‹ Musee Pie-Clementin (volume 3)Chapitre 8 sur 53 · PLANCHE VI · texte numérisé non relu

PLANCHE VI

Mercure agoréen *,

Le caducée appelé en grec xapixeiov , ou wvipvKeiori , ou Mjpvma, c'est-à-dire, verge, bâton de héraut , fait assez connaître cette statue de Mercure : elle est la seule dans laquelle se soit

(i) Cabrai e del Re, Ville di Tivoli, p. 104. * Haut; sans la plinthe; sept palmes; sept onces et demie.

conservé cet attribut particulier au messager des Dieux. Il est coiffé du pétase , et il tient sa chlamyde reployée sur son bras gauche , emblème ordinaire qui indique sa vélocité, laquelle lui fit ajouter par les anciens des ailes aux talons (i). Sa verge était d'or, ce qui fit donner à Mercure le surnom de %pvo-oppamç , ou Verge d'or. Elle est appellée verge de la félicité et des richesses par Fauteur de l'hymne Homérique sur ce dieu, et il en décrit les vertus, qui s'étendaient sur beaucoup d'objets, excepté sur la divination (2). Selon Pline les deux serpens qui s'entrelacent autour de la verge, dénotent Efferato rum concordia (3): ou ils font allusion à une fable rapportée par Hygin , et qui signifie la même chose que l'idée de Pline (4). Quoique cette statue ne soit pas un ouvrage grec , on y remarque cependant dans la composition, une noble simplicité* qui fait le mérite de presque tous les ouvrages des anciens. Elle ornait le forum de Préneste , des ruines duquel elle fut tirée; et par cette raison on doit l'appeler Mercure Agoréen , ou Forensis ; c'était le nom que lui donnaient les anciens, quand ses statues étaient placées dans un forum auquel cette divinité présidait, non seu-

(1) Winckeîmann 7 Description de pierres gravées, 1. c.

(2) Homère ? Hjrmn. a Mercure 7 vers 5a6 :

xaï xXovtv iïàaa weixaùûea pafiiïop

(3) Piin. Hist. nat. L. XXIX , chap. 3.

(4) Hygin. Asti on. L. II ? chap. 8.

lement comme dieu de l'éloquence , mais auSwSi en qualité de protecteur du commerce. Nundinarum ac mer cium , commerciorumque mutator ( t)>

La vérification de ce que nous disons , résulte de nos fouilles entreprises par les ordres du S. Père régnant, dans le jardin des Pères Doctrinaires de Palestrine , placé sous les constructions en arcades (2) qui servent actuellement de mur à la ville. Ce lieu est le terre-plein au dessous du mont, et du temple delà fortune Primigenia, qui en décorait le penchant à une certaine hauteur : de sorte que du forum on jouissait de la vue d'une majestueuse perspective 9 disposée avec symétrie et variée par plusieurs ordres de constructions , de portiques et de bâtimens; à- peu-près comme du forum de Rome on jouissait de la vue du Capitole, qui le dominait avec ses édifices et ses temples. Sur ce terrain donc , en outre des colonnes qui ornaient la place publique , et des statues, parmi lesquelles on distinguait un Lucius Verus le jeune, plus grand que le naturel \ une impératrice sous la forme de Vénus ; un

(1) Amob. L. IL

(•i) L'usage des anciens de faire des grandes niches dans les murs ne peut être loue' suffisamment. Elles contribuaient ainsi a la décoration autant qu'à la solidité de leurs constructions , en opposant a la poussée des terres qu'elles soutenaient, les courbes résistantes de tant d'arcades. Il semblerait qu'un style aussi beau et si bien raisonné; auroit dû trouver plus d'imitateurs chez les modernes.

Histrion '7 un groupe d'Esculape et d'Hygie ; notre figure de Mercure iVgoréen , et quelques autres dont ii sera parlé, on y découvrit aussi deux bases d'une grande proportion, chargées d'inscriptions particulières, que nous rapportons ici. Elles démontrent jusqu'à l'évidence que ces ruines appartenaient au forum de Preneste , dont il est question dans une de ces inscriptions: car c'était dans le forum, et non ailleurs, que l'on plaçait les statues de ceux qui avaient bien mérité de la cité (i).

(i) Ces deux inscriptions ont été' publiées par le savant monseig. Foggini dans son ouvrage intitulé : Fasto rum anni Romani a Ver rio Fiacco ordinatorum reliquiae. À la première de ces inscriptions on a ajouté en marge une explication fort curieuse. Nous les transcrivons ici toutes deux plutôt pour la commodité des lecteurs y que par rapport à quelques différences qui s'y trouvent dans V explication. La première inscription appartient a un Postumius Julianus qui vivait dans le quatrième siècle de l'ère chretien-j ne. Il avait laissé à la colonie Pre'nestine une de ses possessions, appellée F \dgerila , dont le produit devait servir à célébrer annuellement sa mémoire ; et à lui élever dans le forum de Préneste uue statue ? sur la base de laquelle; serait gravée cette partie de son testament. Voici l'inscription :

IVLÏANI y

POSTUMIQ • IVLIANO • G • M . Y . OB • MERITUM AMOREM - RELIGI — ONEM • QUAM • ERGA . CIBES YNIVERSVS • ABERE • SATLS • DIG — NATVS EST • QYIQV.E • TESTAMENTO • STO- MEMOR — .

HONORIFICIENTŒ E • MEMORI JE • RETL — NES

TESTAMENTOQVE SA . GVI • YOCABVLYM — EST

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