PLANCHE IV
Trois Silènes qui soutiennent une coupe *.
L* esprit qui guidait les arts grecs était un esprit d*îmiution. U avait porté les plus anciens artistes à copier la nature; et il engagea ceux qui les suivirent il imiter la nature et l'art. Le
Marnas dans la Lydie on la Phrygie, fait découler de ses tubes d'ivoire, qui ressemblent li des petits barils cercles cl ajustes l'un dans l'autre, au lieu de vin, la liqueur allégoriqne de la poésie , dëjk comparée au vin que Ton ▼erse dans une coupe de Piudare, au commencement de la VII Olympique.
^ On trouva deux de ces statues, et les restes seulement de la coupe , dans les mêmes fouilles de Rama vecchia, où l'on découvrit le Silène de la planche prëct^dente, et dans la même année (Riccy, PagoLemonio^ page i3o). La hauteur des figures courbées et à genoux est de trois palmes et demie, en marbre de Luni; la coupe est moderne. On en voyait, pour ainsi dire, l'empreinte dans les parties supérieures des outres applaties et même un peu concaves sur lesquelles elle était placée. Quelques-unes des extrémités des deux figures antiques sont restaurées»
Musée Pic^lém. YoL YDL a
mouvement gracieux d'une figure , la simplicité des ornemcns d'un support, n'avaient pas été plutôt connus qu'on les voyait imités dans cent morceaux différens. Les uns conservant la pose de l'original qu'on admirait , cherchaient cependant à en perfectionner les proportions, à donner plus de grâce à toutes ses parties, et même à en varier Teusemble par quelque léger changement (i). Alors la perfection des ouvrages exposés en public était presque un degré qui icrvait à arriver à une plus grande perfection. Ce n'était pas, comme à présent, un obstacle, qui en voulant faire éviter l'imitation, entraînait à 'éloigner de la simplicité et du naturel.
Nous avons dans le monument qui est sous DOS yeux un exemple frappant de cette maxime que je viens d'établir. L'idée de faire tenir une coupe par trois figures à genoux est née dans
(i) Nous en voyons des exemples dans les Venus nues, y compris celle Mëdicis, de Cicomènes. II y a peu de dif' fcrencc dans toutes avec le premier original qu*en a donne Praxitèle ; c'est-à-dire la Vénus de Gnide ; dans TUercule de Glycon qui offre peu de changemens avec l'original de LysJppe, que d'autres artistes anciens ont répète plus fidèlement par rapport à l'attitude ^ et dans d'autres ouvrages d'art des Grecs , qu'il serait trop long de de'tailler. Les modernes ont bien différemment que ces anciens jette les hauts cris lorsque le Dominiquin a suivi dans sa Communion de S. /^rome l'idée d'Augustin Garacche, et que Mengs a imité de Coypel le groupe de l'Histoire et du Temps ; que celui-ci a peint à fresque dans le Vatican.
»9 Teafance de Tart. Le prenuer exemple que Tbis-
toire DOU8 en a transmis prend son époque environ 640 ans avant Têre chrétienne (i); en Yoici Texplication.
Le navire d'un certain Goléon de Samos allait «n Egjpte, chargé de marchandises (a); un veut du Levant très-constant, éloignait Coléou de^ rives du Nil, et le repoussait vers une petite île près de la Lybie; ensuite il le reportait, lui étant toujours contraire, à Tartesso, jusqu'aux colonnes d*Hercule; peut-être à Cadix. Le bâtiment arrivé en ce lieu, les marins de Samos firent un trèsgrand bénéfice par* la vente de leurs marchan« dises, dont ils avaient perdu Tespérance dp se défaire. Etant revenus heureusement dans leur patrie, ils retirèrent le dixième de leur gain (c'était six talens), pour en élever aux Dieux un monument qui attestât leur reconnaissance, et qui apprit à la postérité la plus reculée tout leur bonheur. Ils consacrèrent dans le temple de Junon, à Samos , un grand cratère en bronze orné de têtes de grifîons. Trois figures, aussi en bronze, plus grandes que nature, ayant les genoux à terre, servaient de supports à ce grand vase qu'elles soutenaient sur les épaules (3).