‹ Musée Pie-ClémentinChapitre 17 sur 49 · PLANCHE XVI · texte numérisé non relu

PLANCHE XVI

Les dons de Medee, bas relief *.

La savante explication qu'a donnée Winckelmann

(i) Apulée^ /. cité f parle d*an ministre d*Isis^ lequel caput décore corona cinxerat , palmae candidae folUs in modum radiorum prosistentibus.

^ Fragment de marbre penteliqiie. Il a de hauteur 4 palmes , 4 oQc^'S y et de longueur 5 palmes. Il n*est antique que dans la partie supérieure qui se termine immédiatement sur les tctcs des enfans^ et tout le reste jusqu*k la mcinc hauteur est moderne, et copie' d*aprcs des bas-rclicfs semblables de la Villa Borghèse et du palais Lancellotti , lesquels , selon toute apparence j ont été enlevés 5ur des sarcophages antiques. Les pavots que tient de la

9ï i tto bas-relief du palais Lancellotti (1)9 a fait reconnaître le sujet de plusieurs autres qui sont seni- Uables, dout un de la plus belle conservation est à Mantoue, dans la collection de Tacadémie, lequel a été l'objet d'une dissertation érudite et bien écrite du feu docteur Girolamo Carli (2). Le fragment que nous observons à présent appaitint jadis i un bas-relief semblable à ceux déjà indiqués, mais de plus grande dimension. Le seul groupe qni s'en est conservé , appartient à la première partie de la tragédie intitulée Médée , aux présens empoisonnés que la reine de Colchos envoyé par le moyen de ses propres enfans à la nouvelle épouse que prend son maru La malheureuse, mais coupable femme , qui par amour pour son Jason , qu'elle avait sauvé et protégé pour la conquête de la toison d'or, s'était rendue fille rébelle et sœur dénaturée , avait commis à Jolchos , où elle s'était réfugiée avec Jason , un nouveau crime. Pour venger son époux , et conserver ^^ jours , elle avait £iJt tuer Pélias , le roi de ces contrées , par ses propres filles , auxquelles elle avait fait croire qu'elle le ferait par ce moyen, et par des procédés ma-

auio gauche le Gcnîe ^ sont restaures , mais les queues sopi antiques y comme Test aussi la main droite de la même figure ^ avec un fragment de son flambeau. Ouest îucertaîn du lien d*ou il a e'té tire.

(1) Winckelraann^ Moman. inediti , n. 90 et 91.

(:i^ Cette dissertation fut imprimée à Mantoue avec une autre en 1785^ în-6,^

giques, revenir à sa première jeunesse (i). Errante , avec Jason et leurs deux petits enfens, elle se réfugia à Corinthe , oii son mari infidèle accepta les offres de Créon qui régnait dans cette viDe, et qui lui proposait Glauce sa fille pour épouse. C'est ici que commence la fable de la Médée d'Euripide , et de même celle représentée dans les basreliefs dont il est question maintenant.

La fille d'Eta répudiée par Jason médite une vengeance atroce. Créon la condamne à Texil avec les deux fils qu'elle a eu de Jason. Mais elle con« servait entre ses omemens le manteau et la cou« ronne dont le Soleil son aycul lui avait fait présent. Médée empoisonne ces objets par de forts enchantemens ; elle les remet à ses enfans qu'elle envoyé porter ces présens à la nouvelle épouse de leur père , pour obtenir par son intercession de ne pas accompagner dans son exil leur malbeureuse mère. Yoilà le sujet de l'aciion. Médée est assise dans le vestibule de son habitation^ qui est le lieu de la scène d'EurîpIde. L'hermès , qu'on avait coutume de placer dans cette partie des maisons des anciens, est ici pour l'indiquer. Le voile ou le pe* ripetasma Indique rinlérieur de la maison. La physionomie de cette femme désespérée est empreinte de la plus profonde douleur 3 mais qui paraît cependant résignée et tranquille. Elle regarde ses fik

(i) Cette fable est racontée par Apollodore; lîv. 1, cliap. g, dans la tragc'die d'Euripide ; intitulée Médée j et dans celle de Scnc^ue , <]ui a le inémc titre.

«5 ^'elle est déjà décidée k immoler & 9a teBgeaoce Tun d'eux tient le péplum et Vautre la fatale couronoe. En même temps un personnage allégorique et réputé invisible est au dessus de ces enfans qui portent les dons. C'est le Génie de la mort II tient de la main draite le flambeau de la yie incliné pour s'éteindre ; de la main gauche il serre, comme s'il Toulait hs cacher, ses mortels pavots ; sa tête est liasse, comme s'il sommeillait, ou dans l'attitude de la douleur. La nourrice, qui a tant de part dans \e% tragédies d'un pareil sujet , est débout près du siège de son élève ; et une des suivantes faisant partie du choeur, cdle qui a apporté les présens à sa maîtresse ( i ), parait exciter les enfans , et leur répéter les paroles qu'ils de\ront adresser à leur LeDe-mère.

Ia figure de Créon consterné est la suivante ; et eDe appartient à une autre scène de \sl mèmt tragédie , à celle qui représente dans ces sortes de bas-reliefs la mort de Glaucé.

Examinons de nouveau avec plus d'attention les images que nous venons de voir. Le docteur Carli a bien jugé que la figure assise est Médée qui se prépare à envoyer ses fils porter les présens en* chantés. Winckelmann voyait dans cette femme la nouvelle épouse de Jason. Ce qui la détermine comme Médée dans ce bas-relief, c'est la figure de la vieiDe nourrice qui est introduite dans les deux tra- ' gédies d'Euripide et de Sénèque, tandis qu*U n'y

(i) EHripidc, Médéê, t. qS*.

Û0D3 qui existaient encore dans leur patrie (i). H

me parak plus probable qu'un tableau d'Aristoiaûs de Sycione, dont le sujet était Médée , et dans lequel l'artiste grec avait peut-être suivi la tragédie d'Euripide , a pu être l'original de ces bas-reliefs qui ont formé la face principale de plusieurs sarcophages (a). Mais comme nous ne connaissons aucune particularité de Touvrage de cet artiste, l'opinion que je propose se réduit à une simple conjecture.

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