‹ Musee Pie-Clementin (volume 3)Chapitre 3 sur 53 · I." PLANCHE · texte numérisé non relu

I." PLANCHE

Jupiter *.

Nous avons la satisfaction , en commençant la classe des Divinités par Jupiter > leur souverain , de présenter la plus belle image de ce dieu, que nous ayent laissé la religion et Fart des anciens Le sculpteur grec a employé tout son talent pour exprimer dans cette physionomie noble et majestueuse , l'idée que les payens, d'accord en cela avec leurs philosophes, s'étaient formé de ce dieu qui créa et qui gouverne l'univers (i). 11 l'a représenté assis dans l'attitude qui convient à un souverain (2). L'aigle qui lui sert de mes-

* Hauteur 9 palmes 5 onces ; sans la plinthe. (j) Eschile, Promethée vaincu, vers. 49 et 5o. (2) Callimaque 7 Hymne à Jupiter»

sager est à ses cotés. Il s'appuye de la main gauche sur son sceptre , et sa droite posée sur ses genoux soutient le foudre, son arme terrible et sa marque distinctive. Mais ce visage oii respirent la tranquillité et la sérénité :

. qua cœlum , tempe stale sque serenai (i).

peut plutôt nous faire croire , qu'au lieu d'un foudre, ce dieu propice tenait dans sa main une patere comme pour agréer et recevoir des offrandes. C'est ainsi qu'on voit le Jupiter gardien sur les monnoies de Néron , ou la Victoire ; le Jupiter vainqueur sur celles de Domitien ; ou eucore les trois Grâces qui ornaient le trône du Jupiter de Phidias à Olympia (2) ( et on la voit dans la main de Junon sur une rare médaille de moyenne grandeur de Faustine la jeune, dans le Musée Albani )• ou enfin les Heures ou les Saisons, comme dans un médaillon de Commode au Vatican. La tête de notre Jupiter, ornée d'une ample barbe et d'une épaisse chevelure bouclée s'incline légèrement, comme pour faire un signe d'approbation. Cette belle statue , qui fut admirée pendant long-tems dans le palais Verospi , et qui annonce le meilleur siècle de l'art chez les Grecs, a toujours été estimée d'un grand prix par les anciens et par les modernes. La pe-

(1) "Virgile, Éné. I, vers. 259.

(2) Pausanias, EUac I, chap. XI.

tite copie trouvée sons terre près de Corinthe, il y a peu d'années , appartenante à un voyageur anglois (i) qui l'a crue le Neptune Isthniique, est une preuve du cas que les anciens faisaient de cette statue. Comme aussi qu'elle ait été dessinée par le célèbre le Brun (2), parmi les plus beaux monumens de Rouie , cela indique combien elle était considérée par les plus habiles artistes modernes.

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