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savant, un peu plus de perfection. Maigre cela, le morceau d'Agoraerite n'aurait pas succombé dans le concours, si le peuple d'Athènes, guidé par la partialité et par un esprit de patriotisme mal placé , n'eut voulu donner la préférence à un de ses citoyens sur un étranger. L'artiste de Paros, outré de cette injustice, ôta à sa statue le nom de la déesse des amours , pour lui donner celui de la déesse de l'indignation (ï), de laquelle il attendait une vengeance du tort qu'il venait d'éprouver. Et en effet la perfection qu'il avait mise dans ce morceau inimitable , fut la vengeance la plus éclatante qu'il put se procurer.
Ce changement n'a rien qui puisse paraître extraordinaire , et ne fut pas difficile , parce que Praxitèle n'avait pas encore osé représenter nue la déesse de la beauté, ni introduire dans la religion une image lascive. Mais la statue de la Némésis de Rhamnuse eut des symboles qui ne lui étaient pas fort-heureusement appliqués , et qui ont semblé même in-
(i) On a feint qu'Hélène était fille de Némésis , déesse de l'indignation, et de Jupiter. On peut atlribuer l'origine de cette fable à une fantaisie poétique, qui regardait comme engendrée par la colère des Dieux une femme pour laquelle on détruisit tant de villes. Par cette raison Phidias, ou plutôt Agoracrite, avait sculpté sur la base de la statue que nous décrivons, Lèda, non pas comme mère, mais comme nourrice d'Hélène , au moment où elle va la remettre à Némésis. Pausan. , 1 , 33.
explicables à Pausanias , parce qu'il n'avait pas connaissance de la circonstance dont nous venons de parler (i). Le rapprochement des écrits des anciens nous donne aujourd'hui la facilité d'expliquer les incertitudes que les Athéniens les plus érudits de ce bourg , n'ont pu éclairer dans les écrits de Pausanias j tant la domina» tion romaine avait déjà dégradé Ja Grèce esclave. Le simulacre de Vénus tenait d'une main une branche de pommier -9 qui faisait allusion à sa victoire sur le mont Ida , et cette branche fut confondue ensuite avec le frêne de Némésis* Dans l'autre main elle avait une phiole, sur laquelle étaient représentées des figures d'Ethiopiens. C'est là-dessus que naissent les doutes
(i) Pausati. ; Attica , ou liv. I j ch. 53. TovtOP $€i$iaç ròv ùfàov eîpydaaro , âfaûfia ftèv eïvau TSéfieas&ç , rfi x8>jiajXy/ ÏÏè lit e g ti ttfç <àaov aréfiavoç, èùdcpyç eyjâv nai INhtqç â<ydX{iam ov fieyaJka* raiç de %Ff>oi e^si , rfi (ièv M?*ddov {iiçXéaç , tfi èe^ui Bè cpiâJ^v AlÔiOTtsç ò'è etcì tpl (piâ'Àiç ire- 7CoirLrrai. liVpftaKécrSai iïè rò icepi zoic Atïôioïïaç , ovre dvrôç EÏyov , ovrs amàsio (i^v tôv o vpisvai ïïefâoyièvQV. « Phidias forma cette statue de marbre ( c'est-à-dire de celui que les Perses avaient destiné à être un » trophée ) pour être Némésis. La couronne est sur la » tête de la deesse avec des cerfs et de petites figures » de la Victoire. Nëmësis a dans urue main une branche » de pommier, et elle tient de la droite une phiole, sur » laquelle sont sculptes quelques Ethiopiens. Sur ces fi- » gures je ne me suis pas cru en ëtat de donner aucune » conjecture; et je ne m'attache à aucun de ceux qui » se sont flattés de les expliquer. »
de Pausanias ; mais ce n'est autre chose que la phiole contenant des parfums précieux , attribut convenable à Vénus. Les Ethiopiens qui sont gravés dessus, ne signifient pas leur justice , comme Font imaginé des commentateurs de cet auteur classique , mais ils indiquent ou la Lybie ou l'Arabie , que l'on confond souvent avec l'Ethiopie, pays les plus riches en parfums , si recherchés anciennement , comme objet de luxe, par les femmes (i). La couronne d'or qui parait la tête de la déesse , convenait parfaitement à Vénus, que les poètes appelaient quelquefois eustephanos , déesse à la belle couronne. Les Victoires qui sont gravées sont celles qu'elle remporta sur les deux déesses ses rivales , et les cerfs qui les accompagnaient indiquent assez que ce ne sont pas des victoires dues à la force-
(i) Il est prouvé par Cellarius ( Notîtia orbîs antiqui, !iv. IV, ch. 8, sect. i3, § i3; n. 5 ); que les Arabes furent appelés Ethiopiens par les plus anciens écrivains grecs.
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