PLANCHE XXV
Statue de femme sous la forme d'une Muse *.
L'idée de comparer à des Muses les femmes nobles , instruites , et qui avaient de Tamour pour la littérature et les sciences, ou qui mon* traient quelque supériorité dans les talons de la danse et de la musique , fut d'abord unç adulation poétique (i), qui passa ensuite dans les arts du dessin , de sorte que la figure de quelqu'une des Muses devint le type le plu^ ordinaire pour des portraits de matrones. Corn* me on n'exigeait pas que le modèle eut quel* que genre d'étude particulier, pour pouvoir appliquer à son portrait les attributs de la Muse Polymnie, à laquelle on pouvait comparer le
d'aucune conjecture plausible. Le camëe représente un petit garçon assez voisin de l'enfance, avec un casque sur la tête y une cuirasse sur la poitrine , accoutrement qui n'a aucun rapport avec les aventures de ce jeune noble. Le buste du Capitole que l'on a appelé' Marcellus y publie dans le tome II ; pi. III de ce Musée ; n'of* fre pas de certitude qu'il appartienne à quelque personnage romain.
* Haut, huit palmes et une once. Elle fut trouvée dans les fouilles d'Otricoli, ouvertes par ordre de S. S, Elle est de marbre grec.
(i) On peut voir y pour servir d'exemples , lesépigrammes d'Agathias et de Rufin contenant les éloges des femmes anciennes; elles sont dans le liv. VU de l'Anthologie Grecque.
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sujet, celle-ci pour sa gracieuse facilite à s'exprimer^ celle-là pour l'élégance de ses gestes et de son maintien , une autre par son goût pour la lecture des fables poétiques , de sorte que ce fut la forme de cette Muse, qu'on employa le plus souTeot pour représenter- les effigies de quelques femmes grecques et romaines. Tel est le simulacre que nous obserrons ici; on en Toit un autre, très-peu différent ^ dans notre Musée, et beaucoup encore dans une infinité de collections et de ' galeries. Mais ce qui rend la nôtre remarquable , c'est que la tète lui appartient; qu'elle offre évidemment un portrait, que l'on peut rapporter, par rapport au genre de la coiffure , aux temps des Flavius, ou à ceux qui les ont suivis immédiatement. La statue de la muse Polymnie , que nous avons expliquée dans le premier volume de cet ouvrage, la mieux conservée de toutes celles du Musée de Cassin , est si semblable !i la nôtre, qu'on ne peut former aucun dtmte
tue très*curîeuse , dans un mode tout-à-fait pareil à celle dont nous nous occupons: celle:^ là nous apprend que l'usage de sculpter les portraits sur les sépulcres, sous ces formes , vint des Grecs 9 et que les artistes romains les imitèrent*'L'inscription, qui est sur la base de cette statue, indique avec évidence qu'acné a été sculptée dans la Grèce, et qu'elle fut destinée pour orner un tombeau (i).
(i) Elle contient une prière adressée aux passans; de ne commettre aucune insulte contre ce monument; elle est conçue en ces termes :
nPOCOEÉiNCOI MHAENAKPoTH PIACHCENeAAE
Tlpoç Qeof aoi , iifi^èp âdeporfipuiaf^ç ev^txde : « Au » nom des Dieux , je te prie , ne fais ici aucun dom- » mage. » On tire de Toraison de Gîcéron pro domo ^ S 43 y Is preuve que les Grecs avaient l'usage d'^ever sur les sëpulcres des femmes , des statues en pied > puisque Clodius en transforma une en image de la Liberté I que Ton voit représentée en pied sur toutes les médailles antiques. Il existe une autre statue sépulcrale d'AJbia Eufrosina, venue de la Grèce | qui se conserve à présent dans le Musée Nani , et qui a été publiée et expliquée par le P. Paciaudi ( Monum. Peloponnesia^ ca , tom. I , p. 6a ). Cette statue est peu différente de celle dont nous avons déjà parlé ^ et par conséquent de la ndtre.
Musée Pie-Clém. VoL lïl, 9