‹ Musee Pie-Clementin (volume 3)Chapitre 49 sur 53 · PLANCHE L · texte numérisé non relu

PLANCHE L

Priape *.

La statue de Priape que nous allons examiner, est aussi curieuse que rare ; quoique chez les payens le culte que l'on rendait à celte divinité obscène , qui était régardée comme le dieu de la génération , fût très répandu , et qu'elle fût adorée non-seulement dans les campagnes et dans les jardins, mais placée au nombre des dieux domestiques appelés Lares (i), et en outre tenue

* Haut, huit palmes moins deux onces ; sept et un tiers sans la plinthe. Cette figure fut trouvée à la tour de Chiaruccia 7 près de Civitavecchia, sur le bord de la mer; dans les ruines de Castronovo.

0) Bronzi d'ErcQÎariOj t. II, pag. 54- (4)

en grande vénération sur le rivage des mers que les anciens , à cause de l'aménité qui embellissait ces lieux, consacraient aux plaisirs les plus licencieux ; quoique , répéterai-je , ce culte fût tres-généra), ses simulacres d'une certaine grandeur sont extrêmement rares , parce que le zèle porta les premiers chrétiens à les abbatre , à les mettre en pièces bien plus que les autres effigies des dieux. Ce Priape fut en effet trouvé sur le bord de la mer thyrrenienne 9 parmi les ruines de l'ancien Castronovo, près de Civitavecchia , dans une fouille entreprise par ordre du Souverain Pontife régnant, pour en retirer des monumens, quoiqu'en très-petit nombre, qui étaient d'un grand prix , et en outre une grande quantité de rares médailles d'or (i). Comme fils

(i) Yoici le détail des monumens trouve's à Castronovo : Thermes d'Aspasia 7 avec le nom grec ; un chien semblable aux deux chiens de Florence et à l'autre jadis des Pighini 7 qui est dans notre Mnsee '? quelques torses ornes de cuirasses , d'un travail excellent ; Thermes sans tête de la muse de l'histoire ; dont nous avons parle' ci-dessus à propos de Clio ; et beaucoup d'inscriptions 7 parmi lesquelles sont les suivantes ; qu'il sera agre'able au lecteur de connaître :

L • ATEIYS MF- CAPtTO

DYOM ■ Y IR • QYINQ

CYRTAM • TABYLARIYM

SCAENARÏYM • SYBSELLARIYM • LOCO

PRIYATO • DE • SYA • PECVNIA • C - C • N • F >

COERAYIT — PORTICYS • CAENACYLA • EX • DE-

DEGVRIONVM • DECRETO • DE — SYA • PECYNIA •

C • C • N • FACIVNDA • COERAVIT • IDEMQYE •

PROBAVIT

âe Bacchus , et suivant quelques écrivains , de Vénus , confondu par les anciens avec le dieu Pan , qui était aussi un symbole de la Nature , il ne pouvait être placé plus convenablement que dans le cortège qui suivait Bacclius , et près du Paniscus que nous avons décrit. Il est aisé de le reconnaître à la grandeur extraordinaire du

c'est-à-dire :

Lucius Ateîus Marci filius Capito Duumvîr Quinquennalis Curiam , Tabularium , Scaenarium , Subsellarium , loco

Privato de sua pecunia civibus Castronovanis faciunda euravit: — Porticus } coenacula , ex Decurionum decreto de Sua pecunia civibus Castronovanis faciunda curavit idemque proba vit.

IMP • CAES ■• P • LICINIO GALLIENO • PIO • FELICI

AVG

COL • IVLIA • CASTRO NOVO ■ DEVOTA NVMINI • MAIESTATIQVE • EIVS D • D

On y trouva encore quelques autres inscriptions ; un dépôt de cent vingt-deux monnoies romaines d'or, depuis Nëron jusqu'à Adrien. Il s'en est trouvé de très-rare parmi-elles à cause des têtes, comme une Julie de TU tus, dix Plotines7 plusieurs Marcianes et Matidie, un^ avec deux têtes, celle d'Adrien d'un côté, celle de Piotine de l'autre, médaille unique 5 en outre beaucoup de revers très-rares, par exemple les fabriques de Tra j an et son triomphe des Parthes. On peut voir les types de quelques-unes de ces médailles à la pl. A VIII, n, *4, *5) A. IX, 16, ll7 18.

Phallus , et aussi à Ja quantité de fruits de toute espèce qu'il porte sur son sein , ce que Phurnute a remarqué comme un attribut de ce dieu et qu'il a appelé pancarpia , Ttayxapxia (i). La tête est ornée d'une couronne de Bacchant , parcè qu'il accompagnait ordinairement Bacchus , son père; ce fut dans une de ces courses qu'il eut une scéne ridicule avec Fane qui portait Silène, et ceci fut l'origine mythologique de la coutume des Payens de lui offrir cet animal, comme victime , dans les sacrifices qu'ils lui offraient.

Il est chaussé avec des cothurnes , comme heaucoup d'images de Bacchans , et son habit est la tunique longue, talaris. La plupart des classiques le dépeignent nu 9 mais Phurnute lui donne un habit de différentes couleurs (2). Les mimes , appelés Itiphales, qui imitaient la figure de ce dieu, étaient aussi revêtus de la ta* laris (5).

(1) Phurnute ou Cornute; De nat> Deor., pag. 204 et suiv. de Tedit. de Gale. <H ^ ev roîç KQhftOiç dvrov vrayxaprtia ( èfifiafoei ) rfyv âaipiÀeiav tov h raiç oîneiaiç Spaiç êvroç rov mÀpv pvo^iévQV nai àvadeinvvybèVQV xapiZQV. « L'abondance des fruits de toute D espèce qu'il a sur son sein ( Priape ) , indique la quan- » tite' de fruits qui germent et s'accroissent , selon les did verses saisons , dans le sein de la terre. »

(2) Phurnute, lieu cite'.

(5) Athénée, XIV, 4; Pag« 622.

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