E S C U L A P E ET H Y G I E
Les mythologistes et les antiquaires , ont tant parlé d'Esculape , dieu de la médecine , et de la déesse de la santé , Hygie , sa fille , qu'il serait inutile de les copier ici, d'ajouter à ce qu'ils disent de la patère, du bâton , du serpent, leurs symboles , et de faire remarquer la justesse de cette heureuse filiation al-
* Haut six palmes une once ; sans la plinthe cinq palmes et un quart. Il fut trouve dans le jardin des PP. Doctrinaires de Palestrine.
légorique. Mais il faut faire observer que ce groupe , qui fut trouvé dans la même fouille où fut découverte la statue précédente , c'està-dire dans l'ancien forum de Préneste , est très-rare, parce que c'est Tunique marbre en relief qui nous représente ainsi réunies ces deux divinités , assez souvent jointes sur les pierres gravées , dans les inscriptions , sur les médailles , et dans les bas-reliefs. Je dis l'unique groupe , parce qu'il ne reste de celui de Florence, qui est dans la galerie, que la figure d'Esculape , et une main seulement de la déesse de la santé (i). Dans celui-ci les deux figures étaient debout ; mais dans le nôtre le père est assis , et la fille en pied : cette variété doit faire apprécier beaucoup plus notre groupe , puisque nous pouvons le croire une copie de celui que nous a décrit Pausanias , comme un des plus illustres morceaux qui représente Esculape. Il dit que (2) « le plus célèbre des simulacres d'Esculape, selon les Grecs, représente en marbre blanc le dieu assis , et près de lui sa fille debout. »
La grâce qui s'aperçoit dans cette composition , de beaucoup supérieure à la médiocre
(1) Voyez l'intéressante description de cette galerie royale, par le savant abbe' Lanzi ; p. 44-
(a) Pausan. 7 Argol. 7 ou liv. II : TÔ dk èftKpanaTatov 'Aoyeloi'Ç ' KffnXri^tLeiQV dya/i^ia è<p' fypëf , ë%ei
exécution du groupe > qui indique que c'est une copie , nous persuade encore plus qu'elle provient de l'origine que nous lui donnons. Les têtes sont antiques ; et quoiqu'elles y aient été rapportées par un restaurateur, elles conservent cependant les physionomies (i) et les caractères généralement reconnus à ces divinités.
Addition de l'auteur.
Le passage de Pausanias rapporté dans la note (2) p. 4-1 a été traduit selon la correction de
(1) On a ajusté à la statue d'Esculape une tête avec une barbe , parce que c'est ainsi que Ton voit ce dieu dans la plupart des monumens , en commençant par rétonnante pierre gravée du Musée de Stosch, qui porte le nom d'Auîus. Néanmoins les anciens parlent de plusieurs Esculapes imberbes ; et nous en avons trouvé quelques-uns. Parmi ceux-ci on devra remarquer celui qui a été dernièrement trouvé dans le jardin des religieuses Barberine sur le mont Quirinal; il est plus grand que nature, et je soupçonne que ce visage imberbe est le portrait de quelque célèbre médecin. Il est parfaitement conservé; il a à ses pieds la cuvette, symbole des oracles que rendait Esculape , telle qu'on la voit dans la belle statue des jardins Farnèses, et qui est regardée comme la même qui se trouvait dans l'île Tiberine ; on retrouve encore ce symbole indiqué dans TEsculape colossal qui est dans le cabinet de M. Pacetti, sculpteur renommé, et dans d'autres figures. Tl est à propos de remarquer que le bassin d'Esculape Farnese est appelé, dans le premier volume des pierres gravées de M. Bracci, cista mistica.
Silburge, liv. II, ch. 33 , comme si le mot
'Ariàfamskp était adjectif, et se rapportât à âyaXfia, Mais la traduction de l'Amaseus, corrigée par Silburge, était plus juste , comme le démontrent les phrases semblables du même auteur, particulièrement dans les Mess eniens , ou liv. IV, ch. 3o. ' AaxXiimèïov est donc le tenl-^ pie d'Esculape ; et si n'était pas le groupe le plus fameux qui existât à Argos, c'était celui qui s'adorait dans le temple le plus célèbre d'Esculape, de tous ceux qui étaient à Argos.