PLANCHE XVIII
SeXTUS de Cn£B05£E \
Une physionomie douce et qui annonce un penseur, la forme de la barbe et de la chevelure, qui convient aux temps des Antonins , beaucoup de ressemblance qu'offrent les parties, antiques, du profil avec celui qui se voi^ sur une médaille grecque^ tics-curîeuse, publiée par Spon avec le nom de Sextus (i), nous
• Haut, neuf palmes , !iept onces et demie. Cette belle statue de marbre grec est une des précieuses acquisitions faites par ordre de sa S. régnante. Elle était jadis dans le jardin particulier des ducs de Fiano.
(i) Cette médaille grecque, publiée par Spon {MlsceL erud. antkf. , sect. FV ) ^ représente d'un côté le portrait d'un philosophe y dont la tête nue offre une chevelure bouclée) SCS yeux sont vifs; il a une barbe épaisse ^ et ses épaules soutiennent le pallium. L'épigrafe porte SESTON HPûA ; Sexium heroa. Le portrait de Lucille^ fille de Marc-Aurèle, qui est de l'autre côté, a donné lieu de conjecturer , que l'homme représenté est l'instituteur de cet excellent empereur | et que l'adulation et la vanité des Grecs lui avaient décrété les honneors héroïques (ce qui était commun dans ces temps ), qui se prodiguaient bassement à des favoris et à des magistrats d'un mérite très-mince. La tête de cette belle statue ressemble • beaucoup & ce profil ^ comme on le Terra dans le dessin qui est à la fin du tome. L'extré* mité inférieure de la barbe est seulement plus longue dans la statue , mais c'est une restauration. Il n'est pas prouvé que cette même télé ait été toujonrl placée sur
font espérer, que cette belle statue a dû être UD Sextus de Cht-roDée, célèbre philosophe stoïcien, neveu de Plutarque, et disciple de Marc- Aurèle (i). Il est impossible d'imagiuer un .plus beau caractère tel qu'on peut désirer le trouver dans un ami ou dans l'instituteur d'un prince, que celui que cet empereur nous a fait connaître dans son maître (3). Aussi l'amitié de
le reste Ja corps; elle a ^te rapportée, maii on ne peni nier «pic le tout eDseiDl)le ne t'accorde parfaitement. La médaille cîtëe a éié répétée dans le Thés. Gronov., tara. \\i , hhhh, et ailleurs. On >'e«t sonvent mëprîs en prenaut ce sujet pour Sextus Emplricat , pbiloaopbe presque coniemporain , mais d'une secte difTérenle. On trouve cette équivoque dans beaucoup d'^rivaina.
(1) On trouve les notices les plus exactes sur cet homme célèbre dansBrucLer, ffof. PAiT., per. IIj part I, )i^. I, ch. II, lect. VU, à la page 677 et suiv. du II volume.
(a) En pnrlant de ce philosophe, il est impossible de ne pas rapporter ce passage , quoique d^jà connu. Harc-
Marc-Aurèlé pour Sejctus n^eut pas de bornes , et il la porta au point de se l'associer sur son tribunal pour rendre la justice (i). On doit attribuer à cela les honneurs dont les peuples comblèrent ce philosophe , en faisant frapper ton portrait sur leurs mi^dailles (2) , et eji lui élevant des statues dans les lieux publics. Outre cette statue, il y en a une plus petite à Venise t que l'on a crue une image, de Marc-
9 raëtbode et clartë toutes les pensées nécessaires aux » événemens de ]a vie ; de ne jaipais laisser paraître » aucun mouvement de colère | ou de toute autre pas- » sîon I mais d'être plutAt enclin k la tranquillité , et » d'être en même-temps humain ^ finalement | d'être bien- 9 faisant sans éclat^ et de savoir beaucoup sans ostenta- » tiori: Tlapà Zé^TV ro èv^ienç^ xai ro Ttapd^egyfim rov ohev roU ^a/TpovoiiV(iéw xaï ri^v iwoia/p rov
ma/tà (fivaw ^tpr xai ro €r€(Apov ô^^arQç^ xai rà OToyaarueof rov piXop Mf^iefioftxôç xai ro ànu* riMOP rôp iâiorôv Mai rôf ro à^eopfitov 6iO(Ufop ^ oarê noXaauiaç (ùv ^datiç ^poirr^veerépav ehaê riip ô(ÂÛJa/p âvrnç aî^fiaiiAorarov 9è xai âvroîç mehoiç %ap^ worof htehov rov xaipov eivai xaX ré MoraXfixrtxôç xai ô9 i^evpi^txôv re xai raxn^ mip rov bîç fiiov âva/yxodov 9of(iarov. xai ro fAt^dé tfKpaaiv ^ore opr^ç ^ akXv rêvôç Tcàâvç ^apaaj^^eiv, âXXd afui (ih anaàéararov ehai , âfia dé jfiXo-' çroûfôrarov xai ro evpf^iwf^ xai rovro âijjojifiri 9 M€U râ xoXviia^iç à/ve^i(pdvroç , (i) Suidasy y. 'Zé^roÇj lequel cependant , comme d'autres l'ont observé déjà, le confond avec Seztus Empiri? eus, et d'autres homonymes* (a) Voye* la note (1), pag. 193.
Aurèle , mais qui est plus probablement celle
de Sextus ; ce sont les restes des hommages que lai méritèrent ses vertus, autant que la faveur du souverain (t).
Ce célèbre stoïcien , content d'avoir préparé le bonheur du genre humain , en formant nn tel élève, ne crut pas nécessaire de~ le soutenir par ses écrits , ou bien ses ouvrages ont été perdus. Fabrïcius et Brncker, hommes iu' fiuiment savans, ont cependant cru tous deux assez légèrement, pouvoir lui attribuer quelques courtes dissertations sur la philosophie et la morale , que l'on trouve jointes aux ouvrages de Sextus Empiricus; mais qui ont été écrites sûrement par un philosophe plus ancien de plusieurs siècles (s).
(i). Cette aUlne est gravëe planche XXVII du premier volume dei atstnes de la bibliothèque de S. Harc, ezpliquifes par Zannetli. Elle j est désignée «oui le nom
' Marc-Aurcle; mais, suivant ce que présenle
9' La draperie de cette figure est exécutée
avec ëUgance et avec soin ; les formes sont
les mêmes qu'on remarque dans les statues de
Ménandre et de Posidippe; c'est-à-dire, qu'on
y reconnaît la tunique et le pallium dont se
vètissaient les Grecs. La manière dont l'une et
l'autre se groupent est neuve et graciei^se; ainsi
cette figure mérite d'être distinguée dans cette
grande collection , soit par le portrait qu'elle
présente , soit par son travail.
Observations de V auteur^ publiées dans le t. VII
de ï édition de Rome.
M. Cary s'était aperçu que la médaille sur laquelle se voit le portrait d'un Sextus , avait
nonce qu'il était absurde d'attribuer cet ouvrage à Sex^ tus Empiricus, il ajoute: neschj an verisimilius Sexio Chaeronaeo iribuatur. En effet Brucker n'a rien répondu à Jean Nortb, qui dans les no^s qu'il a ajoutées à ces dissertations , a prouvé par des argumens bien établis Fantiquité de cet écrivain. J'ajouterai k cela la langue dorique dans laquelle elles sont écrites | et qui est sem* blable tout-à fait à celle d'Ocello et de Timée ', cette langue n'étant plus en usage du temps des Antonins, comme on peut suffisamment, s'en convaincre par les écrits de Plutarquci qui était aussi deCbéronée, et peu postérieur à son neveu*. En outre encore Brucker n'a pas pris garde que Fabricius lui-même, en faisant réimprimer ces fragmens , dans le lieu cité de sa Bibliothèque , avait remarqué, à la dissertation IV , que Tauteur indiquait dans ce passage qu'il avait écrit dans l'ile de Cbj* pre ( Bibi. Or. y tom» XII , pag. 6ag )• ...
Musée Pie-Clém. Vol. III, ^
été frappée k Mytilène ( Dissertation sur la fondation de Marseille , etc. , pag. 1 36 ). J'ai lu la dissertation, et comparé cette médaille; je me suis assuré que l'observation était juste, et que le Sextus représenté sur cette médaille , ne pouvait être celui d« Chëronée , parce que les babitaos de Mytilène avaient coutume de frapper sur leurs monnoies les portraits des personnages illustres nés dans leur île , comme Sapbo , Alcée , Pi'ttacus , Tbéophanes, etc. Dès lors ayant cbcrcbé un autre Sextus qui pût appartenir k Mytilène, j'ai cru le trouver dans Sextus Empiricus, dont on ignore la patrie; et comme il a été prouvé que Lièjrs n'était pas afTricain , comme l'a prétendu Suidas , j'ai conjecturé qu'il était de Lesbos ou de Mytilène {Iconographie Grecque, p. /, cA. 7 , § 7 ). D'ailleurs, la tête de la figure ne ressemble point au portrait empreint sur la médaille de Sextus, que je ne connaissais, lorsque j'ai écrit ce troisième volume , pas autrement que par là gra-
ne la reconnaissent pas^ cela ne rend pas ce*
pendant plus probable le motif pour les attribuer à Sextus de Chëronée.