PLANCHE XXIV
Tête de vieille *.
Le buste qui est ici gravé , nous présente le portrait d'une femme avancée en âge , destine peut-être à Fomement de son sépulcre , ou plus probablement encore, pour être placé parmi les images votives^ consacrées dans quelque temple. La draperie qui lui couvre la tête est disposée suivant une certaine mode , et exécutée d'un st)le qui s'accorde peu avec les usages et les exemples de l'antique* Mais la faute de cette
qne \e lache^ aucune notion qui indique qu'on l'ait découTeri parmi les ruines de quelque sépulcre latin. Cette digression ne paraîtra pas inutile aux antiquaires qui sa* vent combien il importe de Térificr ou de démentir les observations qui ont pour base des faits conslans.
* Cette léte qui ftft donnée par le prince Colonne à S. M. Pie Six, est en marbre de Luni ou de Carrare^ et de grandeur naturelle. Il n'y a d'antique que le mas* qne ; encore est-il restauré au oei et an menton. On peut coojfcturer par la manière un peu affectée de la draperie dans la restauration qu'elle a été exécutée par un ar« tiste du XVI siècle, et de l'école florentine.
ÎDcohércnce appartient au sculpteur iiK)derDe 9 qui a fait un buste d'un simple masque^ soit que le temps n'eut épargné de cette sculpture autre chose que le visage, soit que l'ajustement de la tête, travaillé dans un autre bloc de marbre, et qu'on avait rapporté comme une perruque, se soit égaré (c).
Les traits de la personne qui est représentée ici n'ont certainement rien d'idéal, quoique l'exé* cution du portrait pour la vérité et pour le goiit de rimitation mérite beaucoup d'éloges. Cette observation me fait désister de Tidée de chercher quelque sujet mythologique pour l'appliquer à ce monument Alors je ne citerai ni la vieille Hecalé qui donna l'hospitalité à Thésée, et dont la mémoire fut honorée par les Athéniens ; quoiqu'elle ait pu devenir un sujet pour la sculpture, comme elle en avait servi pour un poème très-élégant de Callimaque (a). Je ne parlerai pas de la vieille ivre, sculptée en marbre par Myron , et conservée à Smyrne du temps de Pline (3), dont nous avons peut-être une imitation antique (4); ni enfin aucune de celles
(j) Nous avons va des exemples de cet usage, et nous en avons cherche les causes ^ tome II de notre ouvrage, pi. 5'2 , et tome VI , pi. 57.
(2) Meursius, Theseus , c. lo; tome X du Thesaurum Gronov.
(3) Pline, hv. XXXVT, § 4 , n. 10.
(4) Elle est dans le Musée Capitolîn , et gravée t. ÏII de celte collection, plan. 37. Monseîg. Bottari qui a fait mention du passage cite de Pline , en expliquant cette statue^ s'est trompé lorsqu'il a supposé que l'ouvrage dont
i55 qu'Aristodème avait modelées avec tant de talent (i).