‹ Musee Pie-Clementin (volume 5)Chapitre 31 sur 55 · BACCHUS , DEMI-FIGURE · texte numérisé non relu

BACCHUS , DEMI-FIGURE

On trouve à admirer un autre caractère , mais une beauté presque égale à la précédente dans cette demi-figure de Bacchus , trouvée dans une excavation des jardins Carpensi près du temple de la Paix. On faisait les statues de plusieurs blocs pour les transporter avec plus de facilité (i). Communément, je crois, on employait deux morceaux pour celles qui se travaillaient loin de leur destination , ou qui devaient servir à orner les palais ou les campagnes des particuliers , et qui pouvaient ainsi être transférées au gré du possesseur (2). On

* Hauteur quatre palmes et trois quarts sans la plinthe quatre palmes fort-justes.

(1) Qui sait si cet usage de former les statues de façon a pouvoir être commodément transportées , ne provenait pas d'un sentiment de vanité des sculpteurs , semblable à celui qu'avaient d'habiles peintres qui ne voulurent pas peindre sur les murs , pour ne pas limiter à un seul endroit l'admiration qu'ils croyaient due à leurs ouvrages, Pline, H. N,7 XXXV, 10. Le luxe des Romains qui les porta à embellir leurs fêtes par des statues apportées de la Grèce , peut avoir conservé dans des temps postérieurs cet usage.

(2) Juvenal n'oublie pas de placer parmi les ornemens de la maison d'un riche 7 sat. III:

Nuda et candida signa.

croît avec assez de fondement que cette façon de travailler a été un usage même chez les Egyptiens (i). C'est à lui que nous devons attribuer la perte de la moitié inférieure de notre Bacchus, comme celle de trois belles statues de femmes du Musée Capitolili, et d'un Adrien du palais Ruspoli , avec une cuirasse. Ce qui nous a été conservé du Bacchus offre des contours si sublimes et sculptés avec une habileté si admirable , qu'il nous fait regretter la perte du reste. La tête antique présente une idée belle et divine , et convient parfaitement a ce dieu , auquel on pouvait dire :

tu formosissimus alto

Conspiceris caelo (2).

Le sculpteur n'a pas donné à ses membres cette mollesse efféminée que l'on remarque dans la statue précédente , mais il paraît qu'il s'est rappelé, sans rien ôter aux agrémens qui conviennent au Dieu Thébain , que cette divinité voluptueuse et belliqueuse en même temps

Pacis erat9 meâiusque belli (3).

Nous admirons cette beauté qui enchanta les Thyrréniens 5 unie à la force qui devait convenir au plus ancien des conquérans. La tête

(1) Winckelmann , Risi, de l'art 7 elc.y 1. II ; c. 4-

(2) Ovid. , M e tant. , IV ? commencement. (5) Horace y Carm-., II, - 19.

est couronnée de pampres , et le front est orné de la bandelette Bacchique appelée upiiheb ivàf , comme nous l'avons déjà fait observer d'après Winckelmann (i).

Observations de l'auteur, publiées dans le tome Vil de V édition de Home.

Il existe dans le Musée de Paris une statue entière, qui a été jadis au duc de Richelieu. On voit très-évidemment, que le fragment dont nous venons de parler, appartenait à une figure pareille, et que toutes deux probablement avaient été copiées d'après quelque original célèbre. La statue de Paris est gravée par Thomas Piroli , pl. 77 du tome I des Monumens antiques du Musée Napoléon,

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