‹ Musée Pie-ClémentinChapitre 8 sur 49 · PLANCHE VII · texte numérisé non relu

PLANCHE VII

Groupe hitobiaque *.

Les bas -reliefs qui nous représentent des iina<^ ges symboliques des cérémonies Mithriaques ^ sont très-fréquens , mais les statues et les groupes de relief sont fort rares, quoiqu'ayan t le même

quatuor versus horizontales characterum, sibi ohversorum^ ubi qui est character intermedius , ratione modo indicata duorum characterurh vices sustinet. Notarum formae in hoc lipide occurrunt centum sexaginta sex. Ce savant écrîyain observe II la page suivante ^ que parmi ces hiéroglyphes il y en a six qai sont renfermés dans autant de circonférences éliptiqncs. Dans les planches qae l'on ajoutera à la fin de ce volume, tons ces hiéroglyphes seront exactement représentés.

^ Ce groupe y qui a sept palmes et demie de haut ^ et huit et demie de longueur, est en marbre deParos, ap-' pelé ordinairement marbre grec. Quoique restauré; il n'a point été altéré. On y a retrouvé les traces de bean^ coup de parties manquantes. Les bas-reliefs Mithriaques ont fourni des modèles pour quelques- .parties qui pouvaient être douteuses. La téie de la figure principale est antique 9 mais originairement elle n'appartenait pas k ce groupe. Les pieds, les bras et le pan voltigeant de la chlamjde ont été restaurés , de même que h tète du taureau^ et trois des pattes, excepté celle à gauche de derrière qui est antique» Il restait des traces évidentes du chien, du serpent et du scorpion. M. Pacettt, sculpteur, dont nous avons parlé tant de fois, possédait ce groupe dans sa riche collection de sculptures antiques; il le céda ensuite 11 M/ F. A. Franzini qui restaura les animaux j ensuite il fut acheté pal S. M. Pie VL

o:> objet 9 et particuUirement qaaod les dimensions des Egares s'approchent da naturel (i).

Je ne crois pas qu'il existe nulle part un au-* tre groupe Mithriaque de la grandeur du nôtre. Il a d'autant plps de mérite que l'art, avec lequel il est exécuté tient plus de la manière noble et simple de l'école grecque; ce qui me fait croire que ce morceau de sculpture appartient plutôt au second qu'au troisième siècle de Féro chrétienne (2).

Nous dirons peu de choses de la signification mystique et obscure du sujet. Nous y reconnais* sons bien sûrement dans la principale figure , Têtue à la manière des Perses , qui foule sous lui et égorge un taureau, qu'il a saisi par les cornes, le Dieu emblème du Soleil, dont les céfémonies venues deTOrient avaient subi dans TOc* cident d'étranges altérations (3), ce Dieu que Stacenons décrit dans l'attitude pareille à celle que nous lui voyons dans beaucoup de monumens (4)*

(i) J'en ai indique quelques exemples dans l'expUcation de ia pL XXI du tome III. Cette même planche et la XIX dn tome II représentent des sUtnes Miihriaqncs dt grandeur presque naturelle.

(3) Nous avons dit quelque chose dn temps auquel sa rapporte rintroducUon dans l'empire romain du culte da Mîlhras^ dans les discours sur les.deox planches citées.

(3) On peut consulter sur quelques-unes de ces altéra»* tioos les remarques de Fréret dans un de ses mémoires^ inséré dans le tome XVI des Mém. de FAcad. des Inscrip.

(4) Tlieh. 1 1 V. 70g. Eustasc | ancien tcoliaste de la

Persei sub rupîbus antri Indignata sequi torquentem cornua Mithram.

Je me rapporte pour rÎDterprëtatioo des symboles aux ing^DÎeuses conjectures de Fëvéque d'Adria (i). 11 a remarqué que le taureau céleste, celui des signes du Zodiaque dans lequel le Soleil commence à donner des preuves de sa force (a), est aussi le symbole de la Lune^ que Afithras qui dompte le taureau signifie la force du Soleil , quand il contraint les influences lunaires à se répandre sur la terre pour la féconder^ de-là le signe du taureau est aussi le symbole et le domicile de Vénus (5). Le chien est

TbAaïde, observe li cet endroit que le Dieu Mithras est représenté dans cette action Persico habita.

(i) MoDseîg. Pilippo del Torre dans son très-docte livre Satitalé Monum. Vet. Antiiy lorsqu'il parle d'un monument Mithrîaque p de Mjthra ^ et spécialement aux ch. 3 et 4.

(2) Qui n'a pas dans sa mémoire ces vers si beaux dePétrar* que; que nous essayerons de traduire? « Quand V astre qui indique les heures vient se joindre avec le Taureau , il s'é" chape des cornes enflammées de celui-ci une puissance qui répand dans le monde une couleur nouvelle. Elleem^ hellit non-seulement tout ce qui s'ojffre à sa surface j en ornant de fleurs les vallons et les collines, mais elle Jéconde même son sein dans V intérieur où elle ne séjourne jamais. »

(3) Porphyre, de Antro Nymp. ^ page 265 de l'édition de Cambridge^ i655, dit de Mithras que , vehitur Tauro signa Veneris ; nom Mithra , aeque ut Taurus , aiuuor productorque rerumestet generationis dominus ; et peu avant il avait indiqué à la page 2611 , que Lunam Taurum di* xeruntj et exaltatio Lunae est TaUrus. Je me sais servi

Sjrins, ou le cbien céleste, dans lequel la planette principale est à son plus haut degré de force. Il attaque le taureau encore pour lui faire yerser d^abondantes influences, qui ont pour symbole le sang qui coule à flots. Le Dieu lui a ouvert le gosier avec un poignard, et l'humeur vivifiante découle en abondance de la blessure. Un serpent se glisse pour lécher ce sang; il esi le symbole connu du Soleil et de Tannée , mais plus particulièrement Tembléme du Dieu Saba^ ûus^ divinité de l'élément fluide. Cependant le Scorpion, signe opposé au taureau, sous lequel la chaleur du Soleil commence à baisser ( i ^ ,

de la tndaction de Hohtein. Nons apreooos aussi de Ju* lias Finnicat , qne le signe da Taureau était encore le domicile de la planeUe de Vénus ; cela est prouvé par un«; des médailles astrologiques Alexandrines , frappées Tan 8 dn règne d'Antonin le Pieux , et très-bîen expliquées par l'immortel Barthélémy dans le tome XLl des Mém. dû fAcad. des Inscr.

(i) Le Soleil, selon Macrobe ; Sat, I| ai , torpescit dans le Scorpion. Plutarqne fait la même observation dans le traité de hide et Osiride ^ ob il parlé aussi de la force da Soleil afToiblie dans le mois é^ptien phaôphi j qui correspond à notre octobre , lorsque cet astre est dans le signe da Scorpion, sous lequel j'ai vu sur un planisphère égyptien écrit le nom dn mois phaôphL J'ai parlé de ce rare monument dans l'ouvrage qui a pour titre Monu-^ menti Gabini , oii cependant j'ai oublié de faire obser- Ter cette correspondance. Au surplus le Scorpion est opposé an Taureau à la distance d'un demi-cercle entier, qai comprend six signes , de sorte qu'on peut dire ^u'il lai est opposé toto coelo.

ronge les testicules de cet animal sypibolique, comme s'il voulait détruire la vertu génératrice de la Lune et du Soleil.

Tout ceci a été fondé par ce prélat sur des argnmehs extrêmement probables, et sur des autorités nombreuses (i). Je n'y ai ajouté que la relation qu'a le serpent avec Sabazius^ et j'en vais donner les preuves.

Le serpent était le symbole propre du Dieu Sahazius (ji) 'i divinité que quelques mythologues supposent fils, d'autres père deBacchus, mais que le plus grand nombre confond avec Bacchus même (5). Bacchus Sabazius était la divinité qui, dans cette bizarre cosmologie, représentait l'élément humide; celui sur lequel on croyait que la Lune exerçait plus d'influence, et qui était regardé comme un des premiers principes de la force productive de la nature. De-là Bacchus Sa-bazius est réputé le même que Bacchus Plui^ius (^ffjres) (4)* Alors le serpent, très-ancien sym-

(i) Voyez particulièrement le chap. III ^ de Mjrihra, dans l'ouvrage citë^ note (i) de la page 36.

(o) Sahazium y colentes Jovem , anguem cum initiantwr per sinus ducunt. Firmicus j de errore profan. relig. Dans les mystères de Sabazius, qu'Arnobe appelle Sebadii, on prononçait ces paroles: Taurus Draconem genmt et Taurum Draco. Advers. gentes , liv. V.

(3) Orphëe , hymn. 4? > Hésychius et Suidas au mot Safià^ioç 9 Arpocratîon au V. J^a^Ol.

(4) C'est ainsi que le dit expressément Pbotius dans son dict. manuscrit cité dans les notes d'Alberti à Tarticle

hole Dionysiaque , devenait plas particalièrement celui de Sabazius et de Bacchus Pluvius % parce que le mouirement serpentant des ondes ofifrail i rimagination un motif pour considérer ce reptile comme Tembléme des fleuves et de leur cours (i).

Toutes ces analogies ont ^e% rapports asses évidens avec le type syntbolique de ce monument. Mais si nous craignions de trop nous livrer à des conjectures fantastiques » voici Tins* cription d'un bas-relief Mithriaque qui pourra nous rassurer. On y lit , sous le jet du sang qui sort de la blessure du taureau, ces deux mots grecs» écrits en caractères latins :

KAMA SEBESIO Cest-à.dire N AMA ££BAZlUr , Fluentum Se^ basii: Écoulement ou courant du Dieu Sebazius ùvl Sabazius {2). ^neifeile serpent mystérieux de ce

d'Hésychias indiqaë ci-desstis. Oo peut voir aussi Soi* das et Hésjchiuf mdme au mot T17C7 ^t sartont Démos* thèoei de Corona, page 3i3; 1. a6 de Téd. de Reîsko.

(I) Le serpent esc souvent dans les monumens égyptieus la figure symbolique du Nil. Y. Zoêga , Numi Aeg. imp. , P*g^ (449 b* I'* manière de ramper du serpent est comparée au mouvement des fleuves par Hësiodoi par Aratos et par Tîrgile. V. Heynei ad Géorgie, If v. n^S.

(a) On trouve dans les auteurs latins écrit Sabaxiusoti Seàazius. Sebadii riius il en est parlé dans Arnobe, 1. c. J^a^aoiv ^^ Heade ]^a^a4i1f *^ trouve dans quelques manuscrits d'Orphée au titre de l'Hymne 47 1 comme op peut le voir dans les diverses leçons qu'a donn^ Gesner. L'ignorance de la Térîtable éiymologic orieuule tirée du mot

Dieu s^approche aviâeinmeiit de ce sang, emblème de l'humeur élémentaire, dont Sabazius est une allégorie , de ce fluide qui féconde les animaux, qui rend les plantes fertiles, et qui reproduit tout ce que le temps détruit.

Cette opinion , que je ne propose que comme une simple conjecture , acquiert beaucoup plut de ymisemblance eu considérant combien sont forcées^ sophistiquées et discordantes entre elles les explications de ces mots, tirés des langues orientales ou de la Grèce , et qui ont été sou-tenues k Fenvi par plusieurs érudits (x)^ < ■ ■ . ■

hëbreo sahbaths j, repos ou fête y a pent-étre induit ces écrivains à en altérer quelques lettres y pour mieux l'appliquer à la racine grecque làS^àÇoy selon laquelle Se* bazius ou Sabazius signifierait le Vénérable. On troave des paroles grecques écrites avec des caractères latins dans d'autres inscriptions et sur des pierres gravées.- J'ajouterai à celle déjà indiquées par Monseig. Marini dans son savant livre sur les Jscrizioru Albane , p. 139 et 190^ une pierre gravée de la collection de M. Devant de Villeneuve à Paris^ sur laquelle on lit les deux paroles grecques suivantes ainsi écrites:

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