EX • COLLAZIONE • MANI • PRETII
POSSESSORVM • CIRCA • FORVM • ET • NE
GOTIANTIVM • ITEM • COLLEGIA • QVAE • AT
TINGVNT • EIDEM • FORO
II • VIRATV ......
Les einquantes statues des petites filles dé Bélus , filles de Danaus , alternaient dans le portique Palatin , avec les belles colonnes africaines qui le soutenaient.
Tota (le portique) erat in speciem Pœnls digesta columnis Inter quas Danai f emina turba senis ;
dit Properce (i), et à-peu-près de même Ovide (2) :
Le très-savant abbë Morcelli, dans son excellent ouvrage De stilo inscriptionum 7 a cite' cette pierre en expliquant la singularité' de la syntaxe que Fon remarque vers la fin.
(1) Properce ? II 7 el. 5t , vers. 3.
(2) Ovid.; Trist.y el. I5 et Art. am., liv. I; où il de'crit les ornemens de ce beau portique :
Quaeque parare necem miser is patruelibus ausae Belides et stricto stat férus ense pater. Nous voyons par ce distique qu'il y avait aussi un simulacre de Diane: même on peut induire d'un passage de Perse que les fils d'Egiste y e'taient aussi représentes en bronze; son ancien Scoliaste nous l'assure expressément» Voici le passage de Perse où il se moque de l'opinion. vul-A gaire que par le moyen des songes on apprenait de ces statues k connaître l'avenir, sat. II, v. 55:
Hinc illud subit auro sacras quod ovato Perducis faciès; nam fratres in ter ahenos Somnia pituita qui purgatlssima mittunt Praecipui sunto 7 sitque Mis aurea barba.
Ici ajoute le Scoliaste: Acron tradit , quod in porticu Apollinis Palatini fuerunt Danaidum effigies , et contra eas sub divo totidem équestres filiorum JEgisthL Ex his autem staluis quaedam dicebantur per somnum dare ora- Quia, Il est bon de prevenir que Broukhurius, au 1. c. de
Ducer ad intonsi candida tempia Dei Signa peregrinis , ubi sunt alterna columnis E elide s , et stricto stai ferus ense pater.
Properce, argumente mal de ce passage du Scoliaste que les Danaïdes stabant habìtu novarum nuplarum ; et Cardini fait encore pis, en décrivant le Palatin, lorsqu'il veut prouver avec Perse que ces statues étaient dorées : les vers du poète satirique prouvent tout le contraire ; car il suppose un superstitieux qui , pour se procurer des visions heureuses, veut faire dorer la barbe à quelquesunes de ces figures. Je fais remarquer les erreurs dans lesquelles sont tombes ces deux lettrés, afin d'engager ceux qui voudront avoir des idées justes de l'antiquité a' lire les originaux classiques ; lecture qui va devenir peu-a-peu moins familière, par le peu de goût que Ton commence à avoir pour l'étude des langues savantes, je dois ajouter ici une chose qui se rapporte à la singulière coutume qu'on avait de dorer , en signe d'action de grâces, ou pour accomplir un vœu, une partie de quelque simulacre, par exemple la tête ou seulement la barbe, c'est une rare inscription en deux vers grecs, gravée sur la plinthe d'une petite statue d'Esculape trouvée dans la rue de' Liutari près du théâtre de Pompée, dans les fondemens de la maison qui appartient aux habiles imprimeurs Pagliarini. La voici telle qu'elle se voit sur le marbre qui est rompu dans quelques parties :
a CÛTHP ACKAHfflE < \# XPT1CON EXETCEN ..NOS YIIEP TEKNûN f IAOïlOY EïSAMENOS
O Esculape sauveur .... étendit Far
. . nus, d'après le vœu quii avait fait pour les fils de Gilvlus.
Les mots qui manquent sont, peut-être, Sû KPATI . c'est-à-dire sur la téte : et dans le vers suivant il pouvait y avoir un nom propre de deux syllabes, par e-
11 n'est donc pas hors de vraisemblance" que les habitans de Préneste ayent orné les portiques de leur forum , qui servait aussi d'entrée au fameux temple de la Fortune Primigenia par des copies en marbre de quelques-unes des cent statues qui se voyaient au Palatin.
Cette opinion acquiert encore plus de crédit , lorsque l'on réfléchit que les Romains superstitieux espéraient des oracles de ces statues ce qui peut faire croire que les Wbitans de Préneste * pour augmenter davantage le concours près de leurs oracles fameux y auront voulu aussi posséder quelques-unes de ces images en si grande faveur parmi le peuple de la métropole.
De cette manière peut paraître très-probable la dénomination de notre Danaïde , dont la statue , si l'on considère son agréable attitude, ou les belles formes qu'offre le nu, et même le mouvement gracieux de la draperie, qui ne laissent lùen à désirer si elle était mieux conservée , mérite à juste titre qu'on la regarde comme imitée de quelque chef-d'œuvre de la sculp-
xenrple Terpnus. De sorte que tout le distique serait ainsi :
£i cqt^p 4 k<ynkri7tie <rô xpân %pv<ròv e%ev<rev Tepjtfôç VTtep tékvqv TiXm^ svlâfXEVoç.
Voila précisément ce que disait Perse : auro sacras . . perducis facies»
(|) Perse , sat» II; vers. 55, et son Scoliaste.
ture antique , tels qu'étaient , sans doute , les cent simulacres en bronze des filles de Bélus, qui après avoir été enlevés à quelque temple de la Grèce, furent placés par Auguste dans un lieu où il épuisa tous les efforts qui pouvaient prouver sa magnificence (i).
(i) Il paraît que les statues des Be'lides étaient placées sous le portique d'Apollon Palatin, comme celles des Amazones l'étaient sous le portique de Diane d'Ephèse : mais il y avait pour les Amazones un motif ; elles avaient fonde' le temple d'Ephèse, et nous ne voyons pas quelle relation peuvent avoir avec le temple d'Apollon les enfans d'Egiste et de Danaùs. Ceci me donnait lieu de conjecturer qu'elles avaient été transportées, sinon toutes , au moins une partie, de la Grèce, où elles ornaient un temple avec lequel elles pouvaient avoir quelque rapport: et que ce fut, peut-être, celui de Minerva Linàio, fonde' par les Danaïdes ( Hérodote, II, ch. 182 )y comme celui de Diane l'avait été à Ephèse par les Amazones. On pourrait bien encore supposer un autre motif j savoir: que les Danaïdes ayant été les premières qui apportèrent dans l'occident les mystères et les livres secrets de l'Egypte ( Hérodote, liv. Iï , ch. 161 ) , on éléva leurs statues dans le temple Palatin , où se conservaient les livres Sybillins, qui étaient ce que la religion de l'ancienne Rome regardait comme l'objet le plus sacré et le plus mistérieux. Ce fut, peut-être, la raison pour laquelle les Danaïdes, lorsqu'elles furent données comme le prix accordé aux vainqueurs des jeux, sont peintes sur le plus beau vase étrusque que l'on connaisse, etWinckelmann nous apprend ce fait dans la belle explication Vju'il a donnée de ce vase ( Storia delle arti del disegno, liv. IH, eh. 4; § 56 et suiv. ). Ce vase a servi par hazard dans les cérémonies des Thesmophories , et je fais observer que l'interprétation de Winckelmann acquiert
Observations de V auteur, publiées dans le tome VII de V édition de Rome.
J'ai été incertain si cette femme qui pleure, était une des nymphes qui versèrent des larmes sur la fin malheureuse de Marsias, ou si c'était une des Danaides. Je mè déterminai alors pour cette opinion ; je crois à présent la première plus vraisemblable. D'abord la nudité de la figure convient mieux à une Najade , qu'à \me héroine ; en second lieu Eckhel a excellemment prouvé ( D. N. , t. IV, p. 49^ et suiv. ) que la statue de Marsias était placée dans les forum des colonies romaines , et qu'elle était même regardée comme un symbole des privi*lèges de ces villes. La statue dont il est question fut découverte dans le forum de Préneste ,
toujours plus de probabilité, plus on examine cette élégante peinture. Sur le plan inférieur on voit une figure d'homme avec une lance à trois pointes; il est assis, et il a de la barbe , et près de lui est une femme qui s'occupe peu de ses attaques. Ce sera sûrement Amimone, une des Danaides satisfaite de son Neptune que l'on reconnaît à son trident. On voit dans la composition un autel ^avec des branches d'olivier et de laurier, et près de cet autel sont assises quelques femmes. L'autel ainsi que les rameaux, font allusion à l'expiation que firent les Danaides du meurtre commis par elles sur leurs cou-' sins et époux, dans la première nuit de leurs noces ( Apollodore , liv. II ). Winckelmann s'est trompé en croyant voir deux femmes montées sur un seul char i une des figures représente un homme, mais cette correction ajoute encore à la probabilité de son opinion.
et la ville de Préneste était colonie (V. Volpi , Latium .-, t. IX, p. i65 )j d'où il paraît vraisemblable que les nymphes pleurant Marsias accompagnaient le simulacre de Silène j c'est ainsi que l'appellent les anciens écrivains , et cette dénomination distingue les Faunes barbus d'un âge avancé. Quant au motif qui fit de la statue de Marsias un ornement propre au forum dans les colonies romaines, je crois qu'il n'y en a pas d'autre , que l'empressement de ces villes privilégiées à imiter la métropole. La statue de Marsias était placée à Rome, dans le forum près du tribunal (V. JNardini , Roma vêtus , liv. V, ch. 7)5 et je ne sais comment un motif si naturel et vraisemblable a pu échapper à la sagacité d'Eckhel.