P LANCHE XL V
Lares v i a l e s *„
Ce sont évidemment les Dieux Lares que ces jeunes gens couronnés, en tunique courte, les pieds chaussés de cothurnes, se tenant par les mains , et qui élevent un rit us ou corne , dont on se servait pour boire. Ils étaient déjà connus par des images semblables , avec les mêmes inscriptions , sans avoir eu besoin de recourir à des conjectures (i). Us sont en effet vêtus d’habillemens courts comme Perse les dépeint (2), et de la même manière que fon nous dit qu’est Diane, et telle à la vérité que nous la voyons; mais non pas avec une toge retroussée , comme un scoliaste , peu éclairé, a voulu le faire croire (5). Cependant la troisième figure, qu’à son inscription nous devons reconnaître pour le Génie d’Auguste, qui a dans la main droite une patère, comme on voit souvent les Génies sur les médailles , est couverte d’une toge, laquelle est même relevée pour voiler sa tête, comme étant prêt à
* Ce bel autel a quatre palmes de haut. ; de largeur trois et sept onces ; et d’e'paisseur trois palmes , deux onces.
(1) Montfaucon , Antiquité expliquée , toni. ï> Pag* 202.
(2) Sat. V ? vers. 2t.
(5) L’ancien scoliaste de Perse au mêliie lieu.
Musée Fie- C lem. Vol IV
faire tin sacrifice. Une peinture ancienne assez semblable à ee bas-relief (f) , ajoute une corne d’abondance dans la main gauche de ce jeune homme revêtu de la toge et voilé , et ce symbole lui donne encore plus le caractère du Génie j mais dans notre bas-relief, où l’inscription ne laisse pas douter quel en est le sujet, il n’avait pas besoin de ces attributs pour être distingué. Cette inscription placéê au-dessus, et qui a été si bien expliquée par l’abbé Marini (3), nous apprend que cet autel
(1) Peintures $ Herculanum , tom. IV , pi. XIII. On voit dans ce tableau les Lares représentés dans la même attitude et avec les mêmes symboles qu'ils ont sur l'autel de la ville Médicis , publié par Monlfaucon dans le tome I déjà cité, part. II, pl. CCII. Il y a en outre ce Génie décrit qui est, peut-être , celui du municipe, accompagné de figures plus petites qui conduisent à l'autel un porc, ceint des bandelettes sacrées, que, suivant les auteurs classiques, on offrait comme victime consacrée aux Dieux Lares (Horace, Od. III, 2 5; II, Stai. 3, v. 164 )• Au-dessous sont deux serpens , symboles aussi du Génie du lieu. Les interprètes ne se sont pas doutés du véritable sujet de ces images.
(2) Comme l’explication de celte inscription fait connaître avec évidence le sujet de ces sculptures, j'ai cru qu'il était utile de la rapporter ici en son entier. Le savant auteur l'adressa à l'abbé Guattani, lequel en enrichit , en novembre et décembre , son excellente feuille périodique, qui paraissait chaque mois. Le lecteur nous saura gré de lui avoir donné tout entier ce schediasma digne des^connaissances , de la critique et de la profonde érudition de cet estimable auteur, qui a eu encore
fut élevé par de nouveaux magistrats crées par Auguste sous le titre de Maîtres des rues dé Rome, Magistri vicorum , appelés aussi Vicomagistriÿ et que par conséquent les Lares qui sont ici sculptés , sont les Lares viales , en l’honneur desquels ces magistrats faisaient célébrer des fêtes et des jeux qu’on nomma Corn pitalitii . Notre autel a beaucoup d’analogie avec celui du Musée royal de Florence, placé autrefois dans la 'ville Médicis, et qui fut consacré aux Lares par les Maîtres de la rue Sandalia -
3a complaisance cfy ajouter de temps en temps de nouvelles observations, et des comparaisons intéressantes, parmi lesquelles je remarque avec plaisir qu’il a découvert aussi le véritable sujet du tableau d’Herculanum , dont il a été parlé ci-dessus à la note (i), pag. 558. Il faut observer cependant qu’il n’a pas vu le monument original , mais qu’il eut sous les yeux seulement un vieux dessin assez fidèle, avec la copie de l’inscription, qui devait alors être plus entière qu’elle ne l’est à présent. Les lettres qui se sont conservées sont celles qui suivent seulement, et disposées ainsi :
. ARIBVS. AVGYSTIS. G, .......... .
Q. RYBRIYS. SP. F. L. AYFIDIYS. CN . . CINïV