‹ Musee Pie-Clementin (volume 3)Chapitre 28 sur 53 · IO · texte numérisé non relu

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l'action ; Fune d'elles est précisément la même figure que nous avons désignée par Polymnie sur le sarcophage Capitolili (i). Les deux autres, dont Tune tient des flûtes, l'autre une lyre, sont, à ce que je crois, Euterpe et Erato. Ces Muses sont ici placées comme symboles des moyens enchanteurs qu'employa Paris pour séduire l'épouse de Ménélas. Polymnie, qui est la Muse de l'action et de l'art du geste , représente les manières gracieuses de Paris , comme sur d'autres monumens semblables on voit Pitho , la Déesse de la persuasion (2). Les deux autres Muses indiquent son habileté dans le chant et à jouer de différens instrumens de musique , talens qu'il portait à un dégré si supérieur, qu'on prétendait qu'il avait reçu des Dieux ce don singulier. Les auteurs classiques en font mention ; entre autres Homère, qui met dans la bouche d'Hector des reproches qu'il adresse à son frère en ces termes:

(1) Le nozze di Paride e d* Elena rappresentate in un vaso antico del Museo del sìg. Tommaso Jengkins gentiluomo inglese. Roma, 1778, nella stamperia Zempel.

(2) Polymnie étant la Muse de Faction ; on la fait présider k la rethorique ; ce qui a fait dire à un ancien poëte ce qu'on lit dans Giraldi ; p. 564*

Rhetorico dictât Poljhfinnia Musa colores*

Sur un bas-relief, dont la composition et le sujet sont les mêmes ; et rapporté par "Winckelmann, Monum. ant* ined., fig* GXV; à la place des trois Muses on a représenté la Déesse de la persuasion avec son nom grec

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Qòx ap tot %pai<T(iì? ttfàaptç. ta te aôpi } AfppoiïÎTqç il re xófifi tó te eiiïoç , ot h uovi yen iiiyeiwç (i).

» Ni la lyre, ni les dons que t'a fait Vénus, » ni tes beaux cheveux , ni cette figure sédui- » sante, ne te serviront quand tu te verras en sa » présence au combat. »

Nérée menace ainsi Paris dans Horace (2): Nec/uicquam Generis praesidio ferooe , Pectes caesariem , grataque feminis Imbelli cithara carmina divide s.

Cette épithète, grataque feminis ^ fait voir avec quel jugement le sculpteur , qui a travaillé ce bas-relief, a représenté Erato avec une lyre , comme complice de la séduction de la belle Spartiate.

Cette figure de Polymnie, qui se soutient le menton sur la main, tant de fois répétée, est, à mon avis, une invention très-ancienne , précisément parce qu'elle se trouve sur le bas-relief de l'Apothéose d'Homère , ou toutes les autres Muses sont représentées très-différemment de ce que l'on fait ordinairement; aucune ne s'y trouvant , comme nous l'avons remarqué , avec le masque. L'autre, qui a servi de modèle à notre statue , à celle du jardin Quirinale , à celle du palais Lancellotti, et à une figure de matrone du Musée Pie-Clémentin , était, peut-être, un des chefs-d'oeuvres de Phyliscus , et je soupçonne

(i) Homère, Iliad. r> vers. 54* (a) Horace, Carm. I, i5.

que les Muses de notre collection sont des copies de celles qu'il avait sculptées.

Sur les sarcophages de la villa Mattei , Polymnie est encore pareille à celle du Capitole , quoique dans l'explication elle soit désignée pour Erato (i) Mais ce qui sert admirablement à prouver combien mon opinion est fondée , en donnant toujours le nom de Polymnie à cette Muse qui s'appuye le visage sur sa main , ce sont les deux figures qui la représentent sur deux basreliefs du palais Mattei , où à toutes les parties qui offrent la même ressemblance, et que nous avons décrites, est ajouté un masque à ses pieds pour le symbole des pantomimes théâtrales, qui sont particulièrement attribuées à Polymnie (.). Comme ce symbole ne peut convenir ni à Calliope ni à Erato , noire opinion doit en tirer beaucoup plus de probabilité.

Observations de V auteur , insérées dans le Tome VII de U édit. de Rome.

J'ai exposé à la p. 207 deux opinions sur la Flore du Capitole, et les observations nouvelles que j'ai faites sur cette statue ( maintenant au Musée de Paris ) m'obligent de revenir dessus mes premières idées. La main qui tient les fleurs, est incontestablement antique , et appartient à la

(1) Monum. Mat th. , toni. IH, pl. 17.

(1) Monum. Matth., toni. III, pl. 49, fig. 1 et 2.

statue , quqiqu'ayant été rompue et restaurée. L'habit n'est pas la Pènule ; car cet habillement n'avait pas d'ouverture pour passer les bras, ce qui contraignait à lever ses bords des deux côtés. L'habit supérieur de la Flore est une tunique sans ceinture , et le bras gauche , au lieu de passer par l'ouverture faite exprès , et qui s'aperçoit parfaitement , sort dessous le bord latéral, et ainsi le relève et forme un groupe de plis à cette tunique.

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