PLANCHE VII
Mercure dit l'Antinous du Belvedere *.
Voici la première fois que cette belle statue est présentée au public sous une autre dénomi-
FULGERITAM • TER • • • • NESTINO • NOBIS • VNI — VERSIS • CIBIBUS • QVOS • MAGNA • ADFECTIONE DI — LIGEBAT • RELIQVIT • CVIQVE • OB • EADEM CONTEMPLA — TIONE • DIGNISSIMO » PATRONO CVIVS • OMNES • REQVI — MVS • DEFENSIONEM ET • VIND1CIVM • STATVAM • PROMP — TO • ANIMO ERIGENDAM • CENSVIMVS • ADQ • OB • NIMIO AMORE . CIVICO • SECVNDVM • IN • ANNO • VEL AMPLIVS — VNIVERSI . CIVES • PRvE • AEPVLVM CELEBRAT VRI • EXPL • TESM • PARTIS — POS IVLIANVS • V . C • SANVS • SALBVS • SANA • QVOQVE MENTE • IN — TEGROQVE • CONSILIO • MEMOR CONDICIONIS • OMANE • TESTA MENT VM — FECI INTER • CETERA • CIVIBVS • DAR1 • BOLO • EX — MASSA • PRiE • KASAM • CVI • VOCABVLVM . EST FVLGERITA — REGIONE • CANP • TERR • PRiE • ITAVT AD • MEMORIAM — MEAM • PER • SINGVLOS • ANNOS SINE . DVBIO . COL AN T — SPIRÏTVM • MEVM ITA TAM • VT • COLLOCENT • STATVAM. • NOM IN — MEI • IN • FORO • ET • HOC • IPSV • EXPL • TESTAM ASCRIBANT • IBI • ET • NON — HABT • POTEST DEXTRiENDI-NISIQVADO • ALIEN ARI • BOLVERINT
FISCVS . POSS1DEAT DEFVNTVS • XVI • KAL • BEC D • N • ARCADIO • AVG • ET • BAVTONI V • C • CONSS DD • DIE • IV • NONAS MAR • COSS • SS
* Haut., sans la plinthe, neuf palmes moins une once avec la plinthe , dix palmes et demie.
nation que celle qui lui fut donnée pendant près de deux siècles, par une foule de vulgaires érudits
Savoir : Juliani viri dar Issimi, Postumio J aliano clarissimae memoriae viro oh méritant amorem et religîonem 7 quant erga cives universos habere satis dignatus est , quique te-* stamento suo memor honorificientiae nôstrae , memoriae retinens (sic) testamentoqae suo Kasam 7 cui vocabulum est Fulgerita in territorio Praenestino nebis universis civibus P quos magna adfectione diligebat , reliquit; cuique ab eandem contemplatone m dignissimo patrono 7 cuius omnes requisìvimus defensionem et vindicium ; statuam prompto animo erigenda?!! censuimus, ad quam ob nimium amorem civium secundum in anno vel amplius universi cives Praenestini aepulom celebratici sumus. Exemplar testamenti partis. Po* stumius Julianus vir clarissimus sanus 7 salvus 7 sana quoque mente 9 integroque Consilio , memor conditionis humanae testamentum feci , inter cetera civibus Praenestùiis omnibus dari volo ex massa Praenestina Kasam, cui vocabulum est Fulgerita regionis campestris territorii Praenestini , ita ut ad memoriam meam } per singulos annos sine dubio colant spiritum meum 7 ita tamen ut collocent statuam nominis mei in Foro , et hoc ipsum exemplar testamenti ascribant tibi , et non habeant potestatem dis trahe ndi 7 nisi (sic) quando alienari voluerit Fiscu possideant.
Sur la face à droite on lisait Defunctus VI kalendas decembris 7 domino nostro Arcadio Augusto 7 et Bautone viro clarissimo Consulibus. Dedicata die quarta nonas manias 7 Consulibus soprascriptis. *=; Tau de l'ère vulgaire 385.
Kasam. Le mot Maison ne désigne pas ici les bâlimens de Ja métairie seulement, mais la métairie entière. Cette signification se trouve dans S. Paulin ; ép. 21.
Fulgerita pour Fulgurita 7 comme on lit sur des médailles Fulgerator pour Fulgurator. On appelait ainsi des lieux frappés par la foudre, et cette domination devenais
So
et de professeurs. Les plus éclairés dans ces deux classes, s'étaient déjà apperçu que les effigies certaines de ce fameux Bythinien démentaient, au lieu de l'appuyer, cette commune opinion. Mais d'accord une fois sur ce point , ils restaient encore partagés de sentimens sur la nouvelle dénomination qu'il fallait lui donner. Quelques-uns croyaient y voir un Thésée ; d'autres un Hercule adolescent (i) ; et le plus grand nombre voulait
sinonyme de Bidental. Bigoe, prophe'fesse Etrusque, avait e'crit un livre de Fulgeritis. Serv. JFm. Liv. "VI, v. 72.
Ob. Le sens de l'inscription paraît plus clair en prenant ob pour la particule , plutôt que comme une abbre'viation du mot obilum.
Massa est la même chose que le patrimoine de Julianus à Pie'neste. C'est ainsi que l'exprime le glossaire grec et latin.
L'autre inscription qui suit, ne predente aucune difficulté'.
BASSI AN1CIO • iVCHENIp BASSO • V • C . PKOCONS CAMP • PROVISORI • EIVS DEM • PROVINCIE • RES
TITVTORt ■ GENERIS ANICIORVM • OB • MERITA EIVS • INLVSTRIA ORDO • POPVLVSQVE • CIVITA TIS • PRjENESTlNiE • PON • CENS Bassi Anicio Auchenio Basso viro alarissimo , Proconsuti Campaniae provisori eiusdem provînciae , restitutori generis Aniciorum , oh merita eius illustria ordo populusque civitatis Praenestinae ponendum censuit.
(1) Ce'tait l'opinion du chev. Mengs.
que ce fut un Méléagre (i). Si Ton trouve eu effet dans notre statue la grâce ingénue de la physionomie de Thésée (2) , elle n'a pas cependant la forme des traits sous lesquels ce héros est représenté dans quelques monumens antiques (3), ni l'ornement qu'il avait sur la tête ^4) où nous lui voyons, presque partout, une bandelette : enfin elle n'a pas sa chevelure; car dans aucune figure connue de Thésée on ne lui voit des cheveux crépus (5).
Si elle a de l'Hercule une certaine force dans les muscles, qui se fait appercevoir sous la rondeur des formes de la jeunesse ; elle n'a pas non plus la peau de lion 3 ni la grosseur du cou , ni la petite proportion de la tête, ni en un mot, la physionomie bien connue d'Hercule ; celle de notre statue ayant un caractère plus divin. Mais l'opinion qui veut en faire un TMéléagre , bien
(1) Winckelmann ; Hist. de l'art. ; liv. XH; ch. \9 tome II , pag. 006.
(2) Pausati, in Attic* } chap. 19.
(3) La pierre gravée Etrusque avec son nom, dans Winckelmann, Monum. ined. , fig. 101.
Le bas-relief de la reconnaissance de The'se'e dans la Villa Albani , id. fig. 96.
Les deux peintures d' Herculanum 1 de son combat contre le Centaure Euritée ; et de la Victoire sur le Minotaure. Pùt. Ercol. tome I , plan. II ; ch. 5.
(4) WinckeluKuin, au lieu déjà. cite'? fig. 96, peintures d* Herculanum , tome I, plan. IL
(5) Canini. Images des Héros 7 plan. Ij outre les monumens ci dessus, cile's.
Musée Pie- Clé ni. Vói I. 6
qu'elle soit la plus générale , est encore la moins probable de toutes , et n'a, peut-être, pas d'autre fondement qu'une très-légère ressemblance d'attitude avec la célèbre slatue de ce héros, que Ton conserve dans le Musée. Les traits du visage absolument différens de ceux que l'on connaît au Méléagre , ceux de la statue dont nous parlons étant beaucoup plus nobles $ le mouvement des membres plus robuste, et pour ainsi dire, athlétique, qu'on ne retrouve pas dans le Méléagre, l'inclinaison même de cette tête si gracieuse, qui semble ici indiquer un dieu disposé favorablement pour entendre les prières des mortels» tout cela ne convient pas à Méléagre ; et ce qul achève de le démontrer, c'est l'absence des attributs qui caractérisent le vainqueur du Sanglier de Calydonie , quoiqu'à la vérité , on pourrai* croire qu'ils manquent dans cette figure mutilée. Mais on ne les trouve dans aucune des copies antiques, ou dans les répétitions qui ont été faites de cette statue , qui se voient à Rome et ailleurs, et sur lesquelles on n'apperçoit aucune trace qui puisse faire croire que ces attributs y aient existé autrefois. Quant à moi, je n'ai jamais douté que ce morceau, l'un des plus beaux que nous ayons de la religion et des arts des anciens , ne soit un Mercure. C'est à lui que convient cette chevelure agréablement crépue : disons plutôt > qu'elle est un caractère ab3olument particulier à ce dieu (i). C'est à lui que conviennent, suivant
(i) Apulée, jipolog. la capite crespatus capillus*
k description qu'en a fait Galien , l'air gracieux de la figure, le regard doucement pénétrant (i), cette complexion pleine de vigueur des membres, qui fait connaître le père ou l'inventeur de la Palestre (2). C'est à lui enfin que convient principalement , d'après les observations des antiquaires , le manteau ramassé sur le bras , symbole de sa promptitude à remplir les nombreux et les différens offices dont il était chargé (3). On ne lui voit pas, il est vrai, non plus les attributs communément donnés à Mercure, savoir les allés et le pétase , les ailes aux talons , le caducée et la bourse. Mais ils ne sont pas cependant si indispensables à ce dieu, qu'on ne trouve beaucoup de ses statues à laquelle manque un de ces attributs, et même plusieurs. Et d'ailleurs, ne pourrait-on pas penser qu'ils ne convenaient pas à la destination de celle-ci (4) > n'y ayant aucun signe
(1) Galien. HpoTpett7iKÔç. lSeavi(rxoç ecrviv ôpaïoç
2,oç , àûX9 èvSvç oarè avpe^Kpahe^at %riv rtfç ipv^tfç apSTfiv dï avrv ècrri M (paifîpoç (jlev tàç ovpetç , $édopxs $e dpifjbò.
Mercure est un beau jeune-homme qui ria rien d'éfféminé, dont U extérieur au contraire, annonce la force de Vâme: Ses yeux sont sereins , mais ses regards sont pénétrans.
(a) Diodore, Liv. V. Horace L. I, od. X, v. 2. Philostrate représente la Palestre comme une vierge fille de Mercure.
(3) Vmckelmann. Cabinet de Stosch 7 pag. 88, n.° 377,
(4) Paus* Eliac. I, çhap. 14.
qui caractérise le Mercure Enagonius, que Ton faisait présider à la Palestre et aux jeux athlétiques, et qui pouvait être le sujet de cette figure (i)? Peutêtre même anciennement existait-il d'autre attribut, comme le caducée; ce qui reste incertain par la privation des mains dans ce monument Que diraije de plus pour arriver de ces conjectures jusqu'à la démonstration? Faut-il faire voir une copie antique de cette statue , à laquelle se trouvent tous les attributs non équivoques de Mercure? Elle est dans la galerie Farnèse , sous les yeux du public ,
(1) On ne reconnaît pas mieux ailleurs les formes alhlétiques de Mercure que dans un hermès de la Villa Albani^ qui pourrait être pris pour un Hercule jeune ? si on ne lisait pas sur sa poitrine EPMHN 7 Mercure. Ce rare morceau est enrichi de plusieurs épigrammes grecques et latines appliquées à Mercure, lesquelles indiquent qu'il était le Mercure Propilée , ou gardien des maisons de Dallius : elles rappellent aussi ses différentes fonctions. Je les place ici telles qu'on les voit avec les passages qui sont perdus.
EPMH2
APTICTON EPMHN EICA0 EPMHC AATTIÛl
... 01 KAI TENOC <DIAOÏC0AMA . . . EICOEP& EPMH A En AAEIDA XECOMAI #ÏAATTOMEN& . AOMATA AATTIAAGN
Mercurius
Perfectiosissimum Mercurium aspicit. Mercurius Dultos . • . . ( CuslodiensJ ei . . . et slirpum et amnius simul ♦ •f Oblationus ex. gr.J...inferam libera tiones Mercurium fundum
Qui custodii domus Dettiadarum.
qui n'y verra pas sans une agréable surprise l'Antinous du Belvédère, avec des ailes aux talons et le caducée à la main. Une partie de ces symboles est incontestablement antique, et le restaurateur n'a fait que les terminer. Voilà donc le sujet de la statue du Vatican éclairci, le voilà établi avec certitude, surtout si on ajoute au poids qu'ont toutes nos conjectures, celui non moins important de la confrontation , moyen reconnu par les savans érudits , comme le plus sûr pour résoudre de semblables difficultés.
Si l'on était curieux de savoir d'où notre Mercure a tiré la fausse dénomination si communément adoptée, je pourrais répondre, que le gracieux de la figure , et la chevelure crépue donnèrent l'idée d'une ressemblance qui a disparu devant l'observation, mieux réfléchie, des portraits authentiques d'Antinous. On peut encore trouver un autre fondement à celte erreur de désignation y dans le nom ày Adrianello que l'on donnait du tems de Nardini , à l'endroit de l'Esquilin, où ce beau marbre fut découvert, et que cet
sur un côte
INTERPRES DÏVVM COEL1 TERRiEQ • MEATOR SERMONEM DOCVI MORT AXES ATQVE PALÎESTRAM
ATQ • TERREE
* SERMONIS DATOR ATQ • SOMMORUM .
IOVIS NVNTIUS ET PRECUM MIN ISTE R LVCRl REPERTOR ATQVE - SERMONIS DATOR INFANS (sic) PAUEST11AM PROT01II CVLIENVS
auteur supposa avoir pu provenir d'un édifice qu'Adrien fit ajouter aux thermes de Titus (i) qui étaient près de-là: comme si une statue trouvée sous les ruines d'un édifice fondé par cet empereur, ne pouvait être que celle de son favori.
Paul III (2) la regarda comme étant digne de figurer dans le jardin du Belvédère à côté du^Laocoon et de l'Apollon : et ce jugement a été confirmé par les âges suivans. Il n'y a pas en effet d'ouvrage de sculpture dans lequel on trouve l'expression des chairs plus parfaitement rendue , expression très-difficile à exécuter, sur un nud où brille la jeunesse avec des formes aussi nobles. La tête ne le cède ni par la beauté du dessin, ni par son exécution, à aucune autre tête qui ait été sculptée ; on y voit régner un air si tranquille , en même tems si divin , qu'on ne peut la regarder sans admiration. Aucune autre statue ne nous montre , comme celle-ci , la force jointe à tant d'élégance \ on assurera sans peine qu'aucune n'à été conçue et exécutée avec plus de hardiesse , si on examine le mouvement ondoyant du corps, ses flancs relevés, le contour des jambes, et jusqu'à la fine articulation des
(1) Nardini. Descrizione di Roma antica, 1. Ili, c. 10.
(a) Nous suivons en cela le Mercati {Melalloth Vat. voi. arni. X Antinous) plutôt que Nardini qui nomme Leon X (lieu cité), puisque Vasari parlant dans la vie du Bramante des statues qui furent placées au Belvedere par Jules et Léon, ne dit pas un mot de celle d'Antinous. Mercati prétend que cette statue fut trouvée près du mô!e Adrien-
pieds. 11 est vrai que plusieurs connaisseurs trouvent des défauts dans les jambes ; mais ces défauts ne peuvent provenir que de la réunion faile dans des tems modernes, des morceaux antiques, et qu'on n'a pas exécutée avec assez de soin. Le rapport qu'ont entr'elles toutes les parties de cette figure est si admirable , que le Poussin , très-habile juge dans ce cas, n'a pas choisi d'autre modèle pour rechercher les belles proportions de la figure humaine (i). Le nombre des copies antiques qui se sont conservées, nous donne encore une plus grande idée du mérite de l'original , et il n'y a pas de doute que ce ne soit notre marbre du Vatican , ce qui est absolument prouvé par la noble franchise de son exécution. Parmi les diverses copies qui existent , deux furent découvertes sous la voie Appienne , dans la propriété appellée Colombaro , où était peut-être la Villa de l'empereur Gallien. Il y en avait trois autres à la Villa Mattei (2) , en outre de celle du palais Farnèse. Une petite copie en bronze , qui a été trouvée dans les fouilles .d'Herculanum, fut publiée par le comte de Caylus (5). On ne doit pas toutefois mettre au nombre des copies qui en ont été faites, la statue en bronze de Salzbourg , malgré ce qu'on affirme dans l'Histoire de l'art (4). C'est un de ces légers défauts qui
(1) Beiloni. Vite de9 Pittori. Pussino,
(2) Monum. Matthaeìana ; toni. I, tab. LXXXVtlf.
i (5) Caylus. Recueil, etc., tome l, plan. LXVIH; N. C.
(4) Winekelmann. Hist. de L'an, l. Vili ; ch. 4 ; où il en rappelle uûç semblable a Àranjuea.
ne font rien perdre au mérite bien reconnu de cet ouvrage classique. On peut s'assurer de la différence qui existe entre ces deux figures , par celle de Salzbourg, que l'on voit dans le Gruter (i). A la vérité, on y dit qu'elle représente l'image d'Antinous telle qu'elle est dans le Vatican. Ce sera cette assertion d'une prétendue ressemblance, qui aura trompé Vinckelmann , avant d'avoir vu l'original. Il me reste à faire observer que le pourtour de la base antique , dans laquelle est encaissé le plan sur lequel pose la statue, est marqué de coups de ciseau, ce qui indiquerait que cette base fut autrefois revêtue de quelque matière plus précieuse.
Observations de V Auteur.
J'avais oublie de faire remarquer le tronc de palmier qui soutient notre statue. J'en ai parlé cependant à propos de Mercure, dans le tomç III ( planche XLI ), et j'ai fait l'observation que le palmier convenait à ce dieu , qui se servit des feuilles de cet arbre pour graver les lettres dont il fut l'inventeur.
Dans la collection de Dolce (Federigo Dolce , Ducento gemme , n.° 34) on trouve une pierre gravée, antique, d'un excellent travail, représentant Mercure avec ses attributs; elle est évidemment copiée d'après la statue que nous exami-
(i) Gruler, p. 989 } u. 3.
wons , et on y voit aussi le tronc de palmier sur lequel elle est soutenue.
M. Zoega^ dans son excellent ouvrage sur les bas-reliefs antiques de Rome, pag. 16, parait approuver les conjectures qui m'ont déterminé à regarder cette statue comme un Mercure. Cependant, dans la note 3o, il exprime en même tems quelques doutes qui lui font suspendre son jugement. Il est surpris, dit-il, de voir Les chevilles des jambes estropiées dans le fils agile de Maja. « AlV agile figlio di Maja le cavicchie storpie (vuol dir i malleoli) « et il avait hazardé une fois de dire qu'il soupçonnait, que la statue représentait un Oedipe. Les malléoles de cette belle figure ne semblent estropiées , que par le peu de soin du sculpteur qui a été chargé de réunir toutes les parties du marbre. La partie supérieure de la jambe ne se trouva plus correspondre avec l'inférieure , lorsqu'il eut rattaché la cuisse droite qui était rompue. Pour y remédier, sans défaire sa restauration, ce barbare artiste employa un moyen inexcusable autant qu'irréparable, il râpa la jambe dans son contour extérieur, et il en fit autant à la malléole interne , jusqu'à ce que les parties rassemblées se continuassent sans interruption.