D I A N E ET E N D Y M I O N
La fable représentée sur ce sarcopjiage est si connue , et la manière dont elle est exprimée , si conforme à celle que l’on remarque sur beaucoup de bas-reliefs antiques qu’il
de s’appuyer et se tenir élevé sur le coude du bras gauche j à quoi Horace fait allusion , I , od. XXVII 7 V. 8 , en disant
Cubilo rémanente presso .
(1) Nous pouvons croire d’après Horace, sat. I, 1. II, V. 73 , que les convives étaient sans ceinture à table Ferrarlo, De re vestiaria , liv. I, ch. XXX et XXXI nous prouve que la sjntesis était un petit manteau \ on le voit aussi dans les peintures d’Herculanuni , toni. I , pi. XIV.
* Longueur plus de neuf palmes, trois quarts j hauteur deux palmes , une once. Feu le cardinal Casali en fit présent au Souverain Pontife.
(2) Celui qui a été gravé par Sandrart, et qui est inséré dans le tome I des antiquités grecques de Gronovius , folio O ; celui de la galerie Giustiniani tom. II, n. iioj celui de la ville Borghese au-bas de la façade du palais , à la droite du spectateur j enfin les deux du Musée Çapitolin , tom. IV , ,pl. XXIV
n’est pas besoin d’une longue dissertation pour la faire connaître à nos lecteurs. Alors je ne m’étendrai que sur quelques particularités, lorsqu’elles auront été l’objet d’une différence d’opinion parmi de savans commentateurs.
Le sommeil continuel auquel était condamné (i) Endymion sur le mont Latmos, pendant lequel la Lune pouvait le contempler tout à son aise, est exprimé de la façon la plus poétique , en même-temps la plus vraie , parce que le héros est représenté endormi dans les bras du Sommeil lui-même. Le vieillard barbu, sur le sein duquel repose Endymion, est le Dieu du sommeil (2), que l’on voit, sur d’autres monumens , caractérisé par des attributs en plus grand nombre que dans le nôtre (3),
et XXIX , tous sont à-peu-près semblables. Celui de la planche XXIV est fort ressemblant au nôtre, excepté qu’il y a moins de figures.
(1) Les scoliasles de Théocrite , Id. III , et d’Apollonius, Argon., FV , au commencement, parlent Irès-au long du sommeil perpe'tuel d’Endymion d’après The'ocrite, Id. III, v. 49, ? Cicéron, TusçuL , I, 38:j Pausan., EL I, I. On peut consulter à ce sujet, comme sur toute la fable, outre Natale Conti, les notes des Académiciens d’Herculanura à la pi. III du tome III des Peintures»
(2) Winçkelmann, Monum . inéd, , n. lia, pag. 1 47 ? l’appelle Morphée ; mais vraiment le Sommeil, T ttVOÇy est une divinité autre que Morphée $ U préside aux songes , d’où il a tire' son nom.
(5) En outre des ailes de papillon qu’il a aux épau-
ï-Sa
et dans un semblable qui est au Capitole , où il est assez bien distingué par des ailes de papillon aux épaules (i), symbole ingénieux du 'vol léger de ce Dieu paisible , qui , lorsqu’il vient près des mortels, s’approche d’eux insensiblement, tout comme il s’en éloigne (2). Telle image bien loin d’être, pour ainsi dire, une métaphore simple , fait aussi allusion a un trait de mythologie, que l’on remarque peu. Le Sommeil était le rival de la Lune , et Licimnius, poète de Scio, a dit que ce Dieu, ne
lés, on lui en voit ordinairement d'autres petites au front. V. Winckelmann , J. c., et notre tornei, pi. XXIX. Parmi le nombre des images du Sommeil qui méritent le plus d'attention, il y en a une sculptée sur un cippe de notre Musée ayant des ailes aux épaules et aux tempes, des pavots dans une main, et dans l'autre une corne , d'où sort une vapeur somnifère. Elle sera expliquée à son temps.
(1) On a tout-à-fait omis les ailes sur notre bas-relief; elles sont altérées dans le dessin du même sur celui du Capitole ( tom. IV, pi. XXIV), ou elles ressemblent à celles de l'aigle. Ceux qui voudront se donner la peine d'examiner les monuraens originaux , y trouveront sur l'un et l'autre la figure du Sommeil avec les ailes de papillon, quoique grossièrement exprimées.
(2) Conformément à celte idée , Callimaque , Bjmn.
in Delum , v. 255, donne au Sommeil %T£pôvf
Ce qui n'équivaut pas , comme le croyent les commentateurs, à aile arrosée (T oubli f mais plutôt h. aile furtive % ce qui s’approche davantage , sans qu'on entende le thombe , comme 2 OrfSàyei ütpo ülTütdpbe VOV , fallit ab -votons^
pouvant se lasser d’admirer les beaux yeux d’Endymion , ne lui permettait pas de les fermer même en dormant (i)»
Enfin le sommeil d’Endymion est exprimé encore dans la disposition de ses membres» Il est couché* comme le décrit Lucien (2)* avec un bras placé sous sa tête ; attitude que les anciens adoptèrent pour indiquer le repos. Il est presque nu, enveloppé seulement d’un manteau, lequel* dans sa statue à Olimpia, était, peut-être, d’or (5).
Sur le fond du bas-relief, un peu au-dessus de la figure d’Endymion , on voit une Nayade couchée, s’appuyant sur une urne; elle semble
(ï) Athénée, XIH , 2. Les artistes ont jugé convénable de ne pas suivre en cela la fable , parce que c'est une de ces images qui peuvent convenir ala poesie, et n’être pas propres aux arts du dessin» Les savans qui ont expliqué les pierres gravées du cabinet d’Orléans , ont fait en ce genre des réflexions judicieuses qui traitent de cette différence ( tom. I, pl. o4 ) • et en effet toutes les figures d’Endymion ont les yeux fermés, parce qu’ün poète peut bien dire qu’un homme dort ayant les yeux ouverts , mais le peintre et le sculpteur ne peuvent exprimer le Sommeil qu’en fermant les yeux de la personne endormie. C’est donc mal à propos qu’on a élevé des doutes sur l’explication que j’ai faite de la belle statue d’Endymion , que possède le roi de Suede, tom. II, pag. 210, n. (3), parce que Endymion dort , comme il est sur tous les autres monumens , les yeux fermés.
(2) Lucien , Dial. Deor. Venus et Luna*
(5) Pausan., EL u , ch. xx.
observer en silence tout ce que dérobe k cet amant la divinité qui éclaire les cieux pendant la nuit (i).
Souvent ces figures sont ajoutées dans un sujet pareil , pour représenter les bocages et les roches du Latmos , montagne de la Carie , devenue célèbre par les amours de la Lune. La figure de la montagne même est représentée sur le bas-relief Capitolin , sous la forme d’un jeune garçon couché. L’interprète de ce monument la prend comme une seconde image d’Endymion représenté immortel. Mais lorsqu’on voit «ur d’autres bas-reliefs, qui représentent le même sujet, des divinités locales, comme les Nayades, les Oréades , sculptées dans cette situation et dans la même attitude , je crois trouver une analogie beaucoup plus probable avec mon opinion, surtout sachant que la mythologie grecque avait personnifié les montagnes, de même
(i) Les poètes ont coutume de s'égayer sur la faiblesse de la plus chaste de toutes les Déesses -, il faut justifier enfin la mythologie grecque sur cette contradictioiit Chez les Grecs on n’appelle jamais l’amante d’Endymion Aptsfiiç, Diana , mais toujours 'ZeXriVYi , Lima. Or , selon la théologie d’Hésiode , le Soleil et la Lune, fils d’Hypérion et de Théa , sont des divinités différentes qu’ Apollon et Diane, fils de Jupiter et de Latone. Il est vrai que par la suite on chargea Apollon et Diane de présider aux deux yeux du ciel , et alors on confondit ces divinités.
que les fleuves, les fontaines et les forêts (i). La Lune cependant,
.... sub Latmia saxa relegans Dulcis amor gjro devocat aerio (2),
suivant les pas de l’Amour qui l’entraîne , et qui lui découvre le cliemin avec son flambeau, s’approche en silence de son amant assoupi. L’ornement qu’elle a sur la tête la fait reconnaître pour la sœur du Soleil, et son manteau, voltigeant , était ordinairement admis dans les images des divinités aériennes et marines. Elle
(1) Le mont Caucase est représenté sous la figure d’un vieillard sur un sarcophage du Musée Capitolin , t. IV, pi. XXV, et publie' aussi dans Y Admiranda, pi. LXXXT. Il a dans la main droite un sapin , et dans la gauche un grand serpent, symbole du Genius locù l’interprète , suivant Bellori , l’appelle Atlas. Le mont Tmolus est représente' par un homme barbu, couronne' de pampres, sur les me'dailles de Sardi: Fabri , ad imag . Fulvii Or sini , pl. 145. lie mont Athos lui-même devait être taillé, selon le dessin de Dinocrate, en forme d’un colosse, sur la main gauche duquel serait e'tabli une ville ve'ritable, et dans l’autre main il eût eu une patère , qui ayant rassemble' toutes les eaux du mont, les eût versées dans un fleuve (Vitruve, II, praef. ). Cette montagne, ainsi que le Rhodope, se voyent représentés sous la forme humaine dans des médailles grecques, publiées par Gronovius , Antìq . Graece , tome 1, fol. E , F. Sur le second bas-relief Capitolin, tom. IV, pi. XXIX, au lieu de la figure couchée qui est sans barbe, il y en a une assise et qui a de la barbe.
. ;:>•} Câtulh , de Coma Berenice? } y. 5.
a laissé son char d‘or, qui, selon Pindare (i), est tiré par deux seuls chevaux (2). Les Amours les gardent, tout en se retournant, pour examiner, mystérieusement et avec curiosité, la Déesse^ une des Heures est auprès d’eux. Celle-ci est une jeune fille ailée, dont la tunique est relevée ; elle tient une verge, pareille à celle dont se servaient les anciens hérauts (3). Un
(1) II l’appelle la Lune \pvjdpfJbaroç , Olymp. , od.m, str. 2 , vers. 8.
(2) Valerius Flaccus , Argon . 11 , v. 2g5 , donne à la Lune un char attelé de deux chevaux. On le voit de même dans la plus grande partie des monuraens , comme dans les bas-reliefs de l’arc de Constantin , sur un autre au palais Barberin j enfin dans tous ceux qui représentent la même fable dont nous parions. La Lune n’avait qu’un cheval dans le bas-relief de la base de Jupiter Olympien (Pausan. , El. i, c. n): d’autres lui donnaient des mules (Pausan., ivi): et depuis les écrivains et les artistes lui substituèrent des boeufs au lieu de chevaux , c’est ce que nous prouve le bas-relief de la fable d’Endymion , placé dans le cloître de S. Paul , et la médaille dés Tralliens, malgré que les commentateurs des pierres gravées du cabinet d’Orléans qui la rapportent, t. 1 , pag. 68, ayent donné le nom de Cérès à la Déesse qui conduit le char tiré par deux bœufs , parce que les deux flambeaux qu’elle tient, et qui sont également propres à Diane Lucifere, les ont induit en erreur.
(3) Iris a une verge pareille , comme messagère des Dieux, sur une patère fort curieuse, citée par Dempster, Etruria Reg., tome 1, pl. n; j’en donnerai unte nouvelle explication dans les notes de la pi. XXXVIII de c te même volume. On en voit de pareilles à des hérauts grecs sur un bas-relief de notre Musée qui sera publié
berger, endormi, remplit le reste du fond, et deux Génies de la Mort, appuyés sur leurs flambeaux éteints, terminent cet espace. Les cotés sont ornés de bergers qui se reposent, ayant leurs chiens à leurs pieds , et des agneaux sont couchés à l’ombre de grands pins, sur des roches de la montagne. Tout cela indique quEndymion ne menait pas la vie d’un chasseur sur le Latmos , mais bien une vie pastorale , selon l’inventeur de cette composition (i).
Je ne dois pas omettre cependant de faire remarquer la porte que l’on voit à l’extrémité du bas-relief Capitolin , parce que je ne croîs pas qu’on en ait encore donné l’explication. L’opinion qu*a le célèbre interprète, déjà tant de fois cité, de ce monument, que cette porte
à sa place. 'LKìjjtrpov et K ripvnüov était appelé par les Grecs le sceptre des hérauts. L’Heure tient cette verge en qualité d’avant-courière de la Lune.
(i) Les anciens ne sont pas plus d’accord sur Eudymion que sur Ganimède. Les uns en font un berger, les autres un chasseur. Cependant la plus grande partie des sarcophages le représentent comme berger; la statue qui est en Suede et le grand bas-relief Capitolin {Mus. Capii. P tome iv, pl. lui) sous la forme d’un chasseur. Le sarcophage du meme Musée (tome ir , pl. xxix) paraît lui attribuer en meme-temps des occupations de berger et de chasseur. Voyez là-dc*,ius , et sur les autres particularités de cette fable, tout ce qu’ont recueilli, avec une tres-vaste érudition, les Acade'miciens d’Herculanum, dan», ìe tome m> pl. m des Peintures.
est celie de l’antre de Latinos, ne peut eu rien me satisfaire, et je crois que si cet écrivain ne s’en était pas rapporté seulement au dessin, il n’aurait pas eu la pensée de proposer cette opinion, puisque la porte dans l’original est décorée dans le genre des arcs de triomphe: dans les angles de l’arc sont sculptées des Victoires, et les pilastres latéraux sont enrichis d’une suite d’ornemens sculptés. Ce n’est pas ainsi qu’est l’entrée d’une caverne. De plus, on ne peut pas regarder comme insignifiante une partie du bas-relief, qui a été travaillée avec tant de soins. En faisant des recherches pour l’expliquer, il me paraîtrait qu’on serait fondé à croire que c’est une des portes du ciel, par lesquelles les anciens croyaient voir le passage de ce monde au séjour immortel ; ayant assigné h l'une des portes l’usage de servir de descente du ciel sur la terre , et à l’autre l’entrée dans le ciel en abandonnant le monde. Et comme ils plaçaient ces portes dans les deux solstices, savoir, la première dans l’Ecrevisse , la seconde dans le Capricorne , celle qui est représentée sur le bas-relief sera la porte céleste du Cancer, par laquelle passent les âmes qui sortent du sein de l’immortalité pour animer des corps terrestres , et qu’alors les Dieux daignent converser avec les mortels (t). L’image du Cancer, que Ton voit
(i) Macrobe ? in somn. Scifionis, T;chap.xii. : lias Salis
sur d’autres bas-reliefs, qui représentent la fable d’Endymion, sculpté en haut près de la Lune (i), ajoute une plus grande probabilité et presque l’évidence à mes réflexions sur ce sujet.
Le couvercle est orné de festons et de Génies qui les soutiennent. Le travail du sarcophage est bas; on peut le fixer à l’époque du second siècle de l’ére vulgaire. Les inventions des figures sont, comme à l’ordinaire, trèsélégantes, et copiées d’après d’excellens originaux. Cependant ni Pline, ni Pausanias, ne citent aucun habile artiste qui ait traite ce sujet (2).
portas ( Cancri riempe , ac Capr icorni ) physici vocave runt .... per has portas animae de caelo in terras meare , et de ten is in caelum remeare creduntur : ideo hominum una , altera Deorum vocatur : hominum Cancer , quia per hanc in inferior a descens us est ; Capricornus Deorum , quia per ilium animae in propriae im m orla lit a lis sedem , et in Deorum numerum revertuntur.il confirme la meme chose dans les Saturnales, 1, 17.
{1) Musée Capitolin y tome iv , pl. xxix. Voyez aussi un fragment du Musée Pie-Clémentin et ailleurs.
(2) La statue dont nous ayons parlé, qui était formée en ivoire pour les parties nues, et dont le manteau était, peut-être, d’or, se voyait, à ce que nous apprend Pau* sanias, à Olympia dans le trésor des Métapontins, mais il ne nomme pas Partiste qui l’a faite ? EL n9 chap. xx.
PLAN G H E X V i. f .
L’imprudente présomption de Niobé , fiile de Tantale, épouse d’Amphion, qui la fit se mettre en paralelle avec Latone , et placer fort au-dessus sa fécondité ; la colère de la Déesse et sa cruelle vengeance, que ses deux enfans, Apollon et Diane, firent retomber sur les fils innocens de Niobé , a servi d’argument à des tragédies , à des descriptions , à des allusions fréquemment employées par les poètes anciens (i), de sujet pour différentes traditions, et de disputes parmi les mytographes (2), enfin pour une grande quantité de compositions célèbres des artistes (5).
* Sarcophage haut de trois palmes et demie environ | long de dix palmes très-justes. Il fut donne' eu mêmetemps que le précèdent, par feu M. le cardinal Casali.
(1) Eschyle avait composé une tragédie intitulée la Niobé j Sophocle et Euripide traitèrent le même sujet: mais la Niobé d’Epicarme ‘était différente. Les épigrammes qui ont rapport à cette fable se trouvent dans Y Antologie , liv. Ili , ch. VII -, et liv. IV y ch. ix.
(2) Hygin, fabul ix e xi • Apollodore , lib. m. Quelques-uns croyent que les enfans de Niobé ont péri par la peste. Natale Conti, Mylhol. , lib. vi $ et Slaveren à la fab. IX d’Hygin.
(5) Le groupe de statues qui représentaient ce sujet, et que Ton conservait du temps de Pline dan9 le temple d’Apollon Sosianus ? fut très-fameux à Rome (Pline
Tel est le sujet de notre bas-relief. Il est inutile que je m’occupe à raconter ici la fable qui lui a donné lieu; on la trouvera renfermée dans quelques beaux vers d’Homère (r), dans le poëme plein d’imagination d’Ovide (2); çlle a été répétée, après les anciens, en prose élégante italienne , dans l’explication que M. Fabro ni a faite des statues de la galerie Médicis, qui représentent cet événement déplorable (3).
xxxvi , 5 ). Peut-être que nous voyons des copies de ce même groupe dans différentes statues qui se rapportent au même sujet, aujourd’hui dans quelques Musées, et parmi lesquelles il faut remarquer celles de la galerie de Florence, jadis dans la ville Médicis, et qui furent à Rome dans le XVI siècle. Winckelmann en parle fort au long, Hist. de l'art , liv. ix, cliap. 2, § 20 et suiv. , et M. Fabroni les explique, dans une belle dissertation, en y ajoutant les gravures. Pline dit qu’on était incertain si l’auteur du groupe principal était ou Praxitèle ou Scopas. Pour nous, en prouvant que la Vénus du Vatican, citée dans notre tome I , pi. XI , dont les traits du visage offre de la ressemblance avec plusieurs têtes de ce groupe, est une copie de celle de Gnide , ouvrage de Praxitèle, nous avons donné lieu à établir avec la plus grande probabilité l’opinion que l’on doit plutôt attribuer le groupe de Médicis à ce célèbre artiste , qu’à Scopas. V. les notes de l’édition de Rome dans Winckelmann à ce sujet.
(1) II. ,Q v. 606 et suiv.
(2) Metam. , liv. vi, v. 147 — 5i2.
(3) Voyez la note (2) de la page précédente. Il y a ajouté aussi une gravure du présent sarcophage, sur lequel il a très-bien raisonné, quoique ce ne fût pas cependant le principal sujet de sa dissertation.
Je me contenterai donc de faire, comme j’ai coutume, observer ce qu’il y a de plus particulier dans ce bas-relief, et ce qui à été jnsqu’ici moins remarqué.
Le premier objet qui mérite attention c’est le nombre des fils de Niobé. La différence des traditions anciennes, sur cet objet, a été suffisamment indiquée par Elien et par Apollodore (i). Ceux qui tenaient à en reconnaître un moindre nombre, le fixaient à cinq; et pour les autres il se portait à vingt. La fable d’Homère donnait douze enfans à Niobé , savoir six mâles et six filles (2); la plus grande partie des écrivains nous dépeint cependant cette héroïne
a Au milieu de quatorze de ses enfans morts. » Ce qui est singulier dans notre sculpture, c’est qu’on y trouve justement six fils, comme le dit Homère; et sept filles, selon l’opinion la plus ordinaire. Il n’est pas sans fondement que le nombre des femmes excédât celui des mâles, danà les enfans de Niobé; car Herodore, dans Apollodore, dit que cette famille se composait de deux garçons et de trois filles. Je ne répugnerais pas cependant à me laisser persuader par quelqu’un qui prétendrait qu’il
(ï) Apollodore , 1. c. ; Elien, var. hist lîv. xii , 36 voyez aussi Cuper, Observât . , liv. ni, c. 17.
(2) Homère, 1. c., v. 607 et suiv. Pïoperçe, a aussi suivi celte opinion, 11, 16.
ii ’ÿ a que six filles sur ce bas-relief, dans la suppositian que celle qui, sur la face, est placée un peu en arrière des autres , serait plutôt une suivante qu’une des filles de Niobé. Je remarque néanmoins que les figures du pédagogue et de la nourrice, ont des caractères suffisans, dans ce morceau, pour n’être pas confondus avec la famille d’Amphion, tandis que la figure, dont est question, n’a aucun de ces caractères.
Le lieu de cette scène funeste est encore une circonstance qui n’a pas été bien déterminée. Homère assure que ces malheureux furent tués tous dans leur palais (i). D’autres nous montrent les fils tués par Apollon, pendant qu’ils chassaient sur le mont Cythéron (2),
(0 ’Er pejdpoimv , ivi.
(2) Apollodore s’exprime ainsi j Hygin au lieu du Cythéron , parle de Sipile. Ovide les de'crit se livrant à divers exercices d’équitation et. de gymnastique. C’est sur ce fondement, et sur le voisinage des lieux où furent découvertes les statues , que Mons. Fabroni a cru que les lutteurs de Florence appartenaient à cette fable. Mais tant qu’on ne nous produira pas un auteur grec qui dise que les fils de Niohé périrent lorsqu’ils s’exercaient à la Palestre , l’autorité d’Ovide , poète trop moderne et trop libre dans ses inventions, ne pourra me sembler convenable pour expliquer un ouvrage qui nous vient des plus beaux temps de la Grèce , et qui par cette raison, ne peut exprimer que des traditions grecques, mais jamais les épisodes, ou ce qu'ont pu y ajouter les poètes latins.
et leurs sœurs près de leur mère dans le palais du roi , à Thèbes. Il paraîtrait que notre bas-relief aurait réuni les deux opinions différentes j car il nous présente les filles de Niobé dans leur palais, et les fils préparés pour aller chasser, mais à quelque distance de ce palais, on voit même une de leurs sœurs presque hors de la porte prenant congé de ses frères , et qui expire.
Apollon et Diane (i) sont placés aux extrémités du bas-relief principal de ce sarcophage: Diane du côté gauche, ou sont les filles avec leur mère et une de leurs nourrices ; Apollon à la droite, oh Fon voit les fils se disposant pour la chasse, ayant une de leurs sœurs qui les a encore accompagnés jusques-là. La famille d’Amphion se trouve entre les deux diyinités, qui lancent leurs flèches contre elle , et il ne lui reste aucun espoir de se dérober aux coups de la mort. Sur la partie à droite du monument, on compte quatre filles de Niobé, exposées à la colère de Diane. Une est déjà renversée de son siège, dont on aperçoit le marchepied, et elle meurt dans les bras de la vieille nourrice : une autre recule pleine d’épouvante (2), tandis que les deux plus jeunes
(1) Selon les mytliographes , Apollon lançait d'un côté ses flèches sur le garçons, et Diane sur les filles, se'pa-% re'ment.
(2) C’est îa seule de ces figures que Fon pourrait re-
vont chercher un asile, peu assuré, dans les bras de leur mère. La douleur et l’effroi n’ont pas encore saisi Niobé au point (i) qu’elle .ne s’efforce pas de cacher ses filles, pour les dérober aux coups de la Déesse, et qu’elle ne puisse la supplier de lui accorder leur vie (2)» Une autre scène de mort remplit le reste de cette composition. Quatre des jeunes fils d'Ainpliion périssent sous le$ traits d’Apollon ; l’un est sans vie, étendu à terre; un autre, qui tient deux pieux ( venabula ) (3) dans la maio
garder comme une esclave , si on vouloit trouver douze enfans de Niobé représentés dans le monument. Ce qui me paraît plus vraisemblable à supposer , c’est qu’il manque un des garçons pour completter les sept , cela par le défaut de place, parce que je crois que cette composition n’a pas été imaginée absolument pour ce sarcophage.
(1) On connaît sa métamorphose en pierre ; Homère, lieu cité. Pausanias dit qu’une roche du Sipile vue de loin paraissait être une femme qui pleure , et il en parle comme l’ayant vue iui-mêine : Attica , ch. xxi. Plusieurs écrivains voyageurs modernes ont décrit de semblables illusions qu’ils ont aperçues dans des cavernes.
(2) Si Apollon et Diane ont eu compassion de quelques fils de Niobé , et quels furent ceux que l’on a cru échappés à la mort, c’est un point sur lequel disputent Âpollodore , 1. c., et Pausanias, Corinlh, , xxi. Le plus grand nombre des écrivains s’accorde à dire que c’est Chloris , une des filles, l’aînée, selon quelques-uns selon d’autres la dernière. Elle épousa par la suite Nélée.
(5) On doit remarquer la courroie qui pend de l’extrémité de l’un de ces javelots. On l’appelait A mentimi de , vinçulum , selon Festus , parce que ce cordon liait ce trait, et servait à le lancer aveç plus de violence?
Musée PieClêm. Vol. IV. ïo
gauche , parait vouloir fuir y mais il ne sait de quel côté ; le troisième , tombé sur les genoux, n’a pas le courage de supporter le danger qui le menace, et semble vouloir se parer de la main contre le coup fatal , en même-temps qu’il demande grâce. Le dernier, étant encore trop jeune, ne comprend pas toute l’horreur de sa situation, et se réfugie plutôt par imitation que par le sentiment qu’il a du danger, dans les bras de son vieux pédagogue . Celui-ci est vêtu à la manière des esclaves, avec une tunique appelée manuleata , avec des espèces de caleçons , braccae , et une peau de chèvre cousue à son manteau (i).
Festus, v. Amentum, L’inventeur de ce moyen , fut, se* Ion Pline, Etolus fils de Mars, et, suivant d’autres, d’Endymion. Hist., vu, 57. César donna à Cicéron, assiège' par les Gaulois , la nouvelle du secours prochain qu’il allait recevoir au moyen d’une lettre attachée à Y Amentum d’un javelot qu’il fit lancer dans son camp , Bell, Gali ,1. v.
(1) Sur le has-relief de la ville Borghese qu’a cité et expliqué Winckelmann, Monum. inéd. , n. i47? il y a plusieurs pédagogues vêtus a la manière phrygienne. La condition servile des pédagogues , gouverneurs des enfans , de ces temps, prouvée même par les tragédies grecques, est le motif pour lequel on adopta le costume des peuples barbares dans leur habillement. L’habit du nôtre ressemble beaucoup à celui du pédagogue des fils d’Amphitrion , dans les peintures d’Herculanum qui représentent Hercule enfant , Piti, d ’ Ercolano , tom. 1 , pl. vu. Cette espèce de surtout à long poil est la 'ïiurvpa^ ^isjra^ manteau de costume barbare, dont parlent Hesy-
Le bord du couvercle du sarcophage, est orné d’un bas-relief analogue au sujet» Dix cadavres, couchés sous de très-belles et simples attitudes, cinq mâles et cinq femmes, remplissent tout l’espace. Les jeunes hiles mortes, sont placées sur des pierres renversées , assez bien travaillées et polies, et qui sont précisément ces marbres dont on se servait pour sièges dans les palais, vers ces temps héroïques (ï). Sur le fond est étendue une draperie ou peri petasma , qui sert à indiquer qu’elles ont été tuées dans le palais (2). Les jeunes gens sont couchés sur leurs armes servant à la chasse , et la draperie ne s’étend pas jusqu’à eux, pour faire voir que les fils de Niobé périrent hors du palais. En examinant ce groupe d^ cadavres, je ne puis passer sous silence une cir-
cliius et Pollux , vu , 70. Je ne puis par cette raison adopter l’idee de Mons. Fabroni qui veut voir Amphion dans cette figure. En outre de l’habit qui n’était pas en usage pour les personnages héroïques , c’est que la physionomie a je ne sais quoi d’ignoble et de ressemblant à Silène , qui ne peut convenir à ce héros Jils de Jupiter, que l’on a regardé comme un des inventeurs de la poésie et de la musique, législateur et constructeur de villes.
(1) Les sièges dans le palais de Nestor sont appelés
par Homère ^ecTTOi pierres lisses^ Od. F5 v. 4°£> j
voyez ancore la Rapsodie 0 5 v. 6 , et dans l’Iliade la S , v. 5o4«
(2) Le Peripetasma sert le plus souvent dans les basreliefs pour indiquer un lieu fermé.
constance de cet événement, qui nous est indiquée dans Homère, et laquelle convient parfaitement à cette composition. C’est que les corps des en fan s d’Amphion , tués , restèrent pendant neuf jours sans -sépulture., parce que le peuple, plein d’une religieuse stupeur, était devenu comme frappé d’insensibilité au malheur de cette famille, tellement que les Dieux, émus par ce spectacle cruel, s’occupèrent eux-mêmes à les ensevelir;
Oî (lèv dp iwtffiap usar h> <fiôv® , ovâs rtç
K arôâipaï 2 aovç 9è ûfàvç K pov'iQv.
Toét, é’ ipa tjî denatri Sdipav â soi ovpavi^veç.
« Il y avait déjà neuf jours, depuis ce cara nage, qu’ils étaient là, étendus, et personne ;« ne songeait à leur rendre les derniers dece voirs et à les descendre dans la tombe; tout « le peuple paraissait converti en pierre par t< Tordre de Jupiter; à la fin les habitans de ^ l’Olympe eux-mêmes leur donnèrent la sé-* m pulture le dixième jour. »
Les bas-reliefs latéraux sont une suite du sujet. On voit du coté de Niobé deux de ses filles qui paraissent épouvantées ; leurs vêtemens sont voldgeans, ce qui indique qu’elles fuyent. Du côté des fils , l’artiste en a représenté deux, T un soutient l’autre déjà mort, il tourne la tête en arrière , soit pour regarder ses frères qui périssent, soit pour yoir le danger qui
îe menace (i). Un cheval déjà préparé pour la chasse , effrayé par la confusion générale , se lève et fuit.
(i) Ce groupe me'rite une singulière attention, parce qu’il est un de ces tableaux employés par les anciens* pour exprimer deux sujets différens , et celui qui veut porter une sage critique dans l’explication des objets d’art de F antiquité* doit ne pas négliger cette observation. On Voit sur un sarcophage du palais Accoramboni , que Winckeìniann rapporte dans ses Mon. mëd.7 n< i49> un groupe sculpté, presque entièrement semblable au nôtre* pour représenter Oreste qui a succombé aux convulsions furieuses qui l’agitent. Le reste du bas-relief détermine d’une manière évidente cette signification , comme les autres figures de notre sarcophage démontrent que dans le monument que noüs interprétons, les deux figures sont deux des enfans de Nîobé. Winckelraann qui n’avait pas vu ce marbre, trouvé postérieurement, s’est servi de la ressemblance avec de pareilles figures du sarcophage d’Accoramboni , pour attribuer le même sujet des fureurs d’Oreste , à un beau morceau du Musée Rondatimi , dont il parle dans Foüvrage cité, n. i5o, et qui contient deux figures, précisément répétées d’après les nôtres , et dont nous parlons. A présent la signification différente qu’a le groupe de notre marbre, met nomseule* ment du doute sur l’interprétation de Winckelmann, qui avait d’abord une apparence suffisante de probabilité, mais une seconde observation en démontre la fausseté , et prouve que le marbre Rondanini n’est pas un sujet différent du nôtre, et qu’il représente également deux enfans de Niobé, et non pas Oreste et Pilade. Ce fragment correspond à merveille, tant par la grandeur des figures , que par le travail , avec un autre qui se trouve maintenant séparé , mais que je crois Certainement en avoir fait une partie anciennement * et qüi tou® deux
Les bords latéraux du couvercle sont ornés de sculptures qui sont allusives au reste de la
appartinrent au même tombeau de marbre. Ce second morceau représente Amphion avec un de ses fils encore enfant, dans la même attitude sous laquelle est représentée Niobé son épouse, sur le sarcophage que nous examinons. Winckelmann en parle dans ses Mon. inèd. , n. 89, et M. Guattani Ta publié dans ses Notizie d’ antichità , année 1787 , décembre , planche 5. De même l’autre fragment qui représente un jeune homme un peu incliné qui soutient un de ses compagnons mort, faisait aussi partie de la même fable, et ces deux figures sont encore des enfans de Nîobé, ainsi qu’on peut s’en assurer en les comparant à notre bas-relief. Il est vrai que le groupe d’ Amphion, avec l’enfant, a plus de relief, parce qu’il appartenait à là façade du sarcophage ; et le groupe des deux jeunes gens était plus bas de relief par ce qu’il se trouvait placé, comme on les voit dans le notre, sur les cotés. J’ajouterai que le style de ce basrelief, auquel Winckelmann donne beaucoup d’éloges , les mérite en effet ; mais on voit dans ce style l’imitation et une copie , comme dans le travail du sarcophage qui est notre sujet. Quant aux groupes et aux figures dont la signification offre quelqu’équivoque , on doit les regarder comme des mots à double sens , que les circonstances peuvent déterminer. Telles sont les figures qui expriment la fable de Phèdre et Hyppolite , et qui ont été de même expliquées par Winckelmann, Mon . inèd. j n. 102, par l’abbé Lanzi dans sa belle Description de la galerie de Florence , et par moi dans le tome II de cet ouvrage, pi. XXXII, pag. 226, n. (1). Quelquefois ces figures représentent Vénus et Adonis , comme le prouve clairement un sarcophage dans la vigne des R. P. de S. Marie del Popolo, et sur lequel, aux figures ordinaires du chasseur et de la femme affligée, se trouve
composition. Près des jeunes filles est sculpté un pedi panier ( calathus ), propre aux travaux des femmes (t). Et Partiste a placé du côté des jeunes garçons deux pieux ou venabula avec leurs petites lances (2) , et un paquet de
réuni la naissance cT Adonis, et Myrrha sa mère changée en arbre.
Les trois figures de Zétlius , Antiope et Àmphion , de la ville Borghese, ont servi encore à exprimer Orphée, Euridice et Mercure , comme on a observé tome II , pl. XLÏ, p. 297.
(1) Ces paniers, calcili, pour le travail rdÀapoç se voyent de la meme forme sur d’autres monumens, comme par exemple ceux dont le sujet est Achille à Scyros : Winckelmann ; Mon . inéd.7 vol. I, pag. xv , l’un desquels appartient au Musée Pie-Clérnenlîn, et qui sera expliqué à son lieu. On ne doit pas trouver étrange qu’ils ayent la forme de petits vases d’une matière solide $ celui d’Europe était d’or, cisélé par Vulcain lui-même, d’après la description qu’en donne Moschus , làyll, IY , v. 57.
(2) Les Grecs appelaient les javelots de cette sorte , ou lances de chasse çrpofiôsiia précisément par la manière de les lancer. Leurs tiges étaient ordinairement de cornouiller, et Xénophon n’a pas manqué d’en faire la description dans ses Cinegetici * Cependant Gratius Pha» liscus en parle avec des détails , Cyneg. # v. 127 jusqu’au i49» Je ne puis me dispenser d’observer que par ce passage de Phaliscus on peut tirer avantage pour expliquer celui de Cicéron, in Verrum , liv. IY, § i25,où il parle de quelques hastae gramineae , quae erant hujusmodi, ut semel vidisse salis esset : in quibiis ncque manu factum quidquant , neque pulcritudo erat ulla , sed tantum magnitudo incredibilis , de qua vel audire salis esset , nimium videve plus quarti semel* Mais- Gratins Phaliscus après avoir di-l
filets propres à la chasse destinée sur le mont Cythéron.
L’exécution de ces bas-reliefs est une des moins incorrecte de toutes celles que l’on trouve sur les tombeaux , mais rien de plus noble, de plus expressif, et de plus admirable que leur invention et la composition. Sûrement le groupe de Niobé qui tient sa fille serrée sur son sein, le jeune homme à genoux, l’autre en pied prêt a fuir, ont été pris d’après des modèles les plus sublimes de l’art. La beauté des contours en général se réunit si bien avec la vérité , avec l’expression , que si nous voyons de semblables figures dans des dessins modernes, nous ne pourrions en attri-
qu’aucun arbre ne pouvait donner naturellement un bâ* * ton droit d’une certaine longueur , sans que les hommes le travaillassent, il parle d’une plante de l’Arabie qu’il croit être celle-là même , dont on retire l’encens ? et qui peut produire des bâtons convenables pour les lances , sans qu’on soit obligé de les diriger pendant leur végétation, - et de les travailler et les polir lorsqu’ils sont coupés. C’est de ce bois dont on devait se servir pour ces ^ances , et dont Cicéron fait l’éloge. Yoici les vers dans lesquels le poète, dont il est question, parle de ces bâtons de lances.
• • . . . Ab Eois descendit virgo. Saboeis Mater odorati multimi pulcherrima turis •
Ilia suos usus intractatumque decorem ( Sic nemorum iussêre Deae ) natalibus hausit Arbitras : at enim multo surit fida labore Cetera quae silvîs errant kaslilia noslris .
buer les originaux qu’à Raphael seul. Notre bas-relief surpasse, à cet égard, de beaucoup celui de Borghése , et le fragment Albani , malgré que ces deux monuraens ne manquent pas de mérite en ce genre, et spécialement le premier. Je ne puis imaginer une invention meilleure dans ce fameux bas-relief de bronze qui environnait un grand trépied, placé à l’entrée de l’antre sacré à Athènes , près des mollume ns de Trasylle , les murs d’Acropolis , et le théâtre d’Athènes (i).
(i) Pausali., Attica XXL Je ne puis m’accorder cependant avec le très-savant M. Chandler, qui dans sort ouvrage intitulé Tvavelf of Graece , chap. XIÏ , dit que le simulacre d’une femme assise , qui existe dans le meme lieu à Athènes, avec deux gradins sous ses pieds, et dont la tête manque, ait pu représenter Niobé. Parmi les monuraens antiques dans lesquels était indubitablement son image, on doit compter le fameux monochrome de marbre, ouvrage sorti des mains d’Alexandre l’Athénien conservé dans le Musée royal de Portici , Peint. d’Herc. , tom. i ,pl. i.On y trouve l’image de cette reine avec celle de Lalone , avec Hilaire et Phoebé filles de Leucippus, et enfin Aglaé l’une des Grâces. Celle-ci et les deux jeunes filles jouent avec des dez, ou avec des osselets. A tout ce que les savans commentateurs ont dit fort savamment sur l’amitié qui régnait entre Latone et Niobé avant leur dispute et sur le jeu des dez, qu’il me soit permis d’ajouter que ce jeu était regardé dans les temps tres-anciens comme uniquement propre aux jeunes garçons et aux filles , (lEipaxiavre Mai nap^éy&v ( Paus. , El. I, 22 ) , et qu’à Olympie , une des Grâces, placée dans le temple de Junon ; avait, comme dans le monochrome, un osselet