PLANCHE XXII L
Portrait d'un personnage romain avec
un casque *.
Les Grecs eurent l'usage de représenter les portraits des grands capitaines ayant la tête cou- Ci) Dans Bruius, $ 36 et 38.Patercaliis., lîv. II,ch. g. (a) Insigne maestis praesidium reis
Et consulentij Pollio, curias.
Horace, lîv. II, Ode a^ et lei commeotaires. Oo doit confronter ce qoe dit Pline, H. N. , liv. XXXVI^S* 4^ n. 10^ inr les monumens de Pollion otné$ de tcnlpture fwcqne.
* Elle est de marbre de Ltuu ou de Carrars , un pea
verte d*un casque. Nons en avons un exemple dans celui de Périclès (i): le Musée du Vaiican possède une autre tête avec une longue Larbe, et avec un casque, qui peut-être attribuée avec quelque fondement à Thémistocle(3)^ et dans le Musée de Paris on voit un hermès de Miltiade avec un casque sur la tête. Sur la partie de ce casque qui vient couvrir la nuque est sculpté le taureau furieux de Marathon, comme pour indiquer le guerrier qui avait remporté sur les Persans, près de ce bourg de TAttique, une victoire rendue immortelle dans rhistoire grecque (3). On voit à la Villa Albani d'autres portraits grecs aussi avec le casque , mais ils nous sont inconnus faute d'inscriptions ou d'autre indication (4). Les Romains qui imitèrent les Grecs dans presque tous les usages
plus grande que nature ; le nez est tout antique y et même le reste de la tète jusqu'à la moitié du cou: la poitrine est moderne.
(i) Tome VI, pi. ag.
(3) Dans VJndicazione de Pascal Masi | p. 1^3^ n. 4^* Dans l'ouvrage que j'écris en français sur V Iconographie Antique y je rapporte les motifs qui me font croire que cette tète est un portrait de Thémistocle : Iconographie grecque y P. I ^ ch. 5, § î, pi. i4-
(5) On voit cette tète gravée par M. Thomas PiroH dans les monumens du Musée de Paris, tome II , pi. 80 : ce* pendant on ne peut voir dans la gravure cette particularité dont je parle ici.
(4) Indicazione Antiqiuiria ^ éd. de i8o5, nn. 36,39, 4o, 4^; 47 c^ ^<*
"9 de la vie , et spécialement dans les beaux-arts ,
paraissent avoir suivi aussi le même usage. Les mëdailles des Cornelii filasioni ont pour type une tète d'homme sans barbe et couverte d'un casque , qui me parait être la tête de Scipion l'Africain le Vieux (i). Un buste en bronze du Musée de Naples est probablement le portrait do quelqu'autre chef romain (2); et la même idée nous est donnée par la tête que nous examinons au premier coup-d'oeil. Quand l'usage de se raser le menton devint général chez les Grecs , ils laissaient toujours croître leurs cheveux un peu plus longs que n'avaient coutume de les porter les Romains. Les portraits bien certains des personnages des deux nations nous font connaître clairement cette différence, et sur cette particularité est fondée Topinion qui me fait regarder le portrait que représente ce marbre comme étant celui de quelque Romairt illustre dans la guerre. Le marbre de Luni dont l'artbtc s'est servi, ne suffit pas pour déterminer quelle est la patrie du personnage ; il prouve an plus que cette sculpture ne Vient pas de la Grèce (3), mais nous ne pouvons nous flatter
(1) Mdrelli^ Iftes. Famil. Cornelia^ tab. f ^ n. f. Pour reconoaltre la Terilë de cette conjectare j il suffit de confronter one inédaille de ce type avec le profil du buste de Scipîotiy qui est dans le Musëc du Capîiole dans la galerie longue: il est orne d*uoe inscription.
(!i> fTerculanum j Bronzt y tome I , pK 65 et 66.
(">) La qualité du mirbre peut être quelquefois d*un
3fusée Pie-Clém. Vol VIT. 9
iSo
de reconnaître le guerrier dont elle est le por^
trait. Le nombre des portraits romains authen-
grand secours pour la critique de l'antiquaire. La decoa- Terte que Ton a faite que quelques travaux du plus an* cien style de Tart, par exemple le Puits du Capilole , le grand autel triangulaire de la Villa BorghèsC; sont de marbre grec, a de'truit toute idée que ces sculptures étaient étrusques^ comme Winckelmann l'avait cru. Maïs je ne aais si la particularité contraire peut être vcrifîcc par le bas* relief de la Villa Albani, publié parWinckelniann [Monum. inéd,, n. 10) et qui le fut dernièrement par M. Zocg.i dans son intéressant ouvrage sur les Bassirilievi di Roma, pi. 36. Il me semble cependant que pour conside'rer ce bas-relief comme romain , ce qui est Topinion du savant et in* génieux antiquaire , la qualité du marbre est la seule circonstance décisive. Tant qu'on ne démontrera pas qu'il est sculpté en marbre de Carrare , l'opinion de xeux qui le regarderont comme nn ouvrage grec sera la seule probable. L'ornement qui l'environne en forme de corniche est f corne je l'ai fait remarquer, l'ornement propre des bas-reliefs grecs. On peut en dire autant de cette différence de dimension entre les figures , d'autres grandes , d'autres petites qu'on remarque dans ce monument ; et qu'on ne trouve ordinairement presque jamais hors des bas-reiiefs grecs : le costume de toutes les figures est grec : le cheval qu'on y voit est un accessoire très-fréquent sur les bas-reliefs des sépulcres grecs , sur lesquels on plaçait communément un emblème quelconque de la classe h laquelle les défunts appartenaient , en indiquant qu'ils combattaient dans le rang des cavaliers^ et alors ils étaient distingués du vulgaire. Voyez ce que j'ai déjà dit à ce sujet, tome V de cet ouvrage dans les discours sur les plane. 19 'et 37. Il est constant qu'on transporta de la Grèce à Rome des marbres tout travaillés dans -les temps anciens et dans de plus modernes. Quelquefois on les trouve employés comme lest sur les bàtimens qui nous viennent du Levant, Quant au bas-relief dont il s'agit^ il n*y a.
i3i tiques , qui oous sont restes , est trop petit, si ou en excepte ceux des empereurs et d'autres personnes des familles des. Césars. L'air du visage est celui d*un homme résolu : il paraît que le front et le regard donnent à cette tête inconnue un caractère de dignité et de vigueur qui la distingue.