‹ Musée Pie-ClémentinChapitre 22 sur 49 · PLANCHE XX · texte numérisé non relu

PLANCHE XX

An?îius Verus Empereur *.

La comparaison de cette belle tête avec d'autres antiques, qui nous offrent le même por«

(i) C'est l'ode 27 du liv. III. Il fonde cette conjecture sur Tex pression : bene ferre magnant disce fortunam 5 et Galate'e, en partant de l'Italie par mer ^ est comparée par le pocte a Europe enlevée par Jupiter.

f La le le seule est antique et bien conservée , et n'a

''9 trait, me fait conjecturer que toutes sont des

images de quelque illustre enfant , et probablement de quelque César (i). Biais une grande médaille d'Annius Verus, parfaitement conservée (s), qu'on a achetée il y à peu d'années pour le Musée de la bibliothèque impériale de Paris , ne me laisse pas douter que ce même en<^ lant d*un empereur ne soit représenté dans le buste que nous examinons. A la vérité les yeux de ce jeune homme ressemblent à ceux de Fau»

d* autre partie restaurde qae la pointe du nez. Elle est de grandear naturelle , et aculptée de ce marbre qai , par sa blancheur et par la finesse de son grain, ressemble a l'ivoire | et que les marbriers appellent marbre de Paros^ mais que je crois plutôt être le marbre coralitique des anciens. Elle fut découverte dans une fouille dn jardin Carpense on des Mendîcanti, près du temple de la Paix. On a fait mention de cette fouille et de beaucoup d'antiquités qu'on j a découvert, dans le tome 1 de cet ouvrage^ page io4-

(i) J'en ai vu plus d'une , maïs k présent Je ne me ressouviens pas d'une autre que de celle de bronze qui se trouvait an palais Famise , et que j'ai en le temps d'exami^ aeff de très-près dans l'attelier de mon ami M. Carlo Albacdai. Quant au buste placé dans le Musée du Capitole , sons le nom d'Aunins Vems p je n'y retrouve |pas la même physionomie que l'on voit au buste gravé ici; ou dans la grande médaille que j'indique. Je l'attribueroi» plutôt à Galère Antonin, fils d'Antoaia k Pieux et de Fanstine l'andenne.

(9) Il est semblable it celoi du Musée de Vienne; autrefois dans le médaillier des PP. Chartreux à Home , décrit par Eckel ; D. H. , tome Vi i p* 85 ; mais il ne donne lieu à aucun soupçon que conçut ce célèbre antiquaire sur la grande médalUe de Vienne.

siine la Jeuoe sa mère et à ceux de Commode son frère aîoé. Le style qu'offre le travail est digue de cette époque dont it oous reste tant de l>eaux portraits sculptés (i).

Ânnius Verus fils de Marc-Aurèle Antonîn )e Philosophe, proclamé César dès l'âge de trois ans, mort à sept, l'an 170 de' l'ère chrétienne, dans la "ville impériale de Piéueste, des suites de l'opération faite d'un aposlhèmo sous l'oreille : son père rassura les chirurgiens que cet événement funeste avait consternés, et il se remit aux alTaires de l'empire après avoir pasï^é cinq jours de deuil. Cependant il ordonna qu'on rendit des honneurs divins au défunt , et il en perpétua la mémoire en lui faisant élever des statues, lesquelles^ avec les médailles, nous ont transmis son image (2).

(i) L'habîle sculpteur le cliev. Vincenzo Pacetli y a reconnu le même slyle que dans le buste Capîtoliu de Fiuistiue la Jeune.

(2) Julius CapîtolinuS; Vita M, Antonini y c. lii. (le* honneurs divins ; rendus à la mémoire d^Anuius Vcrns^ m'ont fait naître des doutes sur riulerpretalion donnée par un illustre antiquaire^ que je nomme ici honoris caussay monseig. Gaetano Marini^ a un passage de la pi. XX.XI( des Monument i dé" Fratelli Arvali , p. 585 et suiv. , 011 il est question des seize moutons v^n'ecejr sacrifies à seize divinités devant le temple des Césars. Le très-savant interprète compte seize personnages Augustes déifies, jusqu'au règne de Commode , qui est Tepoque de Tinscrîption , mêlant ensemble empereurs et impe'ratriccs , en excluant les Césars et d'autres femmes d'empereurs. II me parait étrange qu'on ait voulu sous le règne de Commode exclure son frère Aunius Verus du nombre des Dieux. Je

propose k ce sujet une conjecture qui parait encore fondée sur ce qu'on nomme ainsi en masse seize divinités , Divis numéro sexdecim , sans distinguer les impératrices Déesses des empereurs Dieux j distinction que nous voyons avoir ëtë remarquée sur d'autres marbres^ cités par le même antiquaire , et qui n'avait pu convenir au style de ces actes oii Ton voit à chaque signe les formules les pins scrupuleuses observées. Je pense donc que ces seize divinités sont toutes des empereurs ou leurs parens mAIes déifies^ et que les impe'ratrices de'ifîëes n*y sont pas comprises. On les invitait peul-étre dans les prières , à participer aux ofTrandes consacrées à leurs maris ou à leurs fils. Donc en excluant les quatre impératrices nommées par l'antiquaire, les seize Dieux seront ^ i. Jules César ^ 2. Auguste , 3. Claude ; 4* Britannicus déifié sous Titus (Suétone, Titus y ch, 2 ) , 5. Yespasien , 6. Titus , 7. le jeune César fîls de Domiticn et de Domitia , qui est nomme sur les médailles de cette impératrice Divus Caesar itn* peratoris Domitiaiii fdius , 8. Nerva , 9. le père de Trajaii, Divus Trajanus pater y selon ce qu'on lit sur les mé* dailles^ 10. Trajan ^ 11. Adrien^ 12. Elius Yerus César^ i3. Antonin le Pieux ^ 14. Marc-Aurèle^ i5. Lucius Verus^ 16. Annius Verus. Les objections qu'on pourrait mettre en avant contre ce catalogue me paraissent moins fortes que celles que Ton pourrait faire sur le catalogue de monscig. Marini ; dans lequel je ne vois pas l'exclusion donnée à Domitilla suffisamment justifiée. Les vingt Dieux dont il est parlé dans les Tables Arvaliques XLI et XIJII ^ sous les règnes d'Héliogabale et d'Alexandre Sévère , seraient alors j outre les seize que nous avons nommés cidessus j Pertînax ^ Septime Sévère , Carncalla et Gela. On peut consulter Spartianus in Geta , cb. 2 et 7 ^ sur l'apotbéose et sur les cbangemcns continuels qu'éprouve la mémoire de Caracalla tantôt odieuse^ tantôt honorée^ comme la persécution tantôt contre les amis de son frère, et dans un autre temps contre ses ennemis. Je ne présente que comme une simple conjecture l'explication que j'ai pro< posée sur ce passage assez obscur des Monumens des Arvales^ et je la soumets comme telle au jugement des érudits.

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