‹ Musee Pie-Clementin (volume 3)Chapitre 35 sur 53 · PLAN C H E XXXI L · texte numérisé non relu

PLAN C H E XXXI L

Neptune *.

C'est une chose très-rare parmi les antiquités que cette statue de Neptune : et nous y reconnaissons l'image du Dieu de la mer nonseulement à cet air de tête qui a quelque ressemblance avec la physionomie de Jupiter , sans avoir autant de majesté, ni un aspect aussi serein, à sa nudité qui convient bien au maî-

(1) Dion.; Perieget., v. 887; Callim., Hymn. in Diati. } v. 256.

* Haut, neuf palmes ~ 5 sans la plinthe 8 palmes et deux tiers. Le préfet des Antiquités Tacheta des héritiers du sculpteur Pacilli par les ordres de S. S. Clément XIY; avec l'approbation du S. Pontife régnant, qui était alors grand-trésorier.

tre des eaux, sans être pour cela un signe particulier- mais il se reconnaît principalement au trident qu'il tient de la main gauche , et qu'Eschyle a appelé cr^fieïov Ssov (1). Quoique les pointe^, dont le nomhre a donne l'origine au mot trident, soient modernes, la forme du bois qui n'est pas rond, mais à pans quarrés, et qui par cette raison ne pouvait être un sceptre , détermine ou le trident du dieu de la mer, ou la fourche à deux pointes du dieu des enfers. Mais l'air de tête et la nudité ne pouvant convenir à Pluton (2) , il est évident que cette divinité ne peut être que Neptune* On l'avait pris pour Jupiter, *&% on l'avait restauré comme tel au palais Verospi ; erreur causée par sa ressemblance avec le maître de l'Olympe son frère. Actuellement pour le distinguer on lui a ajouté un dauphin , comme on le voit toujours avec ce poisson , sur les marbres et sur les médailles. On peut admirer combien s'est conservée cette statue , et le grain fin du marbre presque diaphane dont elle a été formée.

(1) Eschyle7 Suppl. , v. 226.

(2) Neptune est représente' tout nu dans une petite statue de bronze d'Herculanuni; tom. VI r pl. Q« Jamais on ne trouve ainsi Pluton sur les monuniens ; et même souvent il est entièrement habille'.

Observations de l'auteur , insérées dans le tome VII de Védit. de Rome.

Dans l'explication de cette statue , nous avons admis comme certain que le sceptre à deux pointes est un attribut que les anciens donnèrent à Pluton. C'est ce que je nie dans le tome II, page 1 , pi 1. Je crois en effet qu'il n'existe de vestige de cet attribut ni dans les écrivains classiques , ni sur les monumens. Il est bon cependant de remarquer que dans les bas-reliefs gravés , tom. II de la Galleria Giustiniani on voit une figure de Pluton qui tient un sceptre à deux pointes , et qui a le Cerbère à ses pieds. Le marbre original que j'ai vu et bien observé dans le palais Rondanini , ne présente qu'un sceptre simple au lieu de cette fourche , qui doit être attribuée à la fantaisie du dessinateur qui l'a fait graver à deux pointes.

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