LETTRE DE L’ABBÉ GAETANO MARINI
INDIQUÉE DANS LA NOTE DE LA PAGE 33g.
*V ous voyez dans ce dessin, très-savant Guattani , un autel quarré, lequel, comme vous l avez déjà remarqué, est en très-peu de choses différent de celui qui ornait autrefois la ville Medicis , que vous avez fait connaître avec toute l’exactitude et le bon goût qui vous sont ordinaires, dans vos feuilles périodiques, l’an passé, et qu'enfin vous avez parfaitement expliqué. Vous trouvez sur celui-ci les Lares , non pas tels que les a imaginés Boxornius (i), mais en tunique courte ou relevée , avec leur corne , à boire , précisément comme je les ai vus depuis dans un des beaux tableaux d’Herculanum (2). Vous y voyez encore le sacrifice , la grande couronne, les rameaux de laurier, répétés sur les deux côtés , et quelques mots qui nous apprennent que ce fut aux Lares Augustes ( qu’il ne faut pas confondre avec ceux de la maison d’Auguste) que trois maîtres élevèrent ce monument. O11 lit dans Muratori (3) , dans Gudius(4), dans Donati (5) ces mêmes paroles, mais avec quelque différence , et pas assez
(1) Quaest. Rom. , n. IV.
(2) Tom. Ili , pi. XIII. Ces savans académiciens ne savent pas ce que ces statues peuvent représenter, quoique dans le tome II des Bronzes, lorsqu'ils parlent , pages ao5 et 206, de quelques petites statues appelées vulgairement Pocillalores, ils semblent être du même avis que Passeri qui approche le plus de la vérité , en les appel* lant Génies domestiques,
fidèlement rapportées , comme il me semble qu'elles le soient beaucoup plus dans la copie que je vous envoie, qui a été faite d’après un vieux dessin du siècle passe ( parce que je n'ai pu voir que fort tard l'original même qui a été transporté , vraisemblablement, du palais Barberini au Musée Pie-Clémentin ), auquel sont ajoutées les belles sculptures que n’ont point connu aucun de ces trois savans qui ont recueilli tant d’inscriptions. Je ne vous dirai rien de ces morceaux de l'art, parce que vous en avez dit assez pour ce qui est répété sur votre autel , et parce qu’il serait inutile de parler sur ce qui reste. J’ajouterai seulement que les couronnes étaient paiv ticulièrement dues aux Lares , et Caton (1) veut que sa fermière halendis , idibus , nonis , festus dies cum çrit j Corçnam in focum indat , per eosdemque dic& Lari familiari prò copia suppliçeU J’ai découvert ensuite que c'était pour les Dieux Lares principalement qu’on les faisait grandes et magnifiques , comme celles que nous voyons sur nos marbres. Donaticae Çoronae ( dit Festus ou plutôt l'ami d’Auguste Verrius Flacçus ) , dictae quod lus Victor es in ludis donabantur% quae poslea magniti centiae causa instilutae sunt su per modum aptarum [ aptum comme lit Pasquali (a)] çapitibus , quali amplitudine fiunt cum Lares or n anta r\ Vous avez peut-être remarqué deux couronnes semblables sur deux inscriptions dédiées Genio et Laribus , dans Montfaucon (3) et Boissard (4). Ne nous occupons plus des bas-reliefs , mais permettez-moi quelques réflexions sur l’inscription que je lis , et
(i) De RR. , c. i43.
(a) De Coron. , liv. V, c. 7.
(3) AA- expi. , tom. I , part. II , pag. 322. 0) A. R., liv. IV , pag. 137.
que Je restitue de cette manière : LARIBYS • AVGV- STIS • Genio • augusti • SAGRVM • Q. RVBRIVS * SP. F. GOL. POLLIO • L. AVFIDIVS • CN. F. FELIX • • • • DI C INI VS • • PHILEROS. MA-
GISTRI • QVI • K al. AVGVSTIS • PRIMI • MA- G\ sterilirti • zVz/ERVNT. Sur deux bases dans Fabretti (i), l’une desquelles est aussi rapportée par Donati (2), on voit écrit: LARIBVS A VG. MINISTRI QVI R, À VG. PRIMI INI ER VINT ; sur deux autres du même qu'on retrouve aussi dans Donati et Muratori (3) : MERGVRIO AVGVSTO SAGRVM MAG.
VICI • • • • QVI KAL. AVG. PRIMI MAGISTER. INI ER; sur deux inscriptions dans Gruter (4): IA- NAE AVGVSTAE sur l’une, et l’autre : FORT VN AE AVGVSTAE Q. AVILLIVS ADAEVS MAGISTER VICI QVI K. AVGVSTIS PRIMVS MAGISTER1VM INI T.
Quelle espèce de magistrature est donc celle-ci qui eût son origine chez les Romains depuis les calendes d’août y dont les premiers qui la possédèrent furent si glorieux, quelle leur parut titillo i'es digna ? J’ignore si quelqu’un eut jamais envie de la connaître, et je sais encore moins si, moi qui le desire, je pourrai y parvenir, mais je bazarderai toutefois à vous dire ce que
(1) Chap. VI , n. 96 et 97.
(3) Fabr. , 1. c. , n. 70 et 71 j Doni, cl. I, n. 96; Muratori, io3, 5.
(4) 4° > 1 4 5 74 > 2 citerai à sa place une inscription faite par les maîtres des vici pour la Déesse Stata Fortuna Augusta , ou bien pour Vesta syncrona et parœdra des Pénates. (V. Spanhém. , de Vesta et Prytan , § XV), qui prouve mieux que les monumens Ligcriens et les anciens mythologues, qu’on a confondu quelquefois avec Diane la belle pierre qui est au Capitole commençant par ces mots: DIANAE NEMORESI VESTAE SAGRVM, et finissant par rappeler un Caratar Vici Quadrati,
j’en pense. Auguste spatium Urbis in Regîoncs , Vi cosque divisit , instituitque ut illas annui magi stratus sortito tuerentur , /W Magislri e plebe cuiusque vi emme fi) electi, ainsi que nous lisons dans Suétone (2), et il paraît que Dion a commenté ses paroles lorsqu’il écrit (3), que vers l’an de Rome 747 , par le même empereur, 01 c/Tevomn n t 2. Curato res , szVe A/agistri Vicorum plebea sunt constituti 7 quos graece Stenoparchos dicinms f et praetcjcta ac Liclonbus bitiis in us locis f quibus praeessent , eos uti cei'tis diebus concessum : ac servitia , quae ante cum Aedilibus in usum incendiorum estinguendorum fuerant 7 addita . Quamvis et Aediles , Tribuni Plebis , et Praeto - /'es se sortiti quatuor de din Regio nibus , />2 quas
tune Urbs divisa fuit , praeessent } id quo hodie etiam fit. Les maîtres des rues furent d’ailleurs appelés Magistri7 à-TtXüÇ , C.uratores Vi co rum (4), Vicomagislri dans des descriptions très-connues de Rome, et Viatores dans quelques gloses anciennes (5) , et chez les Grecs ils furent nommés (rrepÔTrap^ot, àpcpodupyoi (6). et ÿsiTOviapftOi , comme une chose nouvelle établie à Rome par Auguste, et c’est faire une violence intolérable
(1) Ce même mot vicinia yeiTOPlCt , se trouve sur une inscription dédiée à Hercule par les Maîtres de la rue , en V an XI . qui existe à présent dans la ville Sciarra, et qui n’a pas été rapportée avec assez d’exactitude par Fabretli ( c. Vili , n. 379 ) , par Doni (cl. I, 11. 97), par Donati (36, 4): on y b’t aussi le mot tuen~ tur , qui se trouve dans le passage de Suétone cité.
(2) In Aug. , cbap. XXX.
(3) Liv. LV , u. 8.
(4) Grut. , 41 , 7.
(5) Viocuri , c’est ainsi qu'on les appelait, si nous nous en rapportons à Casaubon ( ad Svet. , 1. c. ), et à Du-Cange ( Cpol. christ . , 1. I , c. 22) : mais je n’en suis pas convaincu ainsi que d’autres, y. Ev. Otton , de tutel . Viar., p. 372.
(6) Gloss, vel., Chron. Alexandr. ad A. C 119.
que de vouloir les introduire dans l'oraison de Cicéron contre Pison (i). Car si à la faveur du seul manuscrit de Mayence , ils ont placé dans Foraison que récita L. Valerius (2) contre la loi Oppia, il convient de dire, ou que Tile Live fit, comme il a fait d’autres fois, nommer par cet orateur des objets qui étaient en usage de son temps , ou bien que quelque interprète a placé dans le texte un vieux mot ( glossema ).
A présent je suis porté à croire que les Maîtres de mon inscription et de celles que j’ai citées , sont précisément les Maîtres Auguslales , et je crois encore que ce sont ceux-même qui furent nommés Fan 747 9 quoique je ne puisse vous assurer que ce fut dans la même année qu'ils placèrent cette inscription, ne sachant pas si leur charge était annuelle , ou de cinq ans, ou à vie (3). Ne soyez pas étonné que cinq ou sik monumens de ces premiers Maîtres ayent pu parvenir jusqu’à nous, leurs descendans si éloignés de leur siècle, parce que sans parler de la vanité ambitieuse (4) qui leur faisait doubler et tripler les monuments pour pouvoir y graver leur nom , chacun dans la première ligne de l’inscription. Je suis d’avis qiFon éleva dès-lors, aussitôt, ou peu après par les ordres d'Auguste, un nombre très -considérable d’autels, et probablement un par rue ( non pas cependant par le motif que vous avez fort ingénieusement appliqué à votre autel), et
(1) Nam. 4*
(2) Live , liv. XXXIV , c. y : Hic Rornae infimo generi Magistris V icorum togae praetextae habendae. ius permittemus ?
(3) Liruti dans la .^Dissertation de Julio C amico ( Misceli .. di
vane operette, tom. IV , Venise , pag. 3os ) la croit an-
nuelle ; l’inscription de la ville Sciarra citée , qui porte les mots MAG. ITER., en exclut la perpétuité. Peut-être que MAG istri TER lium est sur une des inscriptions de la ville Albani , pag- 20.
(4) Voyez Fabretti , c. VI , n. 96 , 9^ , 170 , 171 , et le tom. V du Journal de Pise , pag. 294.
tous, on le plus grand nombre à l’honneur des Lares Compitales ; car je trouve que cet excellent prince provoqua d une manière particulière dans la ville la dévotion vers ces Dieux, puisqu’Gvide a écrit (i):
« Mille Lares , Geniutvcjue Duels , qui tradidit ilio s ,
« Urb s habet y et Vici numùia trina coiunt ;
et comme il avait ordonné que les anciennes fêles Compitales , qui s’étaient perdues , fussent célébrées de nouveau, et qu’on y plaçât les Lares dans le repos , ornés bis anno vernis florihus et aestiwis (2) , et qu’il fut fait AEDEM LARVM IN S VMM A SACRA VIA, AEDEM DEVM PENAT1VM IN VELIA (3), et consacré l’an ySo un bel autel LARIBVS PVBLI- CIS EX STIPE , QVAM POPVLVS El CONTV- LIT K. I ANVAR. ARSENTI (4). Peut-être qu’il des-
(1) JLastor. , v. vers. 1 45 ; et Perse, sat. VI , v. 4$ , appelle aussi celui de l’empereur Genium Ducis ,
(2) Suétone, 1. c. , c. XX XL
(3) Dans le Monitm. Ancyranum,
(4) Celui-ci est encore dans le palais Farnese, et se voit dans Io Gruter, page 106, ri, 1\. Je ne puis me défeudre de citer ici un beau passage de Suétone dans la vie d'Auguste (ch. 5^ ) qui confirme ce que l’on trouve dans l’inscription , et ce que j’ai dit en passant des autels élevés par lui dans chaque petite rue : Otunes Ordines in Lacum Curili quotannis exvotopro salute eius stipem iaciebant : item kalendis jannuariis strersam in Capitolin etiam absenti, ex qua s anima preliosissima Deorum simulacra mercatus , vicatim dedica bat. On en fit autant le même jour au Capitole, pour Caligula absent, dans les années 4° et 41 2 3 4 ì et Dion, en disant cela (livre LIX , n. 24 ) , ajoute, que cet usage prit naissance sous Auguste. Dans Gruter on voit également une base qu1 Auguste consacra à Vulcain de la même manière (6i , 1 ), et une autre , je ne sais pas bien à quelle divinité (2), laquelle ayant été, à en qu’on dit, découverte l’an 1 554 près de Tare de Sévère, ne peut être l’inscription que posséda ColoccT avec le même consulat, et qui fut consacrée par Auguste (JJbladin, Lit. Colot., p.99) , APOLLÏNT EX STIPE QVAM POPVLVS ROMAN VS KALENDIS IANVARIIS ET ... il faut lire et suppléer ei contulit. Sur la coutume de jetter de petite*
lina au culle paraculi er des Lares les Vìcomagislri qu’il avait crées ( appelés quelquefois par celte raison Ma gis tri Larum (i)), comme je crois pouvoir le con-
pièces de mormoies en l’honneur des Dieux, ou de ceux que l’on croyait descendre d’eux. On trouve beaucoup de notions recueillies par le P. la Cerda dans ses noies sur le second livre des Georg. v.i46; on peut y joindre un passage assez remarquable de Festus, où il parle des Jeux Apollinaires.
(1) Sur quatre inscriptions du royaume d’Espagne et de Naples, qui sont rapportées par Gruter , 4°6 , 4 5 io7° > 4 5 Par Curatori, 1990, 5 3 (on lisait celle-ci dans le Gruter, 3ao , 9 ) , et qui sont rapportées dans les Novelle di Firenze de l’année 1773 , pag. 75» Peut-être que les Adorateurs des Lares et des images de la maison d’’ Auguste , avec les Adorateurs de Van premier et de Van second , dont j’ai parlé dans les Inscriptions Albani (pag. 8 et 9 ), et dont parle aussi peut-être un marbre brisé dans le Doni (cl. II , n. 3 )? appartiennent à ce passage. Je trouve même qu’à l’imitation de Home on introduisit aussitôt dans les colonies et les municipes les maîtres des rues, de l’ordre plébéien eux-mêmes, avec leurs ministres attachés à la religion des Lares et des autres divinités compagnes ( Grut., 107, 1 ; 1075 , 2. Gori , Iscriz. Etr. , tome Hï, pag. 108. Cet autel est à présent dans la Bibliothèque du Vatican : Bertoli , AA. diAquilée, pag. 80 et fa 6 ; Liruti, 1. c. , pag. 3oo 5 Donati, pag. fa , n. 3 ; Olivieri , M. P., n. ÏN , X, XI; Anecd. Rom. , tom. II, pag. 4^2, n. 4); en supposant qu’il y ait vraiment des lieux dans lesquels on trouve les inscriptions qui les rappellent, ce dont je ne suis pas suffisamment certain , je le suis bien de celle-ci , qui est peut-être , ainsi que l’autre qui la suit , également non romaine , inédite, que l’on trouva à Tivoli en 1621 près de l’Eglise de S. Laurent, comme assure Marzi, qui la cite dans son histoire manuscrite de Tivoli, et que l’on trouve dans le manuscrit Barberin 2975 :
P FLAVIVS SP F CAM DECÏMVS P FLAVIVS PALESTRICVS HA M TREBONIVS TIBVRTINVS HA CVR
CVLTORIBVS DOMVS DIVÏNAE ET FORT VN AE A VG LARES AVGVSTOS DD
On découvrit à Montefiageone la suivante , laquelle est actuel-
«dure d’après ce passage d’Àcron dans les noies sur nne satyre d’Horace (i) hisserai Augustus in Compris Deos Penales ( Lares, id est Deos domestico s , Porphyrion dit. sur ce passage) constimi , ut studio siu s colerentur ; eranl àutem Libertini sacerdote s , qui Augustaies dicuntur ( ex Liberti/iis , dit mieux Porphyrion , sacerdotes dati y qui Augustaies sunt appellati). Ils voulurent certainement indiquer les vico magistri qui auront été nommés Augustaies , non pas par ce qu’ils étaient les mêmes que les véritables Angus taies proprement dits, qui ne furent connus dans le monde qu’après la mort d’Auguste , mais parce qu’ils devaient leur institution à cet empereur. Aseonius nous en dit presqu’autant (2) lorsqu’il écrit s Magistri Vicorum faciebant Compilalitios practejctatif et ce fut peut-être par cette raison que le commencement de cette magistrature eutlieu aux calendes d’août, pendant lesquelles, suivant Siccaina (3), ces fêtes furent solennisées par les ordres d Auguste qui les institua p et il me semble qu’Ovide raconte la même chose dans le septième livre des Fastes, où, qui sait s’il ne parle pas également de l’établissement et des devoirs de nos Maitres , puisque il ajoute aussitôt après, les deux vers rapportés :
Jement placée dans le mur du palais décurionalj elle est écrite eu très-belles lettres :
( sic )
IBVS . AVGVSTIIS . SACRV,\I
.... CIVS . G . F . STE . QVADRATVS L. A. . I . . RIVS . L. F. STE . CLEMËNS.
S. P. F. CVRAVERVNT . IDEl\îQVE . DEDICAYERVNT ET . OR . DEDICATIONEM . VICANIS . EPVLVM . DEDERVNT,
(1) Eiv. II, sat. III , vers. 281.
(2) Orator. in Pison. , 1. c.
(3; Çomment. in Fasi, caicnd. s c. s 4*
« Quo feror ? AiigusluS mensis mihì carminis liuius
« lus dabit.
L’opinion que j’ai que ces magistrats étaient consacrés spécialement au service des Lares m’est confirmée par tous les mémoires qui en font une mention expresse, tous ne s occupant que des matières sacrées , et presque jamais d autres divinités que des Lares Augusti; et il est assez probable que cette épithète leur fut attribuée à Rome et ailleurs, plutôt en mémoire d’Auguste , qui fit tant pour eux , et qui tradidit il/os , que par la persuasion qu’ils eussent en eux la qualité que ce nom exprimait (i) , d’autant plus, qu’on nomma Augusti quelques autres Dieux, honorés par les Vicomagislri eux-mêmes , comme nous l’indiquent des inscriptions connues.
En outre ces magistrats sont tous plébéiens ou affranchis, et ils devaient être de cet ordre, selon le témoignage de Suétone (*i) et d’autres écrivains déjà cités. Ou les voit souvent associés à des esclaves qui ont le nom de Ministri (3) : ce qui donne un témoignage plus fort à leur institution , c’est que nous apprenons par Denis d’Halycarnasse (4) que Servius Tullius avait ordonné que les sacrifices offerts auxLares dans les fêtes Compitales le seraient par des esclaves. Je ne trouve
(1) Voyez del Torre, De Deo Beleno , pag. 264, et le fameux ouvrage De stilo inscr. de l’abbé Morcelti , pag. 18.
(2) Dans le passage cité , et dans le ch. 76 de la vie de Tibère.
(3) Grut. 107 , x ; 189, 4* Fabretti , c. I , n. 207 , de rechef, c. V , n. 99 ; Doni , cl. IV , n. 4-3 ; Gori , Iscriz. Dtr. , tom. I , Pag* J99 ? tsoriz. Albane , pag. 20. Je pense que les deux esclaves qui sont joints aux deux maîtres, dans l’inscription de Gruter, 1075, 2, étaient des Ministres. Dans cette inscription se lit SODALIS, non SADALIS, comme ici , ni 50DALES , comme dans votre édition.
(4) AA. RR., lir.'IV,
pas qu'Auguste ait déterminé en quel nombre ils devaient être dans chaque rue -, votre autel fait mention de quatre (i) , la mienne de trois (2), et d’autres n’en ont que deux (3): cependant il en est un qui en indique six (4), quoique je soupçonne fort que les Maîtres qui y sont nommés , avec leurs ministres , ne soient pas des nôtres. Je penserais néanmoins que leur nombre devait être aussi plus ou moins grand , et peut-être même selon les temps différens. En tout cas, sous Adrien ils furent quatre dans chaque rue (5); mais le système d’Auguste était changé alors , et ceux qui n'avaient d’abord obéi qu'aux magistrats annuels que le sort désignait (6)7 furent soumis dans ces
(1) ïl y en a quatre aussi dans les marbres de Gruter , 36 , 7 y 54, 1 ,• 128, -3 ,* de Spon. , Misceli., pag. 33 , 34 j de Fabrelti , îscriz c. Il, n. 241 c. X, n. 8,* Col. Trai., pag. 273, de Muratori , 33 , 2.
(2) Il s’ea trouve trois dans les inscriptions de Gruter, 107, n. 1 ,• de Doni, cl. I , n. 96 , 97 ; et celles d’Olivier déjà, citées , lesquelles cependant ne sont pas romaines. Je ne nomme pas l’autre rapportée par Gruter, 192, 2, parce qu’elle est peut être antérieure à l’établissement des Maîtres des rues et cependant elle fait mention d’une autre sorte de maîtres , comme celle de Porto Gruaro , qui est absolument semblable dans Fabrelti , c. 3, ïi. 664,' qui en rappelle quatre , malgré tout le respect que l’on doive à l’opinion contraire de l’abbé Morcelli (lieu e., pag. 41 2 3 4 5 6 )•
(3) Comme dans le Gruter, 79, 5 y 1075, 2; daus le Muratori, 59, 8," dans Bertoli , lieu cité.
(4) Gruter, 189,
(5) Gruter, 2?o , 25i. Les descriptions de Ronlc nous en donnent presque toujours quatre pour chaque rue, quoiqu’avec ees descriptions on ne puisse rien conclure, parce que de sept, six sont incorrectes dans les numéros des rues et le nombre des maîtres.
(6) Par exemple au préteur (Fabrelti, C.ohTraj. , Le., laser c. X, n. 8,* Gori , 1. c. , tord. III, pag. 1 3 4 , cette inscription est parmi celles du Capitole ( tóme II, pag. 67 ), et ici les deux mots tronqués PR. MAG. sont à tort réunis et mal expliqués Protoni agistri), 2i\x tribun du peuple (Fabr., c. II > u. 241/ Maffei , Mus-
temps aussi aux curatores da quartier (1) et aux denuntiatores
Il me reste à vous parler maintenant de la très-* grande célébrité qu’eut la fondation de cette magistrature des V icomagistri et de leurs ministres , si bien qu’elle forma une époque ; et comme les premiers mirer, t de la gloire à se nommer ainsi (autant qu’en firent paraître ceux qui dans quelques inscriptions (2) se nomment CURATORES RIPARUM QUI PRIMI FUERUJMT , après l'institution de cette charge faite par le même Auguste), ceux qui leur succédèrent, eurent soin de marquer sur les monumens qu'ils établissaient, à quelle année de la création de leur collège se rapportait leur magistrature. Les corps des
Ver. ioi , i , je supplée àia fia de la seconde et au commencement de la troisième ligne tR. PL. .... VICI HONORIS et ), au conservateur Aediurn saerum (Doni, cl. I, nutm i3^ ) ,* Gori ( Columb. Liv;/, pag. 83 ) confondit avec ces maîtres des rues, les magistrats^Parrondissement.
(1) Nous n’avons aucune mémoire de ces Curatores avant le règne d’Adrien , et on doit regarder comme évidemment fausses les trois inscriptions que Gudius a tirées de Ligorius ( pag. 3,8, i5 , 2,8 n j i,o ) , où elles sont rapportées. Et monseig. de Vita (AA. Benev. , toro, i , p. 140 ) , qui avec Rosini ( liv. VII , c. 35 ), avec Nardini (liv. III, c. 4) » et plusieurs autres a voulu les attribuer à Auguste, assurant qu'on en trouve un dans Pline ; s’est trompé , parce qu’il n’a pas fait attention que cet écrivain appel^le L. Pisou, 1e préfet de la-vüta Curatorem Urbis. Je ne dis tien de Suidas , lequel au mot A vyVfTtMOV parle de certaines danses que faisaient en rhtmneur de Job è re^ le i5 octobre , les Curatores des régions 4 P sypOVap , quoique ce passage ait paru trèsobscur à des hotames a’esprit ( V. tipse sur Tacite , Annal. I , i5 ), et appartienine à Constantinople et non à Rome , ce qui a été observé par Codinus OOrfg. Const. , n. 32 ) , lequel ayant raconté les mêmes choses, et presque de la même manière, n’a jamais parle de Tibère.
(2) Grut. , 197 , 2 j Murat, 297 , 5 5 un attire dans le Musée Vatican.
Musée Pie-Clém. Voi. IV,
ouvriers, des parfumeurs , et peut-être de quelques autres artisans en firent autant, quoique cependant ils ne comptassent pas par années , mais par lustres (i), parce que leurs magistrats n’exerçaient presque toujours que pendant cinq ans. Cette époque a déjà été remarquée par Fabretti (2), l’ayant trouvée sur quatre inscriptions , dont trois étaient pour les Lares Augusti , et la quatrième pour une Déesse qui avait avec eux beaucoup de rapports. C’est-à-dire pour Sieia Fortuna Augusta (3) , qui passe pour la Déesse si rénommée dans les rues , et honorée dans divers monumens par les Vicomagistvi (4), qui fut nommée Stata , et que l’on a cru être la môme que Vesta (5) , dont le nom grec est peut-être caché sous
(1) Grut., 99 , 9 ; 252 , 6 1 261 , 4 ? 358 , 1 ; 36o , 2 ; 411 > 2 j Fabretti, c. I , n. io4; c. X , 11. 288 j Dont, cl. I , n. 100 ■ Gori» 1. c. , tom. III, pag. 177 ; Gudius , 3 , 8 ; J7 , 1 5 5o, 10 ; 5r, 8 5 ■'SS 5 97, 6} i/jo, 9*5 Almelov. daus la préface aux Fasti Consulares , pag. 32 ; Muratori , 186 , 187 , 5n , 4 i 5i8 , 5 j 52 1 , 3 ; Symb. litter. Dec. Rom. , tom. VII, pag. 23 1.
(2) Il explique à la page io3 une inscription obscure et mal copiée , dans laquelle quelques-uns pourront croire que Tannée CLï
ppartienne à Milan plutôt qu’au collège des ouvriers , et serve « indiquer le transport d’une colonie en cette ville ; ce qui serait d’autant plus probable encore s’il est vrai , comme je l’ai fait remarquer , que ces collèges comptaient leurs années par lustres.
(3) Gruter , 79 , 5 ; nous avons sur cet autel, également comme sur les deux nôtres , le laurier, la patère , la sympule et le prefericulum.
(4) Gori , 1. c ; Muratori, 33 , 2 ; 5g , 8. Sur l’original de cette pierre qui m’appartient , laquelle a précédé peut-être d’une année ou deux la naissance de Jésus-Christ, on lit BEPvVLLVS et ANNI, non BEBVTIVS et ANNO ; elle est imprimée dans Gudius d’une manière encore plus inexacte, 4o , 3.
(5) Cela n’a pas convenu à J. Lipse et à d’autres (voyez. Ever. Otho, 1. c. , p. 1 62 ) f mais Spanhémius l’a approuvé (lieu c. , § 18 ), et je suis parfaitement de son avis. J’observe que dans les i^onumens rappelés dans 1s précédent numéro , Stata est appelée
le mot ancien Sieia, ( en supposant qu'il soit écrit de même dans l'inscription , et que ce ne soit pas encore une faute du sculpteur). Je ne sa‘s comment cet homme si savant dans ses recherches a pu laisser échapper une cinquième inscription qui était dans Gruter (i) , qu'on retrouve plus exacte dans Doni (2), laquelle fut placée en l’honneur des Lares Augustes, l’an de Rome 85 s , par les Maîtres de l’an 195 > ce qui s’accorde très-bien avec le calcul de de la fondation. Nous avons de plus d’autres mónumens avec les noms des maîtres des années 5a, 5o.j ’3t, 19, 1 î , 6 et 5 (3) , qui confirment encore mieux l'usage de l’époque susdite , mais comme ils n’indiquent pas le consulat , et qu’alors il leur manque uh point déterminé , nous ne pouvons démontrer ce que nous avançons que par cinq d’entre elles ; en outre de ce que nous n’avons aucune assurance que tous parlent de nos maîtres , plutôt que de ceux de tant d’autres collèges (4)*
Il est inutile de vous dire que les vers déjà cités d’Ovide , et peut-être ceux d'Horace à Auguste (5) ;
Mater, nom qui était propre à Vesta, et sur l’un de ces monufcnens elle a pour compagnon Vulcain, que nous voyôns si fréquemment représenté avec Vesta.
(2) CI. I, n. i3^.
(3) Fabretti, c. 1 , n. 5 c. VII v n. 379, ne la donné pas fidèlement cependant, de même que Doni , cl. 1, u. 97, et je puis l’assurer l’ayant copiée moi même dans la ville qui a appartenu au cardinal Sciarra , Gruter , 36 , 1 5 54 , 1 ; Dóni, cl. IV , n. 44q Muratori , 33 $ 2 5 5g , 8.
(4) C’est à ceux-ci qu’appartiennent certainement leS marbres de Gruter, 32, 5 ; 85, 5, avec l’an premier ^ et ceux que j’ai indiqué dans les îscriz. Allume , I. c.
(5) Carra., lib. IV od, 5.
Te Ç quisque ) multa prece , te pros&quilur mero Defuso pateris ; et Laribus tuum Miscet nornen ;
nous rendent compte des mots Genio Augusti dont je me suis servi pour rétablir ce qui manque à l’inscription. Je Vous avoue cependant que j’aurais même pu les deviner sans les vers , avec le secours de plusieurs inscriptions, quoique postérieures à celle-là, qui furent dedièes GENIO AVG. ET LARIBVS (i), GENIO AVGG. LARt'Æn.y. SAL(a), ainsi âffvvMroç , comme dans la nôtre , selon l’ancien génie de la langue, LARIBVS AVG. ET GENÏS GAESARVM (3), LARIBVS AVGVSTIS ET GENIO CAESARIS AVG.
N. (4), GENIO ET LARIBVS (5). L’empereur Théodose réunit depuis par une loi le Génie et le Lare (6); lesquels qu’ils soient Une même chose multi veteres prodiderunt dit Censorinus (7) , et l’auteur du Querulus , optimum Geniorum les appelle. Quelqu’autre aurait pu substituer Genio Loci, car on trouve aussi quelquefois ce génie dans des inscriptions antiques (8) ; et Prudence (9) raconte que les Romains avaient coutume per omnia membra
Urbis, perque LOCOS Geniorum millia multa Fingere ne propria vacet angulus ullus ab umbra. Mais il m a semblé plus convenable de remplir cet
(*) Gruter , 107 , 6.
(2) 106 , 5 , de nouveau 107 , 7.
(3) 106 , 6 ; Muratori , 3i5 , 5.
(4) Muratori, 1990, 5.
(5) Reines. , cl. 1 , n. i58.
(6) Liv. XII , Cod. The od. de Pagania.
(7) De D. N., c. 3^ Apulée , de Genio Socraî.
(8) Gruter, 8, 4î *o5 , 2 j Spon., Miscel. , p. n3 , 'n4. Muratori , 2023 3 3 2099 , r.
(9) Contra Symm. , liv. Il-
espace vide par Génie d'Auguste , dont le sculpteur a placé l’image voilée avec la toge à côté de celle des Lares (i). Vous vous apercevés sûrement combien l’envie d’expliquer quelques mots me rend long et ennuyeux, en m’abandonnant à ma passion pour les antiquités ; mais vous qui ne l’éprouvés sans doute pas moins que moi cette passion , vous m’excuserez facilement, et pardonnerez quelque chose à l’amitié qui nous lie. Salut.
Du Palais du Vatican , 10 décembre 178 6.
(1) Je ne m’obstinerai pas cependant à vouloir que cela soitp s’il plaisait à d’autres de penser le contraire sur les diverses manières qui furent en usage chez les anciens pour représenter les Génies , le plus souvent, sous la figure d’un serpent: il est bon de lire Mazzocchi (in tu ut il. Ampli. Camp titillimi, p. 6^5, edit. Poleni , tom. V ) $ mons. de Vita ( AA. Benev. , tom. I , pag. 106 ), et les Académiciens qui ontécrit sur les antiquités d’Herculamim (Bron~ ai, tom. I , pag. 197).