P LANCHE XI IL
Les Grâces, Esculape et Mercure N
C’est une table votive que nous retrouvons dans ce bas-relief. Un Mercure présente à Esculape un homme qui porte la barbe * enveloppé du pallium, ayant un genou en terre , les mains élevées, et paraissant ainsi rendre des actions de grâces au Dieu de la Médecine. On reconnaît ces deux divinités a leurs attributs. Le sculpteur ne voulant pas qu’on put croire, par l’attitude de l’homme, qu’il fît une prière, lorsqu’il remercie seulement les Dieux , a introduit dans sa composition , près d’Esculape les trois Grâces, toute nues, dont une est re«
(1) Sur plusieurs médailles il est dans la main de Neptune.
(2) Yoyez dans Pausanias , el. I, i5; ce qu'il dit de l'autel de Neptune Hippius ou Equestre qui était dans le stade olimpique. Sur celui placé dans les cirques élevé à Neptune que les Latins appelaient Cousus , consultez Bulenger ? De Circo Romano , ch. ix.
* Hauteur une palme et deux tiers) longueur trois palmes , une once.
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tournée et se voit par le dos, et les deux autres en face (t). Elles sont justement telles que nous les représentent tant d’autres statues, Bas-reliefs, tableaux et pierres gravées (2). Leur
(1) Sur cette manière de représenter les Grâces , sur les allégories qu’elle renferme , il faut lire la dissertation de l’abbé Massieu, dans le IH vol. de 1* Academie des Inscriptions , etc., lequel a traité cette matière, qui a été plus abondamment éclaircie dans les notes trèssavantes des académiciens qui ont expliqué les monumens d’Herculanum à la pi. X du second volume, et à 3a pi. XI du troisième volume des Peintures. Pausanias s’étend beaucoup sur les images des Grâces dans les Boeolic. , ch. XXXV, où il observe, que celles que Socrate sculpta à Athènes, et qui se voyaient près des Propilées, étaient vêtues. Le même groupe me paraît gravé sur le champ d’une médaille d’argent , publiée par Combe h la pi. IX, n. 5 du Catalogue Numorum7 etc.} O. H unte r.
(2) Les trois Grâces sont représentées en ronde bosse dans un marbre antique de la i)ille Borghése , mais leurs têtes sont modernes 7 dans un autre , qui est à Sienne dans la bibliothèque de la cathédrale, d’un travail médiocre : chez M. Volpato à Rome est un groupe semblable , mais dont les têtes manquent. Le plus beau et le mieux conservé est celui du palais Piuspoli. Ces groupes ont pour soutien deux vases placés aux deux extrémités, et iis sont pareils à ceux que l’on voit ordinairement aux figures de Vénus : ce sont des attributs de bain, et qui servent de motif à la nudité des Déesses, C’est à cela que se rapporte la pensée de l’auteur de l’épigramme sur les Grâces, qu’on lit dans Y Antologie, liv. IV, ch. 19, ep. 24? lorsqu’il suppose que l’Amour leur a dérobé leurs vêtemens pendant qu’elles se lavaient. Peut-être s ont- ce les trois Grâces que représentent les
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chevelure est nouée avec goût par des rubans, et c’est le seul ornement qu’elles ayent sur la tête (i). Les mains des deux dernières de
trois jeunes filles nues qui ornent le pied d’un vase de la ville Borghese. On les voit assez communément velues sur les médailles grecques, et sur celle de Germe dans Vaillant elles se présentent toutes en face : A7 umismata gi'aeca in Elagabdlo , et le type en est donné dans une planche de l’appendice.
(i) La coiffure des Grâces, dans le groupe du palais Ruspoli , ou les têtes sont antiques, est d’une telle espèce quelle a l’air de représenter une manière particulière; ce qui en examinant en même-temps les traits du visage , me fait croire que ces têtes sont des portraits. Sur un verre publié par Fabrelti, ïnsctip . , pag. 55g, on voit trois jeunes filles représentées sous la figure des trois Grâces, avec leurs noms écrits, savoir: GELASIA, LEGOR1S , COMASIÀ. Aussi, selon moi, Fabretti explique beaucoup mieux ce monument que Buonarroti , qui dans son excellent ouvrage Sui vetri, ec ., pag. 1206, est d’avis que ce sont les véritables noms des Grâces qui produisent les charmes , et qui sont compagnes de Vénus: et que les trois noms déjà connus, appartiennent aux Grâces en signifiant les saisons : opinion qui contredit Pindare , Hésiode, et tout le chœur des poètes et des mythologïstès. J’observe que les Grâces, dans le bas-relief, n’ont rien sur la tête ; parce que sur une pierre gravée que produit Agostini, toni. II, pl. 5i , une des trois a le casque en tête. Sur un beau camée qui appartient au chev. Richard Worsley, la dernière des trois Grâces, qui sont gravées, porte un bonnet, pile us , semblable à celui des Castor et de Vulcain. Ne serait-ce pas par tiazard une marque distinctive d’Aglaé, la plus jeune des Grâces, et qui était l’épouse de Vulcain? Peut-être que sur la pierre citée par Agostini c’était, un bonnet
chaque côté sont détruites par le temps , et ou n’y aperçoit plus leurs attributs ordinaires, savoir le rameau et les épis de blé (i).
Le mérite du travail, qui manque à cette sculpture, est compensé par la singularité du sujet. L’analogie qu’ont les Grâces avec la reconnaissance , peut avoir divers rapports pour fondement (2) j aucun n’est cependant plus
et non pas un casque ; car les dessins de son ouvrage ne paraissent pas faits avec grand soin. Dans le cas où l’on voudrait absolument y trouver un casque, il n’est pas déraisonnable de donner à une des Grâces l’attribut de la Deesse de la sagesse, puisque, selon Pindare, c’est d’elles que provient
E* t rofiôç , el waJkôç, , emç âjTiaoç âyrip :
« si l’homme est sage, il est beau et riche » ( Olympionic. , od. XIY ). Les deux autres feraient allusion à la richesse et à la beaute'. En effet on donne à l’une, ordinairement, des épis, qui sont la première des richesses, et l’autre tient la pomme de Yénus. Y oyez le basrelief Capitolin, Musée Capii., toni. ÏY, pi. LIY, et la peinture d’Herculanum , toni. Ili , pi. XI.
(1) Yoyez, à propos de ces attributs, les notes savantes de la pi. X, tome II des Peintures d’Herculânum , et la note précédente.
(2) On peut voir dans Sénèque, De benef, I, ch. 5, comment le philosophe Chrisippe a tiré de Ficonologie des Grâces les maximes et les préceptes de la bienfaisance et de la reconnaissance. Que l’on remarque que Sénèque en parlant des Grâces , commet une erreur mythologique , en appelant Àgîaé maximain natu ; et après lui tous ses commentateurs fonila même faute, en ajoutant de pins nihil venus ; s’étant trompés par 1 ordre