‹ Musée Pie-Clémentin (volume 2)Chapitre 6 sur 46 · PLANCHE V · texte numérisé non relu

PLANCHE V

J'ai déjà parlé ailleurs , et à propos précisément d'une prétendue image de la même impératrice, de l'abus qui a prévalu parmi les antiquaires, d'appliquer des noms d'impératrices à tous les portraits de femmes, qui, par la coitTure des cheveux, ressemblaient k leurs efBgies gravées sur les médailles ; comme sî cet arrangement de chevelure était un caractère distinctif des personnes, plutôt que des

temps et des modes (i). Aujourd'hui je présente avec confiance au public la statue de grandeur naturelle de cette impératrice , reconnue par la comparaison faite avec la grande médaille en bronze latin, que Ton conserve dans la collection de la Bibliothèque du Vatican. Âppuié par cette comparaison exacte , je puis assurer que Ton reconnaît dans notre statue Punique effigie en marbre qui nous reste de réponse de Domitien , et qu'on ne peut regarder comme tels ou le buste du Capitole (a), ou celui qui est dans notre Musée, et qu'on regardait autrefois comme le portrait de Domitia , lorsqu'il était chez le feu comte Fede , son ancien possesseur. Quelque ressemblance dans la disposition de la chevelure, et quelque trait pareil avec ceux du visage, mal dessinés, de la même impératrice dans la médaille grecque , ont donné lieu à une erreur qui n'eut pu être détruite sans un rapprochement avec le rare monument que nous avons.

JLes symboles de la Déesse de la Santé y ont été ajoutés dans des temps modernes. Us sont, à la vérité, bien appliqués au sujet, selon l'usage qu'avaient les anciens d'orner ces statues des symboles ou des ornemens propres à leurs Déesses. On peut en effet dire qu'elle devint

(i) Dan» notre tom. II , pi. XLVIII.

(oi) Musée Capiiolin, tom. II; pK XXYL

la Déesse de la Santé du peuple romain, quand

elle forma la conspiration qui ôta la vie à son

mari, le dernier des Flavius, et qui méritait

Lien mieux d'être appelé le r^éroo Chauve ,

que de porter uu nom commua avec Titus et

Vespasien.

Si le style de la sculpture de cette statue n'est pas des plus précieux , il n'est pas sans mérite cependant soit dans l'invention , soit dans rexécution. L'agencement des plis semble imité des statues grecques, et se rapproche assez de celui de la Juuon (i). On remarque beaucoup de simplicité dans les contours de la tète, et les cheveux sout touchés avec goûL On observe sur toute la statue une espèce de vernis ou de couleur, qui semble être absolument un reste de la cire ancienne ou de l'encaustique que les artistes de ces temps avaient coutume de donner à leurs sculptures, pour en faire valoir le poli, et pour mieux conserver leurs superficie (a).

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