‹ Musee Pie-Clementin (volume 3)Chapitre 43 sur 53 · P L A N CHE XLI V · texte numérisé non relu

P L A N CHE XLI V

La simpHché et la grâce que les artistes anciens mettaient dans leurs inventions , se retrouve même encore dans les mouumens qui ne sont pas du meilleur style. On en voit la preuve dans la présente statue qui accompagne celle qui vient d'être décrite. Sa position agréable , décente , naturelle a quelque chose d'attrayant Quoique ses cheveux soient entrelassés de feuilles et de grappes de lierre , elle ne se présente pas sous l'aspect d'une Menade enivrée , mais comme la compagne et l'épouse de Bacchus. Nous sommes donc fondés à la regarder comme Ariane déifiée , quoiqu'elle n'ait pas une couronne d'étoiles. Le faire est assez délicat dans ce morceau , et le statuaire , qui ne manquait pas d'habileté , a bien mieux réussi dans l'exécution de la draperie d'Ariane , que dans celle des parties du corps de Bacchus. On doit observer sa tunique à petits plis :

In rugas tunica -pressa suas ( i ) , manière qui faisait partie du luxe adopté par les anciens dans leurs habits. On voit une tuni-

tion citée l'avait reconnue pour une cista mystique } semble aussi ne s'en être pas souvenu dans son histoire de l'art ; où il en a encore parle'.

* Haut, cinq palmes et un quart \ sans la plinthe cinq > palmes. Elle fut trouvée avec la précédente, (t) Ovide , Art. am. , liv. III, v. 444-

que semblable à celle-ci , par les petits plis , sur une belle statue de Bacchante dans la galerie Giustiniani (i). Ces tuniques se peignaient de couleur jaune lorsqu'elles revêtaient les suivans de Bacchus; ce qui les fit nommer Croco* tes. J'ai entendu quelqu'un assurer que notre nom de Cotte vient du nom et des plis de ces tuniques, et cependant il n'y a pas à douter que l'origine 4e nos cottes ne vienne des peuples du Nord.

Page 1