PLANCHE VII I
Barbare sERYAirr de support ^.
Yoici une autre îmiuilion des figures k genoux qui soutenaient le cratère très-ancien de Samos. Le lecteur verra avec plaisir la recherche de quelques changemens que cette ancienne invention avait subi dans d*autres temps et dans d'autres ouvrages; cette rechercha nous donnera Texplication de la présente fig^re•
Il y avait à Athènes, ^h Pausanias, un monument digne d'être observé. Trois statues de Barbares en habit de Persans , sculptées en marbre phrygien 9 soutenant uq trépied de bronze» étaient placées dans Tenceiote extérieure du temple de Jupiter Olympien , que l'empereur Adrien avait fait terminer avec richesse (i). Le voya-
* La petite statue dont il s'agit^ a de hauteur, avec le vase, trois palmes et demie.* le marbre est de Luni ou de Carrare. Les bras sont une moderne restauration, mais la main droite appuydc sur le flanc est antique. Ce morceau a souffert quelques retouches, lorsqu'on Ta restaure, dans d'autre extrémités. J'ignore le Heu où il a été découvert.
(i) Pausanias,!. i , i8. Il ya (je tradufs ainsi ce pas^ sage) des Persans sculptés en marbre Phrygien ( l'auteur parle do temple de Jupiter Olimpien à Athènes ) qui soutiennent un trépied en bronze. Ces JîgureSf de même que le trépied y méritent £étre remarquées. Le nombre des simulacres n'est pas indiqué ici, mais servant de supports il an trépied ^ je juge qu'il y en avait trois.
gear dans la Grèce ne nous a pas décrit Fattitude des trois esclaves ; mais deux -simulacres très-rares du Musée Famèse éclaircissent k mer«- Teilies ce que le silence de récrivain avait laissé f ort obscur (i). Us sont sculptés dans un joli mar« bre yiolet ( le marbre phrygien des anciens), plus
(t) Ge« deux statues^ dont la matière p le travail et -la conservation faisaient le prix , orpaieot le bel escalier exté« rieur des jardins Farnèse sur le Palatin; «lies sont à prêtent à Naples. Quant k ridenlitë du marbre Phrygien < appelé aussi Sinnadîcus et />oci'rR6nax des lieux particuliers des carrières) avec le marbre connu à Rome sous le nom vulgaire de pavonazzeiiOf il ne parait pas donner Jieu à quelque doute. "Souê reconnaissons le marbre pbrjgtea dans les superbes et grandes colonnes que l'on admire, et qui sont en si grand nombre dans les basiliques de saint Paul et de saint Laurent hors les murs : et nous les reconnaissons aux couleurs , blanc et violet, mélangées (cette dernière couleur est appelée par les anciens pourpre), comme aussi au nombre et à la grandeur des colonnes qui nous restent. Car nous apprenons par les autorités qu'a recueilli Blasius Caryophilus ( dans son livre de Marmoribus, page i5 et sniv.), que le marbre phrygien était précisément distingué par ces couleurs , et que les anciens édi« fSces de Rome étaient soutenus par une grande quantité de ces colonnes. Il devait être beaucoup moins rare que le Numiâien on jaune antique. D*oii il arriva que comme on n'avait pas trouvé assee de colonnes de janne antique pour rintérieur du Panthéon , on eut recours à Tex* pédient de les alterner avec des colonnes Phrygiennes on de PavonazxettOy et de revêtir celles-ci d'un vernis à l'encaustique de conleur jaune. Je ne vois pas qne les antiquaires se soient encore aperçus de la différence qu'il y a entre la 'matière des diverses colonnes qui soutien* nent la corniche intérieure de ce temple si fameoi.
grands que nature, vélus d'un habit phrygien ou persan , ei dans la même position que la statue que nous examinons. Leur tête et leurs mains sont de noir antique ^ et ils ont sur une épaule un cippus massif formé du même bloc de marbre dont ils sont exécutés; ce cippus a la forme d'une console triangulaire très-simple, terminée par une cimaise seulement à la partie supérieure. Cette console, dont la surface horizontale i^'eût pu convenir à soutenir le contour arrondi d'une coupe; le marbre et le caractère des figures qui sont les mêmes qu'indique Pausanias , ne laissent aucun doute que ces figures ne soient celles dont il parle, ou leurs copies fidèles : ni qu'elles ayent supporté comme celles-là, un trépied, dont les pieds devaient poser sur les plans horizontaux des trois consoles (i). La ressemblance que nous apercevons à présent dans la position de ces figures, en les comparant à celles des Silènes que nous avons expliqués ci-devant, nous démontre que le groupe
(i) Oo aperçoit également trois plans horisontaux dans la grande âeur faite en forme de chapiteau y qui termine le monument de Sydicrate ; appelé la Lanterne de Dé' mostJtène , à Athènes ;. sur ces plans posaient les trois branches d'un trépied. Ou y voit encore les trous dans lesquels elles étaient fixées (Stuart, Ruins of Athens ^ 1. 1, page 36^ et pi. 3 ^ 4 ^^ 9 du ch. IV ); et je ne fais nul doute que l'on trouverait également^ si Ton en faisait l'examen, des trous semblables sur les plans des consoles soutenues par les simulacres du palais Farnése.
fiît ponr porter le eraiëre de Samos , qui y est dëcrit, avait donné Fidée du trépied soutenu par des Persans dans le temple Olympique d'Athènes , comme il avait servi de modèle k Rome pour la coupe portée par des Silènes (i).
Tïotre petite statue à genoux est une antique imitation on une copie de F un des prisonniers soutenant le trépied dont nous avons parlé , où au moins d'un des pareils de la maison Farnèse. £De pouvait encore toute seule servir de pied à une légère console. Le petit vase de bronze, qu'on a placé dessus, completté l'ensemble de Fomement d'une façon agréable à Foeil , et qui se rapproche du goût antique.
(i) Comme on oe cessa de dépouiller la Grèce, et prio* cip«lemcat Athènes, même dans A^$ temps postérieurs k Paasaoîas , les prisonoiers de Farnèse poarraient bien éire ceox d'Albèoes. Vojes k ce sujet mes observations dans Femplication de la statue de Posjdippe ( Musée Français^ 45 liTraisoo)^ propos de ce monument y et de la statue pareille de Ménandre, que je crois avoir été enlevées li Adienes, Tersla moitié du quatrième siècle de Tére chréticaoe, pour en orner sur le Viminal les thermes d'Olimpias, fille d'Ablavins et femme de l'empereur Constance. Cependant les Persans des jardins Farnèse pouvaient avoir éfë sculptés il rimiution de ceux d'Athènes, et peut être sons Adrien, prince qui avait fait un si grand usage im mMMhtt iHi¥onazteno (Pausao., I, 18), pour les pU-« «er dans sa Villa Tibortina.