‹ Musee Pie-Clementin (volume 3)Chapitre 32 sur 53 · PLANCH E XXVII · texte numérisé non relu

PLANCH E XXVII

Mnémosyne *.

Un des morceaux , le plus important par sa rareté et pour l'érudition , c'est la statue pré-*

* Haut, cinq palmes et un tiers et sans la plinthe cinq paimes. Le commissaire des Antiquités ayant reçu de S. S. Clément XIV Tordre , qui fut approuve par le S. Pontife aujourd'hui régnant et alors trésorier., Tacheta de la maison Barberini, en même tems que la Junon colossale représentée ; pl. II , avec le prétendu Narcisse, que nous démontrerons par la suite être un Adonis f avec un buste de porphire qui représente un jeune César y et deux sarcophages ornés de bas-reliefs ; sur un desquels est la fable de Protésilas et de Laodamie y sur 1 autre la mort de Priam, que Winckelniann a prise pour la mort d'Àgamemnon y ce qui sera prouvé à sa place ; enfin un bas-relief des jeux du cirque avec les cochers, l'épine ; etc.

sente de Mnémosyne ou la Mémoire, fille de la Terre et du Ciel, et mère des Muses (i). Le nom grec MNHMOOïjNH , Mnémosyne , qui est gravé en caractères antiques, sur sa base, nous facilite non-seulement à reconnaître celle que représente cette figure , qui serait restée inconnue, mais elle nous a encore servi à distinguer plus clairement , que nous ne pouvions espérer de le faire, les images de Polymuie sa fille ( 2). On a voulu représenter dans cette Mnémosyne , qui s'enveloppe jusqu'aux mains dans son manteau , le recueillement si nécessaire pour graver dans l'esprit l'impression qu'y a laissé la vue des objets , et d'où dépend la mémoire , cette utile faculté de notre intelligence. Quoique l'on accuse les antiquaires de s'attacher trop facilement à des subtilités , cette manière de porter le manteau, que l'on remarque dans presque toutes les statues de la Muse de la mémoire , qui est Polymnie , et dans celle-ci qui représente Mnémosyne , suffira sans doute , à mon avis , pour les justifier de ce reproche*

La Déesse que représente cette statue , est assez connue par les poèmes, non-seulement des anciens poètes , mais par ceux des modernes , et ceux-ci l'ont invoquée souvent dans leurs écrits, ce que, autant que je me le rappelle.

(1) Hésiode,. Theogon. , v. 53 et i35.

(%) Y. la pl. XXIV.

ne faisaient pas les anciens. C'est à elle que le Dante adresse ces paroles :

O mente , che scrivesti ciò ch'io vidi (i);

» Esprit, qui écrivis ce que j'ai vu ; » le chantre de la Jérusalem délivrée l'appelle:

Mente degli anni , e dell' ohblio nemica ,

Delle cose custode , e dispensiera (2).

)) Esprit ennemi du passé et de l'oubli, toi » qui conserves les souvenir des choses , et qui » les rappelles. »

Je ferai remarquer ici l'idée ingénieuse qu'eurent les anciens de supposer que les Muses des sciences et des arts étaient filles de la mémoire , et de la force de l'intelligence , figurée par Jupiter , puisque ces sciences consistent uniquement dans la combinaison des idées, dont la source est toujours la mémoire, qui a la faculté de les conserver , et qui fournit au génie tout ce qui lui est nécessaire (3).

(1) Inferno , ch. U.

(2) Gerusalemme liberata, ch. ï.

(5) Cornutus ou Formi te ; De nat. Deor. , pag. 157 de Fédit. de Gale. Aëfêtëtê ûe Mvi?{iO(rvPi?ç yevvtfaai ràç ISlovaaç ô rLevç. eiceiiïri naï tqp xaià rtaideiav fia^^idrov eïo^y^r^ç eleverò , a §è nal sk fiùÀtvp; naï nar&yfiç àvakafjb^àveo^ai ftècpime . . . kaXùvptài de M.OVOUL aitò rtfç Mao'eQÇ 0 èarl ^ift^a^&'çl « On » dit que Jupiter? de son commerce avec Mne'mosyne, créa -» les Muses ; parce qu'il fut le maître des facultés qui » appartiennent à la science ; qu'on peut assurer ne pou- » voir s'acquérir que par la mémoire et par la me'dila- » tion sur les objets.... On les appelle Muses du mot » Msiso, qui signifie recherche, examen. »

Pour revenir à notre statue , je dirai qu'elle est , généralement parlant , l'unique image de cette Déesse. Cuper avait cru la reconnaître sur le bas-relief de l'Apothéose d'Homère, dans la figure que nous avons dénommée Calliope. Schott l'exclut tout à fait ; et comme il se trouve dix figures de femmes sur le Parnasse , dans ce monument , il pense que la dixième , placée à la gauche d'Apollon , est plutôt la Pythie. Cette conjecture me plaît assez ; et pour lui donner plus de force, j'ajouterai quelle ne tient pas , suivant ce que nous voyons dans les gravures qui ont été publiées, un volume , mais plutôt un disque vu de profil , sur lequel elle présentait les offrandes , ou une cassette de parfums , qui était nommée acerra par les Latins. Si l'on me demandait quelle serait celle des compagnes d'Apollon qu'on peut indiquer par cette figure, je répondrais, que je crois que c'est Phéinonoé, la première chargée de cet office , celle qui inventa les vers hexamètres (i) , que quelques auteurs ont régardée comme fille de Phébus. Je trouve judicieuse l'interprétation de Schott

(i) Pausanias, P ho cica , ou 1. X, ch. 5. Meyiû'Tf? de naï napà TcùeiffTQV èç $>?i(iopoì?p cìófa èarïv , âç jrpùfjiavTLç y svolto q ^>riybovòri tov Qeov icpòrr? , kolì TTpòrfi tu hlàfjbeipov ì?<?£. «Phemonoé jouit de la plus » grande réputation parmi le peuple ? qui la regarde » comme la prophétesse du Dieu ; et comme la première » qui elianta ses poésies hexamètres. »

sur la caverne , qu'il appelle l'antre Coricius , de même que celle de la statue appuyée sur un trépied, qu'il a fort ingénieusement expliquée , en y reconnaissant Bias Prienée ce qui devient d'autant plus vraisemblable , qu'on est assuré par l'épigraphe grecque <[i\i y est annexée , que le bourg de Priéne , la patrie de ce sage j était aussi celle du sculpteur Apollonius, qui est l'auteur de ce monument. Néanmoins , j'observerai que l'on pourrait aussi regarder cette figure comme une image de Licius Olènus, poëte très-ancien , et prophète d'Apollon, qui rendait les oracles à Delphes avant les Pythonisses, et qui fut le premier à se servir des vers hexamètres (j).

(i) Pausauias, Phocka , ou 1. X , ch. 5. Boiù M mi- %apia> yv-pj? Ttobvouo'Oj vfivop AEÀtpoïç, S(fi$ xaraa- Mevdoaa^ai to fiavreiop rô Qsô tovç àtpixopépvç l| irÏ7t£p$opéop tovç Te aXk'SQ Mai 'Û/l^w tovtop dè Mai (lapTévecrSi&i icpâtop Mai ajai tzpÔTOP ro è%à~

fierpop eTtapi^ybovaa de Mal âûûyç tov ifïvzep-

fiopèov, 87tï re/lemf? wv v^ipb tàv *£lÀi$ppi âpéfmaep^

'SlùilP oç yépsTo icpôroç Qoifioio <rpo<pahaç , Tlpâroç âp^aïQV EiïeQV TZKTipaT* àoidav.

» Béoi, femme de ces contrées, ayant compose' une » hymne sur Delphes, dit que quelques étrangers Hy » perboréens avaient fondé l'oracle du Dieu, et parmi » ceux-ci Oléné, qui fut le premier devin et le premier

» à chanter en vers hexamètre Ensuite, après avoir

» parlé des autres étrangers Hyperboréens, à la fin il » nomme Oléné :

» Oléné fut le premier prophète de Phèbus , Et lê premier qui construisit le vers auiique. 9

Le trépied indique ses fonctions de devin d'Àpollon; et si sa tête n'est pas ornée d'une couronne , ou de la bandelette sacrée , qui conviendraient à un prêtre , cela ne doit pas affaiblir notre opinion , parce que la tête est une restauration moderne. Nous ne pouvons avoir la satisfaction, ou de vérifier l'opinion de Scliott , par la comparaison avec l'image de Bias, qui fut trouvée dans la campagne de Cassio à Tivoli , ou de la rejetter après avoir examiné le buste.

Je dois prévenir toutefois , que nous trouvons sur le fameux bas-relief, une autre figure qui peut se rapporter à Mnémosyne, parce qu'elle représente la Mémoire ; non pas sous le nom de hi\vri{io<yvvri , Mnémosyne , Mémoire, mais sous celui de MNHMH, Mnémé, qui veut dire Ressouvenir. Cette figure est placée sur le plan inférieur du monument , où sont tous les personnages, excepté celui d'Homère, et tous sont allégoriques plutôt que mythologiques , ou historiques (i). Elle est une des deux dernières figures } et comme elles sont posées l'une derrière l'autre, les épigraphes correspondent au plan de toutes deux , cependant l'une est écrite sous Y autre , ce qui a donné lieu à l'incertitude de savoir à laquelle on dut appliquer

(i) Ainsi au lieu de Calliope, Clio, Melpomene et Thalie, l'artiste a personnifie' la Poesie, l'Histoire, 3a Tragedie et la Comédie.

chacune de ces inscriptions. Selon Cuper et Schott , la figure inférieure est Mnemosyne , quoique l'épigraphe MÎNHMH, soit placée dans la ligne supérieure.

Son attitude et son habit rendent probable cette opinion ; car elle est voilée et toute enveloppée dans son manteau : il paraît même qu'elle appuyé son menton sur sa main , comme si elle voulait se rappeler quelque idée. L'autre figure supérieure, à qui s'applique l'inscription SO$IA , sagesse , tient sa main ouverte , comme si elle parlait. Quoique ces figures répondent assez bien à l'interprétation qu'on en a donné , si Y on ne veut pas faire violence à Tordre des inscriptions , et que l'on tienne à croire que l'épigraphe supérieure doit appartenir à la figure supérieure , et de même l'inférieure à la plus basse , ainsi qu'il paraît constant et évident par rapport aux autres fi* gures, on pourrait dire que le Ressouvenir ls\vYiybrL, Mnémé , est représenté par celle qui tenant sa main élevée , semble rappeler et dé* crire les évenemens passés , et que la Sagesse 2o(^/a, Sophia^ est la femme voilée, qui a l'air d'un philosophe , profondément occupée de méditations , moins pour se rappeler les choses passées , que pour chercher et découvrir de nouvelles vérités. Le voile que nous verrons sur la tête d'Aspasie , l'unique que possède notre Musée, et que le nom grec fait reconnaître , rend probable l'opinion que cet or-

nement pouvait onvenir à Sophie ou la Sagesse, comme h une femme philosophe.

Il me reste encore cette observation à faire, que Mnémosyne à été représentée dans la belle peinture que Mengs à faite sur la voûte de la galerie de la villa Albani, avec une noblesse et une simplicité digne des artistes anciens. On voit dans cette admirable fresque la m>i:re des Muses , qui pose sa main sur l'oreille , comme voulant s'exciter à rappeler quelque souvenir. Ce n'est pas seulement en observant la nature , que ce peintre philosophe a conçu cette heureuse idée, mais elle est née de ses études dans les ouvrages d'érudition , il en a trouvé des exemples dans les pierres gravées antiques, qui servent, pour ainsi dire, de souvenirs pittoresques. On trouve sur ces pierres une main qui frotte une oreille , avec cette parole grecque MINHMONEÏE, Memento, ressouviens toi (i). En effet , selon Servius , l'oreille fut consacrée à la Mémoire , comme le front le fut au Génie; aussi Virgile a dit fort élégamment:

Cynthius aurem

Veliti , et admonuit (2).

Puisque j'ai parlé en ce moment de cette belle peinture, j'observerai avec plaisir que Ton y voit les Muses distinguées par les mêmes attributs que nous avons indiqués dans cette expli-

(1) Museo Fiorentino , tom. II.

(2) Virgil., ecl. V. Silenus ; et Servius comm.

cation , que Mengs les avait tirés de l'antique, dont il était graaid amateur, et qu'il avait étudiée avec le plus grand intérêt.

Observations de V auteur , publiées dans le Tome Vil de ï édition de Rome.

A la page 255 , dans la note * nous avons parlé d'un sarcophage transporté du palais Barberini au Musée du Vatican , et nous avons dit qu'il représentait la mort de Priam , et non celle d'Agamemnon , comme l'avait cru Winckelmann. J'ai depuis expliqué ce bas-relief, dont on peut voir la gravure dans le vol. pl. XXII, et je ne pense pas qu'il y ait à présent le moindre doute sur le sujet, qui est le meurtre d 'Egiste et de Clytemnestre , commis par Oreste et Pylade.

Le nom de Mnémosyne est écrit dans la gravure avec un E dans la première sillabe , dans le texte il est écrit par un H , comme l'exige la bonne ortographe. On lit sur le marbre MNHMOCTNH.

A la page 2 55, note (5), j'ai traduit , dans le passage de Furnute , les mots rà xa,rà ivaiSsiav fiaO^fiara par « facultés qui appartiennent à la » science. » Cette traduction ne présente pas une idée juste: je dois traduire ainsi « règles qui appartiennent à l'érudition. »

Musée Pié-Cïém. YqI I

PLANCHE XXVIIÏ

Le Sommeil *

Il ne paraîtra pas extraordinaire qu'il se soit trouvé dans le Musée Tiburtin de Cassius, une statue du Sommeil, près de celles des neuf sœurs, à tous ceux qui savent que les anciens pensaient qu'aucune divinité n'était plus agréable aux Muses que le Sommeil , et qu'à Trézène on voyait un seul autel élevé à ces divinités (i). Cette façon de penser ne paraîtra pas singulière , lorsque l'on réfléchira , que si l'imagination est de toutes les facultés de l'homme celle qui convient le plus aux Muses, elles devaient faire cas du Sommeil , lequel tenant nos sens assoupis, laisse à l'imagination , mère des songes, la plus grande liberté d'agiter le cerveau. Effectivement plusieurs poètes anciens avaient cru être inspirés par les songes, comme Hésiode qui s'imagina voir les Muses dans les vallées d'Ascra (2), ou comme Ennius qui pre-

* Haut, sept palmes un quart ; sans la plinthe dix palmes et trois quarts : on le trouva et on l'acheta avec les Muses.

(1) Pausan, Cortnth., ou liv. II ; ch. 5i. r£ov Mwf/i dè (ov) %6ppQ fi&fioç èo tiv âp^aïoç , ìrtb dè dvrô ,M.ov<raiç geai TïrvQ Svvo-l Tièyovreç tèf Yttvqp Seôp fidÀicrra eîvou (pi'Àov raie Movoaiç, « Près du Muse'e » ou temple des Muses s'élève un autel antique, sur » lequel on sacrifie aux Muses et au Sommeil ? parce n que ce dieu est, dit-on ; le plus aimé des Muses.»

(3) Ovid.? Art* amand, ? liv. I? v. 27.

tendait avoir été excité à faire des vers par l'apparition d'Homère lui-même (1). Mais que ce soit le véritable motif, ou tout autre , qui ait formé cette alliance des Muses avec le Sommeil, nous pouvons admirer dans cette belle statue la seule image qui s'en soit conservée. Winckelmann nous a déjà prévenus que celle de la villa Borghese en pierre de touche est un ou«* vrage moderne de l'Àlgarde , ce qui est confirmé dans la vie de cet artiste par Bellori; aussi Montfaucon a-t-il commis une erreur , en croyant cette figure antique (2). Il n'est pas possible d'avoir le moindre doute que la statue que nous présentons, ne soit l'effigie du dieu du sommeil ; car l'expression du repos qu'il inspire, s'aperçoit dans son attitude et dans tous ses membres. On la distingue surtout sur ces lèvres demi-closes , et dans sa tête appésantie qui se penche sur l'épaule gauche. C'est à-peu-près ainsi qu'est représenté sur un bel autel du palais Albani (3) le Sommeil éternel, qui donna l'idée de lui faire tenir un flambeau renversé, symbole des affections qu'il a le pouvoir de terminer et d'éteindre. L'autel qui se voit à ses pieds pourrait être celui de Trézène qui fut commun avec les Muses , et l'ar-

(1) Lucrèce, iïv. I, vers. 125.

(i) Winckelmann , Istoria dell arie 9 préface, pâg. xviu (5) Sur un autre coté du même autel on voit la déesçe Ne'mc'sis.

hre serait aussi le laurier fatidique , symbole des oracles ou divinations que Ton allait chercher anciennement au Parnasse en se livrant au sommeil (i), à quoi cette réunion des statues du Sommeil et des Muses peut même faire allusion. Il aurait pu , en place du flambeau , tenir une corne remplie d'une liqueur assoupissante, et la renverser. On le voit ainsi sur un bas-relief du palais Mattei (2), et dans le Musée Pie-Clémentin , sur un autel, où il est représenté avec des pavots dans la main gauche* Nous trouvons dans ces deux monumens le Sommeil représenté avec des ailes aux tempes, ce qui pourrait être un symbole pour indiquer la légèreté avec laquelle l'imagination s'égare pendant le sommeil. Observons que sur le monument Mattei, il ne paraît pas sous la forme d'un jeune homme, mais sous celle d'un vieillard, ayant une barbe. Il est de même sur les anciens bas-reliefs qui nous représentent Endymion assoupi. Le Sommeil que l'on voit au Musée Pie-Clémentin , est sans ailes j il a seulement une barbe terminée en pointe , et ses cheveux ajustés presque comme ceux d'une femme. Celui du Musée Capitoliti qui a des ailes aux tempes , en a aussi sur les épaules , de la forme de celles des papillons, et de semblables se voyent à celui du Musée Mattei (5)..

(1) Euripide, Jplugen. Taur. ; y. 12.5g, » riG5 el î irj.,

(2) Winckehnann ; Monum. ant. ïned. , n. 110. (5) Museo Capitolino, toni. IV ? pl. 24,

Ces remarques très-précises que j'ai faites sur les figures du Sommeil, m'engagent à en faire d'autres sur ce dieu, et d'après lesquelles per* sonne n'eut, peut-être, pensé à le reconnaître. La première s'établit sur cette tête avec la barbe, sur la forme pointue de celle-ci, sur cette manière dont sont accomodés les cheveux, qui convient au sexe féminin, et sur les ailes à la tête, toutes choses qui s'observent sur les médailles de la famille Titia (i). Si l'on réfléchit que sur d'autres médailles on voit la tête de Baccluis, regardé aussi comme un dieu du Parnasse , et que sur le revers de toutes ces médailles est gravé le Pégase , qui fit jaillir la célèbre fontaine d'Hypocrène ; qu'en outre il y eut du tenis d'Auguste un poète de cette famille, très-renommé, que l'on suppose être le Triumvir préposé à la monnoie, qui fit frap^ per ces médailles; si, dis-je, on s'attache à ces remarques, on trouvera tant de probabilités en faveur de notre .explication, qu'elle finira par être tout-à-fait vraisemblable. Les probabilités augmenteront encore en considérant que la tête ailée ne peut être celle de Persée , parce que sur tous les monumens ce héros est sans barbe } que le cheval n'est point Bellérophon, qui a quelque ressemblance avec Pégase, parce que le premier n'est jamais représenté la tête haute; enfin ce n'est pas un Mercure , qu'à la vérité ou

(i) Y. le Thés. Morell

trouve avec la barbe dans quelque morceau antique rare, mais qui n'a aucun rapport avec le Pégase ; et d'ailleurs, ce qui ne peut convenir à Mercure, c'est un genre de coiffure comme 9 celui que nous trouvons sur les images les plus certaines du Sommeil, fils de l'Erèbe et de la Nuit.

Une autre figure de ce dieu sera celle que Ton connaît sur diverses pierres gravées , qui est parfaitement semblable à celle des médailles citées , excepté dans les ailes de papillon aux tempes. Des antiquaires en ont fait un Platon (i), malgré que cette opinion fut détruite par les boucles flottantes de sa longue chevelure qui ne conviennent pas à un homme , et encore moins à un philosophe ; par le portrait même de ce grand homme qui est conservé sur quelques-unes de ces médailles contournées que l'on appelle ordinairement cotrones (2) ; enfin par son buste avec le nom grec , publié par Fulvius Ursinus, que l'on conserve à Florence dans la galerie du Grand Duc (3). C'est avec plus de fondement que nous y voyons un

(1) Winckeîmann , Monitm. ant. ined , fi g. CLXIX.

(2) Gronov. , Thcs. aut. Gr., tom. II, pag. 83.

(5) Quoique je n'aye pas moi-même examine' ce buste remarquable, je puis cependant, d'après la description qu'en a faite le très-savant érudit abbé Lanzi, assurer le public que l'épigraphe est authentique , et que la tête, qui a été louée beaucoup par Fabri, n'a pas été rapportée»

Morphée (i), tant par rapport à la ressemblance que nous avons trouvée avec les empreintes des médailles de la famille Titia , que par la chevelure ajustée comme celle des femmes , semblable à celle du Sommeil du sarcophage de notre Musée , et à celle de notre statue même; et enfin par les ailes de papillon, qui sont placées aux épaules de cette divinité sur divers bas-reliefs , et particulièrement sur le sarcophage Capitolili. L'allégorie ingénieuse que Ton a trouvée dans les ailes de papillon, comme un symbole de l'immortalité de l'âme qui fut défendue par Platon , s'évanouit aussitôt qu'on réfléchit qu'indépendamment des difficultés précédemment observées, une tête absolument semblable , dans les monnoies de la famille Titia , a des ailes qui sont formées ;par des plumes, qui ne peuvent admettre une pareille allusion, et que de toutes manières elle ne peut représenter ce philosophe grec.

Observations de V auteur % publiées dans le Tom. Vil de Védit. de Borne.

J'ai parlé à la page 2 45 de diverses images de cette divinité qui se trouvent dans les monumens, et j'ai mis de ce nombre une tête

(1) Par Morphée j'entends le Sommeil même ; quoique plusieurs auteurs fassent Morphée, Icelus et Phantasus , fils du Sommeil.

ailée, barbue, ayant un diadème, gravée dans les monnoies de la famille Titia. Le savant Eckhel ( D. N. T. V. Titia ) a trouvé cette conjecture invraisemblable. Il a raison ; rien ne peut déterminer à abandonner l'explication plus naturelle que cette tête est une image de Mercure *barbu et sphenopogon , à barbe en cône. Le Pégase , emblème du Parnasse et de la poesie, ët Mercure, dieu de l'éloquence, peuvent très-bien être réunis sur la même monnoie. En outre il arrive souvent dans l'ancienne numismatique qu'il y ait peu et même aucune correspondance „ entre les deux faces d'une médaille ^ et nous ignorons absolument en quelle occasion et par qui furent frappées ces monnoies.

/ Nous avons J>arlé à la page 246 de grandes médailles contournées qui représentent le portrait de Platon. J'avoue qu'aucune médaille de cette espèce avec cette image , ne m'est connue : celle que je cite dans la note (2) est sans bordure, mais c'est une médaille grecque d'Auguste, publiée d'abord par Patinus, ensuite par Spon, sect. IV de ses Miscellanee.

PLANG H E XXIX.

Diane *i

Cette gravure nous représente une des plus belles images de Diane. Sa statue qui fut donnée au S. pontife Clément XIV par le prince D. André Doria Panfili, exprime admirablement bien le caractère propre à distinguer cette déesse , par ces cheveux qui voltigent avec grâces, et dans sa draperie exécutée avec une très-grande délicatesse. Aussi Winckelmann la regarda avec raison , comme la plus belle des figures de la fille de Latone représentée sans ceinture. L'attitude de cette déesse la présente au moment où elle prend dans le carquois qui est suspendu sur ses épaules, une flèche qu'elle va lancer avec l'arc qu'elle tient de la main gauche. Elle est vêtue d'une simple tunique spartiate , qui est sans manches m> précisément comme la décrite un ancien scoliaste, laissant le bras nu depuis les épaules , et telle qu'on la voit à beaucoup de statues de divinités féminines (i). Une espèce de peplum couvre cette

* Haut, huit palmes un tiers sans la terrasse sept palmes trois quarts.

(i) Silburge à Clément d'Alexandrie ; Paed. il, io ; p. 2o4; rapporte quelques extrails manuscrits;, dans lesquels on lit le passage suivant : rl^<jtei Te ai àjfeipifîô-TXÇ ècpópvp yvTovaç , Ttai (pabecfàai ânùev aitò tqv SfAQP ftpayiova,) tîqX xapftòv nai tovto d^kov aitò

tunique ; il est attache avec deux boutons; enfin tout son habillement est composé avec la simplicité qui convient à une déesse ennemie de l'amour. Une chose remarquable dans notre statue, c'est que Diane n'a pas de ceinture , comme on la voit dans toutes les statues qui la représentent en chasseresse. Cependant son attitude n'exprime pas le repos , comme l'a dit le sénateur Buonarroti en rendant raison de l'habit qui descend jusqu'aux pieds d'unç Diane, dont il était possesseur (i). Son action est celle de lancer une flèche, et nous ne devons pas nous étonner, malgré cela, qu'elle soit sculptée sans être ceinte ; car nous la voyons , sur une monnoie de la famille Hostilia , vêtue d'une tunique longue , talaris , avec un cerf qu'elle a pris , et qu'elle tient avec force de la main droite , par les cornes ; elle a dans l'autre main une lance de chasseur (2). D'ail-

rov ftùJkuiotèpQV âya/l(jLdTG)V êùéyovro §è aï

WTî? <^pó (levai ri? (TtoTl^ vfì àftsipMra , iïopiÇeiv, êiïëi Kaï Aopieîç oi AâdCQVeç* « Elles portaient des tu*» » niques sans manches, qui laissaient le bras nu de- » puis l'e'paule jusqu'à la main ? comme on les voit dans

» les statues anciennes On disait de celles qui por-

» taient de semblables tuniques, qu'elles voulaient Doit rizare y parce que les Spartiates sont Doriens. » La Pallas que nous avons décrite précédemment y est vêtue d'une pareille tunique.

(1) Buonarroti 7 Osservaz. sopra i Medaglioni del Museo Carpegna , Antonino Pio, n. 4> Pa&- 55.

(2) "V. eette monnoie dans le Thesaur. M or eli et dans le Thes, Brandebarg. Begeri7 pag. 557.

leurs il se peut faire que l'expression de notre statue ne soit pas celle d'une chasseresse , mais qu'on ait voulu la représenter lançant des traits ou contre Orion qui veut la tenter , comme dit Horace (i), ou contre les enfans de Niobé , pour venger sa mère. Homère même, dans sa Néciomantie , fait mention de quelque héroïne tuée par ses flèches (2) , et notre statue pouvait avoir anciennement rapport à de semblables aventures.

Rien ne m'a paru mériter autant notre attention dans cette très-élégante figure > que le bandeau qui ceint son front. Winckelmann a observé que ce bandeau est proprement le npifâfivov , credemnum , des Grecs (5), et je pense que l'étymologie même du mot l'indique. otpildEfjbVov , credemnum > n'est , selon Eustathe , autre chose que le 9edp^ç déaa , lien ou bandelette de la tête (4)- Ce nom convient donc parfaitement à des bandelettes, qui non seulement servent à lier les cheveux , mais qui ceignent la tête , et serrent le front. Il se

(1) Horace, Carm., lib. III, ode 4';

* ... et integrae Tentator Orion Dianae Virginea domitus sagilta*

(2) Homère, Odjss. A v. 5a3.

(5) Winckelmann, Monum. ant. ined. , n. 54* (4) V. le mot npri^e^ivov dans le Trésor d'Henri Etienne >* Eugiathe, Jliad. X, 48.

rapporte aussi à la description que Ton donne de l'ancien Credemnum , et principalement k ces deux extrémités , que Ton voit , dans plusieurs statues , pendre sur les épaules, puisque Pénélope, dans les chants d'Homère, s'en sert pour se couvrir les joues et se cacher une partie du visage (i). Mais ce que je ne trouve pas démontré par Winckelmann , et ce que je regarde même comme une erreur, c'est la maxime générale qu'il établit , que Ton doit reconnaître une effigie de Leucothée dans les statues qui portent cet ornement , et cela par la seule raison que Clément d'Alexandrie donne à cette nymphe un Credemnum pour signe distinctif. Le fondement se trouve dans la fiction d'Homère, qui suppose que cette déesse des mers donna à Ulisse , son Credemnum pour le sauver du naufrage auquel il était exposé (2). Il en résulte que l'on avait coutume de représenter Ino ou Leucothée avec une telle coiffure ; mais je ne trouve pas juste la conséquence qu'il n'y eut que cette divinité seule à qui elle appartînt. L'examen des antiques nous offre cette bandelette très-fréquemment sur des têtes d'hommes , même avec la barbe, et qui la plupart sont des compagnons de Bacchus (5\ Sans compter celle de ce dieu

(1) Homère, Odj-ss. A, vers. 554-

(2) Homère, Odyss. E 7 v. 546 et ònò.

(3) On le voit dans notre Musée à une tête de Priape, et à un buste de Baccfous barbu.

même, dont le front en est presque toujours orné (i).

On peut donc regarder le Credemnum comme un ornement bacchique , que Ton a donné à Leucothée comme ayant été la nourrice de ce dieu; mais il ne peut toutefois être pris comme un attribut si particulier à Bacchus, qu'on n'ait pu le donner à tout autre ; car on le yoit couvrir le front de l'Uranie colossale du palais Farnèse ; et ce qui est plus remarquable , on le retrouve à notre Diane. Homère lui-même, qui sert d'autorité à l'opinion de Winckelmann , donne à Andromaque un Credemnum , présent de noces que lui fit Vénus y il le donne à Pénélope , comme nous venons de le dire ; et Colutus , au commencement de son poëme (2), en fait aussi l'ornement des Nymphes du Scarnali dre.

Malgré tout ce que nous venons d'observer, il est vrai que voici, peut-être, la seule statue qui n'appartienne pas à Bacchus , à laquelle 011 voye un semblable ornement de tête ; car les Muses elles-mêmes, ne sont pas étrangères au dieu du vin , à qui une des sommités du Parnasse était consacrée. C'est ce qui rend encore plus singulièrement remarquable notre Diane r

(1) V. Le Génie de Bacchus parmi les bronzes d'Herculanum; pl. V; t. I.

(2) De raptu Helenae , y. a,

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laquelle n'a rien de commun avec ce dieu Thébain. A moins qu'on ne veuille eiltendre par-là que Bacchus en qualité de divinité des campagnes , était aussi une de celles qui présidaient à la chasse. On voit en effet souvent des Faunes préparés à la chasse , ainsi que des Centaures , qui sont de la suite de Bacchus. Narcisse , qui est peint dans un des tableaux d'Herculanum , quoiqu'en chasseur , a aussi une couronne bacchique (i). Je remarque même que Pollux parle d'une parure qu'il donne aux chasseurs, laquelle maintenant ne se trouve que sur les images de Bacchus ou de ses suivans. C'est ce qu'il appelle ècpaittïç^ ephaptis^ qui, selon lui, est un petit manteau , dont ceux qui faisaient au théâtre le rôle de chasseurs, se couvraient la main (2). Ces manteaux , qui le plus souvent ne couvrent qu'une main seule, se voyent seulement à des statues de Bacchus , à quelques bustes de Silène , j'en possède un pareil en bronze , et à d'autres figures qui appartiennent au même sujet (3).

Je me suis étendu avec soin sur cette partie de l'ancien habillement , parce que je ne l'ai pas vue observée par les érudits , dans les monumens qui nous la présentent. Cette réflexion me rappelle une figure , dont, jusqu'à

(1) Pìtt. d9 E r colano 7 tom. V; pl. 28.

(2) Pollux, IV, 1 16.

(3) Bronzi à* Ercolano, lom. I, pl. 7.

présent, on a peu parlé , et qui n'a jamais été expliquée. On voit parmi les bustes d'Herculanum , un Hercule avec un habit de femme , pareil à celui d'une Bacchante , et ayant une couronne. Ce bronze me sert parfaitement pour reconnaître Hercule vêtu en femme , dans la superbe statue de la Trilla Pamfili , que les antiquaires ont appelée un Clodius. Elle représente un jeune homme robuste , qui a des cheveux bouclés , et dont le col a la forme herculéenne ; il est vêtu d'une robe de femme , et sa main se trouve enveloppée dans son manteau. Je ne crois pas me tromper en y voyant Alcide , qui près d'Omphale , ou d'Iole , s'est habillé d'une manière efféminée , dans les fêtes licentieuses des Bacchanales , qui semblent indiquées dans le marbre de la Juillet Pamfili , et dans le bronze de Naples , par la couronne de pampres (i).

(i) Cette statue me paraît plutôt un Hercule jeutié, qu'un Achille à Scyros ? parce qu'elle est tout-a-fait differente de l'Achille que j'ai trouvé dans le palais Borghese 7 que Winckelmann a désigné sous le nom de Mars enchaîné ( Monum, inéd. , pag. 55 ); à qui on voit Une petite bandelette sur le talon droit 7 oii il était resté vulnérable ; parce que sa mère , en le plongeant dans le Stix , le tenait par cette partie du corps ? comme on la* représenté sur le bas-relief circulaire du Capitole ; Museo Capitoliti } t. IV ; pL 1 7 y qui a été expliqué même par Fabbretti. J'ai exprimé d'une manière plus étendue raoa opinion sur cette figure dans une lettre au Prince D. Marc Antoine Borghése ? où je traite de la statue du {JcJeilj ellç fut écrite en 1771.

Enfin si quelqu'un s'attaelie à l'opinion dè Winekelmann , et veut absolument voir une Leucothée , ou quelque personnage qui se rapporte à elle, dans toute figure à laquelle on trouverait le Credemnum qui lui ceint la tête, comme Winckelmann lui-même qui nomme Cadmiis une tête d'homme ainsi décorée (r), on pourrait dire que notre statue n'est pas une Diane , mais qu'elle représente Agave , mère d'Actéon , qui se livrait aussi au plaisir de la chasse , que Lesche (2) a peinte sous la forme d'une chasseuse , et qu'on lui aurait orné le front du Credemnum , parce qu'elle était de la famille de Cadmus , et par cette raison sœur de Leucothée. Je dois dire un mot de la matière de cette statue , qu'on reconnaît pour un marbre blanc grec , formé de différentes couches , et qu'on nomme communément Cipolla. Beaucoup de statues grecques antiques 9 et des plus belles , ont été faites d'un semblable marbre.

(1) C'est ie ncore moins à propos que le même écrivain ( M o n uni . ined. , fig. 85) a reconnu ia -fable de Cadmus tuant le dragon 7 dans un bas-relief du palais Spada ; et <{ui représente la mort d' Archémoros ; décrite très-longuement par Stace, Thebaid. 7 1. V. Hipsipile, la mère, fut prise par lui pour Armonia, épouse de Cadmus 3 et il ne s'appeiçut pas que le personnage tué par le dragon, est «m enfant ; ce qu'il est aisé de distinguer dans i estampe même; tandis qu'Ai cliémoros était fils de Ja- 6on, et que les jeux Neméens furent établis en son bonneur.

(2) Pausan. ; Phocica? ou liy. X; pag. 667.

Observations de U auteur , insérées dans le tome Vil de l'édition de Rome.

Il s'est glissé deux erreurs dans l'explication de cette planche. Nous y avons aussi avancé quelques opinions qu'il faut rectifier. A la page précédente il est parlé d'une peinture de Lesche. La peinture était de Polygnote , et Lesche , qui veut dire grande sale ou vesti* buie, portique, ou le public se promenait, était le nom donné à cet édifice , comme à beaucoup d'autres pareils de l'ancienne Grèce. L'équivoque provient de ce que Pausanias parle dans le même livre d'un Lesche, poëte natif de Lesbos , et un des écrivains du cycle mytique.

Dans la note (i) de la même page Hissipile est indiquée comme étant la mère du petit Archémore , lorsqu'elle n'était que sa nourrice^

L'opinion de Winckelmann sur le Credemnum des Bacchans , que nous avons adoptée avec quelques modifications dans les pages a5i, 2 52 est peu exacte. Le mot 7tpri§sfjivov est générique : il signifie toute espèce de coiffure , ornement* couverture de tête. Cette bandelette que Bacchus et ses suivans portent sur le front est le diadème dont Bacchus passe pour êtrç l'inventeur. A la vérité l'usage de le porter plutôt sur le front qu'au milieu des cheveux, est plus particulier à Bacchus , et aux autres personnages Dionysiaques , mais ce n'est pas

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un motif pour que ce diadème change son nom et prenne celui de Credemnum. Cette innovation que Winckelmann auroit voulu introduire n'est appuyée sur aucune espèce d'autorité des écrivains grecs.

Quant à la tête de Diane , dont le front est orné aussi du diadème bacchique , nous observerons que cette tête antique n'appartient pas à la statue , mais qu'elle y a été placée par le restaurateur qui l'a trouvée convenable et par ses proportions et pour le style ; que beaucoup d'autres statues de Diane parfaitement semblables à celle-ci, et dont la tête fait partie intégrante du buste , offrent un ajustement de tête bien différent , et absolument pareil à celui que l'on voit à d'autres effigies de la déesse. Uva environ i5 ans qu'on découvrit une statue antique semblable, avec sa tête , dans les forêts de Rocca di Papa.

Enfin ce qui a été dit de Y Ephaptis n'est pas non plus très-juste. Il paraît que ce nom indique quelquefois un gant qu'avaient coutume de porter le chasseurs ; d'autrefois il désigne une extrémité postiche que tenaient dans leurs mains les acteurs tragiques , qui se trouvait couverte en partie par les longues manches de l'habit, ce qui servait à donner aux bras une longueur proportionnée avec la hauteur extraordinaire que l'usage du cothurne tragique ajoutait à la stature de l'acteur.

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