PL ANCHE XLV
SoMBiEiL ov^ Génie de la Mort \
La figure du Sommeil, que représente cette graTure, est plus commune que la précédente* Celle-ci avec sa tête inclinée, presque - tom« ban te, ayant les jambes croisées, portant son flambeau renversé^ comme si elle voulait Té* teindre, ressemble à beaucoup d'autres* que Ton trouve fréquemment sculptées sur les tom«* beaux, et quelques-unes même portent leur ipU graphe, pour qu'on n'ait pas le moindre doute sur ce qu'elles représentent (i). Le célèbre
* Haat. trois palmes, six onces; il est de marbre grec de la même qualité que la précédente st&tne. On Ta trouvé dans le territoire d'Ostie.
(i) Sur le fameux cippe du palais Albani, publié $\ souvent, que l'on peut voir dans le livre des Inscrizioni jtlhane du savant abbé Marini que nous avons déjà cllé^ n. LXVI, on voit IVpigraphe:
écrite sons un Grénie semblable. Comme Boissard, en donnant au public cette figure, a suivi sa méthode or» dinaire, c'est-à-dire, de nous présenter une gravure faite d'après un dessin auquel Forigioal n'a pas servi de modèle , mais exécuté seulement d'après une description verbale d'un antiquaire, aussi Lèssing, dans son ingénieuse dissertation sur la manière dû représenl0r la Motif a été
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X^essiog a pensé que cet Gréoies , ou jeuoes garçons, ou eofaus, étant doubles, on peut très-bien le» expliquer, en attribuant k l'un le •jmboJe de la Mort, à l'autre celui du Sommeil (i): parce que sur le sarcophage de Cîpsèle, ils étaient représentés' tous deux se ressemblans (a); et il parait qu*Huniëre les suppose jumeaux , à raison de cette ressemblance (3). Cependant M. Herder a eu une opinion plus }uste j lorsqu'il a dit, que quoique Ton voye incontestablement des Génies avec des flambeaux renversés > autour des monomeos funèbre», pour indiquer la Mort, ce ne sont pourtant que des Génies du Sommeil , auxquels on a appliqué cette triste signification de la Mort, par un euphémisme propre à la langue et k l'art , employé comme un soulagement de Timagînation, laissant croire que le défunt dort, et que la. mort n'est rien autre chose qu'un sommeil tranquille (4)-
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Sur un sujet dëjli assez dcpourrn «Tagré* meiis, je me bornerai à faire quelques obser* nations qui puissent servir à déterminer et à éclairer nos idées sur ces sortes ûe figures , et sur les passages des écrivains qui présentent quelques rapports avec elles
La première sera de remarquer, que nonobstant la justesse et la vérité de Topinion de M. Herder, une figure du même genre, et en grande partie semblable k celles dont nous avons parlé, est dans quelque monument bien sûrement une effigie de la Mort. Tel sera àcoup-sur le jeune bomme couronné, ayant un flambeau renversé dans la main droite, des pavots dans la gaucbe, lequel est sculpté sur les bas-reliefs représentans la tragédie . de la Médéej et qui accompagne les dons empoisonnëa que les enfans de cette reine» etifils de Jason^ apportent à la nouvelle épouse, qui doit devenir leur belle*mère (i). Ici Fallégorie ne peut
singy lett. rV, Recueil de M. Jansen, tom. IV: Ces Gtfniès ne furent qu*un euphémisme de tari» Ce qu'on entend par euphémisme f c'est de donner nn beau nom k des choses tristes et désagréables. Telles sont aussi les circonlocutions que le vulgaire employé encore à présent lorsqu'il veut indiquer la mort.
(i) Yoyez la gravure qui représente cette fable, sur le bas- relief qui est à Mantoue , et que lé défunt doc* teur Gîrolamo Carli a expliqué dans nue dissertation qu'il lui a consacrée. Les autres bas-reliefs semblables ont la même figure, mais <^ii les symboles manquent/
être équÎToqae. La figure j est introduite f pour indiquer que ces présens renferment la Mort; •t le caractère naturel de cette idée ne peut eiiger, au contraire, ne saurait admettre radoucissement que lui prêterait toute sorte d*euphémisme (i).
La seconde réflexion regarde l'interprëution qn'a donnée Lessing- lui-même , au passage de Pansanias , dans lequel cet écrivain dît que sur le sarcophage de Cipsèle, la Mort et le Sommeil étaient représentés avec des jambes plîées. Prétendre que la phrase 9teipap.ftsnç tovc ^oèaç puisse signifier antre chose, et même vouloir j trouver indiquée la position de deux jamhes croisées, comme sont ordinairement exprimées ces sortes d'images, c'est donner k entendre qu'on a peu de connaissance des écrivains grecs , chea lesquels , quelle que soit l'étymologie, ou l'emploi du mot Suçpa/i(iéfoç ( que»-
lion qui n'a rien à faire ici (i) )\ elle est en usage pk>ur indiquer une obliquité ^ . une déclinaison dé la ligne droite , «t surtout lorsque ce mot est joint avec lé nom de quelque mem^ bre. Dans, un cas semblable, la critique raisonnable ne pent admettre d'autre interprétation de cette parole , quelqu ingénieuse qu'on la fasse {2). Le Sommeil et la Mort représentés dans les bas-reliefs de cette urne, avaient donc les jambes pliées. Il n'y a rien en cela d'jétanoant, puisqu'elles avaient été travaillées dans un siècle, oli Ton sacrifiait l'élégance à
(1) Ainsi on peot interpréter les mots latins negotium conjtctum, sans craindre d'ëquivoque , par affaire tetr minée y quoique Tetymologie damot confectum coinpostf de cum et fach, pût persaader quelques personnes qu'oli ne le traduirait pas m^l ainsi ^ affaire traitée par p/iisieurs personnes réunies. On trouve dans toutes les lan- . gués beaucoup d'exeroples^ de cette nature. Cependant pour donner de plus grands ëclaircisseroenSy je ferai remarquer que le même auteur voulant décrire la position de croiser un pied sur l'autre j position que Leasing vent à tonte force entendre dans la phrase dont il est question, cet auteur , dis-je, ae sert d'une autre expression, et c'est celle-ci: T(W T« Srepov rSf ^oiô^ <nri- ^Xidtov rô êtépo: expression claire, bien choisie, sans équivoque, mais qui n'a jamais été bien rendue par les traducteurs (£i. II, ou liv. \i, ch. XXV).
(a) Ainsi je ne pourrais pas davantage adopter Tex* plication proposée par Ucrder dans ses Foreste criiichef c'est-à-dire , que àuarpafifuinfç tevç mia^ç puisse indiquer que les deux enfans entrelaçaient ensemble leurs jambes.
rexprewion et à l'aliégorie (i)* oli l'étude des -grâces n'avait pas CDcore aj^ris aux Grecs k embeUîr, par des formes nobles» les images les plus tristes et les plus difFormes. Cette ma» mira de croiter les jambes, que Ton remarque si souvent dans les figures du Sommeil, est une position sagement employée dans ce 8ujet> parce qu'elle est celle qui convient le mieux .i OD personnage qui s'abandonne an repos , en restant debout, et principalement propre à une £gnre d'enfant endormi, comme il est le plus «ouveot représenté.
La troisième observation porte sur les formes arrondies, et l'embonpoint qu'on voit dans quelques-unes des 6gures dont nous avons parlé , ce qui a paru à Lessing ne pas leur cou* .venir; aussi, comme il n'avait pas vu les originaux, il a attribué cela aux artistes qui ont manqué d'exactitude en copiant les modèles antiques. Ce corps gros et arrondi n'a rien cependant d'exagéré pour l'Âge de l'enfance (a).
.que Ion a ad<^te pour tés figures. En effet plus ces Génies sculptés sont rapprocha de Fenfance, plus leurs formes doWent s'arrondir. Au reste , » c'est une idée gracieuse de Fart , qui a introduit l'usage de représenter ces figures allégoriques sous la forme qui appartient à cet ftge tendre « même les Génies des autres classes, ei cela peut-être pour imiter Cupidon.
La chevelure de notre Génie est formée en petites ttesses, qui sont rétiniés sur le somm(Bt de là tête; espèce de coiffure qui convient à des jeunes enfens, mais les jambes ne paraissent pas, dans cette figure, comme dans 1^ plus grand nombre d'antres, posées l'une sur l'autre. De même on ne les voit pas croisées dans la statue* du*Sommeil, adolesctat ^ que nous avons fait' graver et expliquer dans le premier volume (i).
Addition de Vauteur.
Je ne conçois pas comment^ dans le com« mencement du discours, j*ai, sans attention, décrit cette figure du Sommeil comme ayant les jambes croisées , quand elle n'est pas en effet dans cette position, et je m'en aperçus moi-même peu de temps après. Il me suffira^ sans doute j de dire que non-seulement opère
(0 Tome I; pi. XXVirr.
in lungo * puis parlant du Smnmeil lui-inéme , yas est obr^jere sunmum?