PLANCHE XXXV
Grand vase de basalte *.
Quoique la plupart des grands vases de marbre qui nous sont restés des anciens, n'ayent été exé-
(i) Voyez ce qae nous avons dit à ce sujet ci-dessus^
pi. IV et vm.
(2) Méthode imitée heureusement par Fontana dans les lions de hronze des armes Peretti qui soutiennent Tobclisque du Vatican.
(5) Une cicogne de la petite espèce ayant dans le bec un papillon , des paons et des cignes y si le dernier à droite n'est pas plutôt une oie sauvage de l'espèce dite par les anciens Vidpanser.
" Ce vase , de basalte noir dgyptien^ est haut^ avec son
calés quK pour l'ornement des maisons de campagne, des thermes, des jardins, il n'est pas moins vrai cepcadatit que de pareils vases ont clé dan» l'origine propres à (juel<juc usage. Un grand vase, appelé cratcr a. cause de l'usage auquel il sor- V;iit(i\ était un des uieuliles nécessaires dans les banquets: car on v niélangcitit le vin avec l'eauj on puisait celle liqueur avec une espèce de cuillère pour la verser dans les coupes que l'on préseulail aux convives. Les cratères étaient ordiuairement de luctal et même d'argent. Il semble cependant que dans quelques temples de campagne ou dans d'autres lieux ehampélies , les anciens , pour éviter l'mcommodité de les transporter , plaçaient des cratères de marbre très-grands, ou plus communément en terre cuite, lesquels élaicnt destinés au service des convives qui assistaient aux aaimâces. Hoiaère ûùaaot la description d'tin an-
pied moderne en marbre grii,de tir palmei an tiers. Il fat trouve , i) j a plus de trente ans , dam le jardin de S. André à Montecavallo; il était endommagé par le feu et rompu en une infinité de fragmens. On l'a restauré avec tant d'adresse, qu'il parut digne d'4ire compris dans ]e nombre des monumeos cédés k la France par le traité de TolcntÎDo. Ayant été transporté, les parties restaurées se détacbèrent dans le voyage, mais elles furent rétablies en place avec beaucoup d'ialeltigence par H. Antonio Bonomi artiste romain. 1« vase est actuellement placé provisoirement dans le vestibule du Musée de Paris sur Qti grand pied de brocalellc.
(■) Du verbe wfnôs qui s'abrège par jtpdOf d'où vient Itpdç» , naùre.
trc sacré aux ?Iymphes k Itaque , n'a pas oublié d'indiquer les cralères de pierre qui s*y trouYaienl(i)i
Le DÔtre n'a pas seiTi à des usages aussi simples et n'appartient pas à des temps si éloignés. La matière qu'on a employée pour le former est un énorme morceau de basalte égyptien (2) ; ce qui prouve qu'à l'époque oîi il a été fait , ce pays était assujetti aux Grecs , ou plutôt aux Romains.
La forme de ce vase est très-élégante, et la sculpture est d'un goût exquis. Les anses doubles qui se croisent l'une sur l'autre , et qui s'appuyent sous le bord, représentent quatre rameaux flexibles de férule grecque , plante consacrée aux fêtes et au plaisir des Bacchanales (5). Quatre masques Dio-
(i) Odyss. , lîv- XKI , v. io5 cl 35o.
(!2) Mous avons dcjà observd que ie basalte, o a pierre de fer des anciens, n*est pas ordinairement celle que les jnoderues entendent par le m^me nom. Le basalte des modernes, cru une concrétion volcanique, n*ett jamais compose de masses d*un diamètre assez grand pour pouvoir en entier offrir des morceaux aussi grands que dut Tétre le morceau avec lequel on a sculpte ce vase quand il fut entier : d'autant plus que les anses étaient prises dans le bloc lui-m<^me. Le basalte des anciens est placé par les minéralogistes modernes, parmi les roches qu^ils appellent cornées y plus ou moins mêlées d'autres matières qui le rendent graniteux.
(5) Quelque partie de Pextrémîté supérieure de ces anses qui est antique et intacte , fait voir que les branches qui les forme sont creuses et vides en dedans , circonstance qui, jointe à leur flexibilité^ indique sans équivoque lay«rula, Çtiarumdam ruUurae CfortdarumJ, dit Pline au livre XIII; 5 4^9 Ugnwm omne corticis loco haierU ^ hoc
nysïa<|ues orneut le tour du vcnlre, et sont ioter-i rompus par quatre masques iragîques (i), lluic thyrses, oiués à la ciine d'une pomme de 1110(2), et de bandelettes ou taeniae , scpaienl Its masques les uns des autres; et un rinceau d'acaullie régulier couronne par des arabesques a^éablcs le
jwivwsfii Uoe^fiiiè composée.dD c«a. orDemev, quQ lénp c bin ctw yaoïimiCTit/MfoicttiM, entoure le vase, filmS£at8BM»tt; ou «baMu'd^i.auiques (1).
■ ito^ j JbrtnMOu'f 'Ugiù'àtMm taàè''fiingoiam inOu medui- Uaà^ m mmèieif^aatdam«é^llfjtNfT4tEXut4Êrm-
4uît coûtera à Bsccbni.
(i) hn Duiqne* et 1» HftKironi A^ent du onfenieiti dant on orotit lot crtlÂDM,cL4el: vues ^ni éttdeM âe»- '^tiBA.awïny «t qae IWdécoioît irlirhien ftrtc det tjm.- ■ be3«l»ccldqnu.BMDCOBpd«bMnïTHW<^iu^i«D'uit fm à'^ntitê oraesMi» i let eit c«luiqai(l«i« VUU LanU •or 1* Jtniciie\, puu en Allgle^m) at un auuo plo* * pMil , nuis d'an traviit «zcelUnt, qu Aaît danê ia Vilta Borghèse (aalle III, n. i3), et qui ett k présent dam le Hiuée de Parii. On voit d'autrei vatei ornes de masques gravés dans le /t«cuet2 de Cavaceppi, t. III, t. ^o, et aillears.
(a) Ia pomme de pin â la «ommité des thyrtes fait peut-être allnsion au mélange des mystères de Cibèle avec ceux de Bacchus, desquels parle Euripide dans les Bacchûntes , v. 68 et suîv. , et v. i9o et sulv.
(3)M. Louis Petit Radel , membre de l'Institut de France, a lu dernièrement k la classe de littérature antique uu mémoire plein d'érudition sur la plante qui peut avoir fourni aux architectes aocieni le modèle des palmeites. Il pense que cet ornement représente les gousses de quel-
17^ Un rase paHaîtement semblable à eelui-ci pour la matière , pour la forme et pour les omemeos, et , comme je le crois , égal dans ses dimensions, a été employé pour des fonts baptismaux dans la catbédrale de Naples (i).
La frbe gravée dans le bas de cette planche, est composée de guirlandes^ soutenues par des enfans, eniiemélés d'un ornement qui a la forme d'une corne de sarcophage ou d'autel, avec une palmette qui y est sculptée. Le dessin de cette frise est joli, quoique les proportions naturelles entre les enfans et les feuilles des guirlandes n'ayent pas été observées; et quoique cet ornement de sarcophage y semble étranger, et s'accordant peu avec le reste* Ce bas-relief, et d'autres semblables qui couronnent les murs d'un riche cabinet du Musée Yati-
que plaate lëgumiDease. Quelque îogenîeuses que soient CCS conjectures^ il me semble que la question n'est pas encore décidée^ et qu'elle attend le jugement de quel* que savant voyageur , qui se soît rendu familières les formes extérieures des ve'gélaur qui croissent dans les climats et les régions où TarcLitecture grecque eut sou berceau ^ et où elle prit son glorieux accroissement.
(i) Cet ornement précieux avait ëtc place par Constan-^ tin le Grand dans l'ëglise qu'il avait fait construire à Napies, dédiée à Sainte Restitue. Yojez Ciampini^ desacr. €Ledif. a Costantino M. constructis , c. 20. Le même empereur avait fait placer deux urnes de la même matière^ c'est-a-dire de basalte^ une aux fonts baptismaux de La* tran, une autre dans la basilique Sessorienne , à présent Sainte Croix à Jérusalem. Toutes deux y sont encore ^ mais elles n'ont plus la forme de vases comme celle de r^aplcs , indiquée par Celano dans la Description de cette capitatC; Giornata I, page ia6de l'édil. du 1692^ in-i.»,^
Musée Pie-Clénu VoL VU. 12
oaa, appartenaient pent-étre à la fiise extérieure de quelque mausolée (i).