‹ Musee Pie-Clementin (volume 3)Chapitre 26 sur 53 · PLANCHE XXII · texte numérisé non relu

PLANCHE XXII

Erato , ou plutôt Apollon Palatin *.

INous avons désigné sous le nom d'Erato cette statue , en suivant les traces de Winckelmann ,

p. i 5q , ed. Gale. H> 'Epata xórepop aito rov sparo ç Àa^ovaa rfyv ôvofiaoiav. rv^v Tvepi %w eWoç (ptXooopiav rtapiaTTimv fi rtfç orepl ro ëpea^ai naï â%olepfaeoSïai Mva[ieoç smcri?fioç ìariv 9 ôç âiaÀexriKâp OPTOJV Mai rôv à%vdài&v. «-EratÇ a, peut-être , tire son » nom de l'amour ; elle indique la philosophie de tout » genre , ou elle est le symbole de la faculté d'interro- » ger et de répondre, puisque les lettrés doivent être » raisonneurs ». Voyez aussi Diodore ? IV, 7.

(1) Fabret. , Imag. Fuh\ Ursin. , n.p 129. Ce portrait, outre les conjectures qui le font attribuer à Sapho, est de plus appuyé par le témoignage de Pollux, qui assure que Sapho a été représentée sur les monnoies de Metilène. Pollux , Onomast. , liv. IX , segm. 84. On peut aussi appeler mitra le voile qu'elle a sur la tête, quoique la plupart des antiquaires donnent ce nom aux diadèmes que portent les femmes, contre le témoignage d'Ulpien, 1. vestis 7 ff. de auro et argent, leg. , lequel dit: mitrœ magis capitis tegendi , quam omandi caussa comparatae sunt,

* Haut, neuf palmes moins deux onces , sans la plinthe huit palmes, sept onces.

qui avait reconnu une Muse dans le simulacre (r). Cette dénomination a déterminé le dessinateur à lui donner des formes et un air féminin , en quoi il s'est éloigné de l'imitation du marbre original, pour se rapprocher davantage du sujet prétendu. Mais quiconque observera ce monument d'un oeil non prévenu, n'y trouvera de féminin que l'habillement, mais rien dans le visage, ni dans les formes du sein , dans le contour des hanches, ni dans tout l'ensemble de la figure qui appartienne a ce sexe. Voulant suivre en cela, au lieu de l'autorité des autres, le témoignage de mes yeux , j'avais cru y reconnaître un Apollon Citharede, même avant d'avoir trouvé dans l'antique une figure absolument semblable à celle-ci. Ma satisfaction fut extrême , lorsque je reconnus que l'Apollon Palatin des Scopes, représenté sur tant de médailles, d'Auguste particulièrement, d'Antouin le Pieux et de Commode , ressemblait non seulement au nôtre , mais même qu'il en était l'original (2). Quelle que soit celle de ces médailles que l'on veuille examiner, on y découvre un Apollon ( qui pourrait, sans l'inscription, être en effet pris pour une Muse), tel que nous le voyons dans notre statue , sans

(1) Winckelmann ; Monum. inéd., traité préliminaire, pag. 5î.

(2) Morelli, Thesaur. numism. Aug. > pl, Xï , n. 29 et suiv. y Vaillant ; Numïsm. Imperai* Rom, praes tan n'ora , tom. I, pag. 74 et 96 -f toni. II, p. 182 de l'édition romaine de Tannée i745«

différence dans l'attitude, dans le mouvement, ni dans aucune particularité de l'habillement des citaredes , que les antiquaires ont appelé vêtement féminin. Il est vêtu d'une longue tunique, Talaris , mais sans manches , comme dans cette statue -7 par-dessus on lui voit une autre tunique plus courte , qui ne descend que jusqu'aux genoux, c'était le Peplum des Grecs; elle est aussi dans la statue: il a comme celle-ci une chlamyde attachée sur l'épaule , et qui est l'ornement ordinaire des citharedes. Enfin la même ressemblance dans la lyre et le Plectrurn, que le Yaillant a pris pour une patere, comme devait la tenir notre figure. Un rapport aussi parfait de cette statue avec Y Apollon Palatin des médailles , nous fait apperçevoir dans le marbre une copie du fameux Apollon de Scopas, appelé Actiaque, et Palatin, parce qu'il fut placé dans un temple édifié par César Auguste (i) sur la colline de ce nom, comme un monument perpétuel de la bataille et de la victoire d'Actium, qui mit entre ses mains le sceptre du monde (2N. La tête de notre Apollon est couronnée de laurier ; elle a les cheveux épars, fiottans sur les épaules comme ceux de l'Apollon Musagète que nous avons décrit ci-dessus.

(i) Ce temple était enrichi de la fameuse bibliothè que Palatine 7 pourquoi Horace ; dit ep. I ; v. 17:

Scripta Palatinus quœcumque recepit Apollo. (a) T! ine, lîv. XXXVI , L

Nous devons prévenir que cette statue, quoique d'une invention et d'une composition noble dans l'ensemble, et dans toutes ses parties, est cependant loin d'offrir cette finesse et ce précieux d'exécution, qu'on s'attendrait à y trouver, d'après le jugement de Winckelmann (i). Ce mérite, qui faisait le prix de l'original, n'a pas été sûrement transporté dans la copie par l'artiste qui l'a exécutée.

Addition de Uauteur.

Après avoir considéré avec beaucoup d'attention les médailles les mieux conservées, qui nous représentent V Apollon Palatin , il m'a paru que ce Dieu avait certainement une patère et non le Plectrum dans la main droite , et cela correspond à la description de Vaillant. La patère convient à toutes les Divinités , qui semblent tendre la main pour recevoir les offrandes et les libations.

PLANCHE XXIIL

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