‹ Musée Pie-Clémentin (volume 4)Chapitre 31 sur 41 · PLAN G H E XL · texte numérisé non relu

PLAN G H E XL

Les travaux d Hercule * *.

Ces deux beaux bas-reliefs qu’on a découvert avec les précédens, ne nous représentent que huit des douze travaux d’Hercule , qui * peut-être, y ont été autrefois tous en entier. La beauté des formes et des attitudes, l’excellence du style qu’on remarque dans l’exécution, en font un des morceaux de sculpture le plus

(i) Apollodore observe que la dépouille du lion de Cythéron a servi d’habillement et d’armure à Hercule ? !iv. IL Stace affirme la même chose ? Theb. , I , v. 4^3.

* Hauteur deux palmes et un tiers ; longueur six palmes moins deux onces. Ce bas-relief, et celui de la planche suivant^ XLI; furent trouvés dans la même fouille ou l’on avait découvert les deux précédons.

estimable qu’on ait de pareils sujets (i). Quoi» que le temps les ait mutilés dans beaucoup de parties, qu’on les ait restaurés , cependant les morceaux antiques qui restent , ne sont ni gâtés ni rongés sur la superficie , de sorte que s’ils nous font désirer d’y trouver une plus grande conservation, nous n’avons pas au moins à déplorer la dégradation de ce qui nous reste.

L’ordre dans lequel sont disposés les travaux d,’ Alcide, ordonnés par Euristhée , exigés en même ‘temps par le Destin, pour prix de l’immortalité qui lui était promise , n’est pas le même qu’ont indiqué les mythologues , ni conforme à ce qui se voit dans d’autres sculptures. Cela ne doit pas surprendre, parce que les écrivains ne sont pas d'accord à ce sujet (2): ce qui

(t) Parmi les bas-reliefs qui représentent les travaux d’Hercule, on regardait comme célèbres ceux qui ornaient la frise des deux portiques antérieurs et postérieurs du temple Olympien, exécutés peut-être par Alcamène, et de même ceux qu’avait sculptés Praxitèle dans les tympans du temple d’Hercule Promacus ou Propugnato r à Thèbes , El. I, ch. X, et Boeot . , ch. Xï. Parmi le nombre qui nous en reste, celui qu’on place au premier rang c’est l’autel de marbre pentélique du Musée Capitolin, dont le travail est d’un style grec, antérieur au temps de Praxitèle, Il est encore inédit, et nous le donnerons clans les planches de supplément.

(2) Voyez l’abbé Marini, Iscrizioni Albane , p. i56* Ces vers gravés sur le bas-relief de l’Apothéose d’Hercule s’accordent bien avec l’ordre établi par Diodorç. Les travaux d’Hercule sculptés sur un bas-relief très»

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pourrait (Tailleurs y avoir apporté quelque confusion , ce serait l’état où était le monument lorsqu’il fut découvert, et la licence qu’a prise le restaurateur en réunissant les divers fragni en s.

11 y a cela encore de remarquable entre autre chose , c’est que l’image de chaque action est accompagnée d’une figure accessoire, plus petite , placée dans le haut du bas-relief, comme si on la voyait à quelque distance , et que cette figure fait toujours allusion à la topographie des lieux rendus célèbres par les douze travaux si renommés de ce héros (i).

Dans ce bas-relief la première action est celle de la biche, qu’il atteignit après une, longue et dé’ sastreuse fuite (2), sur les rives du fleuve Ladon (3). Quoique cet animal fût infatigable, qu’il

curieux du Musée Borgia à Vellétri , dont il est parlé dans le meme ouvrage, lieu cité, sont disposés selon l’ordre que leur donne Apollodore.

(1) De même sur la coupe de la ville Albani , publiée par Winkelmann , Monum. inéd. , iuim. 64 et 65, 011 voit à chaque action des figures accessoires, la plupart de femmes, qui y sont jointes, et que cet antiquaire a trouvées très-difficiles à expliquer. En leur comparant les nôtres 011 peut jetter quelques lumières sur cette figure.

(2) Suivant l’opinion la plus générale , la victoire remportée sur la biche est le quatrième ou le cinquième des travaux d’Hercule ; celle de Cailimaque dans l’hymne in Dianam , v. 108 ? 109, est assez singulière \ il veut que ce soit le dernier de ces travaux.

(5) C’est ainsi que le rapporte Apollodore, liv. Iï 3 d’autres le font diversement.

des pieds de bronze et des cornes d’or (i), il ne pût résister à la force, à 3a persévérance du fils de Jupiter, ni échappera sa vitesse. On voit que le héros s’est déjà rendu maître de ses cornes , de son museau , et qu’il appuyé un de ses genoux sur le dos (2), parce qu’il veut

(1) Comme les biches n'ont pas de cornes, Spanhëmius , dans ses observations sur Callimaque, pensait fort ingé* nieusement que le genre féminin dans ce mot n’exprimait pas la signification du sexe , mais que c’était un genre grammatical qui convenait egalement au mâle et à la femelle de ces animaux , comme nous disons une hyène, une souris, etc. (ad Callimach . hymn. in Dian. , v. 102)5 mais Pindare qui s’exprime clairement eÀ,a(pOV Sî'tfùsïav , cerf femelle, exclut cette explication ( Oljmp., od. III, v. 52). Il est plus naturel de dire que le vrai cède aussi en cela au merveilleux du récit, d’autant plus que quelques-uns ont soutenu qu’il se trouvait , très-rarement à la vérité', des cerfs portant des cornes (Spanhe'm., ). c. ) , et c’est ainsi qu’ils rendent raison de cette espèce d’animaux que les poètes grecs ont peint ayant, des cornes d’or X.pv(TOX£p(OÇ. Les naturalistes les plus exacts ne sont pas éloignés de croire à des exemples d’une pareille singularité.

(2) Tous les bas-reliefs, les médailles grecques et latines qui représentent ce fait, nous offrent Hercule dans la même position que le nôtre 5 la seule différence est que, dans quelques-unes, 011 le voit saisissant le cerf des deux mains par ses cornes , et que dans d’autres il est précisément comme sur notre bas-relief. Que ce soit Alcamene, ou un autre artiste grec qui ayent les premiers composé de cette manière ce groupe si souvent répété, toujours est il certain que l’auteur d’une épigramme de 1 Anthologie , ïiv. IY, ch, YIH , ép. X, y a fait allusion

le prendre vif (i). La Nymphe qui est assise sur la colline voisine, est ou la Nayade du Ladon, près duquel Hercule s’empara de l’animal , ou bien la Dryade de la forêt de Cerinée, qui donna son nom et la source au fleuve Cérinite, èt où cette bête sacrée et célèbre avait son repaire (2).

en louant une semblable figure qu’il décrit ainsi :

Qv ô (JjSV ?| vï Sf?poç £rt£{i@e@aôç fôvv fiplSeï JLvtfTÔpSav jicûiapbÇLic, Spa^dpiswç xepao^,

« Le héros tient sous lui l’animal ; il lui presse les « flancs de son genou ; ses mains l’ont saisi avec force « par ses cornes rameuses. »

Spanhémius sur Callimaque, hymn. in Dian , v. 108 et 109, a mal compris le distique cité; car il suppose qu’Hercule était représenté à cheval sur la biche comme on voit quelquefois Diane.

(1) Euripide dans son Hercule furieux , dît qu’il tua la biche pour faire plaisir à Diane. C’est probablement cette Déesse que l’on voit dans la figure près de ce sujet sur la coupe du Musée Albani, où sont représentés les travaux d’Hercule. Elle a sur la tête un bonnet de chasseur , comme on le lui voit sur les médailles romaines de la famille Plancia. Selon ce que raconte Pindare, Olymp. , od. IH, v. 46 , Diane se présenta à Hercule tandis qu’il poursuivait la biche. Winckelmann n’a rien su. déterminer sur cette figure , Monum. inéd . , n. 64 et 65.

(2) C’est ce qui a fait que les écrivains ont donné à cette biche l’épithète d g Cerynite , voyez sur cela Spanhémius ( Hymn. in Dian. , Callimaque,, v. 109); et Gales sur Apollodore (liv. 11, ch. IY ) qui a substitué avec beaucoup de raison dans le texte le mot K spwityç ù

La fuite, ou plutôt rextirpation des oiseaux du lac StymphalèV est le sujet de la seconde action qu’offre le bas-relief. On n’y voit pas Hercule épouvanter les monstres avec des crotales , mais il les poursuit avec des traits, aux» quels ils ne peuvent échapper (t). La figure des Stymplialides est singulière ; car lorsque d’autres monumens leur donnent la forme d’autruches (2), le restaurateur de ce bas- relief, combinant ensemble les diverses traditions mythologiques qui leur ont donné, les unes la figure d’oiseaux aquatiques , les autres de femmes séduisantes et féroces, quelques-unes de monstres armés de griffes énormes (3), en a

celui de ÿeepŒ<TTi2Ç. Voyez aussi Pausanias ( Achaica , eli. XXV ) à propos du fleuve Cerynite- Pindare ( Oljmp . , od. Ili , v. 53 ) dit que l’animal avait été consacré k Diane Orthésie par la Xymphe Taygète.

(1) Àpollodore , liv. II, raconte qu’Hercule les ayant fait dénicher au moyen de ses crotales , les tua avec ses flèches hors du marais où elles s’étalent cachées.

(2) Winckelmann qui a fait cette observation ( Momum* inécL. , n. 64 et 65 ), a remarqué encore que ces oiseaux sont désignés par le nom d’autruches, (rtpv^oi , dans les vers grecs gravés sur le bas-relief du répos d’Hercule, à la ville Albani.

(3) Apollonius prouve que c’était des oiseaux aquatiques ( Arg. II , v. io55); il les nomme ‘JüXqlSojÇ } nageurs. Et c’est par la même épithète que, comme l’atteste son scoliaste, les distinguèrent aussi Seleucus dans les Simmicti , et Caron Lampsacenus. Le même scoliaste nous rappelle une tradition, rapportée par Moaseas, sui-

formé Un animal extravagant, ayant le visage d’une femme, des ongles comme les bêtes féroces , des ailes d’oiseau , et la queue d’un bydre ou d’un Triton. Si l’on peut regarder comme fondée sur quelque certitude l’opinion de Spanhémius , qui a cru voir sur quelques médailles romaines un des oiseaux de Stymphale dans un volatile à tête de femme portant le casque, ayant une cuirasse, un bouclier et des javelots h ses côtés, on découvrira une légère analogie entre cette figure et celle de notre marbrie (r). Mais l’observateur trouvera

vaut laquelle les Stvmphalides étaient des femmes ennemies d’Hercuie, qui favorisaient les Molionides ses adversaires. Elles étaient filles du liéros Stymphale et d’Qrnithée ; du nom de leur mère est venu l’équivoque, parce que le mot Q pviç7 Omis , signifie en même-temps ii îi oiseau ou un poulet. Enfin Lucrèce, liv. V, v. 5i, fait mention des griffes qui rendaient si terribles les Stymphalides :

uncisque timenàae

ünguibus Arcadiae volucres Stymphala colentes .

Les figures de notre bas-relief réunissent toutes les opinions diverses sur ces Stymphalides.

(i) Esechiel Spanhémius, de usti et praest. numism . diss. Y, § 4> croit avoir retrouvé l’image des oiseaux de Stymphale sur l’empreinte des deniers romains frappés par les Valerii Âcisculii. Mais cet oiseau n’a aucun des caractères que les anciens reconnaissaient aux Stymphalides. Là tète est celle d’une belle femme , le casque est orné d’un cimier, en outre la poitrine est couverte d’une cuirasse formée en éc, ailles, semblable «f

irne plus grande conformité entre celle-ci et quelques oiseaux , qui sont probablement les Stymphalides, que Ton voit sculptés aux pieds

Pégide de Minerve; et près de l’aile gauche sont placés tin bouclier Argien et deux jaVelots. Il est vrai qu’Àpollonius 7 1. c., appelle les Stymphalides des oiseaux guerriers; et qu’il dit que leurs plumes étaient de fer, qu’elles les lançaient comme fait le porc-épic : mais à quoi sert un casque, une cuirasse , un bouclier, puisque le bruit seul des armes suffisait pour les mettre en fuite ? Les médailles de petit bronze qui représentent d’autres oiseaux avec une figure de femme , que quelques-uns prennent pour les Stymphalides, que d’autres appellent les Harpies, ont cependant quelque ornement qui ne convient pas à ces monstres. Celui qu’a publié Spanhémius , 1. c. , a sur la téle une couronne de laurier et d’olivier. J’ai bien des doutes à élevet sur les explications données, et je soupçonne que sous des compositions si monstrueuses, sans être difformes, on aurait voulu cacher queiqu’imitation des images égyptiennes , qui représentent souvent la divinité avec un corps d’oiseau surmonté d’une tête humaine. On verra dans YArcheographia TV or slejana les motifs qui m’ont porté à croire que l’oiseau à tête de femme d’une gravure égyptienne dans cette collection , pouvait être Neith ou la Minerve Egyptienne. Dans ce cas la Stymphalide des médailles romaines ne pourrait-elle pas aussi être Minerve ? Minerve Mergo A lavica, était adorée a Mégare (Pausanias, Attica , chap. XLI ). Le symbole de Minerve est caractérisé sur un vase de la collection Hamiltonienne ( Hancarville, tom. il, pl. 125) par une chouette à tête de femme, tandis qu’elle prête son appui à Hercule contre Théodamas qui a blessé au sein Déjanire , armée pour défendre son mari. La fable est rapportée par le scoliaste d’Apollonius, Argon . I ; v. 1212.

Musée Pie- CÎém. Vol. IV ao

Travaux d’Hercule * * * §.

Les entreprises glorieuses , qui sont désignées sous le nom de travaux d’Hercule, dont tant de poètes ont fait le sujet de leurs chants , qui nous ont été racontées ei décrites par tant d’écrivains sur les antiquités grecques, et par tous les mythologues, entreprises que ce héros exécuta, Rege sub Eurystheo , faits lunonis iniquae (i), sont si connues , qu’il est sûrement inutile d’en rappeler ou d’en distinguer les circonstances (2). Nous aurons donc peu de chose à dire du présent bas-relief, qui nous représente quatre autres de ces fameux travaux, à moins qu’il

* On Ta trouvé avec îes précédens; longueur et largeur comme l'autre de la pi. XL.

(1) Virgile, Aen.y VIII, v. 292.

(2) On peut lire très-en détail les aventures d’Hercule dans Apollodore , liv. Il, ch. III et suiv. , et presque dans tout le livre j dans le IV de Diodore de Sicile ?

§ 9 et suiv. j dans les inscriptions du bas-relief si souvent cité du Repos d’Hercule $ dans l’anonyme de Herculis laboribus , publié dans les Excerpta de ì’Aììacci ; dans Hygin , fab. XXX , XXXI et XXXII j elles sont très-succinctement rapportées par Ovide , Metani 1. IX, V. 182, et par Virgile, Aen. , VIII, v. 288 et suiv., et dans différens endroits des auteurs classiques. Tout ce que je mets en avant dans le cours des explications sans le témoignage d’aucune autorité particulière; sç trouve dans Diodore ou dans Apollodore.

ii ê nous offre quelque accessoire qui soit plus difficile à interpréter , ou quelque explication absurde à combattre.

Des douze travaux * le premier et le plus connu est certainement celui du lion de la forêt de Némée» Le héros ayant écarté ses traits et sa massue, armes inutiles contre une bête féroce invulnérable, et ne se confiant qu’à la seule force de ses membres, l’attaque corpsà-corps , et le saississant à la gorge, l’étouffe de ses deux mains. Tous les monumens qui représentent ce combat, offrent à peu-près la même action. Je ne sais pourquoi Winckelinann a cru que sur la coupe Albani on voyait plutôt le lion du mont Cytbéron que le lion Némée * quand la circonstance remarquée par Biodore qu’Hercule combattit sans armes , avec ses mains seules contre le lion , indique même que ce groupe appartient à la lutte du héros avec le lion de Némée (i). En outre il n’était presque

(1) Mohuin. inéd. > n. 65. Celte composition es? répétée Sur beaucoup de monumens. Parmi ceux-ci est une trèsbelle pierre gravée antique du même sujet ? qui a êtë trouvée en Grèce pendant ce siècle. Je Pai Vue entre les mains de M. Jenluris > elle appartient à présent à S. À. le prince Stanislas Poniatowski. Celte manière de représenter la lutte d’Hercule avec le lion y était fondée sur le récit des mythographes. Théocrite pour le décrire d’une façon plus vraisemblable , fait saisir par Hercule le lion ayant le dos tourné, Id. XXV , v; 267. Malgré cela on a continué k le représenter sur les montimene

res avec irne corbeille (i)j dans d'autres il creuse avec la houe un nouveau lit aux fleuves (2) j dans le nôtre, si le restaurateur a bien saisi le momemt de Faction , Hercule a déjà rempli sa tâche, et ii ne lui reste plus qu’à se laver. Les eaux, qu’il a su avec tant d’adresse employer à ce travail avilissant et pénible , sont indiquées par une Nymphe sculptée précisément sur le bord de la cascade (5).

(1) C'est ainsi qu'on le voit sur la coupe Albani et ailleurs. Sur le bel autel Capitolin représentant les travaux d’Hercule, ouvrage d'un trcs-ancien ciseau grec, cette action est exprimée par Hercule se reposant sur ce tonneau qui lui a servi à jetter le fumier dans le fleuve. Ce qui mérite d’êlre remarqué, c'est le soin que prirent les anciens artistes à représenter cette entreprise d’Hercule, sans lui donner jamais une apparence vile ou repoussante. Cette observation peut s'appliquer encore au parti pris dans notre bas-relief.

(2) Il est de même sur le beau marbre Giustiniani, qui est un autel dédié à Hercule par L. Decimius Lucrion , décrit par Gruter , pag. XL1H , et inséré dans la Galleria Giustiniani ( tom. Iî, pl. i35 ), où il est grave' avec peu de fidélité. Cette histoire est la seule qui soit bien conservée sur ce beau monument.

(3) Winckelmann, dans l'explication des travaux d’Hercule de la coupe Albani, s’est bien trompé sur ce sujet. Il dit qu’Alcide ayant creusé un nouveau lit au fleuve Alpbe'e , rendit délicieuses et libres dans leur cours les eaux stagnantes de la vallée de Tempe en Thessalie. Comment l'Alphée se transporte-t-il là du Péloponnèse et de l’Elide ? Peut-être qu'il a pris cette équivoque du Pene'e d’Arcadie , dont le nom est sein-

Hercule , Æans la première action , vainqueur de la bielle, est non-seulement bai\>u , mais il a aussi la tête couverte de la dépouille du li0n (i). Mais comme le premier de ses travaux fut la défaite du lion de Némée , cet habillement peut bien lui convenir , et quand on voudrait que la victoire remportée sur la biche fût le premier de ses travaux , comme l’a pensé l’auteur de ce marbre * Hercule se couvrait déjà de la dé* pouille du lion de Gythéron, comme nous l’avons observé à la planche précédente. Dans l’image des autres travaux, Hercule est représenté avec un diadème , comme dis de Jupiter , comme pasteur des peuples , et comme initié aux mys* tères sacrés. Cependant on ne voit une des têtes avec le diadème, dans l’antique , que celle de la quatrième figure d’Alcide , qui a servi de modèle pour rétablir les autres.

blabîe à celui de Thessalie ÿ mais il- ne dit pas un mot du Penée : il ne parle seulement que de PAlphée. Deplus, il ne fait pas même meni ion du travail d’Hereule dans les écuries d’Augias, et cependant le héros dans ce monument se voit non-seulement occupé à former un nouveau lit aux fleuves,, mais encore à vider le limon avec son petit tonneau.

(i) La tête est moderne, mais la peau du lion qui est attachée sur sa poitrine est antique.

d’ un grand cai?^a^re conservé aujourd'hui dans l’églis* de S. Marie in Àventino (i). Il est inedie de vouloir davantage justifier l’artiste moderne qui a cherché à rendre le su» jet plus imponant en s’écartant des idées communes ; car il ne5 s’est pas éloigné de celles qu’ont eu les mylhographes, ni de la manière des anciens qui imaginaient des êtres composés, tels qu’il n’en existait pas d’exemples dans la nature.

Le fleuve barbu assis près d’Hercule représente, sans doute, FErasinus qui prenait son origine du marais Stymphaîide, avec le nom de Stymphalus , et où les oiseaux étrangers Venaient établir leurs nids. Ce même fleuve parcourant FA rgolide, prenait, à cause de ses rivages agréables et de la clarté de ses eaux s le nom ày Aimable ou d’Erasinus (2).

(x) Ce candélabre curieux fut bizarrement composé de différentes pièces antiques et de quelques autres modernes qui servent aies réunir; ce fut l’ouvrage du feu çliev. Jean-Baptiste Piranèsi. Les fils, selon son désir, l’ont placé dans son sépulcre. Le pied est d’un grand candélabre antique qui, peut-être, était destiné à briller dans quelque temple d'Hercuîe , et il est formé par trois, Stymphalides. Elles ont la figure d’oiseaux à visage de femme, avec une queue de dragon. Dans le temple de Diane Stymphalie , à Stymphale dans l’Arcadie , elles ressemblaient aux Syrenes Elles étaient sculptées en marbre sous la forme de jeunes filles ayant seulement des pattes d’oiseaux, Pausanias , Arçad. , ch. XXIÏ.

(2) Hérodote, prato ; Pausanias, Çorinth ch. XXIV,

So

C*est le sanglier d’Erymanthe * pris vivant et présenté à Euristhée, frémissant d’horreur à son aspect épouvantable , qui forme la troisième action sculptée sur ce bas-relief. La figure placée dans le haut, est le fleuve Erymanthe lui-même , qui sortant de la forêt et de la montagne du même nom, allait se précipiter dans FÀlphée, près des confins de l’Elide et de l’Arcadie (i). Dans le quatrième sujet, il semble qu’Hercule se lave a la chute des eaux d’un fleuve, pour se déharasser des saletés dont il s’est couvert, en nétoyant les écuries d’Augias. Ce fut en y faisant passer les eaux du Penée et de l’x\lph ée , qu’il avait détournées , et il leur fît entraîner dans les plaines les immondices dont elles étaient encombrées. On le voit sur d’autres inonumens jettant les restes de ces ordii-

Arcad. > ch. NXIÏ , parlent du fleuve Erasinus et de sa source qu’il tirait du marais de Stymphale. Il faut prevenir ici une objection que fait Winckelmann , en supposant que les anciens n’ont jamais représente' des fleuves assis en haut, mais toujours couchés ( Monum . inéd.f n. 64; 65). Cette objection n’a pas de fondement de vérité. Je remarquerai que sur plusieurs médailles Alexandrines d’Adrien, le Nil est assis dans la partie supérieure et non pas couché ( Zoega , Numi Aegjpt. Imp. Musei Borgiani V élit ris , pi. VI et VII). C’est ainsi qu’est représenté le même fleuve sur la fameuse coupe d’onix du Musee royal de Capo di Monte. En outre sur les médaillés siciliennes d’Assora, le fleuve Crisa est aussi représenté debout.

(i) La tête sans barbe du fleuve est moderne.

encore qu’un enfant, lorqu’il tua le lion du Cy« théron, et jamais cette action n’a été comptée au nombre des douze travaux qui lui étaient ordonnés par le Destin.

La nymphe qui paraît être spectatrice d’en haut, des dangers qu’il court, et dont une main est étendue vers le tronc d’ un arbre , sera la Dryade de la forêt de Némée, et peut-être la fille d’Asoppe , Némée elle-même , qui donna son nom à cette forêt renommée (>). On voyait son image assise sur le lion, dans un des tableaux les plus célèbres de Nicias, qui ornait a Rome les comices du Forum d’Auguste (2). Sur la coupe Albani, elle est présente aussi à ce combat s et elle semble jouir d’avance de la gloire et de la renommée qu’il lui procurera dans l’avenir (3). Le carquois et les flè-

suivant la vieille manière. Les mylhograph.es supposaient qu Hercfule e'tait vêtu de la cuirasse impénétrable qu’il avait reçue de Vulcain. Les artistes imaginèrent depuis qu’il était doué de cette qualité invulnérable qu’il se procura par la suite en se couvrant de la peau de cet animal monstrueux.

(1) Pausanias, Gorinth. , XV , El. I, xxm

(2) Pline , liv. XXXV , § X.

(3) Winckelmann , lieu cité, ne la reconnaît cependant pas, et il la prend pour la Vertu prête à donner la palme au héros. Dans ce cas elle n’aurait aucun rapport particulier avec l’action d’Alcide, devant qui elle apparaît. Mais la comparaison faite avec la figure de notre bas-relief, prouve que ce ne peut être une autre que la Nymphe que nous indiquons, et cette prétendue pal-

ehes qui ne lui servirent qu’à irriter l’animal, à le faire sortir de sa retraite, sont suspendus à un tronc d’arbre de la forêt (i).

La seconde action occupe aussi ce rang dans les travaux d’Hercule ; c’est celle où il tua l'hydre de Lerne, ce dragon monstrueux à sept têtes (2). Cinq sont déjà abbattues et mortes , quoique plus d’une fois renaissant de leur propre sang elles eussent forcé ce fils de Jupiter à désespérer de la victoire. Hercule paraît ab~ battre le monstre à coups de massue , quoique le plus grand nombre des écrivains ait dit qu’il employa le feu pour le détruire. De la main gauche il tient son arc , près de lui sont le carquois et les flèches dont il se servit pour exciter l’hydre au combat , et dans le sang dame n’est, sans doute, qu’une branche d’arbre comme dans ia nôtre. Si l’on admet que ce soit une palme , elle pouvait être dans les mains de la Nymphe Ne'mée peinte par Nicias, faisant alors allusion aux jeux Néméens inslitue's, selon quelques-uns, par Hercule eu mémoire de cette victoire.

(») Cette partie de l’arbre est dans la restauration: l’autre qui correspond au combat de l’hydre est antique.

(2) Voyez sur le nombre des têtes de l’Hydre Spanhémius, de usiiyet praest. numism. j disserl. IV. Les têtes de notre marbre sont dans la restauration. Il est bon de remarquer que sur les me'dailles de Dioclétien ce travail d’Hercule fait, comme l’observe Spanhémius, allusion à la perse'cution que l’on fit éprouver alors aux Chrétiens , dont on comparait la persévérance aux têtes jsans cesse renaissantes de l’hydre.

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se plaçaient dans les espaces des ailes de chaque côté; l’autre des petites faces représentait le devant du temple ( pronaum ) postérieur , dont les entre-colonnemens étaient remplis par les deux autres travaux (i).

Les actions sculptées sur notre bas-relief, sont les cinq premiers travaux , suivant l’ordre de Diodore, savoir: le lion de Némée , l’hydre de Lerne , le sanglier d’Srymanthe , la biche d’Enoé-, et les oiseaux de Stymphale. Dans tous les cinq Hercule est représenté sans barbe, pour indiquer son âge encore jeune lorsqu’il

(i) Un semblable sarcophage très-grand, et sculpté sur toutes les quatre faces, est placé dans la cour du palais Orsini à monte Savelli. Sur la face latérale, à la gauche du spectateur , dans l’èntre-c'oionnement du milieu, se voit d'abord la porte , ensuite une femme voilée, après Mercure (peut-être Vesta et Mercure Pronaüs ? dont parle Pausanias, Boeotica , x ). Dans la face principale sont représentés les cinq premiers travaux d’Hercule , dans le même ordre que sur notre marbre 5 on y voit Hercule sans barbe. De l’autre côté, à droite, les trois entre-colonnemens sont remplis, selon l’ordre qu’a établi Diodore par les deux travaux suivans, placés aux extrémités; Hercule y paraît avec la barbe. Au milieu est la figure d’une Déesse , sans d’autres symboles que le fragment d’un grand arc dans la main gauche. C’est probablement Diane Déesse de la chasse , exercice auquel ont beaucoup de rapport les douze travaux d’Hercuîe. Deux bas-reliefs de la ville Pinciana, qui représentent les travaux d’Hercule, divisés par de petites colonnes , comme dans le nôtre, formaient aussi les deux plus grandes faces d’un «autre sarcophage pareil.

déployait tant de courage. Si nous avions le reste du monument, nous trouverions, je crois, dans les autres figures, que son visage porte la barbe, de la même manière que sur le grand tombeau du palais Orsini.

La composition dans ces diffère ns groupes est belle; on voit qu’elle conserve encore l’ombre des positions et des mouvemens qu’offraient les modèles anciens. 11 me semble qu’après ce qui a été dit sur les planches précédentes , il ne soit pas besoin de nouvelles observations sur ces sujets; car tous les cinq sont ici répétés. On en exceptera cependant Je second et le troisième, savoir celui de l’hydre et celui du sanglier d’Erymanthe. L’hydre n’est pas représentée ici sous la forme du serpent ayant une quantité de têtes qui renaissent, mais c'est un dragon seulement qui a la tête et les bras d’une femme. Winckelmann a aussi remarqué cette manière de représenter l’hydre, et il accompagne son explication d’un passage de Platon qui croit reconnaître dans ce monstre l’emblème d’une méchante femme (i). On peut dire avec plus de vraisemblance que l’on a représenté ainsi la tête de l’hydre qui était

(ï) Winckelmann, Mon . inèd.% n. 64 et 65, pag. 82; Platon, Eutlijrdem. y pag. 225- de l’édition de Ficînus , Lugd. 1690. Sur un des bas-reliefs des travaux d’Bercule qui sont sous le portique de la ville Pinciana, l’hydre a une tête humaine au milieu de plusieurs autres têtes de serpent, semblable à celle de Méduse.

repos sur le Bras gauche du héros ne peut que Fembarasser.

Cette manière de figurer 3e dragon s’entortillant autour de l’arbre aux fruits d’or , précisément comme les artistes modernes représentent le serpent dans l’Eden , a été généralement suivie par les anciens maîtres, en commençant dès l’écoîe de Scyllis et de Dipène. Théoclés leur élève l’avait sculpté en bois de cèdre dans la même position , et ce monument se conservait à Olympie dans le trésor des Epydamnes (i). Les poètes eux-mêmes ne se sont pas trop éloignés des images que leur in® diquèrent les arts du dessin, et les Grecs ainsi que les Latins parlent des circonvolutions que ce reptile vigilant faisait autour de Farbre précieux (2).

(1) Pausanias, El. II, ch. 19, où il décrit ftspie- 2>ei/h.ypsvov rij piy/Léa tov dpânoVWi « Le dragon « entortillé autour du pommier.

(2) Euripide en parle ainsi dans le chœur d/ Hercule furieux, v. 397, où en indiquant quelques-unes des principales entreprises d’Hercule , il rappelle:

A pdlCOVTQL ÏÏVpGÔvmOV

Oç d'jrÀGjvOV âpcpeÙLX ràç ehm êtppovpei Et Lucrèce , v. 33 :

Aureaqne Hesperidum servans fulgentìa mela

Asper , acerba tuens , immani coi pore serpens

Arboris amvlexus "stirpem.

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