‹ Musée Pie-Clémentin (volume 2)Chapitre 22 sur 46 · PLANCHE XXVIII · texte numérisé non relu

PLANCHE XXVIII

Histrion *.

Cette petite statue, rare , très-curieuse , nouf représente , de même qu'une autre tout-à-fait semblable, dont bous nous dispenserons de donner le dessin (a), un bistrion qui remplit un rôle de Talet. Le caractère du masque , dans lequel on remarque Tespèce de caricature que les anciens avaient coutume de donner aux masques des. esclaves (5), le vêtement court

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(f) Pansaniasy lieu citÀ

* Haut, un peu moins de trois palmes ; elle est de marbre de Luni. On la voyaîl autrefois à la viile Matteî. Spon fut le premier qui la publia dans $e$ Miscel" laneOm Elle fut ensuite donnée dans les Monumenta Maith&iàna^ pi. XCIX du I tome , avec une explication •ayante et ingénieuse de Tabbé Amadnzsi ^ qui cite plusieurs antres figures presque semblables , en petit bronze y que Ton Toit insérées dans plusieurs ouvrages de collections antiques.

(a) L'autre a la tête retournée vers la gaocbe^ elle est cependant une restauration moderne: Tantel antique sur lequel elle est assise, a une cimaise qui orne la par* tie supérieure. On voit dans un pareil sujet en petit, de bronze , l'autel environné d'une guirlande ( Ficoroni p Maschere, pi. XXVII ).

(3) Lie masque du valet | qui remplissait le principal

de la Bgnre, qni se compose d'une tunique et À'ua petit manteau, qui éuit eu usage au théâtre pour les valets, déterminent assez clairement le sujet (i)' De plus la couronne qui ceint son front, l'aDoeau qu'il a dans les mains, l'autel sur lequel il est assis, sont des attributs emblématiques qni nous offrent différens sujets de scènes d'esclaves dans la comédie antique>

Eu le voyant assis sur un autel , nous nous rappelons quelques scènes de Plante, dans lesquelles nn esclave court s'asseoir sur l'autel , pour se mettre à l'abri de la colère de son niaitre. Pfous en avons un exemple frappant dans la dernière scène de la Mostellaria ; où Traaion voyant ses fourberies découvertes, ne trouve pas de meilleur moyen que de s'approcher d'un autel voisin et de s'y asseoir (sV

■61e , qu'on appelait par cette raîsna Oepâxav i^euàv ,

L'anneau qu'il tient dans les premiers doigts de sa main gauche « pourrait être le corps du délitj et l'objet de la fourberie qu'il a concer* tée, conune dans le Curculione ( i ). Mais ce sera plutôt le Çondalium $ anneau d'esclave (2)^ le sujet de toute l'intrigue d'une comédie d^ Plante, qui a été perdue, dont le titre était Çondalium y imitation du Dactjrlion ou Anneùu% fable comique de Ménandre. Notre acteur a le front couronné d'une guirlande de rubans et de fleurs entrelacées, qui servait k quelque rit sacré, lequel avait lieu dans la pièce même ; autre défense contre les coups , au moyen do laquelle l'esclave Carion , dans le Plutus d'Aristophane, espère se dérober aux fureurs de

Dëmosthèn^ rëfagié près de l'autel de Calaure sur le basrrelief, dont nous ayons parle à la table XIV.

(1) Curculio , acte 11^ se. III , v. 81. L'abbé Amàduzzî croit que cet anneau fait allusion aux dons quo recevaient les histrions, et il en apporté deux exemples. Je crois devoir l'expliquer diffëremmenl: car il me semble que si Ton eut voulu faire à un acteur récompensé les honneurs d'une statue; on ne l'eut pas sculpté avec le masque sur le visage.

(2) Le Çondalium était appelé ainsi, parce qu*on portait ordinairement cette sorte d'anneau sur l'articula tioii ou noeud des doigts^ que l'on nommait en grec geov^vXoÇn "Telle est la situation de l'anneau dans la figure quQ nous examinons. En outre de la. comédie de Ménandre citée, un drame du comique Alexis était intitulé. Art' neaû ( Fabrice, BihL Gr., liv, I; ch. XXII, pag. ^5l et 770 du tome I ).

Cremtle (i). Cette eonroane est de cette espèce qu'on appelait «xptxvù et nvkurrai., c'est-à-dire torses oatortiUées, dont on faisait usage dans les sacrifices.

On pourrait tronver aussi un autre caractère distinctif d'un personnage en servitude , dans cette espèce de^ohanssures ou bottines, de mode cbea les Barbares* et qiù lui couvrent les deux jambes. On supposait assez souvent que les esclaTes étaient asiatiques et orientaux, d'oh vînt les noms de Siras, de Liban et autres semblables. Mais cette chaussure était plu* t6t un costume propre fc tons les acteurs comiques , comme nous pourrons l'observer dans la figure suivante.

On remarque de la simplicité , de la gr&ce dans l'inveotion de la figure j quoique le stile n'eu soit pas très-correct et recherché, cependant l'exécution en est supportable.

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