PLANCHE XXIX
Lion marchant *.
Ce simulacre très-élégant conviendrait bien plus à un cabinet de camées et de pierres prétieuses
* Ce pétît lioa est sculpté eo une espèce de brèche <le couleur blonde obscure^ qui ressemble à la couleur naturelle du lion. La langue qui est en marbre rouge , les dents et les ongles en marbres blanc ^ sont une restauration moderne y mais insérés dans les alvéoles on enfoncemens qui avaient été antiquement pratiqués dans le marbre pour y rapporter ces parties faites d'une autre matière. Une portion des pattes et de la croupe avec la queue sonC modernes. Le petit lionceau est établi^ sur une plinthe ou socle d'un très-beau porphyre verd , qui augmente la richesse de ce morceau. Il n'y a aucune retouche sur les parties antiques^ excepté que les endroits polis l'ont été de nouveau, pratique que je ne pourrais condamner pour les ouvrages de sculpture aa-
i55 qn*à trn Musée de sculpture. L'artisie ancieii , avec une pratique plus familière qu'on ne croît dans les temps renommés de l'art (i)> a cherché à imiter par la variété des pierres les couleurs . natn-> relies du lion , mais avec une telle adresse , que l'animal sculpté ne ressemble pas h ces figures qui joignent h la rondeur des formes de la sculpture l'imitation pittoresque , on dirait plutôt qu'on ait cherché à supposer la vérité qu'à l'imiter : elle ressemble bien mieux à ces figures , qui , travaillées en onix ou d'autres pierres dures de dt* verses teintes , flattent l'oeil des spectateurs par la variété des couleurs, sans qu'une teUe imitation fasse iUusion. La brèche très-dure, dont on s'est servi pour sculpter ce lion est précisément d'une couleur semblable au lion, mais les ongles et les dents en marbre blanc, et la langue de rouge antique., sont insérées dans quelques cavités , qui ont été pratiquées exprès dans la* pierre.
tiqac exécutes en marbre de couleur. Il est long de deux palmes^ haut d'une palme , cioq onces. On Ta trouvé dans le jardin dtè Mendicantî près du temple de la Paix. Divers monumens que nous avons publié dans le courant de cet ouvrage ont été découverts dans cette même fouille.
(i) M. Quatremère de Quincy, membre de l'institut de France^ a composé un ouvrage très-savant sur l'usage et sur l'abus de la sculpture polxchrome^ on a plusieurs couleurs^ cbes les anciens. Il faut espérer qu'on le publiera dans les Mémoires de Vlnstiuu. (Cet ouvrage a été put^ blié depuis séparément. Les éditeurs).
CpimBe la couleur naturelle des jenx da ficm ne diflE&re pat beaucoup delà couleur de sonpoil, excepté qulk «ont brilkni, aussi le judiôeux artbte Q*a pat rapporté dans ce simulacre des yeux d'une autre matière, quoique * cette direrstié dea yeux fiftt devenue très*-générale dans les statues des anciens (i).
Le roouTèment du petit lion que noua ezami* nona est très-peu différent de celui du très-beau fion de BarberinL L'un et Tantre étaient peut-être imitéa 4^après quelque CMÎguial (a).
(i) Il*satrès simalacres de lions qui teîent en marbre bisno araient des yeux rapportes. On Ut dans Pline qa'un lion de marbre, place dans Tile de Chjpre sur le mausolëe d*iin prince nomme Hermias, arâit des jeux d'^ meraude (c'est-à-dire d'nne jpierre Terte), et qoe T^lat de c^ jreux faisait ëloigner les thons de cette rive sur laquelle le mansoUe dtait éltvé} et que par cette raison les ptehenrs obtinrent que l'on changerait les yeux de ce lion de marbre: PHuq'^ liv. XXXVn , $ 17. Hardouin a confondu cet Hermiar^ prince de quelque partie de 'l'île de Chjpre y avec Hermîas eunuque gouveraeur d'Atarne dans la Troadc^ ami et h6ie d'Aristote.
(s) Outre les lions sculptés par d'excellens artistes et qui doivent se voir dans lé catalogue de François Junius , on peut faire mention du lion de broute, consacré à Delphes par les habitans d'Elathée dans la Phocide, en mémoire de leur heureuse résistance contre Cassandre (Pausanias, liv. X^ c. 18). Il est fait mention aussi de simulacres célèbres de lionnes ches les anciens. Pline en indique une de Tisicrates écolier d'Euticrates, La correction proposée par Hardouin^ qui a substitué le nom de Tisicrates a celui d'Iphicrates ( Pline , liv. XXXI V , $ 19^ n* 13)^ semble être confirmée; au moins jusqu'à
i55 Lion assis *.
Le grand lion transporté du Pyrée d'Athènes à l'Arsenal de Venise est dans la même attitude que le lion que nous observons (1)9 et on ne peut en
certain point, par nne découverte en 1796. En creusant près du lac Albano , sou» Palazzuolo , on trouva les vestiges d'un temple tout entier construit de peperino et sur un grand piédestal de la même pierre , et du forme oblongue , préparée pour servir de base à une statue couchée p même d'un animal ^ on y lisait en grands caractères TEI- 2IRPAIH2 , Tisicrates. A cause de l'usage qu'on avaft fait des simulacres de lions aux portes des temples, on a pu croire que ce piédestal avait soutenu une copie de la lionne de Tisicrate. J'ai vu il y a quelques années à Paris sur une pierre gravée, d'un style antique, que je croirais même étrusque, une autre lionne. J'en conserve l'empreinte. On y lit le nom grec APISTOTEIXHS , Aristotiches : je ne puis dire s'il est celui de l'artiste ancien ou du possesseur de la pierre.
* Il est de marLre grec y haut de trois palmes et demie i et il fut jadis àla ViUa Mattei. L'extrénuté du museau, les pattes et la plinthe sont modernes. Ce qui reste de l'antique est intact.
(1) Il faut lire ce qu'a écrit savamment sur ce monument, fort endommagé , qui est d'un travail grec , M. Akerblad Suédois, dans sa lettre insérée dans le Magazin Enciclopédique de M. Millin , 9.^ année , tome 5 , p. 25. Ce savant ultramontain s*est aperçu que sur la superficie du marbre qui forme les épaules du lion, on a gravé deux rubans assez bizarrement tortillés; et sur lesquels sont des inscriptions runiques. Il conjecture fort ingénieusement
(igorcr une plus propre à ce roi des bétes féroces » quand îl est placé pour garder un sépulcre ou uu temple. Néanmoins cette sculpture d'un bon style ne peut-être comparée avec d'autres simulacres de lions qui nous sont parvenus , comme celui du Musée Baiberin dont nous ayons parlée celui de Médiois , et te CapitoKn.
On a exécuté dès les temps les plus reculés, en Egypte^ des. figures de lions ^ cet animal éuit là un symUole religieux et un emblème du Soleil (i). Les lions sculptés ne furent pas moins fréquens chez les Grecs qui les placèrent dans les endroits que nous venons d'indiquer, et ils les consacrèrent à des usages aux fontaines et k orner Farcbitecture (2).
que ces inscrîptionis sont dues aux Varangues ; troupe* d'origine septentrionale qui étaient à la solde des empereurs grecs ^ lors de la décadence deTempire Rizantin* M. Louis Bossi a combattu cette opinion dans un autre opuscule imprime' K Turin en i8o5. Il pre'tend que ces caractères sont étrusques ou Pélasges : mais à la vëritë cette opiuioii a besoin de preuves plus solides que celles qu'a sommairement indique' M. Bossi.
(i) Les lions égyptiens du Capitole , et ceux delà Fontana deW acqua fellce , sont d'un travail e'gyplien, excellent dans son genre. Vovez sur le lion^ emblème d'Hor us et du Soleil , ce que disent Horapollo , Hiérogl, ^ 1. i ^ cil. 17 ; et Elien , de nat, anim. , liv. V, ch. 5g.
(3) Le temple porlatif, dans lequel on transféra en Kgypte le cadavre d'Alexandre le Grand , avait devant la porte deux simulacres de lions d'or qui semblaient regarder ceux qui entraient ( Diodore , liv. XVIIl , ch. ^7 ). En efl'et les lions étaient places ; comme symbole de lavigi-