires et k la profession des armes une dignité éphémère qu'il paya de sa vie. 11 acfpût par ces ulens une

' (i) Capiiolin, FietTAlb'mus, ch. i3: Fuit siatura proco' rus, capSIo renodi et crispa, Jmnie laia, et caïuhre mi-

mbili: et ut pterique pulant ex eo nomeit accepit

iracundia gravi, farore tristisstmot

{1) Celui du Capitole ne lui ressemble pa* dn lom. On

telle réputation, que le ' mélange de vertus et

de yices qui se distinguait dans son caractère

moral , lui firent donner le surnom de nouveau

Catilina (i).

La rëunien de la tête au corps, les jambes

et les bras , ont été exécutés dans des temps

modernes , mais en imitant très-bien Tantique. t

Addition d0 Jouteur.

Les danseuses k robes relevées des monu« mens cités dans la note (3) , pag. 56 ^ sont représentées ainsi vêtues, non pas cependant avec le même habillement que celle qui est sculptée sur le corselet de Claudius Albinus» U y a plus de rapport de celle-ci dans le vêtement et dans l'attitude, avec celles qui spnt sur un bas* relief de la a>ille Albani, rapporté dans VIndicaziane antiquaria de ce recueil au n. 63 1, et dessiné pi. B.IT, n. 4 du supplément à la£n de ce voliune, ou il en sera encore parlé/

(i) Armorum sirenuus prorsus ut non mole $iu iêmpo» fk CatUina diceretur , Çapitol|D; Le

PLANCHE XH.

Cette statue, qui représente Macrin sous la forme' héroïque, avec la chlamyde rejettée sur les épaules, tenant de la main gauche le p** razonium, est très-précieuse par la rareté du portrait et par sa conservation entière, et d'auunt plus que le style facile et agréable qu'on remarque dans les chairs, peut la faire regarder comme t^ des meilleurs ourrages de ce siècle, dans lequel commença la prompte 4ké^ cadence des beanx-arts. Le -risage a une grande ressemblance arec les effigies de cet empereur gravées sur les médailles , et l'on j repiarqiie la dispositioo de sa barbe , dont il aTait le plus grand soin , ponr quelle imitât celle de Marc- Aurile (i). A la vérité ■on n'y retronve pas

l'oreille percée, selon les superstitions de ce temps, que Dion nous fait observer, en nous don^ nant le portrait deMacrin^ mais peut-être l'artiste n'était pas certain de plaire k Fempereur, «n caractérisant par un travail trop recherché, une circonstance qui eut rappelé son éducation peu romaine. En outre , Macrin ne vit jamais Rome pendant le peu de durée de son règne, et ce fut, selon Herodien^ cette négligenee ^ .sa part qui fut la cause de sa perte (i). Alors les portraits que Ton fit de lui ne pouvaient

yépetép re àano9n^ ^OéH^ov re x?Jop tov âéafroç i^^n fu&io( PpcL^vrarà re xodi fiôXiç roîç ^poaiwiv àxo^ 7epày6(im>ç, ôç (ifi daeovecâai xoXkdxiç 9ià ro Ha- ^etfUvof rfiç (ffovijc' HH^'B ^ ravrâ ôç 9ê- Mâpx^ êxêTtfâêéftata. *n resta à A^Btioche soignant sa barbe, • se promenaot à son loisir , plus qu'il ne lui €oiive->. » naît de le faire, et fort tard, répondant à peine à ceux » qui l'abordaient , et souvent d'une voix si basse ^ qu'on » ne Tentendait pas. Il mettait dans tout cela de l'affecta- » tlon comme pour imiter les manières de Maro-Aurèle. » (i) Dion, liv. LXXVIII, § ii, dit que Macrin avait une oreille percée selon l'usage de la Mauritanie, le même qui existait chez les Syriens et les Orientaux, comme nous l'apprend Juvénal , sat* I, v. 104. Les Payens j attachaient une idée superstitieuse^ comme il paratt par iine epîlrç de S. Aiigustin , Ifr. II, ép. 7S. Je croît que Ttiniqûè^ monument qui indique cette coutume est la belle tête de Caracalla à la ville Borghèse, placée dans la chambre du Soleil au-dessus de la statae de THcrcule , et dans Isqvelle j'ai remarqué Foreilte droite percée. Garâealla éuH Africain d'origine du cAté de son pèi:e; et Syrieti' par^sa mèrç.

avoir iU copiés îmmédiateméDt d'après -na-^

tare.

Rome et le sénat aimèrent Macrio , non -paa k cause. de ses qualitéis, qni leor étsient pen connues, mais parce qu'ils venaient d'appren* dre avec joie - la nouvelle . de la mort du cruel Garacalla. L'opinion qne l'on avait de la modération du successear de cet empereur fît recevoir ses lettres , dans lesquelles il promettait on gouvernement tranquille, juste et doux, comifie un soulagement agréable. On fut obligé de mpdérer l'allégresse publique par une loi du nouveau prince , qui défendit qu'on lui elevit des statues d'or on d'argent , k moins qu'elles ne fussent petites (i). En conséquence il dût y avoir une grande quantité de statues de bronze et de marbre élevées à son honneur , et que son rival victorieux Héliogabale, en prenant l'empire, aura fait disparaître.

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