‹ Musee Pie-Clementin (volume 5)Chapitre 26 sur 55 · PLANCHE XXIV · texte numérisé non relu

PLANCHE XXIV

La Muse Clio *.

Tous ceux qui sont nourris de la lecture des classiques savent que les théâtres des anciens étaient ornés de statues. Pline en compte trois mille qui embellissaient la scène de Scaurus ,

(i) Lucrèce, de R. N.9 liv. I, v. 3o et 3i. * Haut, neuf palmes, un quart j sans la plinthe huit palmes, trois quarts.

et toutes y avaient été transportées exprès pour l'ornement de ce théâtre , provisoirement établi (i). Lorsqu'on en construisit de permanens, on les décora aussi de ces statues , et le théâtre de Pompée en contenait de belles en abondance. Les colonies romaines qui voulaient , selon leur facultés, rivaliser la capitale, ne manquèrent pas d'enrichir leurs théâtres de pareilles statues. Celle-ci et la suivante étaient placées à Otricoli. On ne retrouva ni les têtes, ni les mains , qui avaient été rapportées dans la figure antique, peut-être, parce que ces parties avaient été travaillées par une main plus habile. Nous avons déjà vu le même moyen employé dans les muses de la ville Cassia, collection précieuse que nous avons décrite dans le premier volume ; nous pourrons observer le même procédé dans beaucoup d'autres simulacres qui enrichissent les Musées romains pu* blics ou particuliers (2).

En restaurant des statues de femmes et théâtrales on a cru devoir en faire des Muses. Ces divinités présidaient aux théâtres et à tous les

(1) Pline , #. N.} h XXXVI, c. i5.

(2) Dans notre collection Junon allaitant, t. I, pl. III, l'Hercule avec Tëlephe, pl. IX ; du présent vol. ont la tête d'un travail supérieur au reste de la figure, quoiqu'elles n'ayent j'amais été séparées du torse. On en peut dire autant d'une Vénus placée dans une niche au petit Farnese , sa te te qui a une expression admirable est placée sur un corps médiocrement travaille',

arts qui les embellissent. Leurs statues colossales faisaient le principal ornement du théâtre de Pompée, comme déjà nous l'avons indiqué, et comme nous le verrons encore à l'instant (i). Il n'est donc pas étonnant si l'on admirait leurs images dans le théâtre d'Otricoli (2). Chacune d'elles avait des droits dans cette enceinte Clio par les sujets que l'histoire fournit aux poètes tragiques (3) ; Euterpe par les doux sons des flûtes qui accompagnaient l'expression et les plaintes de la tragédie ; Thalie et Melpomène sont les maîtresses de l'action tragique et comique ; Tberpsicore et Erato dirigèrent les combats des poètes et des joueurs de lyre; Polymnie, la muse de la pantomine, y exerçait un grand empire , depuis que l'art des Pilades et des Bathiles avaient dispensé la Tragédie et la

(1) V. le t. I; pl. XXIV; pag. 217, et ici après la pl. XXVI.

(2) Peut être qu'Aristide veut parler des statues des muses qui se plaçaient ordinairement dans les the'âtres ? lorsqu'il dit « que le chœur formé par Apollon, Diane » et les muses ? est là toujours observant sur le théâtre ses ministres principaux. Qy$ fisv ' ' kfJtoKïudVOÇ , KoX ' ' Kprèfxidoç , naï Mwôv %opoç ovuore diakemn tovç v^peraç èv roïç Seàrpoiç xa^opôv. Encom. Romae.

(3) Nous ne manquons pas d'exemples de trage'dies grecques et latines, dont les sujets sont tire's de l'histoire sans fables. Telles sont les Perses d'Eschyle et l'Octavie de Séneque. Telle était le Cresphonte d'Euripide.

Comédie de leurs récits. Uranie elle-même en révélant les secrets des sciences , préparait les miracles pour l'amusement du peuple dans les Thaumatopées (i). Calliope, par les caractères variés en grand nombre que le seul Homère a fournis à la scène dramatique dans ses deux poèmes, pouvait être regardée comme la mai-* tresse de Melpomène et de Thalie.

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