‹ Musée Pie-Clémentin (volume 2)Chapitre 15 sur 46 · PLANCHE XVI · texte numérisé non relu

PLANCHE XVI

POSIDIPPE *.

Aiililgelle ayaot réuni le nom de Posidippe à celui de Ménandre, en parlant des comiques grecs dont les comédies aTaieot été représentées sur le théâtre latin (i), c'est pourquoi nous TOjoDS la statue de Méoandre accompagnée |>ar celle de Posidippe. L'épigraphe

noïEiAinnoz

se Toit gravée en beaux et grands caractères (Vr la plinthe qui supporte la figure , comme on, avait coutnine de placer celles qui indiquaient le sujet, et non pas 1' auteur du simula-, «re (3). Cet exoeUeiat.poëie de c<MnéiUiïS grecques, fut Macédotnen, <»u fils d'un Macédomeo, de la

* Haut, six palme» et demi } on la coosenrait comme la précédente dans la viV/e Moalalto i el elle est sculpice

8t ville de Cassandrëe, qui fut d'abord appelée Potidée (i), et il brilla sur le théâtre d'Athènes peu après Ménandre. Il nous reste beaucoup de témoignages de son mérite , et les fragmens que nous possédons de ses ouvrages sont beaucoup plus qu'il ne faut pour nous faire regretter la perte de ses écrits (2). Excepté

(i)Saidas dans TlooEi^lTHCOÇ. Fabricius, BibL Gr. , tom. l , pag. 786.

(a) On peut lesvoîr dans le Florilegium deStobëe, et dans les fragmens recueillis par Hugues Grotîus. Grono- Tins (pag. lotï (l>))> et après lui Fabrîcius (1. cit. ^ ont assure que l'on trouve dans la Bibliothèque Laurenziana d'autres . vers grecs jambes de Posidîppe sur les choses nécessaires à la vie^ dans un manuscrit placé dans la tablette LXXXYII) maïs l'index qui nous en a été donné par M. le chanoine Bandini ne nous présente pas dans toute cette tablette rien qui y ait rapport, si non Tépigramme ordinaire en vers élégiaques, qui a dans l'anthologie le Bom de Posidippe, certainement un autre que le poëte comique I laquelle épigramroe se lit dans le manuscrit XVr^ n. 38, de la tablette, et dans Vj4nthologief IW. I, ch. XIII, ep. 3. Celle-ci ne traite pas des choses nécessaires à la vie, mais bien des conditions différentes de la vie humaine. Il est vrai que dans un autre manuscrit de la même bibliothèque, qui est le XXXIV de la tablette LYI, je trouve en outre inscrit au n. XX Tépigramme citée, augmentée à la fin de deux vers jambes qui forment un sens, seuls, et qui pourraient être détichés de quelque comédie de notre écrivain, et avoir' ainsi fourni l'occasion à l'équivoque de Gronovius , ce sont les suivans :

£î i^w ti j(^pfl(TTOf (ifi narop^ôrai ^ôfoiç Mfi9eiç ueonivQ fti^ievoç ^fiarav jàfiv.

Musée Pi^'Cléni. Vol. IIL 6

oes fragmeDS , cette statue est l'unique tnonn* ment (i) transmis à la postérité, d'un poète le plu» admiré dans ce genre , et qui mérite , parmi les auteurs de la comédie nouvelle , d'être associé à celui qui en fut le prince.

Cette statue» mieux conservée que la précédente t l>iGD que pl<u simple dans sa disposition, et par cette raison d'un moindre effet au premier coup-d'œil, attache beaucoup plus TobserVateur par l'air de méditation , que l'artiste a exprimé avec une telle vérité et tant de grâces, que la 6gure parait vivante, et respirer. Le siège , ainsi que le vêtement , sont de la même forme que dans la précédente ; il j A seulement à remarquer l'anneau qui est au

Que je traduis ainsi :

^1 in iâ omne qimd optimum est frmtra labor impenditurt

lam nemo allaboret aulUus optîmi gratid.

Sentence qni eit analogue k cette opinion des Payena^ la-

quelle anppoaait un destin qui s'opposait an succès de»

desseins lea plus parfaits et les plus agreabU-s

8S doigt de la main gauche; orDement qui est rarement oublié dans les portraits anciens , comme un instrument, nécessaire alors, pour marquer les tablettes, et qui n'était, pas encore purement de luxe comme parmi nous (i). Lt

(i) Par les œuvres seules de Cicéron on voit suffisam* ment combien plus communément on prouvait l'authenticité des actes , en confrontant les empreintes et les sceanx^ plus que par celle de l'écriture* Voyez Kirchmann, De annub'Sf cb. i et 2, et les écrivains des antiquités d'Herculanum, t. II, De* Bronzi, pi. lxxvii à la note (5). Ce qui vient fort à l'appui de notre sujet, c'est Tétonbement de Pline en observant les statues des TarquinSy princes d'origine gre(!que, qui étaient à Rome, sans anneaux ( liv. xxxiii , § iv ) : Hoc ( nullum habere annu^ han) in Tarquinus maxime miror ^ quorum e Graecia

fuit origo , unde hic annulorum usas venit et

ideo miror Tarqmnii eius statuam sine annule esse^ Beaucoup de statues romaines d'empereurs et de matrones, en bronze, trouvées dans le tbéàtre d'Herculanum , ont l'anneau, conune il parait par les plancbes LXYII et suiv. du volume cité. Ces savans académiciens pensent que le signe S, gravé sur l'anneau de la statue impériale gravée pi. LXXVII, est un symbole du liiuus, qui indique la dignité d'augure qu'avaient les empereurs. Mais le même signe se retrouve aussi sur l'anneau d'une statue de matrone » à la pi. LXXXI , et à celui d'un autre personnage municipal, quoique sur l'inscription on ne fasse point mention de sacerdoce (pl.LXXXIV)^ Ne serait-ce pas plutôt la première lettre du mot Si" gnum ou Sjrmbolum (nom, que selon Pline (lieu cité) les Grecs ainsi que les Romains donnaient à l'anneau ) que l'artiste avait gravé pour indiquer avec facilité et avec clarté la gravure de cette pierre, qui était le symbole, le sîgne^ le sceau, le seing du personnage dont là statue était le portrait?

choix des groupes dans les deux vétemens i qui offrent dans leur variété du naturel , de l'intelligence, du goât, peut plus facilemeot être apprécié par un amateur intelligent, que décrit par moi avec une peine inutile.

Nous avons parlé dans le chapître précédent de la fracture de la tête et du clou qui y est enfoncé.

Additions de l'auteur.

Xavais omis d'observer, que les souliers de ces deux figures étaient auciennement garnis de lames de bronze, qui représentaient les courroies des chaussures même, et qui le» recouvraient presque en entier. Il reste eocore une petite partie de ces sortes de lames , et il en exbte une trace plus grande, tant par le verd de gris qui a taché le marbre, que par les trous qui servaient à les attacher. Des statues de marbre garnies cil bronze dans quelques parties, ont déjà

les ganiissait sur la tête anciennement ^ que ces simulacres étaient exposés à l'air / peut* être dans un lieu public , et la composition de ces figures nous démontre éyidemuient qu'et les étaient placées assez bas , sur des socles peu élevés. Ce sera par le même motif, sans doute , que de notre temps on a donné une chaussure en bronze au pied du sauveur qui se porte en avant^ dans la statue faite par Mi« chel-Ange, que Fou admire dans Téglise de S. Marie sur la Minerve.

Autres observations de V auteur ^ publiées dans le tom. VII de Védition de Rome.

Les ménisques^ et les lames de bronze qui couvraient les pieds de celte statue et de la précédente, semblent prouver qu'elles étaient exposées à Athènes dans quelque lieu extrêmement fréquenté et en plein air. Elles le furent donc sur le théâtre. Comme ces monumens furent découverts près de S. Laurent in Panispema sur leViminaF, où Ton sait qu^étaient les thermes d*01impiade, épouse de Fempereur Constant, et fille d'Ablavius préfet du prétoire , il est possible que la statue de Ménandre soit^ précisément cellç que Pausanias avait vue à Athènes, deux siècles avant. On continua sous. Constantin le Graçd à dépouiller la Grèce et; TAsie minenre de leurs monumens, dont la plus grande partie servit à embellir Constant**»*

nople. AblaTius, homme absolu, peut avoir profité de cette circomunce , pour enrichir par des statues grecques un édifice qui devait porter le nom- de sa fille-

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