‹ Musée Pie-Clémentin (volume 4)Chapitre 32 sur 41 · PLANCHE XL IL · texte numérisé non relu

PLANCHE XL IL

Travaux dHercule *.

Nous avons sur ce bas-relief cinq des travaux d’Hercule, distribues dans les entre-colon- Démens d’un portique, soutenu par des colonnes torses , goudronnés , et qui portent alternativement , sur des chapiteaux doubles , des arcs surbaissés et des architraves pliés à angles. Ce monument nous offre le style d’une époque à laquelle les arts , qui avaient déjà perdu, se soutenaient à peine par une grossière imitation de ce qu’il y avait de bon dans l’antique en le mêlant avec une profusion d’ornemens , dont l’âge précédent leur fournissait Fexemple. Le goût trop capricieux que nous avons remarqué dans les beaux bas-reliefs des pi. XXXIX et XL, dégénéra dans le court espace d’un siècle et devint absolument barbare , comme nous le prouve l’architecture du présent bas-relief. Celui-ci formait le côté d’ un sarcophage. Les tombeaux du troisième et du quatrième siècle imitèrent souvent la forme des temples. Sur ceux ou se figuraient les travaux d’Hercule , on représentait ordinairement un periptère anphiprostyle , ayant la porte sur un des plus petits côtés. Cinq de ces travaux

* Hauteur un peu plus que quatre palmes; long de plus de dix.

quel, par malheur, il les plongea. 11 se pëut que l’arbre auquel ces armes sont suspendues soit un platane , au bas duquel le monstre avait ptis naissance, et où il périt dans ce combat (i). On voit l’hydre qui s’entortille autour d’une des jambes de son vainqueur , comme le dépeint Apollodore dans son récit (2).

Le cinquième des travaux commandés à Hercule par Eurisihée , et le troisième sur notre bas-relief, le représente entraînant vivant, de l’île de Crète jusqu’à Argos, le taureau adultère de Pasiphaé, lequel ravageait cette île. Il le tient par une corne , et une Nymphe de l Aphésantius, symbole des Argolides, est assise sur un des roches de son père pour être spectatrice du combat (3).

(1) Pausanias , Co ri rit h. , ch. XXXV ÎÎ.

(2) Apollodore, II, ch. V7, 2. H1 2 * 4 5 (/è ^atêpo rcw

%oiïâv svetterò ct£piK?Meetaa, Les monumens condi-

ment cette leçon , rétablie par Galléus.

(5) Sur les bas-reliefs de la coupe Albani la femme qui est près du combat contre le taureau , est demi-n Jie, et tient sur ses genoux un grand écu rond. Winckelmahu la croit une Minerve, mais avec peu de fondement. Le bouclier argolien tenu de cette façon par cette figure , est plutôt un symbole qu’une arme de défense. Sa nudité ne convient pas à Minerve , d’autant plus qu elle ne montre rien qui annonce qu’elle est armée. C’est, a mon avis, l’Argolide personnifiée, et dont le bouclier est le symbole , parce que l’on conservait à Argos le bouclier de Diomède (Callimaque, hjrmn. in Minervam , v. 35), et enfin parce que ce fut à Argos qu’on inventa les bon-

Dans la quatrième action , Alcide a la realn étendue pour donner la mort au dragon qui garde le jardin des Hespérides , selon l’expression que lui a donnée le restaurateur. Cependant dans l’antique il recueillait sans doute les pommes d’or de cette plante , après avoir assommé avec sa massue cet horrible serpent, dont le corps, roulé fortement encore autour de ce tronc mal gardé, devait avoir la tête à moitié vivante et rendant le dernier soupir. C’est ainsi qu’il est représenté sur d’autres monti mens, et l’expression est trop froide et incomplete dans la restauration ; car la massue placée en

cliers. C’est fort-à-propos qu’elle a été imaginée pour distinguer cette action d’Hercule , dont la plus grande difficulté' e'tait d’entraîner vivant, par mer et par monts depuis l’île de Crète jusques dans l’Argolide, un taureau, qui vomissait des flammes. Winckelmann retrouve encore Minerve dans la femme armée et vêtue d’une tunique courte, qui est placée, dans le même monument, près de Gérion. Il n’a pas pris garde que celte femme armée n’a pas le caractère ordinaire de Minerve, ni par ie$ armes, ni par les vêtemens; car on ne voit jamais cette Déesse représentée par les anciens en tunique comte ne venant qu’à mi-jambes. En outre la femme armée est du côté de Gérion, et non de celui d’Hercule , comme elle devrait être placée si c’était Minerve. Je crois qu’elle représente l’Espagne, que l’on voit sur beaucoup de médailles romaines en habit de guerrier, particulièrement sur celles de la famille M inatti , e t ces tuniques courtes sont le vêtement que l’on donnait ordinairement aux images des provinces, tant sur quantité de médailles, que. sur plusieurs bas-reliefs.

immortel, qu’Hercule , après ravoir coupée, ensevelit sous une grande pierre (i). Dans le beau groupe du Capitole , sur le fragment qui n’a pas été employé , on voit la tête de l’hydre de forme humaine , dont l’expression d’effroi , dans un sujet aussi monstrueux et horrible, est vraiment merveilleuse (2). Au bas du héros, qui est représenté portant le sanglier sur les épaules ,

Qualis ab Arcadia rediit Tirjrnthius antro

Captivumque suem clamantibus intulit Argis (3),

on voit la figure d’un jeune homme s’accoupis-* sant dans un petit tonneau, et levant les mains au ciel comme pour exprimer son étonnement et sa peur. On trouve cette figure accessoire sur d’autres monumeus du même sujet (4), et elle

(1) Àpollodore , liv. Il , ch. v, 2.

(2) On peut voir le groupe comme il a été' restauré dans le tome flï du Musée Capitolin , pi. XXVII, mais le fragment antique qui a été trouvé depuis, est con» serve à part dans le même Musée.

(3) Stace , Theb. , vm , v. 7 5o . La même fable est peinte sur une ancienne fresque du Musée de Portici , Peint, dHercul., tom. IXl, pl. XL Vit, comme dans le tome IV, pi. V, on voit représenté dans une peinture antique le combat avec le lion de Némée dans la même attitude que sur nos bas-reliefs décrits. Enfin dans le tome V, pi. XXIV, Hercule est peint lançant ses flèches sur les Siympbalides, en présence du fleuve Stympbale ou Erasinus.

(4) J’ai vu chez M. Volpato un fragment de bas-relief très -curi eux qui représentait les travaux d’Hercule. L’an-

se rapporte, comme tout le reste, àu récit de Diodore , qui dit qu’Euristhée s’était fait préparer un petit tonneau ou pietrine de bronze pour se préserver de la terreur que lui inspiraient les monstres, dont Hercule s’était rendu le maître, et qu’il lui amenait vivans à Argos , et afin de pouvoir jouir de ce spectacle, malgré son caractère pusillanime et lâche.

Enfin dans le dernier compartiment, ou les oiseaux de Stymphale sont tués à coups de flèches, outre leur figure , qui ressemble à un autruche , comme nous l’avons fait observer déjà , on remarquera que le carquois d’Hercule, au lieu d’être suspendu sur ses épaules, est attaché par une courroie à son côté, ce qui explique pour-* quoi Théocrite lui a donné l’épithète de -vx&ùévioç (i).

Quant à l’usage qui faisait orner les tombeaux par la représentation des travaux d’Hercule , on pourrait lui attribuer différentes causes. Au lieu de l’emblème physique du cours du soleil , et de son passage dans les douze signes célestes, qui a été pris ensuite pour symbole de la vie et du temps , suivant l’opinion de quelques an-

cien sculpteur qui fut charge' de le copier d’après quelque modèle , sans en avoir compris la fable , a donné à Euristliée , qui est dans le tonneau, les formes d’une jeune fille* Je crois cela plus probable , que de dire que cette femme qui se cache est Admète, fille d’Euristhe'e*

(i) Théocrite , Idjrl. Xvïi v. 5o.

Musée Pie-Clé ru. Vol* IV. ûi

ciens (i), f aime mieux y trouver la doctrine morale de la vertu remportant la victoire sur les vices et sur les passions déréglées. En sculptant sur un tombeau les travaux d’Hereule , on a peut-être voulu indiquer que la colère , la débauche, la cupidité , et d’autres affections contraires h la raison , avaient été domptées par le défunt, comme Alcide vainquit les monstres. Un passage d’Héraclide de Pont, qui me sert à conclure en faveur de cette idée , sera un fondement et une nouvelle lumière à cette allusion. L’inventeur de l’allégorie dit, qu’Hercule triomphant du sanglier, a vaincu l'intempérance , et dans le lion, une audace immodérée; qu’il combattit dans le taureau la colère ; que dans un travail vil et sale , il surmonta l’ennui et l’oisiveté; qu’en se rendant maître de la biche de Cerinée, il se débarassa de la timidité craintive; qu’il renversa avec les Stymphalides les espérances vaines dont on se nourrit et se repaît pendant la vie; qu’il éteignit dans l’hydre à cent têtes les désirs honteux sans cesse renaissans , en employant la force des remontrances ; enfin cerbère aux trois têtes, amené au jour, est l’image? selon lui, de la triple philosophie , rationnelle ? naturelle et morale que ce héros arracha aux ténèbres par une étude assidue , et qu’il rendit

(1) Servius, ad j^en. , v?n; y. 287 et suiv.j Macrobe T. fiat. I ; xx.

sensible en éclairant les hommes sur leur vie et leurs actions (i).

PLANCHE LXÏÎ I.

Il E 11 C U L E *.

Le bas-relief que nous allons examiner remplissait le tympan d’un petit temple. Cette par*

(i) Hëraclide de Pont, Allegoriae y pag. 4^3, ed> Gale inter opuscul. mythol . , etc. Qn xdftpov pbèv sìks 9 tÿl? èmxoûdÇycrav âvSpôxoïç dxoXaàiav , /iéovra Sè , ryp dxpirGfç ôppbôaav s(p * à pivi Ssî (popdv , xar' amò de Svpbovç dXoylfTTÿç ïïsSyiaaç , ròv vfîpurryv ravpoP èvopLifùri SsSsxèvai SsiMav ye pèv ètpvydSsvôsv vx rov @ty rrp K epveiav shatpov xal nç anp stcüÇ ôvo- {idÇo[ievoç dàXoç sxpsptôypmal> i Siaxa^ypavoç âv~ ryç rviv smrpèyymv arLSiav opvsiç Sè rdç vjryvepLtvç s/LmSaç , di fióaxyin ròv fiiov ypbôv , àpbe&xèSaasxaï %o’kvxs(pa%ov e^t^vptiav , mu; orav sxxojrf? , vrdTav dpysrai fiùaardveiv , oorep vSpav riva S a vtvpoç ryç itapamaeaç s^sxoipsv Avrò; ys ybvLv ô rpixècfiaùoç SsiySsiç fâiQ xépfîspoç slxoro; âv rvfl rpi{isptf (piùo(ro<ptav v^awirrsrav rò {lèv ydp àvrtfç Ûoyixôv , rò Ss (pvaixòv , rò Ss s^ixòv òvopbd&rai • rama S' ô(ntsp afr evo; sxtfstpvxòra dvysvo;, r pi yjl xard rm xs(pa/lm f. ispi&rcu . Je rétablis ainsi cê passage en le corrigeant dans cinq endroits, el remettant K spwsiav pour Kspavvîav, vjcpve^lyç pour avvvrpv^^^ rapportant V dnsaxêSacre à opsiç , en supprimant la virgule, et ôtant du texte tì?V ‘KoXvyyv xÔTtpov , qui était une glose de V djcpsxoç ôvopbaÇôpevoç d%?»OÇ qui a été placée là fort mal à propos ; et substituant enfin <jcodkv*,

xé(pa?uOV è-Jîi^Vfjbiav à iïoùvxé'pa/lov vSpav.

* Hauteur quatre palmes dans sa plus grande tfléva-

lie du frontispice, que les Grecs ont appelée derôç et les Latins faStigium , était ordinairement ornée de bas-reliefs , dès les temps les plus reculés , comme cela paraît démontré par la description des temples grecs et romains , et comme nous en avons eu la preuve dans les basreliefs superbes du Parthenon , qui restèrent intacts encore à Athènes, jusqu’à la fin du siècle dernier (i). Le nôtre a appartenu à un temple

tion \ longueur huit palmes et trois quarts. Il fut trouvé dans les fouilles ouvertes sur le territoire de Tivoli, par ordre du souverain pontife.

(i) Beger dans son Spic'ilegium, class. I , n. 5 , pag. 6 et 7 , a expliqué le premier ce terme dezôç , aquila , pris dans le sens de frontispice ou de tympan des temples. Winckelmann ; dans ses Observations sur Varchi lecture des anciens , ch. I; § 58 ; et ch. ‘i , § io, que Ton trouve dans le tome III de l’édition de Rome de YHist. de Vart , a depuis expliqué ce terme propre à l’architecture. Il paraît, en lisant Pindare , Oljrmp. , od. XIII, v. 29, que ce furent les Corinthiens qui imaginèrent d’orner les frontispices des temples avec des aigles; d’ou est venu le nom aeroL aîeriatOL , parole thecnique, jusqu’à présent inconnue, et que je trouve dans la célèbre inscription concernant la fabrication du temple de Minerve Poliades à Athènes. Cette inscription fut écrite sous l’archonte Dioclès, 4°9 ans avant l’ére chrétienne ; on l’a transportée, avec d’autres, en Angleterre, il y a quelques années. Le savant Chandler l’a publiée parmi ses Inscriptiones in Asia minori et Graecia , part. II , n. 1. Au nombre des marbres qui se trouvent préparés pour la fabrication de ce temple , quelques-uns sont indiqués comme appartenant aux frontispices. ( On observera que les lettres marquées d’un * sont celles des mi-

çTHercule, construit jadis dans le champ Ty-

nuscules, que je li différemment que dans la copie apographe publiée, dont les quatorze lignes avec la forme des anciens caractères , sont dessinées dans la planche d& supplément, B i IY, n. 9).

ÂIETIAIOITONAIIOTEDSTOASMEKOS m HEnTAIïOAESnAATOSTPIOjNIIOAON EAïHMïnOAÏOnAXOSnOAlAlO . .

HOTTOIHEMIEPAOI

II HETEPOMEKOSnENTEnOAEnAATOS TPIONnOAONKAIHEMinOAIOnAXOS

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AEISAEniTOSAIETOSriAATOS

ÏIENTEHEMinOAIONMEKOSTETTA

PONnOAONKAIHEMinOAIOnAXOU

nOAIAIATENAEIANEPAASIAN

I HEMIEPAOIE

HETEPONHEMIEPAONTES I AEIASEPAAEIAS

T7 dienaloi rôv dito tî$ç (rroàç , (itfieoç extaxodeç , xÀdroç xptov rtodôv xai Tipixodiv , ftdypç vcodiaïoi • ovroi ^piepyoi •

§* etépo , fjLYiKoc, ‘jzevièftode , rtûdroç rpiôv ütodôv xai tfpixodîv , rtàyoç ir odialo , 'typlepyo • yelaa exl tovç disrovç , Tt^âtoç ütèvTE iipyjtodiov , ptfjeoç terra- ’pov %odov noi tfpurtôdlv , itdyoç codiala , r fyv heiav êpyaotav d 'fyplepyov ,

d riybkpyov rtfç ùsiaç epyaoiaç

Sex Aectiaei (i. e. lapides f astigli) ex iis qui ad porticum spectant longitudine

Eurtia dans le taunicipe duquel on Phonorait comme une divinité tutélaire (1).

septempedales , latitudine t riunì pedum et dirnidii , crassilie pedales :

lii ad dimidium elaborati .

duo alii longitudine quinquepe dates , latitudine trium pedum cum dimidio , crassitie pedales , ad dimidium elaborati, suggrundia supra fastigia laîitudinis duorum pedum cum dimidio , longitudinis quatuor pedum cum dimidio , çrassitiei pedalia , quod ad laevigalionem spectat , alter um imperfectum ,

alterum cuius laevigatio ad dimidium perfecta.

J’ai d’autant plus volontiers rapporte' ici ce morceau d’un monument si inte'ressant pour l’histoire de l’architecture des anciens, que je diffère dans quelques endroits sur l’explication que lui a donnée le savant éditeur. Ce n’est pas que je prétende affaiblir le mérite de ses utiles recherches , puisque lui-même avoue qu’il offre cette inscription à l’examen critique des érudits. Entre autres choses, il a cru que les nombres en marge, III, 11,1,1, etc., devaient faire partie du sens de l’inscription , ayant remarqué que le nombre double est employé dans toute l’étendue de l’inscription , aux paroles près desquelles est placé à la marge le signe 11 du même nombre , et que le singulier correspond au signe l de la marge. Il faut remarquer que des deux pierres qui servaient au larmier, l’une e'tait appelée imparfaite en ce qui concerne le poli , c’est-à-dire qu’elle en manquait absolument ’kü&V spyaffiav tfpiepyov , et que l’autre n’était polie qu’à la moitié , tfpiepyov rtfç ûeiaç ipftao'laç

(1) Volpi, Velus Latium f tora, X? part. I, pag. 108 et suiv»

Au milieu est la figure du héros divin , qui surpassa en force tous les hommes et les hêtes féroces (i), et il est tel précisément que le dépeint Callimaque , divinisé et devenu immortel, ÿvïa, Se&Ssiç (2): il s’appuye de la main

(1) Théocrite, IdyL XXIV , v. 79:

Ov naï S'épia ïïàvra itcà âvèpeç tyffG'oveç SJk\ 01.

« A qui tout cède, hommes et animaux féroces. »

(2) Callimaque, Hymn. in Dianam , v. x5g. Un des plus beaux et des plus anciens monumens de l’apothéose d’Hercule, c’est la patère qui est publiée dans Dempster, Elrur . régal, j t. ï, pl. 2, et dans le Gori , Mus. Etr. , pag. 4°i , dont parle aussi l’abbé Lanzi , Saggio della lingua Etnisca , par. Ili, pag. 209. On y voit grave Hercule qui s’appuve sur Minerve , et le nom de chacun d’eux y est écrit: le héros est précédé par une autre Déesse vêtue seulement d’un petit manteau et ayant une baguette dans les mains ; près d’elle est écrit

une troisième, qui l’accompagne, est revêtue d’un liabit plus grandiose, elle a des ailes , et le bras droit plié au coude , attitude que l’on voit ordinairement à Némésis sur tous les monumens j on lit près d’elle Gori et Passeri ont expliqué , Eris, par Hpa ,

Junon , et Eihis , par Aetas , l’Eternité. L’abbé

Lanzi y reconnaît dans Eris, Eris, ou la Discorde, et supposant qu’ Alcide est représenté sur la patère dans la double voie , il prétend que Minerve signifie la Vertu p et Ethis , qu’il interprète par <‘\WoV'Vl , est, selon lui, la Déesse de la volupté. Je lis plutôt ’lpiç, Iride , et Lv/ç, comme qui dirait l^eïatj , la juste, V équitable , épithète que les écrivains grecs ont donnée à Dicé et à Thémis, et qui peut aussi convenir à Némésis, qui est, comme les deux autres, le symbole de la Justice. Je suppose qu’on a employé l’E au lieu de 1T, échange dont on a

droite sur sa massue , qui paraît garnie (Tua cercle vers la poignée. Selon quelques mytho-

beaucoup d’exemples, et on a de plus un motif dans lo nom E i , au moyen duquel les Grecs distinguaient la lettre E de la lettre H. En outre E piç pour \piç ne s’oppose nullement h. l’analogie du nom , le faisant dériver du mot inusité' JLpéo , dico , nuncio , d’oii le nom d’iris veut dire messagère : et les Grecs dans le même sens qu’ils disent l%vÇ , disent aussi êvSfVÇ > ce qui prouve que l’élément E, quel qu’il soit, n’est pas étranger à sa racine. Donc la patère, représentera effectivement l’apothéose d’Hercule de la même manière qu’on la voit, en bronze, sur la base de l’Àmyclée , ouvrage de Baticles, qui avait figuré Minerve conduisant le fils de Jupiter dans le ciel , en le faisant accompagner par d’autres divinités (Pausanias, Lo con. , ch. XIX }. EPIE, El PIS } Iris, qui le précède est chargée d’anuoncer la volonté des Dieux qui l’ont admise parmi eux; elle sert de ministre à Junon qui s’est dépouillée enfin de sa colère; on la voit en habillement court propre à l’office de messagère qu’elle remplit , et elle porte la baguette que l’on donne sur les monumens aux hérauts ; deux baudriers se croisent sur sa poitrine , et dans les figues étrusques ils s’employent pour soutenir les ailes; en effet nous voyons ailleurs Iris ailée , et peut-.êlre que si elle ne Pest pas ici , c’est parce qu’elle sert en ce moment de guide au nouveau Dieu pour le conduire au sommet de l’Olympe , et qu’elle n’exécute pas en ce moment un long message sur terre. L’autre E0LS pour î^eïûb ou èvSsïa ? juste , V équitable > est la Déesse Kémésis, personnage allégorique de la Justice distribu** tive, qui admet Hercule parmi les Dieux pour le récom* penser de sa vertu constante. Elle est ailée , comme on la voyait à Smyrne , comme elle est représentée sur beaucoup de pierres gravées, et elle a une coudée qu’ell©

Io gu cs, il se procura lui-même cette arme , quoique d’autres veulent que Vulcani lui en fit présent (i). Sur le bras gauche il soutient la dépouille du lion de Némée , qui lui sert comme d’un bouclier impénétrable. On voit dans sa main gauche les pommes du jardin des Hespérides , parce que ses travaux ayant été terminés par la conquête de ces fruits (2), il fait voir qu’il a rempli toutes les conditions dangéreuses qui lui ont été imposées , et qui lui ont fait accorder d’être admis au séjour des immortels , et d’être égal à eux. On voit près de lui le carquois , les flèches et l’arc qui lui furent don-

élève, indice de la mesure des actions humaines, geste que nous avons déjà fait observer ailleurs, et qui la caractérise.

(1) Apollodore et Pausanias assurent, qu’ Hercule luimême se fit une massue de bois d’olivier sauvage, qu’il coupa ou dans la forêt de Némée , ou dans le marais Saronide. Théocrite prétend qu’elle fut du même bois , pris sur le mont Hélicon , Id. XXV , y. 209. Diodore raconte que ce fut Vulcain qui lui en fit présent avec une cuirasse. Le cercle qui l’entoure vers la poignée expliquera, peut-être, l’épithète aMpëLOP , ferrée , que Théocrite même donne à la massue d’Hercule, Id. XVII, v. 3i. On peut voir d’autres notices savantes sur cet objet dans le tome II des Bronzes d’ lier culanum , planche XX , n. (2).

(2) Selon Diodore et la plus grande partie des mollume ns. On apprend en outre qu’Euristhée donna à Hercule les pommes qu’il lui avait apporté, et que le héros en fit ensuite une offrande k Minerve. Apollodore

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