‹ Musée Pie-Clémentin (volume 4)Chapitre 29 sur 41 · PLAN C H E XXXV 1 1 L · texte numérisé non relu

PLAN C H E XXXV 1 1 L

■ Aventures d’Hercule

Cette planche , et la suivante, nous prèsetitent deux bas-reliefs , monumeus d’un genre très-siugulier. En outre qu’ils n’ont pas fait ,

et du commencement du XI du même livre. Voilà cependant que Pausanias a réuni, comme dans notre basrelief , près de la maison d’Alcmène , le fleuve , la colline et les portes.

(i) La tête de cette figure est moderne aussi ; elle devait avoir un autre caractère dans Pantique.

* Ces deux bas-reliefs? égaux et semblables , ont de hauteur deux palmes et un tiers, et de longueur six palmes. On les a découverts ensemble dans des fouilles avec ceux des travaux d’Hercule que nous donnerons dans les planches XI et XII. Ils furent trouvés dans la ferme de Corcoîlo qui appartient aux princes Barberini , par le célèbre graveur Jean Volpato , qui les a vendus an Souverain Pontife régnant.

comme Beaucoup d’autres , partie de quelques sarcophages , le relief presque entier de plusieurs objets, les ornemens qui les renferment et les caractérisent , le mélange de la sculpture avec F architecture , les rendent tels , que nous ne trouvons rien qui leur ressemble ni dans nos Musées , ni dans les livres qui contiennent des sujets d’antiquité. Chacun de ces bas-reliefs est divisé par six colonnes en cinq espaces ( plutii ) , ou compartimens , formés par des entre-eolonnemens , qui sont alternativement terminés en arc , et par des architraves. Ce qui est plus remarquable c’est que le même architrave , qui pose en ligne droite sur les colonnes, s’élève ensuite, et se plie en arc sur 1’ espace du milieu et sur ceux des deux extrémités. Deux corniches richement ornées renferment le tout ; celle qui est supé^ rieure^ s’appuye sur les clefs des arcs, et l’autre, qui est inférieure, sert de soubassement aux hases attiques des colonnes. Ces colonnes, qui sont entièrement de relief et isolées , ont leurs dimensions corinthiennes, avec des abaques et des chapiteaux de fantaisie. L’ensemble total des deux bas-reliefs nous donne l’idée d’une frise très-riche, représentant un portique, oii Fou a placé des simulacres sous les entre-colonnemens à arcades; et dans les surfaces dominées par les architraves sont représentées des histoires, dont les figures sont aussi de grand relief, parmi lesquelles quelques-unes sont piême presque entièrement détachées du champ,

Entre les arcs plans et la cornicile supérieure, les contours des arcs laissent d’autres espaces mixtilignes, en forme de consoles vides , ou, par quelques fragni en s qui y sont restés , on voit qu’il y eût des sculptures du même relief, mais d’une dimension plus petite que celles qui sont au-dessous (i).

Si l’on veut former quelque conjecture sur l’époque de ce monument , par le style du travail, il me paraîtrait que son auteur a pu exister dans le siècle des Antonins. Le bon goût de l’exécution, la grâce et l’élégance qui brillent dans ces ligures , ne permettent pas de Jeur attribuer une époque postérieure. La richesse excessive des ornemens, le relief trop élevé , le mélange de la sculpture et de l’architecture , la composition trop licentieuse de cette dernière, me semblent autant de motifs suffisans pour ne pas regarder cet ouvrage comme d’un âge plus ancien, et pour le croire très-certainement d’une date plus récente, et n’ayant rien de l’école de ceux qui ont sculpté , avec des principes bien différens , les bas-reliefs de Trajan qui nous restent. En effet le style

(i) II y a des Spbynx. Les Grecs , k Fimitation des Egyptiens , employèrent cet animal fantastique dans les or nenie os 7 y ayant ajouté , à leur manière , de la grâce et de la beauté. Phidias s’en était servi pour soutenir les bras du trône de Jupiter Olympien, ils font allusion dans notre bas-relief k Thèbes } patrie du héros qui est le sujet principal.

et le relief de ces sculptures ont une plus grande ressemblance avec celles de la colonne Antonine. Les capricieuses compositions d’architecture qu’employaient les peintres d’orne?ment , et que nous appelons grotesques , sont un abus introduit dans la sculpture. Enfin soit qu’on examine la disposition générale de ce morceau j ou l’exécution particulière de chaque partie, on y trouve une recherche extrême, un étalage de richesses et d’ornemens, qui ne peuvent appartenir qu’à la dernière période de l’art, où régnait encore un bon style, et il a dû précéder de très-peu sa décadence totale.

Il serait beaucoup plus difficile de déterminer à quel usage ces bas-reliefs ont été destinés, et quel lieu ils ont embelli. Leur disposition, ainsi que le sujet, qui représente seulement les aventures de la première jeunesse d’Alcide , me font croire qu’ils ont fait partie d’une continuité plus longue et plus étendue de sculpture, et, peut-être, d’une frise qui faisait tout le tour d’une sale. Le lieu où ils ont été trouvés, qui était infiniment agréable aux Romains pour y passer la saison d’é%té, peut faire supposer qu’ils ont contribué au luxe de leurs superbes maisons de campagne, dont nous avons parlé ailleurs. La représentation des actions d’Hercule , si elle n’est pas l’objet du goût particulier et du choix du maître de ce lieu , pourrait alors nous persuader que ces bas-reliefs formèrent F ornement de quelque su-

perbe palestre ou gymnase, dont les anciens étaient si amoureux dans leurs retraites délicieuses, et qu’ils avaient coutume d’enrichir de sculptures avec profusion ( i).

Nous considérerons en particulier chacun des sujets de ces bas-reliefs. Celui que nous voyons dans ce dessin, nous offre en commençant à la droite du spectateur, dans la première niche , l’image de Minerve; cette Déesse qui protégea notre héros , dès son enfance. Le très-ancien sculpteur Dontas , qui avait représenté par beaucoup de petites statues de cèdre , mélangé avec l’or et l’ivoire , le combat d’Hercule et d’Achéloüs, n’avait pas manqué d'y joindre le simulacre de Minerve , comme protectrice de son principal personnage (2): il

(1) Cicéron dans les lettres à Atticus parle des gymnases qu’il avait dans ses campagnes ( Epist . ad Attic.y liv. I , ép. 1, 4? 6, 9). Il prie même Atticus de lui procurer des bas-reliefs pour placer dans les murs tjrpo$ quos tectorio includam (1. ci t. , ép. 10). Le mot grec TV7C0Ç, , typus j étant employé pour parler de sculptures, signifie proprement bas-relief. Fausanias Femploye constamment avec cette signification dans ses dix livres , quoique ses traducteurs l’ayent presque toujours mal interprété j cependant Amaseus Fa entendu et traduit d’une façon convenable au cliap. XI des Boeotica.

(2) Paus., Eliac.j 11 , e. xix: E larrixeL dè Mai 1 ASïiprâç ayaTipa , are ovaa ro *H paxÀeï crvppa^oç: « On y voit h aussi la statue de Minerve comme divinité tutélaire « cFHercule. » Ces sculptures très-anciennes, de Dontas

J avait même ajouté la figure de Jupiter, et jusqu’à celle de Mars, comme étant un Dieu contraire à Hercule, pour indiquer, il me semble , quelle part les divinités du ciel avaient prise dans les événemens de la vie de ce mortel merveilleux. L’idée de cet ancien maître a été imitée aussi par l’auteur de nos bas-reliefs. 11 a placé dans les niches les images des divinités qui ont le plus de rapport avec l’histoire de son héros, soit par la haine qui le leur fit persécuter, ou par le secours qu’elles lui apportèrent, ou enfin par les liens de parenté qui Funissaient à lui. Nous trouvons en effet, dans la niche du milieu Junon , qui le tourmenta par une constante inimitié depuis sa

de Sparte , disciple de Dipoenus et dé Scyilîs , élèves de Dédale , étaient dans le trésor de Mégare à Oiympie. Mais du temps de Pausanîas la statue de Minerve avait été changée de place , et transportée dans le temple de Junon, EL l , ch. XVIL Ici Pausanias nomme l’artiste non pas Doutas, mais Medontes, et le fait frère de Doriclides et élève des maîtres que nous avons cités. Ou le textë a été altéré , ou Dontas est plutôt un diminutif laconique du meme nom. Au reste, on voit Minerve qui prête son secours à Hercule combattant l’hydre dans le bas-relief du tombeau de Cipsèle (Pausanias, EL f; XVII), et sur d’autres rnonumens de l’ancienne Grèce se trouvent aussi des allusions à l’appui que cette Déesse donnait au héros. C’est à cela que se rapporte particulièrement une patère étrusque , publiée par Bempster ( Etrur. reg.? tome I, pl. Il ) , dont j’ai promis de parlepen cet endroit, mais il sera plus convenable de la reporter aux notes de la planche XLIIL

naissance, jusques sur le bûcher, ou il se consuma sur le mont Eta. Le troisième arc h gauche contient encore sur sa base l’image d’un Dieu, qui a été restauré pour un Bacchus. A la vérité le Dieu Thébain a d’étroites relations avec Hercule, par l’identité de père et de patrie , et par la conformité de ses travaux ; enfin parce que Hercule fut initié aux mystères de Bacchus. Mais si le torse et la draperie ne sont pas contraires à l’idée du sujet, que le restaurateur a rendu symbolique , on pouvait cependant admettre des symboles et une restauration d’un autre caractère; car une tête de Jupiter , son sceptre et le foudre auraient fort bien convenu à l’attitude de la figure, couverte d’un pallium qui F enveloppe seulement de la ceinture aux pieds. On ne peut d’ailleurs disconvenir que Bacchus n’ait été trèssouvent représenté de cette manière, et que le thyrse, de même que le vase, ne se trouvent bien placés dans les mains du Dieu. Le caractère des membres , et particulièrement la forme de la poitrine et du ventre, pourraient décider, d’une manière certaine , laquelle des deux divinités représente cette figure ; mais le temps n’a pas assez respecté leur surface, pour y retrouver, d’une façon incontestable, les formes qui caractérisent le sujet. Nous avouons cependant, que quelques contours et quelques muscles, qui sont mieux conservés, paraîtraient convenir davantage aux formes grandioses et

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décidées du roi de l’Olympe , plutôt qu’aux formes molles et arrondies du Dieu de la volupté.

L’aventure d’Hercule enfant remplit, par trois ligures, le premier espace entre le simulacre de Minerve et celui de Junon. L’habile artiste a su la peindre telle que Théocrite l’a fait si poétiquement dans son agréable Idyle intitulée tmfÊà^L<rxaç> Heracliscus (i). Le nuage qui occupe le fond du tableau , si pourtant on peut regarder comme une indication de nuage celte petite masse irrégulière , en relief sur le plan du fond , qui est antique , et que l’artiste mode rne a ensuite achevé avec cette intention dans son entier (2), le nuage, dis-je, peut nous indiquer les flammes et la fumée qui les suivirent, signes évidens de la présence du Dieu père du héros, qui veillait sur la vie du dernier et du plus merveilleux de ses fils parmi les mortels. L’enfant qui a sauté hors de son berceau a déjà empoigné par la gueule les ser-

(1) Théocrite, Jdìlle XXIV.

(2) La petite partie antique de ce relief est immédiatement placée au-dessus de la figure d’Hercule enfant. Elle peut avoir indiqué un nuage , comme l’a conçu l’habile sculpteur qui l’a restauré. Ce pourrait être aussi une portion du champ resté sans travail, pour laisser le moyen d’y former le relief de quelqu’autre objet qui y aura été sculpté, et que nous ne pouvons deviner a présent. Théocrite parle de lumière et de fumée , hlilL XXIV, n. 58 et 4 6.

P cil s, qui, se sentant étouffés, ont rassemblé, pour se sauver eux-mêmes , toutes les forces qu’ils avaient pour attaquer et envelopper l'enfant $ ils lâchent déjà leurs circonvolutions autour de son corps, et cherchent en vain, avec de violens efforts, à se délivrer des mains vie* torieuses de ce fils de Jupiter.

On reconnaît aisément Alcmène et Amphitrion dans les deux autres figures : le dernier accourt pour défendre son enfant, il a détaché déjà son épée, qui était suspendue à la tête de son lit, et il est, comme le dépeint Théo* erite (i), dans l’instant où il va tirer du fourreau la lame de bronze trempée :

AaiSdÀeov oppr^cre psrà | i(poç9 o p ôi visepSs KÀiVT'époç izedpLVQ ütepl Tcacrad?^ disp â&pro 11 roi of êpiyvâro ’veoxXôata rs/iapévoç K y(pi£(èv et èpa xoXgopy peya Xôtlvov epyov.

« Il accourut avec cette admirable épée qu’il * tient toujours suspendue à un clou au-des- « sus de la tête de son lit de bois de cèdre; « d’une main il prend le baudrier , et de Faute tre il tire le fourreau, excellement travaillé « en Lotos . »

De F autre côté Alcmène, plus stupéfaite qu’attentive, est témoin de la force surprenante de son enfant, qui n ayant encore que dix mois , et

(t) Théocrite 7 lie radis eus stve IdylL XXIV ? v, 4 2 et suiy.

dans le berceau, se montrait digne d’avoir Jupiter pour père.

Le groupte de l'enfant avec les serpens est noblement composé, exécuté avec goût et franchise ; les mouvemens des deux figures sont élégans , expressifs, quoiqu’elles soient si mal traitées par le temps, que c’est à grande peine que se sont encore conservés l’invention principale et l’action (i).

(i) Celte première épreuve de ia force d’Alcide enfant a souvent servi de sujet aux anciens artistes ; car sans pàrler de tant de pierres gravées qui le représentent, et des petites statues, parmi lesquelles celle du Capitole qui est pleine de mérite ( Musée Capii. , t. Ili ,pì. XXV ), on ne peut passer sons silence la fameuse peinture d’Herculanum ( tom. I, Peint., pi. VII ) , dont le sujet est le même que ce bas-relief j ni le tableau de Zeuxis, dont parle Pline, liv. XXXV, 9. Je suis fâché que les commentateurs de ce monument ajent confondu les deux tableaux de Zeuxis indiqués dans le même lieu, comme s’il n’y en avait qu’un seul, et que d’après cela ils ayent opiné que la figure d’ Amphitryon représentée, comme la décrit Théocrite, et comme notre marbre, prêt à tirer l’épée, n’est pas celle de ce roi, mais un Jupiter. De-Ut ils sont forcés, pour ne pas exclure ce, héros d’un événement, auquel la fable veut qu’il ait pris part , de donner le nom d’ Amphitryon à une figure d’esclave qui est un pédagogue vêtu, selon l’usage des barbares, d une tunique â manches, et ayant des caleçons, ou les jambes couvertes de sarabare , qui furent appelés par les anciens écrivains barbara termina entrain. Philostrate le jeune nous dit aussi que l’Amphitryon peint était 0-7ta(ïéipbSVÜV TÒ %i(poç , prêt à tirer l’épée ( ïm. V), et par les paroles suiyantes il indique cette incertitude manifeste

La seconde histoire , plus rare , est placée dans le quatrième entre-colonneinent, au milieu des images de Junon et de Bacehus, ou de Jupiter. L’auteur du bas-relief a, dans ce sujet, évité les reproches qu’Isocrate faisait h ceux qui ont cherché à représenter des traits de la vie d’Hercule : savoir, que ne s’attachant dans leurs idées et dans leur style qu’au merveilleux de ses actions étonnantes et à la force incomparable de ses membres , ils nous l’ont représenté seulement domptant les tyrans , détruisant les monstres ; et ne nous Font jamais peint ni comme philosophe , ni comme poète , mettant tous ses soins à rendre les hommes sociables, éclairés , vertueux , en même-temps libres et tranquilles, à l’abri de toute atteinte (1). Quelle que puisse être la justice et l’importance d’un pareil reproche , l’artiste, auteur de notre

dans le tableau d’Hercnlanum. Le sceptre que bon y voit dans la main d’Amphitryon , lui convient comme à un chef d’armée (Homère, //. A, v. 204); et si cette figure paraissait à quelques-uns dans un état trop tranquille, nous leur rappelerions ce que racontait Phérécide dans Apollodore, II, 4? qu* Amphitryon lui-même jetla ces serpens au milieu de ses enfans pour reconnaître parleur courage lequel était fils de Jupiter. Quoique la figure d’ Amphitryon soit dans notre bas-relief en grande partie restaurée , cependant l’épée a une de scs extrémités antique, et il reste encore de l’antique autant qu’il faut pour en déterminer l’action et les accessoires.

(ï) Isocrates , ad PMlippum .

bas-relief, a voulu en être exempt , en nôu& offrant , dans cette seconde partie de son invention, Hercule accompagné dé Linus trèsancien poète (i), c’est-à-dire, selon ces temps, philosophe, théologien et poète , lequel assisté par une des Muses sa mère , s’occupe à adoucir par le son de la lyre , et par l’étude de la musique , le caractère fier et indomptable de cet enfant merveilleux (2). Linus assis sur son siège

(1) Pausanias nous rappelle au ch. XIX, Chorinth ., le sépulcre d’un Linus, poëte, fils d’Apollon et de Psamales fille de Crotopus. Le même auteur dans le XXïX des Boeot., parle également d’un autre poëte et chanteur que Uranie eut d’Amphymarus fils de Neptune. Suidas fait mention d’un Linus fils de Terpsichore, v. A titoç* Je crois que le Linus du bas-relief est celui qu’ Apollodore , liv. I et II , dit être fils d’Eagrus eide la Muse Calliope. Car Apollodore raconte précisément qu’il enseigna la musique à Hercule, et qu’il périt de la main de son élève parce qu’il avait voulu le frapper.

{2) Nous avons dit dans la note précédente ce que raconte Diodore de Sicile et Apollodore, qu’Hercule tua son maître de musique. Le père Corsini a trouvé cet événement rappelé dans l’inscription du célèbre bas-relief appelé le Re'pos d’Hercule. On voit dans ce pré-* cieux monument lin héros orné du diadème , dédiant un trépied , et l’abbé Gaetano Marini ( Inscriz. Alb. y n. CLIII, p. 107- ) l’a , d’accord avec les inscriptions, reconnu pour Amphitryon. Corsini a lu l’épigraphe grecque suivante de cette manière :

AM# I T P T fi N THEF À AKAIOTTP LfïO A Ano A A ONIA

parait entonner quelque hymne, que doit accompagner avec les sons mélodieux de la lyre, le

vr^mov ÿroi v ? rep ‘UpaKAeoTC 70 V Aivov <&Ovev

SANTOSAïïE^H N AN T QYAVxatA PXA SOT K HPAKAHAAAAAKAÏON ATTQNKAAEI20AI

I/abbé Marini ayant confronté l’original , reconnut que la version <T Allacci était la plus exacte. Celui-ci excluait la quatrième ligne , pour laquelle il n’y avait pas de place sur le monument , et il trouvait dans la sixième au lieu de rov Atvov QOvev , $A2ÌN . . . 1NH<X>0PÏE Comme j’ai observé aussi l’originai , je me suis convaincu que la leçon n’était pas douteuse . . . NH^OPHSÀN- T02 au beu de (boVSVO'Oj'VTOÇ du P. Corsini. Ayant ainsi exclus de l’inscription ce premier homicide d’Hercule , il s’agissait alors d’en deviner Ve contenu, ce dont désespère M. Heyne dans ses notes sur Apollodore, Il , 4* Mais nous avons fort à propos un passage de Pausanias qui nous donne avec évidence le vrai sens de l’inscription et de l’image. Il dit, ch. X des Beoetic. , que parmi les trépieds consacrés à Thèbes , à Apollon Isménius « le « plus noble et par son antiquité et sa célébrité ce « fut celui que consacra Amphÿtrion , quand Hercule « devint Daphnéphorc. ’Eftr LCpavii'Ç Se fid^icrra êzl rs âp^aiOTiiTL , ÿcaï rov âvaSévroç rfi doty rptiroç £(ttîv y ApLCfiiTpvovoç àvdï^fitia ècd ‘H p&xùeï AA<Ï>NH-

<E>OPHSANTI. On doit donc remettre dans l’inscription le mot AAÔ'NHÆOPHÏANTÔS qui exprime ce sacerdoce auquel on élevait par le choix, tous les ans, un des jeunes thébains des plus distingués par sa beauté

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jeune enfant dirigé par la même Muse, qui fut la mère, et le maître dans cet art, du profes-

Gt par sa famille , et qu’Hercule ayant été chargé d’en remplir les fonctions, ce fut une occasion pour que son prétendu père dédiât à Apollon ce trépied, que Ton voit sculpté sur le bas -relief, et dont il est parlé dans l’inscription. D’après cette observation, je me suis mis à examiner de nouveau le monument, j’ai découvert l’épigraphe entière en recherchant les traces de quelques lettres effacées, lesquelles sont en petit nombre , et en les rapprochant de celles en grand nombre qui subsistent encore telle que la voici:

AMÆITPïûN TïïEP AAKAIOT TPinO A AriQAA&NI A

^PAKAEOTZ «DASIN AA$NH<I>OPH 2ANT02AIIE<ï>HNAN TOrAPESAPXASOïK HPAKAHAAAAAKAION ATTONKAAEIS0AI

5A {MplTpVOV VTtèp

’AÀnah rphtoê’ ’Axó/1/lovi à vé^xev , ‘H paxÀévç

(raVTOç, ârtecprivajV- * to yàp èi l âp%âç ovn feH paiikri aJkTC cA/l nalov âvrdv xaùeìaSrai, C’est-à-dire :

Amphitryon pr 0

(paffiv

agì

scur lui-même. D’autres voulant que ce ne fût pas Linus, mais Eumolpe qui enseigna la musique à Hercule , pourront reconnaître Hélène fille de ce chanteur , dans la jeune fille qui est près d’Alcide (i); mais il me semblerait assez convenable d’attribuer la nudité de cette figure de femme à l’une des Muses; car quoiqu’on les représente ordinairement, dans les monumens, avec beaucoup de décence , elles peuvent néanmoins se présenter quelquefois habillées comme les Nymphes , que l’on voit souvent demi-nues dans leurs images.

Alcaeo tripodem A pollini de dicavit , Hercule , ut aiunt Daphnephorum gerente : Iradiderunt enim ab initio non Herculem sed Alcaeum ipsum esse vocatum.

Je me flatte que cette leçon paraîtra certaine à quiconque observera avec attention l'original. Elle s’accorde même presque en tout avec les variantes d’Alîacci. Sur les fonctions des Daphnéphores } cesl-a-dire des porteurs de laurier , et sur les fêtes appele'es par cette raison Daphnéphories j il faut lire Meursius ? Graecia feriatd ; v. AA#NH*I>OPIA , et Castellanus , de feslis Graecorum, v. eadem .

(i) The'ocrite dans Y Idylle citée XXIV donne à Hercule Eumolpe pour maître de musique ? et lui . fait enseigner les lettres par U nu-s.

La tête et les attributs de cette figure manquent dans l’antique ; ainsi nous ne pouvons décider si elle représentait Calliope ou Terpsichore, ou Uranie; car les mythologues, ont des opinions différentes pour déterminer laquelle de ces Muses fut la mère de Linus. 11 paraît cependant assez sur que ni le globe, ni la lyre, symboles des deux dernières Muses , n’ont pas existé sur ce bas-relief, où plus vraisemblablement la Muse avait un livre, ou des tablettes, signe distinctif de Calliope , qu’Apollore a reconnue pour la mère du professeur d’Hercule. La tête du poète, sa main gauche et le volume sont une restauration moderne. Mais le geste de la main droite est remarquable cependant, parce qu’il indique un homme qui déclame ou qui chante (i).

(i) On voit Hercule avec une lyre sur les me'dailles romaines, frappe'es par Pomponius Musa , et c'est le meme que X Hercules Musarum. ou Musagete } qui eût un temple commun avec les Muses 7 construit par Fulvius Nobilior. L'abbe' Fontenu parle et du temple et du surnom d'Hereule , dans une dissertation sur THertiile Mussagète, inse'rée dans le tome YIï des Mémoires de T Académie des inscriptions et belles lettres , edit, in 4*

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