‹ Musée Pie-Clémentin (volume 2)Chapitre 35 sur 46 · PLANCHE XLI · texte numérisé non relu

PLANCHE XLI

rgt peu communes. Il n'en est ancnne, peut-être ^ qui soit plus entière que celle-ci, laquelle est d'une proportion plus grande que nature , et remarquable par plusieurs des attributs difSé» rens que les fables et la religion des Payent ont donne à Mercure.

Les formes de sa tète sont athlétiques, et tiennent presque de FHercule. Elles sont sem* blables k celle de Thermes de Mercure de la ^iile Albani, et telles qu'il convient à la divinité qui a institué la palestre, qui en est le protecteur, et qui par cette raison a été surnonuué Ennagonius (i)* On voit se faire passage au travers de sa chevelure crépue , par les deux ailes , qui se trouvent quelquefois plutôt attachées au pétase ou bien à son diadème (a).

marbre en est grec. Il était autrefois k la vâie Montalto^ ensuite il passa en possession k M. Thomas Jenkins; et, k cause de répijgfrapbe qui est gravëe sur la plia* the, je Tai décrit dans le Catalogue des Inscriptions, qui existaient alors dans la maison de mon ami , sous le n. IX. Il fut publié quelque temps après par M. Guattani dans lès Notàie d antkhità de Tannëe 1787, août^ pL I. Le souverain pontife en ordonna Tacquisition, avee beaucoup d'autres monumens renuurquables , dans Tan» née 1789.

(i) Voyez notre premier tome , pi. Tll, pag. 84 > n. (4) , et les IscrùUoni Alhane du savant Marini > n. CLI.

(a) Nous avons aussi parlé de cela dans le discours de la pi. V du tom. I. On voit de même des ailes nais* sautes sur sa tâte dans "les tableaux d'HercaUmiim 9

X*.ehlamyde est releT^e anumr do bru gan* .die« mamère tout-k-faît particnUère aux im»* ^9 de Mercure (i). Mai* on doit observer comaie une chose curieuse la boucle qui at- ^fache ce manteaa, placée sur l'épaule droite, parce que l'artiste j a sculpté une tête de bélier (a). Nous avons déjà parlé ailleurs des divers motifs pour lesquels la mythologie avait consacré cet aoimal au messager des Dieux (5};

loin. III, pi. XIF: on obierve Ii même vari^t^ dant la manièiv dont le> ailei lont atlaCh&i aux piedi. Ellei •onent qoelqnetfoU <lei taloni aètaet, et il s'en trouve I>eauGOup d'exemple» dan* qn^qn» peliu broniei du Hntée d'HercukuDm (Broitzi, toœ< Il , pi. XXXIII et XXXIV )} on lei voit anisi souvent liées aux pieds, comme dans rexcellente statue de la même collection ( pi. XXIX et tnfv. ) ; et enfiu , ce qui est plus commun , elles sont atlacbéet à ta chaussure.

- (■] Nous avons fait remarquer, à propot des pi. TI efVll dans notre premier lomc, que la position de la dilamyde enveloppant le bras eti un caractère distinctif de Mercure.

et en outre ^ on peut aussi le regarder comme WOL emblème des différens commerces que Mercure avait appris aux hommes ; et parce que leurs produits qui s'échangeaient, étaient or»dinairement payés avec des animaux des trou« peaux , ayant qu'on eut fait usage des monnoies de métal, pour lesquelles on adopta^ d'après cet ancien usage, le nom àepecunia , et qui portèrent peut-être d'abord pour type une brebis ou un agneau. Je jugerais à l'attitude de la main droite du Dieu , qu'il exprimait l'action de discourir en s'accompagnant du geste, pour indiquer, peut-être^ que c'était lui qui avait en^ seigné l'éloquence aux hommes. Ceux qui voudraient plutôt reconnaître dans cette disposition de ses doigts le mouvement qu'il fait pour Compter, peuvent se rappeler que Mercure fut aussi l'inventeur de ^arithmétique (i). Le ca^ ducée de bronze qu'il a dans la main est mo«deme , mais le - restaurateur a suivi en cela l'exemple de beaucoup d'images antiques de ce Dieu: les pieds n'ont point d*ailes.

Le tronc d'arbre, placé au côté droit de la statue , est remarquable , d'abord parce que c'est un palmier, et parce qu'au bas y est appuyée la lyre formée par l'écaillé d'une tortue.

(i) Jean Albert Fabrîcîns a savamment indiqjdé el expliqué les diverses inventions attribuées à Mercore^ dans sa Bibliotheca Greca, liv. I, cbap« XIL

Musée Pie-Clém. YoL i5

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Hou» avons ài\k plnsîeun. fois fait remarquer eombïen les ancieiis sculpteurs oot aîmé k- se servir du troDC de palmier pour soutenir des statues (i). Mais on ne pouvait plus convénablement l'appliquer à quelque autre divinité qu'à Mercure j qui fit usage des feuilles de cet arbre pour tracer les premières lettres dont il fut l'iaventeur (a). Enfin la lyre, outre qu'elle •est le symbole de la musique , dont l'invention a été attribuée h Mercure par beaucoup d'écrivains anciens, est devenue un emHéme tout particulier pour ce Dieu, que les poètes dans leors hymnes appellent:

Ciuvae .... fyrae parentem (S)< En effet cette lyre, ici représentée, parait être celle-là même qu'il imagina de former avec l'écaîlle d'une tortue , dont il fît ensuite présent à Apollon, comme nous l'indique Ja fable narrée toute entière dans l'hymne Homérique (4)- 'La lyre près de Mercure dans ses simulacres, est une chose singulière dans les anciens mo-

le designer comme en étant TinTenteur^ ont représenté k ses pieds la tortue elle-méiM corn* me si elle était vivante (i).

On lit .sur la £ace de la plinthe y vers la gauche de l'observateur , Tépigraphe latine

INGENVI tracée en grands caractères, mais d'une fomre médiocre. Je crois que ce mot au génitif peut indiquer le nom du sculpteur qui a fait cette statue, lequel s appelait Ingenuus; parce que c'est de cette manière que signaient leurs noms, par le génitif, les graveurs anciens de pierres fines. Au contraire ceux des sculpteurs se trouvent toujours être conmiunément (2) au nominatif. Les noms des sculpteurs latins sont

(i) La tortoe se Toît à une petite statue du Musëe de son emin. Borgia k Velletri ^ à une autre publîife par Montfaucon, Ant. expL suppL ^ t Ij^ pi* après la XXVI, et sur plusieurs autres monumens , dans le même ouyrage ^ t. I ^ pi. LXXII ^ enfin dans les Monum. ùiédùs de Wînckelmann , n. 5g.

(a) L'inscription latine d'Atticianus, sculpteur aphro« disien, rapportée par Buonarroti ( Osservaztoni su' vetri^ ee., pL XXI } est au génitif^ elle est précédée ^ k la vëritë, 'du mot OPVS, qui est sous entendu dans notre ëpi« graphe, et dans d'autres semblables. Comme cela est bors de Tusage ordinaire dans les sculptures , sur lesquelles on ajoute ordinairement | après le nom qui est écrit, les mou fecii ou faciebat ^ de même il n'est pas ordinaire de Toir le mot faciehat ajoute au nom des graveurs en pierre, parce que ce nom est presque toujours au gënitif et seul , conunn 20AA]H0£ AIO-

très-rares sur los monnmens anciens, et je ne me rappelle pas en avoir va d'autres, que celai àePofythùnus gravé sur la plinthe d'un simnlacre au Capitole (i), celui i'^tticûmus sur

ïKOPIAOTi ATAOr, etc., S<Aani$, Dioscoridis, Auli, etc. IToiu ne nuaquoni pu cependant d'exemples qui |iraavent qne lei paveur* te lont ^cart^s qitelqaefoH de l'uMge oommnn. Il taflira de Tapporier dd de cm •exemplei f tir^ d'nne pâte antique, iiufâile, dn Huade Barberio, anr laquelle Neptune est repréienlë accompagna d'nne femme Toilëe , qui peut jtre Amimone. On ylit l'^pigrapbe grecque AïAOi AAE3A EDOIEt , Aubu A1axae{vel AlexanAi fitmt)fadehat.'Ea comparant celte épigraphe avec celle d'un fragment du Mnt^ Vettori, ina^rëa danl le Musé» Florentùiy Gemme^ ec., l«me il, pL CXVII, n. 1, oii on lit KOINTOS AAEBA SnOIËI : Quàttus Aiexae faciebat , on apprend que le gravenr de pintienrt pïerrei rarei, Aalus, était frère de Qnintua antenr de la gravure du Hoiëe Vettori ;toaa denx étaient filt d'Alexa , mot que je crois un abr^gtf do nom Alexandre. Cett une choac k remarquer qne ces deux gravetu», pent-Atre de condition d'affranchii, comme leurs prcnoms romaîos peuvent le faire pre'sumcr,

le tronc d*un autre dans la galerie de.FIoreûce.

Il paraîtrait par le Dom , que le sculpteur dont il s'agit étaic romain 3 mais comme le mot In^nuus est quelquefois un nom propre aux esclaves (i), que leur donnaient peut-être les maîtres, pour indiquer leur caractère qui répondait peu à la bassesse de leur condition , il Die paraîtrait asses juste de ne rien prononcer de certain sur cet objet. Le Poljrthimus de la statue du Capitcrle porte le titre d'affranchi » ( lÀBertus ) on n'ajoute pas par qui il le fût; peut-être parce que la statue même était le por» trait de son maître.

Le travail de notre figure est médiocre, et ne semble pas devoir remonter à des temps .antérieurs aux Antonii^s, ce qui est indiqué même par les caractères de l'épigraphe. Il serait néanmoins difficile de déterminer' de com* bien de teibps son exécution leur serait postérieure; car nous avons assez de sculptures

que re^lgraphe POLYTHIMVS LIB, en Tattribnant au personnage refMréseiitë. Mais si cela était| on aurait aussi ajjMU^ an filre d'afiOranchi, nom purement relatif, celui du mettre. On Ta, peut-être ; omis ici, parce que probablement la statue était l'image de ce maître , lequel était asses connu alors, ou bien indiqué par l'inscription qui se lisait sur le piédestal. J'ai écrit POLTTHIMYS en copiant Tëpigraphe an Musée CapitoUn de Bottarî. Mais la faute d'orthogtapbe n'existe pas sur l'original ; on j lit ce nom comme il doit vraiment être écrit POLTTIMVS.

(1) Gruter, pag. MCLXXVIII^ 6.

qai ont été faites à l'époque oti régnait Gailien (i).

Observation de Vauteur, publiée dans le t. y II de Védition de Home.

Aux noms des artistes latins , qui sont au génitif, dont il est parlé pag. 19&, n. (a), il Âut ajouter celui de Diadomines, DTADVMEjn, gravé en petits caractères, élégans, sur uu eacellent bas-relief de la collection de Turin, publié par Maffei, Muséum yeronense, pag. 311 , £g. 1, et par d'autres.

PLANCHE XHL , Faune *. .

. Les artistes anciens nous ont lusse quanùté de représentations des joyeux compagnons de fiaccfaus, de ces divinités champêtres , ton-

>99 montes mystiques du Bien leur chef, ou enfin

plongés dafis Tivresse, et accablés par le sommeil. Mais Texpression la plus convenable à leur caractère bruyant et lascif est celle, sans doute, des danses rustiques et yives, d'oii ces Dieux prirent, chez les poêles, le surnom de SalianteSy Sautants (i)^ et furent appelés par un commentateur , les plus agiles de tous les animaux qui sont presque doués de raison (a). De-là

(i) l^irgile, egl. V, vers 73 :

SaUatues Saijrras imitabàwr jilphesiboeus.

Nous avons dit ailleurs que les Satyres et les Faunes , que les- aniiqpaires ont dislîogaë aujourd'hui les uns des antres^ ne fétaien^ pas ches les anciens , qui mêlaient , selon leur fantaisie^ aux formes de ces bizarres demidieux quelque caractère de la chèvre ( t. I, pi. XLV, voyez aussi la savante dissertation de M. Heyne, sur les distinctions des Satyres | des Faunes, des Silènes ; etc.. Recueil de M. Jansen^ tom. I). Et s'il parait, en lisant les écrivains grecs , qu'ils représentaient les Pans avec la moitié du corps inférieure toute de chèvre , il n'est pas douteux cependant que le Faune , et les Faunes des Latins , tirant leur nom du grec Pan corrompu, on les a confondus avec lui et les Pans ht% suivans, d'oà on les appela Arcâdiens dans la Prîapée ( ep. XXXVI ), et babitans du Lycée dans Horace (1. I, ode XVII, v.a). Au contraire cependant on voit sur les médailles des Arcâdiens l'image du Dieu Pan gravée, ayant tous les membres humains.

(a) Ulpien dans ' ses G>nunentaircs sur TOraison de Démosthène m iiedea , appelle le Satyre niilhfftl9umuï09 tSw xd^Of ioBV : aaùnuUum omnium moUiàsimum, En effet les poètes grecs ont donné à ces suivans de Bac-

chus les épi thè tel i^e opj(fl(fX4ki^ irmpnpmÀ^ ^9àmç

les chœurs de Satyres dansaoi , introduiu dans la tragédie f en diminuèrent le caractère som-

(Euripide, Gclope, r. 3i6 et <DiT.)> c'est-fa-dîre, muteiin, danseurs, et le nom IjSAAOS, qui veut dire XflStjTOlÔÇ ôpiHiTOeàç C Hesichîus, t. l^aMc ), porté pour la dansa, gcti , equivint aux premiers. Ce nom est A:rit inr U figure d'un Faune qui ttMt , en plongeant M i^te, dan* la coupe d'Hercule, que l'on voit >ur le fameux bas-relief d'Albani, représentant l'apollieose de ce Dieu. J'ai éii long-tempi étonne de voir dans ce monument prëcîenx l'apolbéotc d'Hercole et les noces avecHéb^, fignrée* d'une manière aussi peu convenable, et aussi ridicule. Hercule j parait ivre et accablé par le Sommeil ; et pendant ce temps les Pannes et tes Silènes , qui l'entourent, paraissent s'amuser L sei dtfpeni^ L'un boit le vin qui est dans sa coape, un autre ra endacieusement embrasser réponse, qui a peine k m défendre avec sa lance contre leun attaques inaoleutes. J'eus quelque idée que les noces d'Hercule et d'Hébé avaient fourni le sujet d'un drame comique on satyriqne, suivant l'usafie qu'avaient les Grecs de mêler le ridicule aux plus nobles sujets de leur mythologie. Je

:ioi bre et purent , sans en altérer la dignité , ex« citer le rire au milieu des aTenturet lés plus fameuses . des Dieux et des héros qu'elle re<présentait (i). Notre Faune 9 selon les règles ou selon l'usage des ballets les plus anciens, ne danse pas ayant les mains vides , mais il tient des fruits , prémices des campagnes , dont on faisait des offrandes particulièrement à Bac* chus; il en a aussi dans la peau qui lui sert de manteau, et qui est attachée sur son épau<-

devaient occasionner des formes caractéristiques plus partîctilières dans les masques qui leur étaient destines* QmnnasUf liv. TV, § ifyi.

(i) Comme les modernes se sont plu à introduire dans les comédies les passious et les caractères qui étaient propres à la tragédie , les anciens de même appliqùi^ rent à la tragédie les jeux comiques et les saillies qui appartenaient i. la CQmédie* Quelque étrange que pot paraître ce genre, qui tenait de l'un et de l'autre, les hommes d'esprit les plus ingénieux ne dédaignèrent pas de le traiter., et les meilleurs critiques en fixèrent les pnncipes, persuadés qu'on ne devait rejetter aucun genre de composition poétique , quelque extraordinaire qu'il parut être , lorsqu'il pouvait contribuer au plaisir et à rinstrnction» Les Satyres et les Faunes, qui étaient digneS; comme demi-dieux, d'intervenir dans les sujets les plus élevés^ et qui par leur caractère joyeux et ri* diçole pouvaient en même- temps se prêter à ractiom comique, devinrent un moyeu utile pour opérer ce mé« lange; et en effet cette espèce de drame tragicgmlque, fut absolument distingué par le nom de Drame Saiyfir que ou des Satyres^ à cause des chœurs de Satyre^ qui y paraissaient Yoyex le lieu pleip d'exuditioa d'Isaac Ca- «aubon, De Sàtyrica poesL

le (i). Cet usage prit sa source du rit des sacrifices, parce que les mouTemeos que l'on faisait pendant ces céréinouies sacrées, étaient, chez les Grecs , la plupart et joyeux et animés par le plaisir, ce qui fut l'origine de l'art de la danse (a).-

11 a U tête couronnée» comme devait être celle des sacrificateurs. Sa couronne est de feuilles de pin, dont se servaient fréquemment ces demi-dieux champêtres, pour orner leurs cheveux; et il n'y avait pas de guirlande plus souple qui put convenir à ces fronu couverte de cheveux crépus , qui les firent nommer ôpSiojpt^aç ( Ortotrichas ), et Jrontem comatos (5).

(i) Il a i\i remarqné précéflemment que Iqi fraiu étaient lei off'raadea ordiDaîrei qne l'on prësentaîl à Bacchns ( Peint. ^Benul. , tom. II, pi. XVIII, n. 6; et XXIX, n. 3). Vojes aiuti le auiv. tom. IV de cet ouvrage, pi. XXVI.

ao5 Ce qui donne da prix à notre statue, c'est d'abord son intégrité, puisqu'il n'y a que les bras qui soient restaurés, et ensuite la grâce, la vivacité qu'on remarque *dans son attitude et dans son action. Il y en a d'uutres peu différentes, dans quelques collections, mais elles ne sont pas également bien conservées (i). La ressemblance, dont je parle, donne lieu de croire que ces figures proviennent de quelque original fameux , mais dont je n'ai trouvé an* cune mention dans les notices qui sont parvenues jusqu'à nà^ (a).

de Faunes et de Silènes avec des chevelures ainsi hëris* iées^ OpSfOTpêjuiÇj sur le front ^ comme on en trouve dans la quantité de fragmens antiques qui sont k Rome*

^(i) Il y en a deux peu diffërens dans la ville Al« bani;

(s) Je ne me rappelle de Satyres on de Faunes dan* sans que celui intitule Aposcopeuon^ ce qui veut dire Celui qui regarde en mettant sa maki sur son sourcil^ ouvrage d'Antyphile. Il y avait un ballet ainsi appelé parce que ce geste était celui des danseurs ( Athë* née XIYi 7 )• Peut être que le Faune gravé sur une pierre de la collection d'Agoslini ( tom. II , n* 212 ), est une copie de ce fameux tableau > car outre l'attitude semblable de la main ^ et le mouvement de danse qu'ont les pieds I on y trouve encore cette autre particularité relative, qu'il a les épaules couvertes de la peau de panikètâp . dont parle Pline dans la description qu'il fait de cette peinture ( fi. Ni, liv. XXXY; $ LX, n. 32).

ao4

Observations âe routeur, publiées dans le t VII deléditioH de Rome.

Tn parle, dans U oote (a) de U page igg, da bù-relief célèbre appelé le Repos dHercule: et j'ai cherché commeot pouvoir expliquer la manière - burlesque dont «ont , à ce qu'on croit, représentées sur oe monument les Boces célestes d'Hercule et d'Hébé. M. Zoega, dans son estimable ouvrage sur les bas-reliefs antiques» tom. II, pag. itg, convient que Tinterpréution que j'ai indiquée» serait la seule que l'on puisse admettre , si le sujet de cette sculpture . était vraiment les noces d'Hercule et d'Hébé ; mais il le révoque en doute ; et ayant eu la facilité ^ qui manqua aux antres , d'examiner sous différens aspects ce monument, depuis qu'il fut transporté à la ville Albanî , il s'est persuadé qu'on n'y lit pas le nom d'Hébé; et d'après cela il reste convaincu que le sujet du bas-relief n'est pas celui qu'on

été publiée par moi Tiogt ans ayant , dans la préface du tome lY du présent ouvrage. Il existe cette différence seulement, que. M. Zoega a mis la proposition en avant , sans s'embara»ser de produire les: preuves nécessaires pour la soutenir, parce qu'il se persuada que Ut vraisemblance, qui paraissait établir son opinion , remplacerait toute autre preuve. Je n^ m*étais pas contenté de cela, mais j'avais cboisi d'antres exemples, dans les monumens, oh je trouvais les années des prétresses de Junon Ar^ gienne ' indiquées , comme une notice chronologique , pour disposer dans l'ordre qui leur convenait les faits que représentaient ces basreliefs, qui étaient destinés à instruire la jeu* tïesse. On doit voir encore la remarque que j'ai faite à la fin de mon Explication d'un bas-relief soulpié en l'honneur d Alexandre le Grand-, écrite en français, et insérée dans l'^r^^ men critique des Historiens d Alexandre le Orand, pat M. de Sainte Croix , P' TTJ*

PLANCHE XLIIL

Nymphe baccdique *•

Ceux qui ont écrit siir ce qui appartenait aux culte et aux mystères bacchiques, font

^ Longueur sept palmes et ouze onces* Elle est de marbre de Luoi , ou de nos carrières. S. S. en 6t faîra racquisitîon de feu M. le conseiller Ludovico Bianconi| V qfki elle appartenait*

éouvent mention du serpeol Orgion, reptile en . vénéraûoD dans ces fameux mystères du paganisme , et qui par cette raison paraît , sur les monnoies d'Asie, entourer ^ eista, corèeUle , mystique (i)* et que l'on Toit souvent, dans les moDumeos, environner la tête elle sein des bacchantes (a). Le serpent convient surtout aux nymphes , lesquelles, en outre qu'elles étaient les amies elles mères des Satyres et des Sylènes, les nourrices et les compagnes de Bacchus , sont aussi regardées comme les divinités locales dés fleuves» des ruisseaux, des fontaines; et sous ce rapport ^ elles sont bieu représentées avec la figure d'un serpent, qui était pris comme un symbole de ces divinités ténébreuses des liéiix, appelées Génies, dont les Payeos croyaient que la terre était remplie (5).

Le murmure agréable des eaux, qui provoque si doucement au sommeil, aura, peutêtre, servi de motif aux anciens, toujours portés k faire valoir et à embellir les sensations

eaux sacrées , par de» figures de nymphes endormies (i). De-là ooirs Tiennent tant de simulacres de ces demi-divinités couchées, dans une position qui leur fait poser la uète sur une urne» comme étant livrées au sommeil (2)0 On gravait quelquefois au-dessus de ces figures d'aimables épigrammes, qui reconmiandaient le silence, pour ne pas les éveiller (3).

Ces images , dont je viens de parler, ne sont pas ordinairement accompagnées du serpent; c'est pour cela que j'ai distingué la figure présente sous le nom de Nymphe bacchique,, à cause du symbole dionysiaque qu on lui a don-* né. Nous voyons cependant, sur un bas-relief, dans le palais Giustiniani, représentant le châtiment de Penthée qui avait voulu , proscrire

(i) Par la même raison on avait aussi Tasage de mettre pour ornemens aux fontaines non-seulement des Amours dormans; mais aussi des Faunes et. des Satyres. (jimhol. Gr., lïv. IV, Ep. XCVII etXCVIIÏi et tom. I de cet ouvrage, pi. XLVII, pag. 258 ).

(a) Il y en a deux dans le bois de la ville Pinciansu

(3) La suivante est une des plus élégantes :

Hidus yjrmpha ioci , sacn custodia Jbntis ,

Dormio dum tacùae seniîo murmur aquae.

Parce meum , qmsquis tangis cava ntarmora , somnum

Humpere : sive hihas y sive lavere , taoe»

EUe a é\é publiée dans le l'résor de Grutetj pi. CLXXXIf, 5, dans les Miscelian. de Spon, sect. II, art. 7; et enfin, dans YAntol. latina deBurmann, liv. I, ep. LXXÎÎ^ cil on agite vivement la quéstion^iur son antiquité y, qtfi a été mise ^u doute par. quelques écrivains. "^

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les baecIuiDaleà , vos nymphe de fontaine endormie, et ceinte pir nn griod serpent (i). On voit aussi un de ces reptiles qui se glisse sur le sein d'one petite nymphe endormie , appuyée sur «on urne* et dans une attitude semlilable fc la prétendue CUopatre qui existe dans notre collection (a); et sur une autre nymphe quif comme la nôtre, n'a point d'urne; celleci est publiée parmi les statues de Dresde (S). ,.Tout ceci prouTe combien est raisonnable ia dénomination que je tcux donner k notre figure; et cela déoiontre en même-temps, dans quelle erreur sont tombés ceux qui, voulant ennoblir le sujet de cette sculpture par quelque événement célèbre, ont prétendu y reconnaître Olympia, mère de l'illustre roi de Macédoine, tenant le serpent, sous la forme duquel on prétend que Jupiter Ânunon , devenu amoureux d'elle , se transforma.

Il me semblerait plus oécessaire de redien- <dier les motifs pour lesquels notre statue est sans celte urne, qui était Tattribut usité des nymphes; et pourquoi elle est plus yétue que ne le Aoni les autres figures de ces divinités couchées^

Quoiipie.rôn voye sur beaucoup de monu«mens des^ nymphes ainsi yétues (i), cependant le défaut d'urne rend, à ce qu'il ine parait, assez Vraisemblable, que le sujet de notre statue est plutôt le portrait d'une femme défunte, sculpté sur le couvercle de son tombeau, et sous les formes d'une nymphe bacchique :

• • • assiduis Edonis fessa choreis

^iioUs in herboso concidit Apidano (a).

(t) C'est ainsi qu'est totalement vétae ane statue de nymphe ^e la ville Albanî ^ dëjà publiée dans la Gale* fie Giustinianij tom. I, pi. i49> de même une autre qui fut autrefois placée dans la ville d'Esté a Tivoli , et qui est à présent cbes les habiles sculpteurs Lisandroni et d'Esté » et celle-ci est presque entièrement semblable à une statue ^ restaurée pour être une Erato, parmi les muses qui appartiennent au roi de Suéde ( Notixia daniichitàf 1784» novembre ^ pi. III ), et enfin semblable l une autre qu'on a placée , dans la galerie de Florence ^ au nombre des filles de Niobé. On lit sur la plinthe de celte figure l'épigraphe antique

ANCHYRRHOE

ce qui prouve que c'est la njmphe de ce nom p qui éuit la fille du Nil et l'épouse de Bélus.

(a) Properce, liv. I, cL 111, v. 5.

Musée Pié^Clém. Yol. UI. i4

-Cest une chose qui mérite d'itre remarquée , que dans les ouvrage* des anciens on ait observé la plus grande modestie dans l'habillement des personnages , quand on voulait représenter leur portrait sons la figure de quelque être mythologique. Pour confirmer cette Opinion, rien, à ce que je crois, n'est plus décisif, que le parti qu'a pris le sculpteur, dans le relief de cette figure, laquelle, comme -presque toutes celles destinées h des tombeaux , que nous connaissons, ne peut pas être regardée abscdument comme une robde bosse, mais hors, les extrémités , et les parties saillantes , et qui sont presque isolées , le reste du corps est plus bas qu'il ne le serait dans la nature, et traité presque en bas-relief. Une telle méthode, que je n'ai jamais observée dans des figures qu'on ne peut supposer avoir été désignées à d'autre emploi qu'à orner des tombeaux (i), me persuade que ce fut la place qu'occupa la présente statue. La beauté et la

an

rapport à la croyance superstitieuse que ces mystères et ces cérémonies avaient une grande puissance pour procurer aux âmes des morts le repos et le bonheur étemel (i). Le travail de ce simulacre, presque intact, qui ne s'élève pas au-dessus du médiocre , est encore une preuve de la conjecture que j*avance«

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